I.A StlftDK CVTIIOJ.IQLK
Nous avons dit, en parlant de Ragnar Lodbrok, que Harald, roi de la Julie- méridionale, pour obtenir le secours de Louis-le-I>éboimaire, se fit baptiser à Mayence, en 826. Saint Ansehaire , moine à Corvev, sur ietVeser, sollicita la faveur de le suivre et* Julie pour y prêcher l’Évangile , et obtint, a cet effet, un bref du pape ; mais Harald fut de nouveau chasse par Ragnar, et l'apôtre, forcé de fui# aveu
lui, fonda, près de Hambourg, unç école où il enseignait publiquement lé christianisme à des enfants qu’il avait rachetés de P esclavage.
Beu de temps après , des marchands suédois ayant demandé a I.ouis-le- Déhonnaire un prêtre qui consentit à se rendre en Suède pour v propager Ja religion à laquelle ils étaient convertis, on .jeta les yeux sur le jeune et fervent missionnaire, qui saisit avec joie cette nouvelleoccasiondedéplover son zèle, et s’adjoignit unautre morne.
Tout le Nord était alors inconnu, adonné à l'idolâtrie et déchiré par des guerres continuelles; mais Ansehaire ne redoutait point le martvre. Les marchands qu’il accompagnait furent plusieurs fois attaqués par des pirates qui finirent par détruire leurs vaisseaux :
l'apôtre et soh compagnon se sauvèrent à terre, non sans braucovpdepeine, et se virent contraints de traverser le pavs pour arriver dans la capitale, que le biographe d’Anschaire appelle fiirca, nom générique qui désigne une ville et répond à l'allemand Hurg. Suivant ce biographe, elle était située dans une île du lac Malar; et tout porte à croire que ce devait être la ville de Siqhma Ansehaire fut accueilli avec bienveillance pur te roi Bjoern, et trouva réduits en esclavage un grand nombre de chrétiens qui avaient fart embrasser l’Evangile à des habitants du pays, entre attires à un guerrier, nommé t/ergeir, qui demanda 1e baptême et lit construire la première église. Ansehaire passa en Suede l’année 830, puis il s’en retourna et lut nommé archevêque du Nord. Il avait sa résidence dans un petit château nommé Hammaburg, que Charlemagne avait construit sur l’Elbe inférieur, pourdéfendre ses frontières coittre tes incursions des Danois; mais ceux-ci avant repris le dessus sous le règne du faible fils de ce grand roi, Ansehaire se vit, au bout de quelques années, contraint de reporter son siège sur le W eser, dans la vüie de Brême.
Cependant le roi Bjoern était mort,
(.*) Voyez tes ruines de cette ville, pl. XI.
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et comme Èmund, sou successeur, chassait les chrétiens de ses étals, ou les fa sait mourir dans les supplices, personne ne voulait plus ullere.. Suède prêcher l'Évangile. Mais Anschaire ne craignit pas d’y retourner encore u..e fois eu 853. Le roi qui réguait alors s'appelait Anschaire le gagna par des présents, et il promit de parler eu faveur de l'apôtre uaus l’assemblée générale de la nation ; • car, dans ce ouys, dit le biographe d’ A., schaire, qui accompagnait le saint dans ce second voyage, les affaires publiques dépendent plus du vœu unanime du peuple ue du pouvoir du roi. • Ou consulta onc les dieux du pays, en jetant le sort pour savoir s’il serait convenable d’introduire la nouvelle doctrine :
la réponse fut favorable, et un vieillard se leva pour rappelerque souvent, dans les expéditions maritimes, on avait invoqué le nouveau dieu avec beaucoup de succès, et qu’il fallait profiter de la préseuce de ses prêtres. En conséquence, ou permit à A nschaire de prêcher dans le pays, et d’y fonder des églises.
Pendant toute la durée de son existence, le saint s’occupa d'envoyer des missionnaires, et de les diriger luimême. Il leur enjoignait surtout de ne pas s’approprier lesbiensdupeuple, et de gagner par le travail ce qui était nécessaire à leurs besoins : lui-même • il faisait des filets, et employait les revenus de son archevêché à racheter des prisonniers, qu'il instruisait dans le christianisme , et qu’il renvoyait ensuite dans leur patrie.
lout ce qu’il avait fait disparut avec lui ; et lorsqu’en 935 , un autre archevêque de Brême, linnen. pénétra jusqu'à Rirca. il netrouvaplusaucune trace du christianisme; car, dans l'intervalle qui s’était écoulé depuis la mort d'Anschaire, il s’était opérédans le Nord Scandinave une révolution complété. Toutefois, si cette révolution fit dans les premiers teni| s oublier l'Evangile, elle lui prépara plus sûrement les voies pour l’avenir.
Nous avons dit que tout le Nord était partagé entre une foule de petits
rois sur .esquels ceux d’Upsal, en Suède, e: de LeUhra. en Danemark, n'exerçaient une sorte de souveraineté que parce qu'ils étaient les gardieus du temple central. Vers la lin du l\' siècle, les rois du centre devinrent tout à coup dominants dans les trois parties du Nord Scandinave : (,orm t ancien , eu Danemark, tlaiaUl aux beatuv chevelu , eu Norvège, et Erik, Jils d' Emund, eu Suède. L’ancienne constitution du pays étant ainsi détruite, on sentit bientôt le l>esoin de fni-e tomber l’ancienne religion qui lui servait d'appui ; en Danemark , le fils de Gorm fut coutraint par l’empereur Olhon Lr à recevoir leoaplême; eu Norvège, où il n’avail point existé de temple central, les nouveaux rois de la famille de liaraid accueillirent volontairement le christianisme, et la lutte pour le mauitien de l'ancienne religion s'identifia avec la delense de l’ancienne liberté; mais en Suède, l’Élvangile ne tut victorieux que plus tard.
Après la mort d’Érik, et après le règne fortuné de son fils hjoern l'ancien, un autre Erik et un certain Olof régnèrent en commun, jusqu'à la mort de ce dernier, qui laissa un jeune fils ncnimé Bjoern. Lorsque ce Hjoern, surnomme le fort , fut parvenu a l’dgc de 12 ans, il alla s'asseoir sur le tombeau de son père , et réclama sou héritage. Krik promit de le lui rendre dès qu’il aurait 16 ans; mais comme Hjoern refusait de prendre place à la table de son oncle, et ne cessait d’exciter des troubles, on lui donna GO navires pour aller tenter la fortune dans des expéditions maritimes. Il devint chef des Jonisrikinges, pirates qui avaient formé, à .lomsbourg, en Poméranie, une république dans le
f;enre de celledes boucaniers des A utiles, et il ne tarda pas à effectuer une descente eu Suède. Alors, après avoir brillé ses navires et offert des vœux à Thor, il se dirigea sur l psal; Erik, de son cdté, promit de se vouer, dix ans apres, à Othin, et les deux armées se rencontrèrent sur le fleuve Ecris, près d’Lpsal. La bataille dura prés de
SUÈDE
trois jours; Bjrern et presque tous ses compagnons furent tues.
Érik dut à ce brillant succès le surnom de victorieux, et marcha aussitôt contre le Danemark , doi.t ii chassa Suénon a la double barbe , dont le pere avait été contraint de seconder Pjoern le fort, et il devint ainsi maître des deux royaumes. Toutefois , en Suède, le pouvoir royal était encore bien circonscrit : un ambassadeur norvégien s’étant plaint à Êrik decequ'un paysan suédois donnait asile à une reine chassée de la i\orvège, le roi lui répondit : • Ce paysan a plus d'iulluence que mo ; if n’y a pas long-temps que, dans l’assemblée, son avis a prévalu sur le mien. »
A la tète d’une puissr-nte faction était Sigrid-la-Sitperke f femme divorcée d’Érik , que celui-ci n’avait pas eu le pouvoir de chasser du pays. Après son divorce, plusieurs petits rois de la Norvège avaient demandé sa main; elle en fit briller un tout vif, pour rebuter ces prétendants, qu’elle jugeait iujignes d’elle; mais elle céda aux recherches d’OIof, roi de Norvège, en refusant toutefoisd’embrasser le christianisme. Olcf, récemment converti, fut si ind:gné de son refus, qu’il la frappa à la ligure avec son gant. « Cela sera ta mort , • luidit-elle,etelleépousa Suénon d la double barbe , auquel elle fit rendre son royaume de Danemark ; puis elle parvint à faire conclure une alliance entre son fils Olof , successeur d'Érik,en Suède, son mari Suénon et les mécontents de la Norvège. La dotte du roi de Norvège, cernée de toutes parts par les alliés, fut détruite, et le roi lui-méme se noya pour ne pas tomber entre les mains de ses ennemis. Os événements se passaient en l’an 1000.
La paix etla bonne intelligence entre les royaumes de Danemark et de Suède dura pendant tout le règne d’OIof; les Suédois prirent même part aux expéditions de Suénon et de son (ils Canut en Angleterre. Mais la domination des deux rois en Norvège fut de courte durée. Un autre fils d'Haraid se rendit maître de ce royaume; et le roi de
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Suède, ayant refusé de le reconnaître, il vint inquiéter ses frontières. La nouvelle de cette attaque excita les murmures de la nation suédoise, et le J art, ou comte de NVestrogotbie, Ragwald, invita le roi de Norvège à envover des ambassadeurs pour demander la paix et In main d’une princesse suédoise. Ragwald , vers les premiers jours du printemps , conduisit ces ambassadeurs .à llpsal , où l’assemblée enérale devait avoir lieu ; cette assemlée se tenait dans un vaste champ :
le roi, les jarls ou comtes, et les lagmans ou magistrats du peuple, étaient assis encercle, environnés de leurs domestiques; derrière eux se pressait le peuple. On s’occupa d’abord des affaires du roi; lorsqu’elles furent réglées, un des ambassadeurs norvégiens se leva, et exposaà hautevoixlebutdeson voyage; mais Olof, irrité, s’élança de soii siège et l’interrompit tout à coup. Ragxvald, qui appuya la demande de l’ambassadeur au nom des NVestrogoths, ne fut pas mieux accueilli.
Alors tous les paysans se levèrent d’un mouvement spontané et firent retentir leurs armes.
Quand le calme fut rétabli , un vieux paysan parla au roi en ces termes :
« Il paraît que les rois de Suède « sont bien changés : mon grand-père « a souvent parlé à son fils d’F.rik, fils « d’Émund, qui conquit laCourlande, « l’F.slhonieetla Finlande, et qui nere- « fusa jamais d’écouter ceux qui avaient « quelque chose à lui dire; mon père « m’en a raconté autant du roi Rjoem ; « moi-même, j’ai accompagné le roi » Érik-le-Victorieux dans toutes ses • conquêtes, et je l’ai toujours trouvé « affable; mais le roi d’aujourd’hui ne « veut écouter personne, et exige qu’on » ne lui dise que ce qui peut lui pfaire. » Ilselaisseenlever noseonquê'esdans « l’est, et preteud domineren Norvège, « prétention que n’a jamais eue aucun » roide Suède. I n tel étatdechoses ne » saurait nous convenir à nous autres « paysans, et voilà pourquoi nous de- « inondons que lofasses la paix avec le « roi de Norvège, et que tu lui donnes « ta fille Ingegard eu mariage. Si tu veux
L’UNIVERS
• reconquérir les provinces de l’est, « nous sommes tous prêts à t’aceom- « pagner ; mais si tu méprisés nos avis, ■ tu ras nous voir tomber sur toi et te « donner la mort ; car nous ne sau-
• rions souffrir ce qui est contraire
• aux lois. C’est ainsi qu’en ont agi
• nos pères : ils ont jeté dans un puits
• cinq rois gonflés d'orgueil comme « toi. Allons, parle; fais-nous sur-le-
• champ connaître ton choix.» Et, en disant ces paroles , il frappa de nouveau son bouclier de son épée.
I,e roi promit de faire ce qu’on lui demandait, en ajoutant que c'était aussi un ancien usage que les rois de Suède se conformassent aux volontés des paysans. Toutefois, il tarda à exécuter ses promesses , et les paysans se réunirent de nouveau , dans l'intention de le déposer comme ayant enfreint les décisions de l’assemblée générale :
on parla même de chasser toute sa dynastie; mais des chefs de la Suède supérieure amenèrent dans l’assemblée le [Ils du roi, encore enfant, et la vue de ce jeune prince ayant changé les esprits, on convint que le vieux roi ne serait pas chassé s’il consentait à faire ce qu’il avait promis; cependant on lui associa comme roi , son fils , qui s’appelait Jacques. Ce nom déplut aux paysans: Jamais roi, dirent-ils, ne s’èst appelé Jacques, et ils lui donnèrent le nom d ' tnund.
Deux ans après, le roi Olof mourut.
Il fut le premier roi chrétien de la Suède. Aiiund, son Dis et son successeur, favorisa , comme lui, la propagation de l’Évangile. Et, comme si le dévouement pour le christianisme devait être le partage de la famille, le beaufrère d’Anund, Olof Haraldson, roi de Norvège , fut mis à mort par suite de son zèle pour la nouvelle religion, et plus tard révéré comme saint dans tout le >ord.
Anuud fut aimé du peuple, malgré la sévérité de ses jugements. On l’avait surnommé l 'incendiaire, parce qu’il faisait mettre le feu aux maisons des malfaiteurs; punition en usage dans toute 1’Europà, pendant la durée du moyen âge.
Après Anund, son frère aîné Êmund monta sur le trône. Malgré l'avantage que devait lui donner son âge , ce dernier ne fut roi qu’après sou jeune frère, parce qu'il était né d’une mère esclave. Avec Émund finit, vers 10C0, la maison d’Iwar Widfamne, ou des anciens rois d’Upsal.
DYNASTIE DES STKNKILS.
Stenkil , qui fut choisi jK>ur monter sur le trône , était parent des anciens rois, et lilsde Ragwald,jarl de Westroothie, où son parti était très-puissant, on élection est la première preuve que nous ayons de l’ascendaut obtenu par les chrétiens dans le royaume; et cependant il s’en fallait encore de beaucoup que la nouvelle religion fût généralement adoptée. Les Suédois, possesseurs du temple central , tenaient fortement ii l'ancienne religion, taudis que les Goths avaient de bonne heure embrassé le christianisme qui les affranchissait de la prépondérance des Suédois.
L’époque que nous allons parcourir est féconde en guerres intérieures, et ces guerres eurent diverses causes:
d’abord, l’aunéemémet ù Stenkil mourut, Guillaume-le-Couquéraut gagna la bataille d’Hastings, et établit en Angleterre une royauté assez puissante pour que dès lors des incursions dans ses étals devinssent impossibles; résultat que déjà avait obtenu la France par l'avènement des Capétiens, l’Allemagne par celui des empereurs de la maison de Saxe. De plus, lé christianisme, à mesure qu’il se répandait en Suède, tendait aussi de son côté à faire cesser toute piraterie contre des peuples auxquels on était désormais uni par la meme religion. Ainsi, tous les éléments de troubles se trouvaient concentrés dans le pays, et comme d'ailleurs les ppuples Scandinaves prirent peu de part aux croisades, on conçoit que les guerres intérieures aient duré plus long-temps dans ces contrées que dans le reste de l’Europe. La première lutte fut celle des Goths contre les Suédois du christianisme contre le
SUÈDE
fiaganisme, des nouveaux rois contre es prétendants des dynasties expulsées.
Mais généralement, dès qu’un chef est bien affermi sur le trône, il embrasse le christianisme, et la lutte recommence.
Olof et Stenkil , quoique chrétiens, n’avaient jamais inquiété les païens. Ce dernier répondit meme aux missionnaires qui le suppliaient de br'iler le temple a’t'psal, que c’était lui demander sa propre ruine et celle de la nouvelle religion; mais ses successeurs montrèrent moins de modération , et bientôt tous les prêtres chrétiens se virent chassés du royaume, l.e roi Inge avant voulu les rétablir par la force, le peuple assemblé lui donna le choix entre l’abandon du christianisme ou la perte de sa couronne; et comme il déclara ue nas vouloir abjurer sa foi religieuse, on le rhassa de l’assemblée à coups de pierres. Swen , beau-frère du roi, surnommé te sacrificateur , promit de protéger le paganisme et fut nommé roi; mais, trois ans après, Inge revint, les chrétiens prirent le dessus, et Swen fut brillé dans sa demeure.
Inge et ses successeurs régnèrent plus par la force que par les lois ; aussi eurent-ils à lutter contre des troubles continuels, et la maison de Stenkil finit vers 1 128.
Les Ooths choisirent pour roi le prince danois Magnus , qui par sa mère descendait des Stenkils; les Suédois de leur côté appelèrent au troue tiagwntit à ta trie courte. Bientôt cependant les Goths parurent vouloir sc soumettre à Rag'vald.quisehôta de se présenter îi leur assemblée. Il était d’usage que lorsqu’un roi se rendait à une assemblée du peuple, il exigeôt, avant d’y entrer, qu’on lui donnai des otages. Ragwnld ayant négligé eette précaution, les Goths crurent voir dans sa conduite une preuve de dédain, et ils l'assommèrent. Magnus lui méma fut peu de temps après tué en Danemark dans une guerre civile.
En Westrogothie , on se passa pendant quelque temps de roi; mais les Goths orientaux et les Suédois prirent pour roi Swerker, petit-tils Je Swen
St
le sacrificateur. Il était chrétien comme son père; et la conversion de cette famille fit perdre au paganisme sou dernier appui. C’est sous son règne ue les premiers couvents furent etalisen Suède; le cardinal légat Xicolasde Saiut-Albans, devenu plus tard pape soas le nom d’Adrien IV, vint anus le pays organiser la nouvelle église et imposer le denier de Saint- Pierre. I.e dessein d’établir un archevêché pour tout le royaume échoua par suite de la jalousie qui existait entre les Suédois et les Goths. Au reste, Swerker était un prince faible, et sou* son règne les frontières furent continuellement inquiétées, tandis que l'intérieur était en proie aux dissensions.
Il fut assassiné en 1155, au moment où il se rendait à l’église.
Les Suédois firent monter sur le trône à Upsal, Erik, surnommé Bonde ou le pausan, et le neuvième du nom, suivant la généalogie officielle. Èrik se proposa trois choses, dit l'ancienne chronique, de fonder des églises et de réformer le culte , de régner selon les lois et la justice, et de soumettre les ennemis du royaume et de la religion.
C’est à lui que l’on attribue la loi qui donne aux femmes une part dans l’héritage; ce qui partout fut une des premières conséquences de l’introduction du christianisme. La Suède lui dut la soumission de la Finlande, dont il convertit les habitants le fer et la flamme à la main. Après sa mort, il fut révéré comme saint dans tout le Nord , quoiqu’il n’ertt pas été canonisé, et cela parce que la dynastie des Bonite était moins favorisée de la cour de Rome que la dynastie rivale des .Swen.
En 1160, Erik IX fut inopinément attaqué à I psal par le prince danois Magnus, fils de Henri. Il était à l’église lorsqu’on lui am.ouen l'apparition soudaine de l’armée danoise. Tranquille à cette nouvelle, il attendit pour mafeher à l enuemi que la messe fût dite, et tomba percé de coups après un combat acharné. Magnus fut tué' l’année suivante par Chartes, fils de Sxverker. Il fut le premier roi de ce nom, bien que, sur la foi d’uue géaéa-
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logie fabuleuse, en le compte ordinairement comme le septième.
<>pe..dant les enfants d'Erik Bonde »’éta:ent réfugiés eu Norvège; l'un d’eux, Canut, revint en 1 167, tua Charles, ainsi que deux de ses neveux, qui s’étaient maintenus quelque temps en Gothie. Il mourut en I l'JS, et Su-erker II, fils de Charles VII, fut placé sur le trône. Celui-ci fit assassiner trois fils de Canut, mais un quatrième, Erik, s’enfuit en Norvège, et revint bientôt chasser à son tour Swerker , qui lui-même chercha, avec l’appui des Danois, à reprendre son sceptre; mais il perdit deux batailles sanglantes où il laissa la vie. Son fils Jean régna après Erik, fils de Canut, et avec lui sVteignit, en 1222, la race de .front te taçri/icaJeur , comme avec Erik, fils d’Erik, qui lui succéda, finit, en 1250, celle des Bonde. Toute ce te époque est remplie de guerres intérieures sans intérêt, et peu connue* La correspondance des papes nous fournit des renseignements plus positifs sur les progrès de l’église.
Sous le règne de Charles VIT, la Suède avait six évêques et un archevêque résidant à Upsal; et pourtant les plaintes au sujet des infractions aux décrets de l’église sont encore fréuenes; des séculiers s’arrogent le roit de nommer aux prébendes vacantes , sans le concours de l’autorité ecclésiastique, et souvent ils nomment des personnes diffamées; ils s’approprient les biens des églises pendant la vacance des sièges , et vendent même les places. On ne reconnaît point les immunités et la juridiction de l’église; les prêtres sont traduits devant les tribunaux , et contraints de se défendre par le duel, ou d’accepter l’épreuve de l’eau bouillante : s’ils ne se présentent pas , on les déclare contumaces , et l’on brûle leurs maisons. lVun autre côté, les legs immenses faits à l’église excitaient des plaintes si graves,
Sue le pape Alexandre III lança une ulle qui défendait b qui que ce ‘fût de donner à l’église toute sa fortune : il était permis seulement d'en abandon-
ner une partie. La dlme fut introduite dans le courant du douzième siecle, mais , même au treiziéme, ce genre de revenus était encore trcs-p-éeaire.
l.a consécration du mariage par un prêtre n’était pas encore communément réclamée, et l’usage d’exposer les enfants se maintenait.
Les couvents, en Suède comme partout ailleurs, rendirent dans le principe des services réels. Les moines ensemençaient eux-mêmes la terre, ils cultivaientdes jardins, exploitaient des mines de sel et de métaux. Knlin les évêques, comme autrefois les pontifes rom ins, lireut construire des ponts et frayer des routes.
La puissance du pape était déjà si énéralement reconnue, que les parents 'Erik XI protestèrent près du saintsiège contre l’élection du roi Jean. Le cardinal Guillaume, évêque de Subina, qui vint en Suède en 1248, régla les affaires de l’église, pour ainsi dire , sans le concours du roi. Néanmoins il eut le bon esprit de se conformer dans cette organisation à la constitution presque républicaine de l’état. Les curés étaient choisis par le peuple et confirmés par l’évêque; les évêques, choisisdela même manière, recevaient la sanction du roi : ce qui n’empêcha pas de chercher à établir près de chaque évêque un chapitre régulier auquel l’élection pourrait être confiée.
Riais le point qui offrit les plus grandes difficultés, ce fut le célibat des prêtres : le cardinal eut beau excommunier les prêtres mariés, les paysans ne voulaient pas de curés célibataires, et lesprétreseux-m 'mes formaient des associationspourdésobeirauxévêqües.
Pendant les longues dissensions auxquelles donnait lieu la succession au trône, la puissai.ee de l’u..e et l’autre aristocratie, ecclésiastique et laïque, s’affermit de plus en plus ; aussi presque chaque roi fut-il contraint à son avènement d’accorder aux évêques de nouveaux privilèges et de nouvelles immunités. Les plus puissants d’entre les laïques commencèrent b se nommer princes et magnats, et il arriva ce qui était arrivé en France , sous la
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première race, tr jarl qui, dansleprincipe, n’était autre chose qu’un majordome, ou simple chef des domestques du roi, acquit |>eu à peu une autorité qui finit par égaler, pour ainsi dire, celle du souverain, surtout pendant la lutte entre les maisons de fonde et Swen , alors que cette dignité devint héréditaire dans la maison des J'n/kunges , qui s'appelèrent ducs de Suède par la grâce de Dieu.
Canut, issu de cette maison, se révolta contre itrik XI en 1229, et pendant cinq ans se maintint sur le trône. Après le rétablissement d’Érik, un autre Folkunge,r//>àsi, obtint plus d'influence que le roi. Hirger. qui était jarl en 1248, à l’époque où le cardinal de Sabina vint en Suède, gouvernait le royaume comme roi. Dans le désir de se' procurer l'assistance de l’église, et de faciliter ainsi son avènement au trône, il entreprit une croisade contre les Finnois, qui furent de nouveau soumis; mais quand il voulut attaquer les Russes, il se vit repoussé par le grand-duc. Alexandre Newsky.
Pendant que ces expéditions retenaient Hirger loin delà Suède, F.rik mourut, et IcsSuédois firent montersur le trône le jeune filsdujarlabsent,tYaldemar. lîirger de retour, se présenta à l’assemblée, et demanda qui avait osé nommer un roi pendant son absence. « Moi, lui répondit un noble; et si la nomination de ton fils ne te convient pas, nous saurons trouver un autre roi. >• I.ejarl garda quelques instants le silence, puis il reprit : « Et qui donc nommerez-vous? — Sous le manteau que je por e, repartit le noble, on trouverai facilement un roi.»
Briger n’osa pas insister, et son (ils H'atdemar, âgé de neuf ans, fut couronné roi l’an 12.11. l.es concurrents de Waldemar, tous de la famille des Folkunges, excitèrent pendant quelque temps des troubles; mais Birger Jarl les soumit bientôt , soit par là force , soit par la ruse.
DTNVSTIE DES FOLKCNGES.
La dynastie des Folkunges en Suède
offre, comme nous l’avons déjà dit, de nombreuses ressemblances avec la seconde race des rois de France.
L’influence des deux familles avant leur avènement au trône était fondée sur la noblesse , et cette influence , les uns l’exerçaient comme maires du palais, les autres comme jarls.
Les uns et les autres furent favorisés moins par le clergé que par le pape; car les princes qui les précédèrent descendaient des anciennes fam Iles de rois qui étaient regardées comme sacrées dès le temps du paganisme, et auxquelles le peuple fut touiours fortement attaché. Quand la liberté universelle et l’ancienne constitution eurent fait place à une aristocratie de nobles et d'évêques , cette aristocratie dut être exempte des anciennes affections et des anciens préjugés. Les barrières de la puissance des anciens rois avaient été posées par les lois et par la constitution religieuse de l’état, profondément gravée dans le cœur de chacun de ses membres. La nouvelle royauté au contraire, fondée sur une usiirpation consommée au nom du droit divin, ne trouvait de bornes que dans le pouvoir qui disposait de ce droit, c’est-à-dire dans le pape, et, de l’autre côité, dans la force, plutôt brutale que légale, exercée par les grands de l’empire. Cette noblesse guerrière excitait continuellement des troubles intérieurs, lorsqu’elle n’était pas occultée ou décimée par des guerres étrangères; les théories nouvelles sur le pouvoir royal ne permettant plus d'opposer d'autres familles à la famille régnante, les guerres intérieures eurent lieu de freres à frères, de parents à parents, et jamais aucun parti ne put se maintenir qu’autant qu’il avait à sa tétp un prince de la famille régnante.
Mais, s’il est vrai qu’il existe de nombreuses ressemblances entre les Folkunges et lesCnrloviugiens,il faut aussi convenir qu’ils different par plus d’un point. Les éléments divers qui composaient l’empirp des successeurs de Clovis contribuèrent beaucoup, dès le princine.à accroître Irjiouvoir rov al: le chef de l'état jouissait de l'autorité
à différents titres, dans les différentes provinces e» dans l’état qui formait le centre de l'empire; la noblesse était non pas sortis peu à peu du sein du peuple, elle était pour la majorité de la nation d'origine différente. Or, rien de tout cela eii Suède. La différence qui avait pu exister entre les Suédois et les Gotns, et qui n’avait jamais été bien grande, était presque entièrement effacée lors de l’avénement des Folliunges; aussi l’ancienne forme de l’état fût-elle maintenue, du moins quant aux principes constitutifs. En France, au contraire, on sentit bientôt le besoin d’une organisation nouvelle. et Charlemagne sut reconnaître cette nécessité.
D’un autre côté, il suffisait en France de revenir sur le passé, pour faire disparaître la barbarie ; tandis qu'en Suède tout restait à faire. A l’époque où les Carlovingiens montèrent sur le trône , la papauté, établie dans le voisinage de leur empire, était elle-même à peine naissante , son système commençait à peine à se former, et eut en grande partie pour but l’influence qu’elle pouvait exercer sur la France; mais dans un royaume aussi éloigné que l’était la Suède’, la papauté, bien loin de pouvoir se flatter d’une influence continuelle, ne fit sentir son autorité qu’à de certaines époques. Le clergé, loin d’être soumis au pouvoir de Rome, se constitua sur des bases presque républicaines. Rien ne s'opposait donc à ce qu'il prit part au mouvement politique, et à ce que chacun de ses membres exerçât l'influence à laquelle il pouvait préiendre, soit par ses richesses, soit par ses qualités personnelles.
Au reste, la seconde race des rois de F rance commença à régner au Vin* siècle, tandis que l'avènement des Folkunges date du XIII*. Au moyen âge, une différence de cinq siècles est beaucoup plus grande qu’on ne serait tenté de le croire. 11 est vrai que cette différence peut être , jusqu'à un certain point , compensée par la situation isolée de la Suède. Mais revenons a notre sujet.
L’est encore 5 Birger Jarl qu’il faut attribuer les guerres intestines des princes de sa famille. Pendant qu’il administrait le royaume pour son fils Wnldemar, il se’ Gt accorder par le pape la permission de laisser à ses autres fils quelques provinces du royaume.
Ce penchant des rois à partager leurs états entre tous leurs fils est un des traits caractéristiques du moyen Age; il tient à la révolution fondainentalequelechristianismeavait opérée dans le droit d’hérédité. Afin de faciliter lesdonafionsqui pourraient être faites à l’église, ou ne négligea rien pour propager de plus en plus le droit romain, comme permettant , jusqu'à un certain point, la libre diposition des biens, qui, dans l'ancien droit des peuples germaniques, n’étaient qu’aoministrés par les fils aînés, et restaient la propriété des familles entières. De plus, le christianisme accordait un droit dans l’héritage aux femmes, qui , jusque-là, n’v avaient été admises qu'à défaut de mâles. De ces différentes circonstances, combinées avec l’idée d’égalité que la nouvelle religion proclamait comme sa base fondamentale, naquirent les partages égaux entie tous les enfants; partages que les lois ont aujourd’hui restreints à la propriété privée, maisqui ,à cette époque, avaient été étendus à la souveraineté.
Birger Jarl ne borna pas à cette modification la réforme de l’ancien droit. On lui dut encore d’importants changements. Ainsi, il défendit les guerres privées sous des peines sévères; il abolit l’épreuve du fer ehaud, et déclara nulslescontratsparlesquels des hommes libres se donnaient à d’autres comme serfs.
C’est à Birger qu’est due la fondation de Stockholm, capitale actuelle du royaume, qui, avant lui, n’était qu’un petit fort construit à l'embouchure du lac Mrrlar, pour defendre l’entrée de ce. lac aux p: rates, li lui conféra les droits de ville, ainsi qu’à plusieurs autres établissements ; fit avec les villes anséatiques de Hara-