HORTICULTURE
Le baron de Sprengporten , gouverneur de .Stockholm et president de la Société d'horticulture, a établi les faits suivants dans son compte rendu de 1833. Le jardin de la Société possède dans la principale pépinière douze cents pieds d'arbres Iruitiers, une grande quantité de plantes tinctoriales et culinaires; parmi les tubercules et les plantes légumineuses, on compte dans les jardins quarante-neuf especes de pommes de terre; les serres renferment trois cents espèces de fleurs rares. Les jardins de l’Académie des sciences de Stockholm possèdent vingt mille pieds d’arbres à fruits, et dix mille arbres pour parcs et allées. Dans les jardins du vice-président de la Société, certains arbres des tropiques croissent en plein vent. Dans la séance de la Société du mois d'octobre 1833,
SUÈDE
On lui présenta de superbes ananas venus dans les serres du château royal de Finsponç, et une espèce de seigle de France d'une telle fécondité, qu'un seul grain produit seize à vingt tiges, et
3ue chaque épi a de soixante à soixanteix grains; enfin le vice-président fixa l'attention sur le dahlia ou georgina, dont il présenta des racines cuites à l’eau, et qui peuvent prendre place parmi les végétaux alimentaires.
Les forêts de la Suède produisent naturellement et en très-grande quantité des noisettes, fraises, framboises, le myrtille rouge et noir, le rubus arcticus, qui croît sur les confins de la Laponie , et dont on fait h Stockholm des confitures très-estimées. Le groseillier est comme la vigne du Nord; on le rencontre partout, et il semble se plaire dans les lieux les plus agrestes.
Le noyer et le cerisier portent des fruits jusqu’à Stockholm; le raisin, la pèche et l’abricot, ne viennent pas liors des serres en Scanie. La Normandie exporte pour la Suède une grande quantité de pommes. Le tonneau de onze cents pommes sc vend de trentesix a soixante fr. Les châtaignes sont considérées du peuple comme un objet de curiosité plutôt que comme un aliment. Si les fruits sont rares, les légumes sont nombreux, et d’excellente qualité pour la plupart.
Le prix vénal des denrées a d’ailleurs éprouvé en Suède la même progression que dans le reste de l’Europe.
On a remarqué que presque toutes les denrées alimentaires et de consommation ont subi, dans nne période de vingt-cinq ans, une augmentation du tiers de leur valeur, ce qui en triple le prix tous les cent ans. Cette augmentation est la suite naturelle de l’accroissement du travail et de la population.
ARMÉE DE TERRE ET DE MER f).
COMPOSITION DI I.’àRMÎE.
L’armée de terre suédoise se com-
(*) Tout ecl article est extrait du Voyage de M. Daumont, t. II, p. 7a et suiv.
pose de trois parties distinctes, savoir :
1° L'armée indelta, composée de régiments dont les soldats sont entretenus par les proprietaires de certaines terres, et les officiers par divers domaines qui leur sont attribués ;
2° La vær/vade , troupes permanentes et soldées , recrutées par des enrôlements volontaires ;
3» La berxrtng, es|>èce de conscription ou de landwehr.
On fait encore figurer dans l’armée le corps de milice de Stockholm ( bar gersbap ), dont les cadres sont permanents, mais qui ne se réunit que dans de rares occasions; elle se compose de toute la bourgeoisie de la capitale rn état de porter les armes.
1° .'Innée indelta. — L'organisation curieuse et unique en Europe de cette armée, est digne d’exciter un vif intérêt ; mais , pour la bien comprendre , il faut aller en chercher l’origine dans l’Iiistoirè nationale.
Les documents historiques les plus anciens de la Suède nous montrent les propriétaires de terres se réunissant à rappel des souverains pour voter la loi et l'impôt; mais aussi tous étaient obligés de suivre le prince à l’année, et d’y conduire un nombre de combattants proportionné à l’étendue de leurs possessions. L’usage des armes à feu n’étant pas encore connu , la cavalerie , qui décidait du sort des batailles, constitua la force des armées ; et les souverains, intéressés à en accroître la masse, cherchèrent à v attirer le lus grand nombre possible de comattants, par les honneurs, les distinctions qu’ils accordèrent aux propriétaires riches qui servaient à chevàl : de là , l’institution de la chevalerie.
Les terres des cavaliers obtinrent des exemptions , et leurs personnes furent anoblies : on les appela frselsé (exemptées) , tandis que celles des paysans , qui composaient la plebs des armées, lurent désignées sous le nom d ’o/rxUé ( non exemptées).
Telle fut l’origine des deux ordres, des nobles et des paysans propriétaires ; et l’on voit que les uns et les
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autres siégeaient aux mêmes titres dans les dietes , soit personnellement, soit par leurs delègues.
Ainsi, d’après le droit antique et fondamental , le souverain pouvait appeler toute la population a la défense de la patrie. La cavalerie se composait des nobles et des hommes qu'ils conduisaient à leur suite; l'infanterie se formait par vtskrifning , espèce de conscription dont les paysans déterminaient entre eux arbitrairement la répartition.
C’est ainsi que Charles XI trouva les choses établies, à cela près que, pendant les guerres de Gustave-Adolphe et de Charles X , il avait été formé , sur le modèle des autres États de l'Europe, un certain nombre de régiments soldés et entretenus par la couronne.
Or, Charles XI était un grand administrateur ; c'était plus : c'était un génie vaste et ferme.
Après avoir fait la guerre avec succès , et obtenu des titres à la gloire , ce prince habile comprit que les ressources de la Suède étaient insuffisantes pour subvenir à l'entretien d'une armée permanente, assez nombreuse pour la défense d'un vaste territoire et de possessions éloignées. Il lui fallut creer des moyens linanriers pour constituer une force armee imposante, et il les trouva dans cette mesure que l'ilistoirc de Suède appelle la Réduction de 1680 (*), et que la plupart de nos écrivains français ont désignée inexactement sous le nom de Révolution de 1680. Le nom importe peu; mais ce fut un événement dont les résultats ont eu la plus grande influeuce sur les destinées de la Suède.
A la mort de Charles IX , le domaine de la couronne était devenu immense, par suite d'héritages et de biens qui lui étaient revenus par les déshérences.
Les successeurs de ce prince aliénèrent considérablement ce domaine en faveur de la haute noblesse; souvent ces investitures devinrent la récompense des services les plus écla-
(*) Yoyoi ptm haut p. i;î.
tants, comme celles que le grand Gustave accorda à ses célèbres généraux ; souvent aussi la faveur de la cour en disposa , et la reine Christine en avait comblé ses favoris.
Déjà , sous le règne de Charles X , cet objet avait préoccupé les esprits.
Il avait été question , à plusieurs reprises, de revenir sur ces énormes abus; et il y eut même des commencements d'exécution , que , cependant, les intrigues et le crédit des parties intéressées parvinrent à faire écnouer. »
Il élait réservé à Charles XI d’accomplir cette œuvre importante. Agissant avec l’énergie et la ténacité de volonté qui le caractérisaient , il institua la fameuse commission , espèce de chambre ardente, qui, soutenue vigoureusement par le souverain , procéda avec une vigueur inexorable à la révision de tous les titres de propriété, et fit impitoyablement rentrer au domaine de la couronne tous les biens qui en avaient été illégalement aliénés.
Le roi se trouva alors avoir à sa disposition une masse considérable de propriétés , et il mit ses plans à exécution. Une portion de ces biens retourna au domaine de la couronne; une autre fut consacrée à la dotation du clergé, des universités, des écoles et delà magistrature territoriale, composée de juges nommés lagman et hœradshælding; une partie fut affectée à divers services publics, tels que le transport des malles de la poste aux lettres et la conduite des prisonniers; quelques belles propriétés furent converties en haras , comme Strœmsholm et Flyinge ; mais la plus grande partie de ces biens fut affectée a l’armée de terre et de mer; non pas cependant à l’entreuen des soldats , qui demeura réglé comme par le passé et à la charge du pays, mais a constituer des' traitements fixes et suffisants pour l’étatmajor général et pour les officiers et sous-otuciers des divers corps de l’armée.
Voici l’organisation qui résulta des ordonnances de ce souverain :
Les régiments soldés , appelés régiments de garnison ( vxrfcade ), tle-
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meurèrent composés comme ils l’étaient auparavant , savoir : des gardes , de l'artillerie de terre et de mer, et de quelques régiments d'infanterie.
Parmi les domaines dont l'État venait de reprendre possession , et qui furent affectés au service de l'armee , l’on réserva diverses terres plus ou moins étendues pour les officiers généraux , supérieurs , subalternes , et même pour les sous-officiers: ce sont lçs bostxllen ; ce mot, traduit littéralement, signifie lieu de demeure. La jouissance ou l’usufruit de ces domaines compose le traitement des officiers et des «ous-ofliciers ; et , à partir de la modeste métairie du sergent, ces habitations augmentent en importance et en valeur jusqu'au superbe château du colonel et du général.
Uu buste! le est donc un domaine plus ou moins considérable, selon les grades des titulaires; il est accordé par le gouvernement aux officiers pour leur tenir lieu de solde : naguère ils devaient les faire valoir eux -mêmes sans pouvoir les affermer ; mais cette disposition de la loi , contre laquelle il s'était depuis longtemps élevé ae nombreuses réclamations, a été abrogée en 1830. Le* bostelles des otficiers subalternes et des sons-officiers sont affermés par les soins de l'administration de la guerre; les autres sont, à volonté , affermés ou exploites par les titulaires.
Le bostelle d’un général-major (maréchal de camp) doit produire un revenu annuel de 8 a 10,000 fr. ; celui d'un colonel , 5 à 6,000 fr. ; celui d’un major, 3,000 fr., et ainsi de suite, l.es officiers titulaires de bostelles jouissent, en outre, d’un petit traitement en espèces.
Quant aux troupes, l'obligation imposée au pays de fournir les soldats de l'infanterie de campagne et les matelots, subsista ainsi qu'elle était déjà établie; mais cette institution fut régularisée. Les provinces du royaume furent subdivisées en petites circonscriptions nommées rote, qui forment, selon les circonstances, l’étendue d'une Seule propriété ou de plusieurs proprié-
tés réunies. Le rote doit consacrer une portion de terrain à la formation d’un petit domaine suffisant pour l’existence d’un simple soldat et de sa famille. Ces domaines , que l’on confond avec les bostelles , et qui ont la même destination , sont désignés sous le nom de soldattorp.
U u torp se compose d'une chaumière pourvue d'instruments aratoires, d'un jardin, et de quelques arpents de champs , de prairies et de bois.
Le rote doit , en outre , fournir au soldat le petit uniforme qui est renouvelé tous les deux ans; mais le grand uniforme et le surplus de l'équipement et l'arinemement sont au compte du gouvernement. Le rote doit assister son soldat dans l'ensemencement et la récolte du champ qui forme son enclos; et, en cas d'insuffisance des produits, if doit y suppléer par une rente en blé , laquelle est déterminée, ainsi que les services que le soldat peut exiger du rote , par le contrat d’engagement.
Le voyageur qui parcourt la Suède aperçoit souvent sur sa route de petites maisons d'une apparence agréable, et entourées de cultures; on y remarque, sur le mur, une inscription d'emiron deux pieds carrés, peinte en lettres noires, sur un fond blanc ou jaune; elle indique le numéro de contrôle du soldat établi sur le torp. Cette inscription est conçue à peu près de la manière suivante :
Régiment de Compagnie de
Le soldat indelta sert aussi longtemps qu’il est valide ; il réside sur son torp; il le cultive comme il l'entend, et les produits qu’il en retire lui tiennent lieu de solde, et suffisent pour faire exister sa famille, s'il se marie. Lorsqu'il est réforme, le rote prend ordinairement soin de fui et de ses enfants. A sa mort , le torp passe à uu
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autre soldat , choisi par le propriétaire du domaine, qui lui paye ordinairement un engagement de 20 a CO fr. ; mais , lorsque les terres sont très-fertiles , il s’établit une grande concurrence entre les prétendants , qui alors ne reçoivent pas d’engagement.
Le ‘rote ne peut exiger aucun travail du soldat qu’au moyen d’une rétribution convenue entre eux par le contrat d’engagement; mais le gouvernement peut l'employer à des travaux d'utilité publique, en lui payant un salaire particulier. C’est par l’armée indelta qu’ont été exécutés , depuis vingt ans, la plupart des grands travaux d’utilité publique , et notamment ceux de la forteresse de Carisbourg, le canal de Gothie, etc.; et cette heureuse idée est encore un bienfait de Charles XIV. Chaque régiment fournit son contingent , qui part , le sac sur le dos et en armes , sous la conduite de quelques officiers. Arrivés sur les lieux où les travaux doivent s’exécuter, les soldats sont mis à la disposition des ingénieurs. Chaque soldat a sa tâche, et reçoit, pour son travail , une solde journalière proportionnée à la valeur des denrées. Pendant la durée des travaux , les troupes conservent une organisation militaire: chaque jour, les tambours indiquent les heures des appels; ils battent la diane, la retraite ; en un mot, le soldat est assujetti à tous les devoirs du service et de la discipline, comme dans un cantonnement ou dans une ville de garnison. Le dimanche, il y a service divin , inspection des armes et de l’équipement , revue et manoeuvre.
En temps de guerre , le soldat reçoit sa solde dg campagne comme les autres troupes; et alors le rote fait cultiver le torp , et a soin de sa famille ; il doit aussi entretenir le soldat au camp pendant la durée des grandes manœuvres annuelles.
Les bostelles et les torps, répandus dans une même province , forment l’arrondissement d’un régiment; les officiers et les soldats d'une même compagnie sont groupés dans des cantonnements contigus. Le colonel et
l'état -major ont leurs bostelles dans l’enceinte de la province dont le régiment prend le nom. Les centres de réunion des régiments et des compagnies sont connus, et invariablement les mêmes en tout temps.
Les régiments de cavalerie indelta sont formés d’après des principes différents. 11 n’y a point, pour ces troupes, decircoriscription territoriale:
l’équipement, l’armement, le cheval et le cavalier sont fournis par certains domaines désignés sous le nom de rusthoU, assujettis à cette contribution. Lorsque le cavalier est hors de service , ou qu’il est tué , le possesseur du ruslhol! aoit fournir un remplaçant; et, s'il ne peut point s’en procurer, il est obligé de monter lui-même à cheval. Si le cheval est tué ou hors de service , il doit aussi le remplacer. L’engagement des cavaliers dure aussi longtemps qu’ils sont valides; les avantages dont ils jouissent dépendent des conditions qu'ils ont contractées avec les propriétaires du rustholl.
L’ensemble de ces ordonnances porte le nom A'indelnings verket (travail de répartition). C’est de là que dérive le nom d’armée indelta, qui veut dire armée répartie ou distribuée sur le sol. On voit que cette institution n’a rien de commun avec celle des Grenier de l’Autriche, ni avec les colonies militaires russes , où toute la population du pays où elles sont établies est assujettie au service, et universellement astreinte à tous les devoirs de la discipline militaire.
L’organisation de l’armée indelta sur ces bases était de nature à obtenir l’assentiment général ; et, en effet, cet arrangement parut tellement avantageux à la nation , que la diète décida que les dispositions en seraient déclarées constitutives et lois d’État. Le souverain et les états prêtèrent serment de les maintenir fidèlement, et déclarèrent qu'aucune volonté ne pourrait plus les détruire. C’est à l’aide des ressources que ce système fournit à Charles XII, que ce prince se lança, avec son audace impétueuse , dans cette carrière qu’il parcourut, sinon avec
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bonheur, du moins avec tant de gloire. patrie au premier signal, tracent les Ce fut au retour de la Turquie que ce sillons qui doivent la nourrir; et ces prince mit la dernière main au grand soldats laboureurs ne sont jamais énertravail de la répartition des terres vés par la paresse et les vices des gar* entre les troupes; et cette organisa- nisons.
tion n'a presque pas subi d'alteration On a prétendu que cette armée ne jusqu'à nos jours. saurait être exercée d’une manière as-
Beaucoup de propriétaires de terres se/, satisfaisante pour pouvoir être patrimoniales se trouvaient exempts présentée de suite en ligne devant Tendu recrutement de l'armée ; en 1812 , nemi. Loin que la vie tour à tour agriils offrirent d’y concourir, et leur cole et guerrière des soldats de l’armée exemple fut imité par les officiers titu- indelta nuise à leur instruction et à laires de. bostelles ; les uns et les autres leur tenue, ceux qui ont vu ces régiprirent l’engagement de contribuer au ments sous les armes les comparent recrutemeut; ces offres furent acrep- aux plus beaux de l’Europe; ri en est tées et converties en loi. Les soldats peu qui aient une meilleure apparence,
?ui proviennent de ce recrutement, qui manœuvrent avec plus de précision, orment T extra - roterinq , le recru- et les pages de l’histoire de la guerre tement extraordinaire, qui sert à com- attestent assez leur brillante valeur, pléter, en cas de besoin, les cadres de qui ne peut être comparée qu’à leur l’armée indelta. étonnante discipline.
Tous les ans, au mois de juin , c’est- Il a fallu des circonstances particuà-dire avant la récolte, les régiments lières, un événement aussi extraordiindeltas , ainsi que ceux des autres naire que celui qui mit tout à coup à parties de l’armée indistinctement, la disposition de la nation, une masse sont réunis dans des camps et exer- immense de domaines , pour donner cés pendant vingt et un jours. Les naissance à cette admirable institugrandes manœuvres ont lieu dans un tion , qui offre au gouvernement suéterrain qui environne le camp; les dois le moyen d’avoir toujours sous troupes sont placées sous la tente. sa main une armée de trente-six mille Autrefois les propriétaires des rotes hommes , dont l’entretien ne lui coûte et des rustholls étaient obligés de four- presque rien. Et , non-seulement cette nir en nature à leurs soldats les vivres armée , la principale force de l’État , et autres objets qui leur étaient néces- est , d’après les combinaisons de son saires pendant la durée des manœu- institution , la plus économique de vres ; cet usage a été aboli , et converti toutes celles de l'Europe , mais Ton a en une contribution , qui , payée en ar- encore trouvé le moyen d'utiliser , au gent, est spécialement affectée à l'en- sein de la paix, les bras des soldats à tretien du soldat au camp. des travaux avantageux à l’État.
L’organisation de Tîle de Gothland 2° VxrJ'taxle ( recrutement ). — diffèreaecelledelaSuède.Commeiln’y Cette partie de l’armée se compose de existe point de terres affectées à l’entre- divers corps spéciaux, comme la garde tien de l’armée indelta , tous les habi- et l’artillerie, qui sout recrutés par tants , depuis l’âge de vingt ans jusqu’à enrôlements volontaires , et destinés à cinquante , y sont assujettis au service faire le service , l’un près de la perde la beværing , appelée à prendre les sonne du souverain , et l’autre dans armes en cas de guerre , mais seule- les garnisons et les places fortes, ment pour la défense de Tîle. L’avancement des officiers de cette
L’organisation de l’armée indelta partie de l’armée roule en concurrence offre des avantages positifs , dont le avec celui de l’armée indelta , de sorte plus évident est , sans contredit , l’éco- que les officiers de ces armes peuvent nomie. De pareilles troupes sont es- passer de Tune à l’autre avec de l’avansentiellement nationales. En temps de cernent.
paix , les bras destinés à défendre la 3° Bevxring (conscription ou land- 29" livraison. (Suède.) 29
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urehr). — Indépendamment de l’indelta et de la værfvade, qui composent l'armée nationale permanente, il existe encore une force armée dis[>onil>le , qui peut, à chaque instant, être appelée à la défense du pays : c’est la beværing, que l’on désigne quelquefois, même en Suède , sous le nom de conscription, mais qui n’a réellement aucune analogie avec cette institution , telle qu'elle est établie parmi nous , où elle est seulement destinée à alimenter les cadres de l'armée par des hommes que le sort désigne chaque année. En Suède , la beværing se compose de tous les hommes âges de vingt et un à vingt -cinq ans; c'est une véritable lanuwehr, prête à marcher au premier signal , armée et habillée au compte du gouvernement , mais qui ne reçoit de solde qu'en campagne, ou lorsqu’elle est appelée à prendre les armes ; elle est reunie tous les ans , au mois de juin , pendant quatorze jours , dans les camps, pour y être exercée aux manoeuvres militaires. Il y a, dans tous les régiments d’infanterie , un certain nombre d’offieiers de divers grades, qui sont spécialement affectés à ce service; c’est pour ce motif que l’on voit figurer sur les cadres un si grand nombre d'officiers, qui, d’abord, paraît superflu et hors de toute proportion avec l’effectif des hommes présents sous les armes.
Cette milice a porté autrefois le nom de landwehr; ou lui a substitué depuis celui de beværing, qui vient du mot suédois bevara (garder), ou de 6evxra (armer). Ce fut à la diète de 1812 que le roi régnant créa la conscription pour tout le royaume, telle qu'elle existe aujourd’hui , en faisant abroger la très-defectucuse organisation prescrite par la loi de 1810.
La beværing se rassemble quelques jours avant le reste de l’armée. Les jeunes soldats arrivent au lieu de réunion avec leurs vêtements habituels; les effets d’armement et d’habillement
leur sont aussitôt délivrés , mais pour la durée du temps des manœuvres seulement. Dès qu’elles sont terminées, on les leur retire pour les déposer dans les magasins , ou l’on veille a leur conservation et à leur entretien d’une année à l'autre. Chaque arme , chaque partie de l’équipement porte le numéro de contrôle de l'homme auquel elle appartient.
Si l'organisation de l’armée suédoise est faite pour être méditée, les combinaisons qui ont été conçues pour la réunir promptement ne sont pas moins dignes d’attention. Non-seulement les points de ralliement des compagnies , des régiments, des divisions sont déterminés d'avance, mais il y a, en outre, trois grands centres de réunion, Stockholm, Christianstad et Yencrsborg ; de sorte qu’au premier signal , un grand mouvement de concentration peut être opéré avec un ordre et une rapidité admirable. La totalité de l’armée peut être mobilisée et rassemblée autour de la capitale en trente-cinq jours de marche forcée; devant Christianstad, eu trente-neuf jours; et à Venersborg , en quarante et un jours.
La moitié de ce temps suffit pour réunir la moitié de l'armée.
roues aDKSSlQDS DE larvée.
La Suède, placée à l’extrémité de l’Europe comme un poste avancé, doit avoir sans cesse à sa disposition une force assez imposante pour faire respecter cette barrière. 11 est généralement reconnu que dans l'état actuel des choses le nombre des troupes entretenues par chaque puissance ne devrait pas s’élever au delà du centième de sa population. La Suède , pour assurer sa sécurité, a dô dépasser de beaucoup cette limite. D’après les tableaux statistiques du colonel Ch. Forsell , l’armée suédoise présente l’effectif suivant, que nous exprimons en chiffres rouds.
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