COMMERCE, INDUSTRIE, RG R (CULTURE, ETC
Le commerce maritime et les pêcheries occupent la moitié des lianitants, dit le voyageur Swenton, qui visita la Norvège a la fin du dernier siècle; l'autre moitié est employée aux travaux de l’agriculture, aux mines de fer et de cuivre, à rouper, transporter et scier les bois de construction et à construire des vaisseaux. Les côtes de la mer sont formées de manière à éviter, pour ainsi dire, aux pêcheurs la dépense et l'embarras des filets. Les dentelures dont elles sont partout hérissées, les rochers et les îlots qui ferment la plupart de ses golfes innombrables, retiennent à la liasse mer le poisson comme dans une nasse. Les Norvé-
giens n’ont qu’a jeter à l’entrée de chaque îlot un filet pour empêcher le poisson de sortir, et un autre |»our l'amener à terre.
Après avoir mis de côté ce qu’il en faut pour leur consommation annuelle et (tour les équipages de leurs vaisseaux marchands, iis en exportent une immense quantité dans toutes les parties de l’Europe; la Suède seule en reçut, en 1829, pour 087,782 rixdales banco, que ses bâtiments nllèrent chercher eux-mêines, et pour 803,220 rixdales banco que lui apportèrent les navires norvégiens.
Le commerce de bois de construction est encore fort étendu . bien que les forêts commencent à s'épuiser, et que le caractère torrentueux des rivières de la Norvège en rendent le charriage plus difficile, à mesure que les bois reculent vers le sommet des montagnes. Cependant les ports de mer de France, d’Angleterre, des Paysfins, de Hollande et d'Allemagne, voient encore chaque année arriver quelques bâtiments norvégiens chargés de mâts ou de planches. Un autre genre de commerce, que nous avons déjà signalé (*), c'est le transport des marchandises étrangères que les Norvégiens font sur leurs propres navires, et la construction de vaisseaux qu'ils vendent aux négociants étrangers.
Les principales villes commerçantes de la Norvège sont Bergen, aujourd’hui bien déchue de la splendeur «tout elle brillait alors qu’elle n'était qu’un simple comptoir de la ligue anséatique; Drammen et Christiania. Viennent ensuite Langesund.Ciiristiansand , Drontheim, Frédérikstad , Arendai, Oster- Rüsœr, Laurwig et Tondsberg.
Les exportations annuelles que fait le rovaume en harengs et en morue s’élèvent à six ou sept millions de francs. En 1827, l’Angleterre a reçu de la Norvège plus de onze cent mille homards. Les pays catholiques, surtout l’Italie et l’Espagne, sont approvisionnés par les négociants de Bergen
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ou de Christiania de l’immense quantité de poissons qui leur est nécessaire pour le carême. L’hiver, et quand les fourrages manquent, les Norvégiens nourrissent leur bétail avec des entrailles de poisson.
L’industrie de la Norvège est beaucoup moins développée que son commerce; comme en Suède et en Russie, les paysans font eux-mêmes, avec une rare intelligence, la plupart des choses dont ils ont besoin, et les produits des manufactures, qui se trouvent en assez petit nombre dans le pays, ne peuvent encore soutenir la concurrence avec ceux de l'étranger, malgré les efforts que fait le gouvernement de Charles- Jean pour les encourager. Il est juste de dire que la population se prête peu au développement de l'industrie nationale, les classes inferieures avant peu de besoins et y satisfaisant elles-mêmes par leur travail et leur adresse, les personnes aisées vivant avec une extrême simplicité, et les gens riches voulant rester tributaires de l’étranger
Four tous les objets de luxe. Quant à agriculture, elle est l’occu potion d’une partie de la population, mais ses efforts sont encore plus mal récompensés que ceux des paysans suédois : ceux-ci sont au moins parvenus à tirer de leur sol de quoi subvenir à leurs besoins; mais la Norvège, malgré les efforts du roi actuel pour développer l’agriculture de ce royaume , est encore obligée de recevoir chaque année de la Suède une grande quantité de grains. En 1829, les exportations de la Suède en Norvège, consistant principalement en blé, s’élevèrent à une valeurde 437,572 rixdales banco.
Les Norvégiens cultivent principalement le seigle , l’orge et l’avoine, mais les récoltes ne peuvent suffire aux besoins du pays. Dans les parties méridionales, les pommes et les cerises parviennent à maturité, mais on n’en trouve plus au delà de Drontheim. Cependant ces fruits reparaissent dans l’îledeTouterœ, grâce à l’élévation de température causée par l’abaissement du sol et le voisinage de la mer. Le pécher, l’abricotier, le melon, mûrissent dans
quelques jardins du sud. Les paysans cultivent aussi le lin, le chanvre et le houblon. Ils commencent à apprécier les avantages de la pomme de terre, qui les garantira des famines fréquentes dont la Norvège était autrefois désolée. Il faut dire , au reste, que l’agriculture a mille obstacles à surmonter dans un pays comme la Norvège, où les terrains bas sont fréquemment inondés, et dont les hauteurs sont tour à tour rendues stériles par un trop grand froid ou une trop grande chaleur.
La Norvège a des traités de commerce avec la Grande-Bretagne et le Danemark , la Prusse, la Russie et les États-Unis.
Elle possède une banque générale dont le point central est à Drontheim , et qui a des caisses particulières dans les chefs-lieux de diocèse. De plus, il circule dans le royaume un papiermonnaie de la valeur de un, cinq, dix, cinquante et cent dolers, c’est-à-dire d’environ quatre, vingt, quarante, deux cents et quatre cents francs ; mais il jouit d’un tel crédit, que, pendant l’année 1830, on n’a demandé le remboursement de ce papier que pour une somme de douze mille francs.
ARMÉE DE TERRE ET DE MER E* lS3o
IIHII DI TIUI.
Brigade de chasseurs à
cheval 1070
Brigade d'artillerie u8H
Cinq brigades d'infanterie. 964 a
Officiers 5oo
Sous-officiers, ouvriers et
musiciens 1796
Corpv des ingénieurs: officiers»
sous-officiers cl soldats .......
Nombre d'hommes composant la
force navale
Officiers supérieurs 5
Capitaines de vaisseau...,. la
Capitaines- lieutenants i»
Lieutenants en premier. ... 14
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Total de l'armée de terre et de mer. . 38,aaS
En 1830, il n’y avait de bâtiments norvégiens armés qu'une frégate, cinq corvettes et vingt bâtiments inférieurs. <
NORWfiGF..
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DESCRIPTION GÉOGRAPHIQUE DE LA XORWÉfiK.
ASPECT DK LA SORWF.GË.
La Norvège présente tous les phénomènes des pays de montagnes: des rochers entassés, des neiges et des glaces éternelles, des avalanches redoutables, des torrents qui se précipitent dans de sombres cavernes, des fleuves qui roulent leurs eaux en cascades imposantes, et des précipices dont l’oeil ne peut mesurer la profondeur. Déjà, avant d'approcher de la Laponie, on rencontre quelques glaciers ; mais c'est sous cette région polaire qu'ils se trouvent en plus grand nombre et sous les traits les plus frappants. Entre leNordlandet la I.aponie de I.ulea, on voit le Sulitelma, le plus vaste glacier du Nord. Celui de Justedal dont ïa planche 9 offre une vue , que nous devons à un voyageur qui l’a visité tout récemment , est situé dans la paroisse du même nom, appartenant au diocèse de Bergen. C’est l'un des plus vastes de la Norvège. Il forme une immense montagne de glace qui descend fort bas dans les vallées où elle se partage entrois bras principaux. Près de celui que représente la planche 9 on trouve une petite métairie et de verdoyants pâturages. Une haute vodte de "glace d'où s’échappe une rivière, des fissures d’un bleu d’azur admirable, les rochers environnants d'où se sont détachés d’enormps blocs que les mouvements successifs de la glace ont portés jusqu'au milieu du glacier, forment un spectacle plein d'emotions, qu'augmentent encore les craquements de la glace, semblables au bruit lointain du tonnerre.
âfon/cfjnc.s. Les montagnes de la Norvège appartiennent naturellement au système scandinavique, lequel se divise en trois groupes: relui de Kiôlen, qui s’étend de l'extrémité septentrionale de la Laponie jusqu’à son embranchement avec les monts Dover près du Sylt-Field, dont le sommet s’élève a dix-neuf cent soixante-seize mètres. Ce n’est, à vrai dire, qu’une grande chaîne; mais les rameaux qu'il envoie à droite et à gauche, les îles montueuses de Lofoden , qui ne sont que les sommets de quelques-unes de ses branches, les montagnes qui se terminent près du lac Enarn dans la Laponie russe, lui méritent le nom de groupe. Celui du Dover peut être considéré comme formant un second groupe avec le Snree- Hrrttan, qui s’élève vers l'ouest à onze cent quatre-vingt-trois ou douze cent soixante et dix toises, et avec 1rs monts Seveberg, dont les dernières collines vont se |>erdre dans la Suède méridionale. Ce groupe coupe la Norvège en deux grandes moitiés appelées Nordenfields et Scendenflelds. Le cours du Yog sépare le groupe du Dover de relui que forment les monts I.ang- Geld, Sognefield et Dardangerfield, dans le sud du royaume. Tout le système couvre une etendue de pays de trois cent cinquante lieues de longueur. La Norvège elle-même, située entre le et 71" degré de latitude, est longue de plus de quatre cents lieues , sur une largpur d'environ vingt lieues au nord du 64” degré, et de quatre-vingtsau sud.
Fleuves. Le peu d’espace qui se trouve au nord, entre la mer et la crête des monts, ne permet pas au Kiolen d'onvover à la mer du Nord , à l’océan Atlantique et à l’océan Glacial, des cours d'eau d’une grande étendue.
La Tana, qui sert de limite entre la Suède et la Russie dans le Finmark oriental , a cependant un cours de cinquante lieues; l’Alten, qui sort des mêmes montagnes, court droit au nord, en traversant le Finmark dans un cours de trente lieues; le Mais n’est pas plus long; le Salteu en a quarante, et va se perdre dans le Saltcnfiord , où règne lin courant impétueux qui brise souvent
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les navires; le Namsen, qui traverse le Nordre-Drontheim, se jette dans l’océan Atlantique, en charriant une immense quantité de hois de construction; à son embouchure, on remarque une chute d’eau de cent dix-sept pieds de hauteur.
Des rivières plus considérables descendent du Dover : ce sont le I.ougen, le Drnmiuenself et le Glominen, dont ie cours est de cent vingt lieues. A la fonte des neiges ou après les grandes pluies, sa rapidité est effrayante et ses débordements terribles. Malheureusement pour la navigation intérieure de la Norvège, ce fleuve court à travers des rochers qui embarrassent à chaque instant sa course, l'irritent et le forcent, comme à Sarpen , de se précipiter de soixante pieds de haut sur une largeur de quatre-vingts pieds. C’est dans le Glominen qu’étaient jetés autrefois les criminels.
On voit encore en Norvège (Vautres chutps d’un aspect magnifique et qui peuvent rivaliser avec celles de la Suisse : celle de Væhænnæ Iock (*), celle de Pursoronka, qui tombent dans l’Alten (**); celle de Feiumfos, près de Lister, tombe de Six cents pieds, et celle de Rogenfos ou Rjukanfos dans le Tellemark, en a, dit-on, huit cent cinquante d’élévation (***).
Lacs. En Norvège, comme en Suède , la plupart des fleuves traversent des lacs qu’ils ont eux-mémes formés. Les plus considérables sont le Miôsen, traversé par un affluent du Gloinmen, et ui n’a pas moins de vingt-trois lieues e long sur trois de large; le Randsfiorden en a quatorze de long sur une de large; le Miôs-Vand n’en a que huit de long ; le Nord-Sôe.qui se jette dans le Skagerrack, le Nisservand, d’où sort le Nidelf, enfin l’OEjerensôe, que traverse le Glotnmen, sont à peu près de la même grandeur.
Golfes. Mais ce qui est plus particu-
(**) Voy. pl. ï.
(***) Voy. pl. io.
lier à la Norvège, par rapport aux formes du sol, ce sont des bras de mer qui s’enfoncent au sein des terres, souvent entre de hautes montagnes, sur une étendue qui va parfois jusqu'à vingt lieues. I.a plupart de ces golfes ont la profondeur necessaire aux plus grands vaisseaux, et ils offrent les abris les plus silrs aux navigateurs.
Celui de Christiania, le plus remarquable de tous, a un enfoncement de plus de vingt-quatre lieues. Ceux de Drontheim, de Stavanger, de Hardanger et le Sognefiord, sont aussi remarquables par leur etendue, et offrent de grands avantages au commerce et à la navigation.
Iles. La côte est bordée d'iles , d’îlots et de rochers, qui rendent l’accès difficile, mais aussi forment du côté de la mer comme un rempart naturel. Ces îles , qu’on peut désigner sous le nom d’archipel norvégien, forment, pour ainsidire, cinq groupes : celui UeCnristiansand et celui de Bergen , celui de Drontheim et celui de Helgeland , enfin celui de Lofoden-Mageroc au nord. Les deux premiers appartiennent à la mer du Nord, le troisième et le quatrième à l’océan Atlantique, le dernier à l’océan Glacial. Le groupe de Christiansand occupe au sud le RukkeGord; son île principale est Karmoe, qui compte sept mille habitants.
Celui de Bergen comprend Boinmeloe, Tysnœsôe et Fiuje, où llarald Haarfager tenait, dit-on, sa cour.
Dans le groupe de Drontheim , on remarque Avertie, Smœlen, Frojen et Hilteren, qui a dix lieues de long, quatre à cinq de large, et quatre mille habitants; enfin les îles Vigeren, beaucoup plus petites, mais célèbres pour avoir été le point de départ de Rolf ou Rollon, conquérant et premier duc de Normandie. Le groupe de Helgeland comprend Dônnaôe, habitée seulement par des pécheurs, et Alstenoe, où réside Peveque du Nordland. I.e groupe de Lofoden occupe une longueur de cent soixante lieues. Les plus considérables de ces îles sont Andoen, Langoen, qui a treize lieues de long et
Digiti;
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mille habitants; Ilindoc, qui a dixhuit lieues de long et dix de large; West-Wangen, longue de dix à douze lieues, et OEst-Waagen . où se rassemblent chaque année, en février et mars, cinq mille barques montées par vingt mille pêcheurs ; chaque barque rapporte de cette pêche huit à dix mille poissons, ce qui donne, pour le produit total de cette pêche, quarante à cinquante millions de poissons.
C’est entre Vœroe et Moskenoesôe qu'on trouve le redoutable Malstrom, courant qui lutte contre la marée, et entraîne les ours qui veulent le traverser à la nage, les baleines mêmes, et les navires s'ils ne se tiennent à plusieurs lieues nu large. Pendant six heures, sa direction est du nord au sud, et en sens contraire pendant les six heures suivantes; deux fois par jour, surtout pendant l'été, à la plus liante et à la plus basse marée, les eaux sont tranquilles, et l’on peut y naviguer sans danger. Il parait que ce courant provient de la position de quelques Iles qui gênent le mouvement des vagues, et les compriment entre des passages étroits.
Dans les îles de Tromsen se trouve Senjen, longue de seize lieues, large de dix, et qui porte un pic, de trois mille pieds d’élévation. La capitale de la petite île de Tromsde est une des principales places de commerce de la Norvège septentrionale; on y trafiue de poisson, de pelleteries, d’édreon et d’huile de poisson. Il faut citer encore Ringvadsoe, longue de huit lieues et large de six; Arenôe; Qvalôe oti l'ile des Baleines, qui a vingt-cinq lieues de circonférence, et renferme la ville la plus septentrionale de l’Europe, Hammeriest, arrosée par un ruisseau qui ne gèle jamais, quoique placé sous le 70* parallèle; Sœroe, Seiland, couronnée par un pic haut de trois mille neuf cents pieds; Maasiie qui offre le port le plus septentrional de l’Europe (*) ; Magerôe, où se trouve le cap Nord; enfin , a l’entrée du golfe Warenger, la petite île Wardôe, où
(•) Voyez pl. i.
s’élève la forteresse de Wardôehus.
Règne minéral. Les roches qui composent le sol de la Norvège appartiennent aux terrains de cristallisation et aux plus anciens depots de sédiment.
La cime du Vetta-kelden, dans les monts Hardanger-Field, est de porphyre rouge. Dans les hautes montagnes, le gneiss domine; du mont Lie jusqu’au ruisseau de Totak , on trouve en grande quantité le micaschiste; sur les bords de la rivière que nous venons de nommer se trouvent, à une assez rande distance des montagnes, des locs de pierre de trente à quarante pieds de hauteur. C’est le dieu Thor, disent les paysans, qui, ayant laissé tomber son marteau, retourna ces blocs à droite et à gauche pour le chercher. Dans une île du groupe de Bergen , ou trouve un amas de laves noires et poreuses de vingt à trente pieds d’épaisseur, et l’on dit qu’au fond de la baie de Bukkeliord il sort quelquefois du feu par une crevasse que divise une falaise composée de gneiss et d’autres roches micacées. Au reste, le sud de la Norwége a fréquemment éprouvé des tremblements de terre.
C’est aussi dans cette partie du royaume que les montagnes renferment le plus de minéraux. Les environs de Drontheim , au pied des monts Kiüieu , et de Ræraas a la base des monts Dovre-Field , renferment le cuivre le plus estimé. L’une de ces mines eu fournit annuellement huit à dix mille quintaux. C'est dans le district d'Arendal que se trouvent les mines de fer les plus abondantes : la mine d’argent de Kongsberg, dont on a repris l’exploitation depuis 1815, promet de fournir de riches produits.
On trouve aussi du plomb, du cobalt, de la plombagine et du sel. La saline de tYalôc en donne par an deux cent mille quintaux. Les granits et les orphvres abondent; quant aux marres. ôn en trouve de diverses espèces, particulièrement dans les environs de Bergen.
Régne végétal. Les montagnes des parties septentrionales étant presque
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toujours couvertes de neige, ne présentent point de végétation ; mais les collines sablonneuses qu'on trouve à leur base nourrissent quelques lichens que pâturent les rennes. Diverses plantes qui conservent toujours leur verdure, dédommagent le Norvégien de la rareté des arbres feuillés: la diapensia lapnnica , l 'andromeda cærulea , Yazalea procnmbens, s'élèvent en touffes , en buissons , ou s’étendent en rameaux rampants. Le bouleau , dont la sève donne une boisson spiritueuse, l’érable, le pin, le sapin, qui s’élève jusqu'à cent soixante pieds de hauteur, forment souvent des forêts d’une immenseétendue, lorsqu'ils s’élèvent sur les flancs d’une montagne neigeuse que les torrents ont sillonnée. A leurs formes pyramidales, à leurs massifs régulièrement alignés , et qui se terminent en pointe vers le sommet, on dirait une armée de géants qui escaladent la montagne.
Dans les régions basses on voit l’arbousier traînant, la camarine à fleur écarlate et le bouleau nain. Dans la région moyenne le tremble prospère; le chêne parait dans les environs de Drontheiin, mais ce n’est que dans les parties du sud que sa végétation est vigoureuse.
Règne animal. L’élan devient rare, mais l’ours est encore très -commun dans les plaines découvertes et sur les glaces-, le loup multiplie dans les bois, d’où descendenten troupes nombreuses les lemmings pour dévaster les champs cultivés. Diverses espèces de renards habitent les bords de l'Océan , avec la mouette qui annonce les orages en se retirant à terre , la pvgargue et le canard eider ( anasmollissima ) qui fournit l’édredon. Une forte amende punit celui qui tue l'un de ces oiseaux, dont le duvet est une source de richesse pour la Norvège. Dans les vallées et dans les îles paissent d’assez nombreux troupeaux , et une race de chevaux petits, mais vifs, et d'un pied sûr.
Climat. La température moyenne de l’année est, à Christiania, dé cinq degrés Réaumur au-dessus de zéro.
Au sud , la température est assez éle-
vée ; sur les côtes de l’ouest , les exhalaisons de la mer empêchent Jes golfes de geler, et le froid ne se fait sentir ue quand souffle le vent d’est, qui cscend des montagnes glacées , ou celui du nord , qui vient de l’océan Glacial. L’hiver commence en octobre et finit en mai. Le printemps s’annonce alors par de terribles avalanches et des débordements qui dévastent le pavs. La pluie et les brouillards sont fréquents, et un jour terne, un ciel pluvieux couvrent presque toujours ce pays sévère et triste , auquel , du reste, ils conviennent mieux que la lumière éclatante du soleil méridional. C’est quand la nature du nord se voile de brumes, dit un spirituel voyageur, qu’elle apparaît dans sa véritable beauté. Une lumière pâle, un ciel nébuleux composent, avec la sombre verdure des pins et la teinte grisâtre des rochers, une harmonie douce et triste qui n’est pas sans charme. La présence continuelle de l’eau donne aussi à la Norvège un caractère particulier. Sans compter les golfes innombrables , la terre des lacs, comme l’appelle Ossian , en renferme, dit-on, trente mille; aussi , dans un paysage norvégien , c’est l'eau qui forme les principales masses et les premiers plans.