SOS
L'UNIVERS
« très juifs, établis dans les pays voi- «sins; mais le gouvernement prend « toutes les mesures pour faire cesser « ce commerce illicite. Je prie seule- « ment Y. M. de ne point ajouter foi « à des rapports exagérés , qui ne peu- « vent être dictés que par l'intérêt per- « sonnei de ceux qui se plaisent à les « faire , et par un esprit de haine , que « les ennemis de la Suède aiment à pro- « pager.
« Je prie aussi Y. M. de vouloir » bien remarquer que l'autorité-royale « en Suède est très-limitée, et qu'il est « des usages et des prérogatives que « la constitution ne lui permet pas de «froisser. Ce dont je puis assurer « Y. M. , c'est que tout ce qui est pos- « sible sera fait , pour seconder le sys- « tème continental. »
Mais à peine cette lettre était-elle partie, que M. Alquier revint à la charge , et remit, le 13 novembre, la note suivante.
Au ministre d'État, baron d'En* gestrôm.
« Monsieur le baron ,
« J'ai plusieurs fois prédit à Votre « Excellence que l'interprétation évi- « demment fausse , donnée par la Suède « à ses engagements avec la France , « produirait quelque événement grave « et important. Je ne perdrai point, « monsieur le baron , à rappeler des ex- « plications désormais inutiles , le peu « de temps qui m'est laissé pour expo- « ser les demandes que je suis chargé « de faire à votre cour.
« Sa Majesté l'Empereur et Roi est « informée qu'en contravention au « traité de Paris , le commerce le plus « actif continue entre la Suède et l'An- « déterre ; qu'il existe une correspon- « dance régulière entre les deux pays; « que des paquebots vont et viennent « régulièrement d'Angleterre et d'É- « cosse à Gothembourg ; qu'il part des « ports suédois, non pas Quelques na- « vires avec une destination simulée , «mais d'immenses convois, dirigés « ouvertement vers l'Angleterre. I)es «renseignements incontestables ont « prouve que, du 20 au 22 septembre , « plus de quinze cents bâtiments , avec
(des cargaisons anglaises destinées : pour la Baltique et la mer du Nord , i se trouvaient en rade de Gothemi bourg» et que le ministère suédois, : ne se bornant pas à fermer les yeux i sur cet état de choses , donnait des (permissions de commercer directet ment avec l'Angleterre. Sa Majesté t l'Empereur et Roi ne se croit pas i seulement blessée par une violation i si manifeste du traité de Paris, mais « elle y voit avec un ressentiment proi fond et légitime une des causes qui ,
< en empêchant la conclusion de la <paix avec l'Angleterre, aggrave et
< prolonge les malheurs de l'Europe.
c Si lô gouvernement britannique ne » se reposait pas avec sécurité sur la t funeste condescendance de la Suède, i les bâtiments anglais , qui ont pcuéc tré en si grand nombre cette année «dans la Baltique, n'y seraient pas c entrés , parce qu'aucun asile ne leur t eût été offert; mais ils étaient sûrs » de recevoir, sur le littoral suédois, i un accueil amical. Là, on leur four- « nissait.de l'eau , des vivres , du bois ; » là , ils pouvaient attendre et saisir à « propos le moment d'introduire leurs « denrées sur le continent , et partout c cette importation était favorisée. Sa * Majesté l'Empereur doit à sa dignité c de ne pas souffrir plus longtemps « une infraction si éclatante d'un traité , t dans lequel , n écoutant que ses sentii ments d'estime et d'affection pour le t roi , elle s'est montrée si généreuse
< envers la nation suédoise.
« Il est constant, Monsieur, que la «Suède, par ses relations commer- « ciales avec les Anglais , rend inutiles « les sacrifices et les efforts du conti- « nent; que , dans sa prétendue neutrai lité, elle est l'alliée la plus utile qu'ait «jamais eu le gouvernement britannique, et qu'elle se constitue ainsi « l'ennemie des puissances continen- » taies, après avoir adhéré à leurs princcipes. Mais lorsque la France, la « Russie, l'Autriche, la Prusse, et » toutes les autres contrées de i'Alle- « magne souffrent et s'imposent des i privations pénibles pour acheter la « paix , on ne doit pas s'attendre que
SUÈDE
« la Suède puisse trouver plus long- « temps , dans la violation de ses pro- • messes , le moyen d'assurer paisible- « ment sa prospérité, et de se procurer «d'immenses richesses. Sa Majesté « l'Empereur et Roi mon maître , dé- « sirant changer un ordre de choses « aussi oppose au système adopté par « la presque totalité de l'Europe , m'a « formellement chargé de presser, par « les plus vives instances , Sa Maiesté « suédoise de déclarer la guerre à l'An- « gleterre , d'ordonner en même temps « la saisie des bâtiments anglais dans « tous ses ports , ainsi que la confisca- « tion des denrées et marchandises an- « glaises ou coloniales , partout où elles « se trouveront , et sous quelque pa- « villon qu'elles aient été importées , « contre la teneur des traités , et pos- « térîeurement à la déclaration du roi, « qui interdisait ses États au commerce « britannique. Je dois, de plus , décla- « rer à Votre Excellence que Sa Majesté « impériale attache une telle impor- « tance aux propositions que je viens « d'énoncer en son nom ; qu'elle m'or- « donne expressément , dans 4e cas où « le roi ne jugerait pas à propos d'y « consentir pleinement et sans restriction * de me retirer, sans prendre « congé , cinq jours après la date de la « dépêche que j'ai l'honneur d'adresser « à Votre Excellence.
« Je vous prie , etc.
« Alquier. » .
A la réception de cette dépêche, le conseil fut assemblé , et l'on mit en délibération la déclaration de guerre exigée par Napoléon . Que faire? où trouver un appui ? Les puissances du continent ne suivaient alors que l'impulsion de la France, et la saison éloignait tout espoir d'être assisté par l'Angleterre, dans le cas où le royaume aurait' été attaqué dans le cours de l'hiver. Le court délai fixé pour donner une réponse ne laissait pas le temps nécessaire pour s'assurer des dispositions des Etats limitrophes, et les ressources du royaume, tant en argent qu'en moyens de défense, étaient tellement bornées, qu'on ne pouvait raisonnablement se flatter de garantir l'inté-
grité et la liberté de la Suède. Le prince royal , pénétré de la nécessité de sau- . ver l'Etat , fit taire ses affections et déclara solennellement que le roi ne devait avoir aucun éçard ni à sa position particulière, ni à ses rapports passes , et qu'il exécuterait avec fidélité et avec zèle ce qui lui serait enjoint pour la gloire et le maintien de l'indépendance du royaume.
Le roi , réservant pour une époque plus opportune le dévouement de son fils adoptif , regarda comme un devoir impérieux de céder, pour le moment , à l'orage; il se flattait que Napoléon ne voudrait pas tout d'un coup épuiser les dernières ressources de la Suède , en exigeant rigoureusement qu'elle se portât à des hostilités ouvertes contre la Grande-Bretagne. La guerre avec l'Angleterre fut donc décidée ; et , le 18 novembre , M. d'Engestrôm adressa au baron Alquier la réponse suivante.
« Monsieur le baron ,
« J'ai mis sous les yeux du roi la « lettre que vous avez bien voulu m'a- « dresser en date du 13 de ce mois ; et « c'est par ordre exprès de Sa Majesté « que j ai l'honneur de vous faire la « réponse suivante :
« Que le roi , accoutumé à remplir « avec exactitude toutes les obligations « qu'il a contractées , a agi envers la « France avec sa loyauté ordinaire. Il « ne s'est pas permis d'expliquer le « traité de Paris. Il a voulu qu'il fût « observé par ses sujets selon sa teneur « littérale. Le traité a été publié pour « leur servir de règle. Aucune permis- « sion spéciale n'a été donnée, comme « vous paraissez le croire.
« Le gouvernement suédois a fait «cesser toute communication avec « l'Angleterre. Les comptoirs de poste « de la Suède ne reçoivent aucune « lettre venue de ce pays , et n'y font « aucune expédition.
« Aucun paquebot anglais n'entre «dans un port de la Suède, qui se « trouve sous surveillance. Il est pour- « tant très-possible que des communi- « cations puissent avoir lieu par fraude, « et , par conséquent , à Tinsu du gou- « vernement. Les côtes de la Suède
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sont tTune si grande étendue , qu'il est impossible de les garder. Il faut croire que d'autres pays se trouvent dans le même cas , car nous voyous tous les jours dans les gazettes des nouvelles d'Angleterre arrivées par la France; et déjà, avant ta paix de Paris , des lettres anglaises sont venues en Suède par l'Allemagne.
« D'immenses convois ne sont assurément pas sortis des ports de la Suède pour l'Angleterre. Ce que vous appelez la rade de Gothembourg est apparemment Vinga-Sand , éloigné de Gothembourg de huit lieues de France , et de six du continent de la Suède , et par conséquent très-fort hors la portée du canon. Les convois s'y assemblent, parce qu'ils ne peuvent pas y être troublés. Les quinze cents bâtiments et au delà qui doivent s'être trouvés à Vinga , où sontils allés? Assurément pas dans les ports de la Suède. S'ils ne sont pas confisqués chez nos voisins, il faut croire à la vérité des rapports qui annoncent des fraudes immenses, commises même chez ceux qui en mettent sur notre compte , dans l'intention de nous nuire.
« On n'a qu'à jeter les yeux sur la carte de Suède , pour se persuader de l'impossibilité de garder sur tous les points des côtes aussi vastes , remplies de ports , et garnies d'une immense quantité d'îles , toutes propres au débarquement. Si l'on parvient à mettre une d'elles en état de défense, les Anglais s'emparent d'une -autre , et tout ce qu'on peut faire est en pure perte. L'année passée, toute la puissance de l'empire russe n'était pas en état d'éloigner les Anflais de Nargôn , île située à l'entrée u port de Revel, devant laquelle une partie de la flotte anglaise était stationnée. Il n'y a pas eu de condescendance de la nart du gouvernement suédois ; il a dû souffrir ce qu'il n'a pas été en état d'empêcher, n'ayant pas les moyens pécuniaires nécessaires, ni des forces navales suffisantes pour éloigner les Anglais.
Ils étaient maîtres de la mer. Si de
r là Us attendaient et saisissaient fe < x moment d'introduire leurs denrées « sur le continent* la Suède ne pou- « vait pas l'empéener; et si cette <mxportation était partout favorisée ,
* ce n'est pas à la Suède , mais bien «aux puissances continentales qu'il « faut s'en tenir.
a Vous me parlez, Monsieur, d'imx menses richesses accumulées en Suède
* par le commerce, et vous ne pouvez i pas ignorer que l'argent de la Suède i perd quatre-vingts pour cent contre «celui de Hambourg, et encore plus
* contre celui de France; et le cours i du change étant l'unique échelle d'a-
< près laquelle on puisse juger du gain » que fait le commerce d'un pays, je
* vous laisse h vous-même à détermi- « ner, Monsieur, Ips avantages que la t Suède a retirés du sien.
« Sa Majesté l'empereur des Franc çais et roi d'Italie ayant maintenant
* cru devoir faire de nouvelles demandes, qui donnent une plus grande i extension aux traités subsistants ent tre la Suède et la France, et le roi, t mon auguste maître , n'écoutant en « cette occasion que ses sentiments in- ( variables d'estime et d'amitié envers ( Sa Majesté Impériale et Rovale, s'est i décidé à donner une nouvelle garan-
< tie de ses intentions et des principes
< qui le guident.
« Sa Majesté m'a en conséquence c ordonné de vous annoncer. Monsieur, i qu'elle déclare la guerre à l'Anglei terre; qu'elle ordonne la saisie des c bâtiments anglais qui se trouveraient,
< contre toute attente, dans les ports i de Suède; que, pour ne donner lieu à i aucune imputation ultérieure par rapi port à une connivence secrète avec i la Grande-Bretagne, ou à une intro- « duction suivie et frauduleuse de deni rées coloniales sur le continent, le » roi fera renouveler, de la manière la « plus sévère, la prohibition déjà exis-
< tante, contre l'introduction en Suède t de denrées ou de marchandises an- : glaises, quels que soient leur origine t ou le pavillon sous lequel elles soient i apportées , et ne permettra plus dés i à présent , et sans la moindre res-
SUÈDE
dit
« trictfon , aucune exportation de Suède « sur le continent aesdites marchana dises anglaises ou denrées. De plus, « Sa Majesté donnera des ordres néces- « saires pour que, par des recherches, « lar totalité des denrées ou marchan- « dises anglaises ou coloniales, impor- « tées en Suède , sous quelque pavillon « que ce soit, postérieurement au 24 « avril de la présente année, soit cons- « tatée et mise à la disposition légale « du roi.
« En se portant à ces sacrifices , dont « l'expérience prouvera la grandeur,' le « roi a principalement en vue, et son « amitié constante pour Sa Majesté « l'empereur des Français, et son désir « de contribuer aussi de son côté au a succès du grand principe qui vient «d'être allégué contre la Suéde, par « rapport à la paix maritime. Ce n'est « qu'en réunissant ses efforts à ceux a du continent, pour accélérer cette « époque si bienfaisante pour l'huma- « nité, que Sa Majesté pourra justifier « en partie, aux yeux de ses sujets, les « pertes immenses auxquelles les cir- * constances vont les assujettir, et prou- « ver à l'Europe qu'il n'a point dépendu « d'elle de voir en ce moment la paix a régner sur les mers , et le commerce « rendu à son indépendance primitive.
« C'est avec les sentiments, etc.
« Le baron i>'Engestbôm. »
La diplomatie impériale ne s'en tenait pas aux notes officielles ; elle faisait jouer en même temps quelquesuns de ces ressorts qu'elle employa toujours avec prédilection. A peine arrive, le prince put lire dans le Moniteur des lettres datées d'Elseneur ou de Copenhague , qui étaient évidemment imaginées, ou pour lui servir de guide et de règle de conduite, ou pour l'inquiéter sur des dangers imaginaires. Tantôt on y parlait, comme dans la note de M. Alquier, de l'encombrement des marchandises anglaises à Gothembourg, d'où elles étaient portées et recelées dans les mines, pour être ensuite répandues dans le pays; l'on dénonçait une correspondance clandestine du consul anglais de cette ville; l'on annonçait que le gouvernement anglais se
refusait à reconnaître Charles XIII pour souverain de la Suède, ou bien que le comte de Gottorp (Gustave IV) avait été reçu à bord de la flotte anglaise dans la Baltique, avec les honneurs que l'on rend aux têtes couronnées. Ces misérables tracasseries n'étaient pas faites, il faut en convenir,, pour entretenir la bonne intelligence entre les deux pays. Néanmoins la Suède entra loyalement dans les vues du gou-. vernement français; elle adopta le svstème continental, et le 20 novembre la guerre fut déclarée à l'Angleterre.
Ainsi une nation pauvre , à peine sortie toute meurtrie d une lutte sanglante, se voyait, au moment où elle pouvait espérer de réparer ses désastres dans le calme de la paix , contrainte de rentrer dans une carrière de privations et peut-être de combats.
La nature a accordé aux mers qui baignent les côtes de la Suède une grande abondance de poissons; c'est la base de la nourriture des habitants; mais en même temps elle lui a refusé le sel nécessaire à la conservation de cet aliment. Elle lui a prodigué le fer, le cuivre et le bois, mais elle ne peut consommer tout ce qu'elle exploite en ce genre; ce ne sont que des objets d'échange, auxquels le commerce peut seul donner de la valeur. Or c'était l'Angleterre qui, avec les Américains, achetait alors les trois quarts des productions de la Suède, et par son adhésion au système continental, cette dernière puissance pouvait se voir condamnée à la misère la plus profonde au milieu de l'abondance de ses produits. Elle n'hésita pas cependant, et voulut, pour sa part contribuer à la grande mesure qui semblait devoir amener la conclusion de la paix et la liberté des mers. ;
Sur ces entrefaites, le roi de Suède reçut du baron de Lagerbielke, son ministre à Paris, une dépêche, en date du 26 octobre, qui annonçait que Napoléon ne donnait à la Suéde que cinq, jours pour se décider. Cette dépêche contient des renseignements historiques trop précieux , les vues politiques de Napoléon y sont formulées d une
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tnpnière trop originale et trop précise, pour ne point transcrire ici en entier l'extrait qui en a été rendu public.
Extrait d'une dépêche adressée au
roi par M. le baron de Lagerbielke,
ministre de Suède à Paris, en date , du 26 octobre 1810.
« Malgré toutes les prévenances per- « sonnelïes dont je venais d'être l'objet, « il m'avait été facile de me préparer « à une scène peu agréable. La nature « de mes conférences avec le duc de « Cadore, le départ précipité de M. de « Czernicheff , la catastrophe dont la « Suisse s'était vue menacée pour affai- « res de commerce, les avantages rem- « portés dans le Portugal , dont on « voudrait sans doute profiter pour « accabler les Anglais sur tous les « points à la fois, toutes ces circons- « tances réunies m'avaient assez fait « juger quel serait l'objet de l'audience ; « mais j'avoue que je ne m'attendais « pas à une explosion aussi violente.
« Jamais je n'avais vu l'empereur en « colère; et cette fois-ci il Tétait à un « pointqui surpasse toute imagination.
« Je fus introduit un peu après neuf «heures du matin. Je trouvai le duc « de Cadore avec l'empereur; et la pré- « sence de ce tiers me fît d'abord juger « que j'étais appelé pour entendre une « déclaration officielle, mais que la dis- « cussion ne me serait point permise.
« Je n'en résolus pas moins de répon- « dre à chaque occasion où je pourrais « placer un mot.
«11 m'est impossible de rendre « compte à Votre Majesté de tout ce «que l'empereur a dit pendant cinq « quarts d'heure au moins, parce que « son agitation était si forte, son dis- « cours si coupé, ses répétitions si fré- «quentes, qu'il était trop difficile de « tout classer dans la mémoire. Je dé- « butai par la présentation de la lettre « de Votre Majesté. « Savez-vous, dit « l'empereur, quel est le sujet de cette «lettre?» Je t'exprimai, en ajoutant «un compliment. Sans y répondre, « l'empereur continua (chaque reprise « du discours de l'empereur fera suflî- «samment connaître à Votre Majesté « le genre des courtes réponses que je
« tâchai de placer dans les intervalles) : « Ah ça , M. le baron , cessera-t-on « enfin de croire en Suéde que je ne « suis qu'une dupe ? pense- t-on que je «puisse ni' accommoder de cet état « mixte ou métis f—Oh! point de sen- «timents! c'est par les effets qu'on «fait ses preuves en politique. Voyons «ces effets. Fous signâtes la paix « avec moi au commencement de «Vannée. Vous vous engageâtes à « rompre toute communication avec « l'Angleterre ; vous gardâtes un mi- « nistre à Londres, un agent anglais « en Suède, jusque fort avant dans « l'été; vous n'interrompîtes la corn- « munication ostensible par Gothem- « boura que plus tard encore ; et qu'en « résulta -t- il? Que la correspond « dance est restée la même, ni plus « ni moins active. -—Bah ! il n'est pas « question d'une communication par- « ci, par -là; elle est régulière, elle est «très-considérable; vous avez des « bâtiments dans tous les ports de « l'Angleterre. — Vraiment, du sel!
«prend-on du sel dans la Tamise?
« Des bâtiments de commerce an- « alais assiègent Gothembourg. —La « beUe preuve qu'ils n'y entrent pas ! *On échange les marchandises en « pleine mer ou près des côtes. Vos «petites îles serviront de magasins • pendant l'hiver. Vos bâtiments « transportent ouvertement des den- «rées coloniales en Allemagne ; j'en « ai fait saisir une dizaine à Jios- « tock. Est-il possible que l'on puisse « affecter ainsi de se méprendre sur « le premier principe du système con- « tinental? — A la honne heure! vous « n'approuvez point cela dans votre « note; ce n'est point d'elle que je me «plains, c'est du fait. Je n'ai pas «dormi une seule heure de la nuit, « à cause de vos affaires; on pourrait « me laisser reposer en paix : j'en « ai besoin.-* Encore , est-elle conve- «jiable cette restitution des prison- « niers anglais qtd avaient si impru- « demment attenté à la dignité du « roi, et violé son territoire 7 Rendus « sans aucune satisfaction! N'est-ce « pas M. de Cadore ? » (Le ministre,
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