‹ Suède et NorwégeChapitre 29 sur 60 · SECOUES PUBLICS · texte numérisé non relu

SECOUES PUBLICS

Au milieu des soins nombreux d'un gouvernement dont le but est constamment le bien général , Charles XIV n'a négligé aucune des mesures prç-

L'UNIVERS

près à assurer la santé publique , et la Suède lui doit en ce genre de nombreux établissements.

Un institut médical et chirurgical , fondé en 1815, à Stockholm, sous le nom d'Institut Carolin , a reçu, en 1822 , une nouvelle extension. En 1833 , le roi lui a alloué un supplément de fonds pour achats de livres , d'instruments et de diverses collections.

Dès l'année 1819 , des mesures ont été prises pour former des chirurgiens habiles , et des fonds ont été faits pour leur donner la possibilité d'aller étudier leur art dans les pays étrangers.

En 1827, de nouvelles instructions ont été publiées pour les médecins des pauvres et pour les médecins municipaux de la capitale.

Dans quelques districts du royaume les secours de la science médicale ayant été jugés insuffisants , le roi a nommé, en 1829, dix médecins extraordinaires , qui devront résider à Heisingborg, à Sôlvitsborg, à Wârnamo , enSmaland, à Alingsas, dans la paroisse de Wingaker en Sudermanie , à Sigtuna, à Ljusdal, à Helsingland, et à Hernôsand , pour se porter de ces différents points sur tous ceux où leur présence sera nécessaire. Cette mesure a été étendue depuis à presque tous les gouvernements.

Une société de pharmacie a été instituée dans la capitale en 1831 , le roi en a réglé les statuts.

Dès Pannée 1816, le défaut de ressources pharmaceutiques s'étant fait sentir dans les paroisses rurales, et les curés qui, depuis le commencement du siècle, s'appliquent à l'étude de la médecine pendant leur séjour à l'université , manquaient des drogues nécessaires pour soigner leurs paroissiens malades. Le gouvernement , afin d'encourager la formation de dépôts de médicaments dans les paroisses , a fait publier un manuel pharmaceutique.

Un nouvel hôpital général a été, par ocdre du roi , fondé à Stockholm, dans le faubourg du Sud. La même décision prescrit l'agrandissement de l'hôpital

'de Rungsholmen , où trois cents malades peuvent être reçus désormais.

En 1832, un nouvel hôpital a été fondé dans la ville de Soderhamn, et le roi a fixé la somme nécessaire pour l'entretien de cet-établissement.

En 1815 , un hôpital destiné à recevoir les individus atteints de la maladie vénérienne a été organisé à Stockholm , et le roi a décidé que de semblables maisons seraient ouvertes dans les provinces qui n'en ont point encore.

Avant 1825, il n'existait pas d'établissements spéciaux pour le traitement des maladies mentales. Le roi ordonna à cette époque que des maisons centrales , destinées a recevoir les aliénés , seraient ouvertes à Makxio, à Vadstena et à Upsal. En 1838, une maison de ce genre a été établie dans le voisi-

sements existent aujourd'hui à Vexiô, Nykôping, Gothemboure, Westeras, Falun, Gefle, Hernôsand et Wisby.

En 1817, des fonds ont été assignés au collège de santé pour être employés en cas d'épidémie.

Le choléra n'tf pas épargné la Suède.

Après avoir sévi en Angleterre, en France , en Allemagne , il envahit la péninsule Scandinave en 1834, tet y exerça de cruels ravages. Dans là petite ville de Jônkôping le fléau emporta un habitant sur sept. Le roi ne négligea rien pour atténuer les effets de ce terrible fléau, ou pour adoucir les malheurs qu'il avait causés. Des fonds considérables furent laits pour venir au secours des nécessiteux. Les orphelins ont été recueillis , l'État s'est chargé de leur entretien et des dispositions ont été prises pour qu'il soit pourvu à l'éducation de tous ceux que les paroisses ne pourraient soutenir.

En 1812, un système régulier de vaccination a été établi dans chaque paroisse, et dix grands dépôts de vaccin ont été formés sur différents points du royaume. Une ordonnance de 1816 a prescrit que des récompenses seraient décernées à l'avenir aux médecins ▼accinateurs qui présenteraient les résultats les plus nombreux.

SUÈDE

fin 1812 , l'hospice des enfants trouvés de Stockholm a reçu une nouvelle organisation , et en 1825, d'importantes améliorations ont été apportées à cet établissement.

Il existe à Stockholm deux maisons d'accouchement pour les femmes peu aisées ou pour celles qui désirent rester inconnues. Une école de sages femmes est attachée à chacun de ces établissements.

Le nombre des sages-femmes , successivement augmenté, s'élevait , à la fin de 1833, à plus de huit cents; une active surveillance est exercée sur leurs études et sur l'examen qui précède leur nomination. La plupart de ces matrones sont habiles a faire des opérations pour lesquelles on ne s'en rapportait précédemment qu'au talent des chirurgiens.

En 1827, fondation , à Stockholm, d'une société pour secourir les mères

{>auvres qui veillent à la santé et à 'éducation morale de leurs enfants.

La récolte avant été mauvaise en 1825, le roi a fait remettre aux gouverneurs des provinces où la disette s'était fait ressentir, des sommes considérables , avec ordre de les employer en achats de grains destinés aux plus nécessiteux. Quatre années de suite ayant été mauvaises dans plusieurs provinces , et notamment dans les provinces occidentales, Charles XIV leur a fait distribuer des secours qui s'éle- ' vaient , en 1833 , à plus de un million cinq cent quatre -vingt mille rixdalers.

Cependant, ayant reconnu que les secours en argent accordés dans les années de disette, ne pouvaient remédier que tardivement à ce fléau , il jugea qu'il était plus prudent de le prévenir en formant des réserves de grains sur tous les points où la disette peut être à craindre. Cette mesure, mise à exécution depuis quelques années , présentait pour résultat , en 1834 , neuf cent quatre-vingt-neuf magasins , renfermant environ cent soixante-quatre mille cent soixante-trois tonneaux de grains, et pouvant disposer en outre d'une somme de soixante-

sept mille six cent quarante-huit rixdalers pour augmenter au besoin ces ap> provisionnements.

rasTBucrioB roiUQui.

En Suède, l'enseignement est libre*,

3uiconque fournit à l'autorité du lieu es garanties morales , peut , à son gré, former un établissement pour l'éduca* tion de la jeunesse.

La Suède est l'un des pays de l'Europe où l'instruction élémentaire est le plus répandue. Depuis un siècle, on n'jr rencontre plus un seul individu qui ne sache lire, et presque tous les Suédois savent écrire et compter. Cet avantage est dû à deux lois, l'une de Jean III (1574), qui décréta que tout gentilhomme oui ne saurait pas lire perdrait sa noblesse, et l'autre ae Charles XI (1 584) , qui ne permet aux curés d'admettre les enfants à la première communion que lorsqu'ils savent parfaitement lire , et que par conséquent ils sont en état de bien comprendre le catéchisme. Ces deux ordonnances, dont la dernière est encore en vigueur, ex* pliquent peut-être pourquoi la noblesse suédoise acquit une si grande réputa-> tion dans le seizième et le dix-septième siècle, et pourquoi les paysans suédois sont les plus éclairés et les plus religieux de l'Europe.

1° Enseignement primaire. Le comité d'instruction publique, constitué en 1825 par ordre de Cnarles XIV, a arrêté les principes suivants, relative-* ment à l'enseignement primaire :

Dans toutes les paroisses, autant

Sue les circonstances le permettront , es écoles, populaires seront établies.

On y enseignera la lecture, l'écriture, la grammaire suédoise , le catéchisme , Fhistoire sainte , le chant religieux , la gymnastique, la natation. Les élèves y apprendront en outre, d'une manière succincte, l'histoire nationale, la géographie , et particulièrement celle de la Suède; il leur sera fait un exposé sommaire des constitutions qui régissent les deux royaumes de Suède et de Norwége, de la situation des deux pays , de leurs productions naturelles* .

L'UNIVERS

Ces principes ont été mis sur-le*cbamp en pratique ; et il n'est guère de paroisse aujourd'hui qui n'ait une école exactement fréquentée par tous les enfants du lieu , et où les différentes branches d'enseignement indiquées plus haut ne soient en vigueur. Dans quelques-unes même , on donne en outre aux élèves des notions de .dessin linéaire.

Si l'on excepte les paroisses qui ont des fondations particulières fx>ur l'entretien de leur école , ou qui s'imposent à cet effet , le salaire du maître dans les écoles paroissiales consiste en contributions volontaires, ou autres gratifications accidentelles. Les maîtres sont en général nommés par l'évéque du diocèse; quelquefois aussi ils le sont par les paroissiens ou par les fondateurs des écoles.

Aucune méthode spéciale n'est prescrite pour ces établissements; seulement renseignement mutuel a été plus particulièrement encouragé oue tous les autres ; et une école normale , avant pour but de propager ce mode, d'enseignement , a été fondée à Stockholm.

Toutes les écoles qui ne sont pas sous l'inspection des paroisses, par exemple celles des mines, des forces, des manufactures, sont tenues de suivre la direction donnée par le consistoire ou par le curé.

2° instruction secondaire. L'organisation de l'instruction secondaire est à peu près la même en Suède qu'en Allemagne. Les établissements où la jeunesse reçoit cette instruction sont les écoles préparatoires {apologistskolor) , qui préparent les entants aux professions industrielles; les écoles supérieures {laerdomsskolor), qu'on peut comparer à nos collèges communaux, et enfin les gymnases, qui répondent à peu près a nos collèges d'externes.

Dans les écoles supérieures et dans les gymnases, l'enseignement est ainsi divisé :

I. Connaissances positives : 1° catéchisme , histoire sacrée et théologie; > géographie , histoire générale et statistique; 3° géométrie; 4° éléments .

de chimie et d'histoin

de physique, naturelle.

IL Philologie : 5° langue suédoise son histoire et sa littérature ; 6* latin 7° grec ; 8° hébreu ; 9° français ; 10* ai lemand; 11° anglais.

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