J/U HIVERS
de Jokul ou Froft (lesfftma*) ; Frost , de Snio ou Snaer (la neige). Snaer eut un fils nommé Thorrer ou Thor, et trois filles: Faun (fa neige gelée), Drif a (la neige fondue ou dégouttante f*)), et Miof (la neige m$Ue tu blanche). Thor fut un roi puissant qui régnait sur le Jotiand (la Quaenie et la Finlande, jusqu'au golfe de Ganflwfk ou mer Blanche), et en même temps un pontife qui donna son nom au premier mois de Tannée. Il avait deux fils , Nor et Gor, et une fille, Goé ou •Goejé. Pendant «ra'îi était occupé à un sacrifice solennel , sa fille lui fut ravie , et c'est en mémoire de eet évé»
nement que le second mois s'appelle Gœjé. Trois hivers après ce rapt , Nor et Gor se mirent à la recherche de leur sœur, et ce fut a cette occasion qu'ils firent la conquête de la Norwége » qu'ils se partagèrent. Nor eut le continent, depuis Gandwik jusqu'à Gœtha- Elf , et Gor, les îles.
Gor parcourut d'abord la mer Bal* tique , et passa de là en Danemark et en Norwége, Nor , ayant attendu que la neige fût assez gelée pour supporter les patins, partit de la Quaenie, se dirigea vers la partie supérieure du golfe de Bothnie, traversa la haute chaîne du Kioeien pour entrer dans le Fi un mark, et arriva vers Trundheim (Drontheim). Il eut à combattre de hardis montagnards dans le Kiœlen ,
Suis d'autres ennemis dans le Trundeim, le Mœre et le Sokn au nord de Bergen , et enfin , dans le Hedemark, il rencontra Hrolf , le ravisseur de sa sœur.
L'époque de l'expédition de Nor a été ûiêQ , par les savants , entre l'an 200 et l'an 250 de l'ère vulgaire. Après . Nor , sçb fils se partagèrent son royaume, et ces partages continuèrent de génération en génération , en siècles plus tard,
sorte que <
il y avait àans' ce pays plus de vingt petits rois indépendants, portant le titre de iarl ou duc, et quelquefois , celui de kong ou roi.
ï? ous avons vu , dans l'histoire de la
(•) Sifflons.
Suède (*) , comment Ingjatd flrada , ou le Perfide, menacé par Iwar Widfamne, avait trouvé la mort avec sa femme et presque tous les siens dans l'incendie de la vieille salle des rois (vers 669). Son fils Oipf était, lors dgla des- ' tructîon de sa famille , chez son père nourricier, en Westrogothie. Il se retira d'abord en Néricie ; mais , ne s'y trouvant pas en sûreté, il passa la rivière drElfven , qui se jette dans le lac Wenern, et se réfugia avec ceux des Suédois qui voulurent se soustraire à la domination étrangère, dans une contrée couverte de bois qui , à cause de sou heureuse position , fut appelée . Warmeland. Il fit abattre et défricher une partie de ces forêts , et c'est de là que lui vint son surnom de Traetelja.
Olof ne fut point , à proprement parler, roi de la Norwége, où il ne posséda rien ; mais il est considéré comme chef de la dynastie norvégienne , et comme représentant la famille des Ynglinges qui y furent transplantés. Ses sujets le tuèrent dans une sédition (698).
A la mort d'Olof Traetelja, Hatfdan Bvitben était auprès de son aïeul maternel Halfdan Gulltand, roi de Soleyar, dans l'Upland , et probablement l'un des descendants de la colonie de Séming. Les nobles Suions du Waenmeland vinrent chercher le jeune Halfdan pour le mettre sur le trône. Ils profitèrent de l'occasion pour tuer le roi de Soleyar et s'emparer de son pays.
Halfdan y joignit le Raumariki , et ce fut le premier établissement des Ynglinges en Norwége. Halfdan avait un frère auquel il céda le Waermeland.
Après ce prince , les chroniques Scandinaves citent Œsten ou Eystein et son frère Guthroth (730). Ce dernier eut le Waermeland ; Eystein étendit ses conquêtes en Norwége, et mourut dans une expédition de piraterie. Viennent ensuite : Halfdan D , Milida (7GO) ; Guthroth II, Mikillati (793), qui ajouta TAlfheim à ses possessions; Olof H , Geirstbada Alfur (802) , qui perdit une partie des provinces qu'avait
Dltagezi.
♦ÏIOftWÊGB.
possédées son père; et enfin Halfdan III, Swarte, également flls de Guthroth n , mais d'une seconde femme Asa, fille du roi d'Àgde. Parvenu à dix-huit ans (837) , Halfdan III partagea avec son frère Olof ce qui restait de l'héritage paternel. Peu après , Olof mourut , et son fils lui succéda dans le Westfolden. Le Wœrmeland avait été livré à la Suède par les fils de Guthroth Fr. Halfdan III, dirigé par sa mère Asa, «conquît tous les fylhes ou petits royaumes de laNorwége jusqu'à Sokn, au nord de Bergen.
Ce prince, qui périt vers 863 en passant durant l'hiver un lac dont les glaces se brisèrent subitement, avait épousé Ragnilde , fille d'un prince norvégien,, et de ce mariage était né Harald qui marcha dignement sur les traces de son père. Par lui la Norwége devint une monarchie puissante , et à partir de son règne l'histoire de ce pays occupe une place importante dans les annales de l'Europe.
PREMlfellE ÉPOQUE.
LA SQRWSGB OOUVimvéx COMXK K6TAUMB
iHDirjursjun- paa mu &ou dx la bac*
DU YSGUVGIS KT DU YOL&UTOKS,
harald Harfagerfaux beaux cheveu»} (863.)
Harald aux beaux cheveux, très*
Eme à la mort de son père , eut d'àrd à réprimer la révolte de presque tous ses vassaux, et les soumit en peu d'années , grâce à la valeur de son général Guttorm (865-867). Plus tard, l'amour devint le mobile de son ambition : ayant sollicité la main de la princesse Gida , elle lui répondit qu'elle ne l'épouserait que lorsqu'il serait parvenu, par la soumission des autres rois, à la souveraineté absolue de toute la Norwége, comme avaient fait les rois de Suède et de Danemark. Harald fit alors le vœu de ne plus couper sa chevelure jusqu'au moment où A aurait conquis tout son royaume.
La bataille de Hafursfiord (875) , qui obligea tous les chefs indépendants à
se soumettre sans retour, et à changer le titre de konwag (roi) oontre ceux de iarl (duc), ou herse (chevalier) , le dégagea de son serment; mais il en garda le surnom de Harfager ou aux beaux cheveux.
Cependant plusieurs familles puissantes, qui ne pouvaient se résoudre à vivre sous la domination de Harald , quittèrent la Norwége , et allèrent chercher jusque sous le pôle une terre où elles pussent vivre libres et indépendantes. L'Islande, d'après l'Islendingabock de l'exact et véridique Are Frode (mort en 1148) , avait été découverte en 868, et Ingfiold, fils du roi de Fiord , s'y était établi en 870. Cette île, appelée d'abord Snôland, reçut un grand nombre de colons norwegiens et même suédois, qui y portèrent leurs moeurs et leur amour pour la liberté; ils y portèrent aussi la langue des Scandinaves , et , avec elle , des poèmes ou saga qui furent mieux conservés dans cette région solitaire que dans le pays où ces compositions avaient pris naissance.
Soixante ans après ce premier établissement, toutes les parties habitables de l'Islande se trouvèrent occupées. Les exilés , partisans de la liberté , leur antique patrimoine , fondèrent sous le cercle polaire une république florissante ; en 928 elle se donna uo magistrat suprême gui avait le titre de laaman et présidait Vaitinq ou assemblée nationale. Cette république maintint pendant plus de trois siècles son indépendance. Le christianisme pénétra dans l'île en 981. Frédéric, évéque saxon, et Thorwald de Walzdal y construisirent la première église. En 1057 , l'Islande eut son premier évéque : il s'appelait Isleif , et fut sacré par l'archevêque de Brème, Adel* bert. Le siège de l'évéohé était à Skalbolt.
Mais revenons à la Norwége : l'Islande ne fut pas la seule terre peuplée alors par des Norvégiens ; les Orcaèes^ les Hébrides, Hettland et Feroë furent aussi occupées par eux; d'autres enfin passèrent le Kiolen, et colonisèrent la partie de la Queaie qui
MS
L'UWIVEftS.
fut appelée dans la auite Helstnglaod et Jœmtland.
Quant au roi dont l'ambition avait amené toutes ces révolutions, encouragé par le succès, il porta ses armes jusqu'au delà des frontières de la Norvège. Harald soumit le Halogaland et le Finnmark jusqu'à la mer Blanche. Dans les années 888, 895 et 932, il entreprit aussi plusieurs expéditions dans le grand Océan, sur les côtes d'Angleterre et d'Ecosse. Il mourut enfin en 936, trois ans après avoir désigné un de ses fils, nommé Erik, pour lui succéder en qualité de chef suprême de la Norwége. Ses autres fils , nommés administrateurs de diverses provinces, eurent cependant le privilège de porter le titre de roi.
Ce fut sous le règne de ce prince que Hrolf , fils de Ragnvald, comte de Mœre et de Raumsdal , descendant de Gor, frère de Nor, et parent, par sa mère Hildis, du roi Harald , fut banni parce qu'il a exercé la piraterie pour son propre compte ( 887 ). C'est ce Hrolf
Îji, s'étant emparé de la seconde yonnaise, devint le premier duc de Normandie sous le nom de Rollon.
bbik Ier, Blodyxe (Hache de sang).
Le successeur de Harald était brave comme son père. De bonne heure il s'était distingué dans des expéditions lointaines; mais au courage il joignait une cruauté qui ternit sa gloire : jaloux de ses frères ,. et excité par sa femme Gunilde, il en tua deux de sa propre main ; le peuple indigné flétrit le fratricide du surnom de Blodyxe, Hache de sang.
Mais parmi les fils de Harald il en était un qui n'avait pas été compris, dans le partage des États de son père : c'était le plus jeune, Hakan, qui avait été élevé en Angleterre par le roi Adelstan. Informe du mécontentement qui régnait en Norwége, il résolut de venger ses frères en renversant Erik à son profit; et bien que la flotte que lui avait fournie le monarque anglais eût été dispersée par la tempête , et qu'il se
trouvât seul et désarmé sur la côte de Norwége, l'affluence fut si considérable lorsque leiarl Sigurd,administrateurda district de Drontheim , le présenta au peuple , qu'Erik, abandonné de tous, n'osa et ne put opposer la moindre résistance. Il s'enfuit dans les Orcades, où il fit quelque temps le métier de pirate, et de la en Angleterre, où le roi Adelstan lui accorda, en 939, le Northumberiand comme fief, sous la condition qu'il embrasserait le christianisme. Après la mort d' Adelstan, Erik soutint plusieurs guerres contre les successeurs de ce prince, et périt dans un combat en 952*
HAKAN I*r. *
Hakan (Haquln) affermit par sa prudence la couronne qu'il venait d'acquérir. En 940 et 941 , il réunit les nommes les plus sages du royaume pour lui donner des lois et établir la
Saix dans tout le pays; puis, pour le éfendre contre les attaques du dehors , il fit construire des forts, établit des signaux le long des côtes, et divisa toute la Norwége en districts maritimes, afin de pouvoir faire équiper promptement une flotte nombreuse, si les circonstances le nécessitaient.
En 943, la douceur de son administration, sa réputation de sagesse portèrent les habitants du Jaemtland à se détacher de la Suède pour se soumettre volontairement à sa domination; mais, dans le même temps, le comte des îles Orcades , Arfin , gendre d'Erik, refusa de lui payer l'ancien tribut, et le roi de Norwége, occupé d'importantes innovations , ne put trouver le loisir de faire valoir ses droite. Élevé en Angleterre dans la religion chrétienne, Hakan chercha à introduire l'Évangile dansson pays; mais le peuple, fidèle à ses dieux, rendit vains tous ses efforts, a La nation », lui dit Asbiôrn, l'un des députés envoyés près de lui , « vous a reconnu roi pour conserver ses • libertés et non pour la réduire en ser- « vitude; les dieux de la Norwége sont « aussi anciens que le monde; nos pères
NORWÉGE
« les ont servis, et pkitêtqne d'aban- « donner leur culte, nous renoncerons « à t'obéir. » Le îarl Sigurd s'interposa : « Le roi , dit-il , veut rester votre ami ; «il désire que vous deveniez chrétiens, « mais il ne forcera personne. » Cette maxime de tolérance fut peu goûtée de l'assemblée, qui contraignit le roi à prendre part aux sacrifices, à vider la coupe de Thor et à manger de la chair de cheval. Puis Ton détruisit les nouvelles églises et l'on massacra les prêtres. Le roi se serait vengé sans doute de ces violences, s'il ne s'était vu à cette époque menacé par les fils d'Erik Hache de sang, qui, secourus par Harald à la dent bleue, roi de Danemark , essayèrent, à plusieurs reprises, d'opérer une descente en Norwége.
Vaincus d'abord, ils surprirent un jour le roi au moment où il n'avait autour de lui qu'un petit nombre de combattants. Cependant Hakan allait encore triompher, lorsqu'il fut blessé par une flèche- Sentant sa mort approcher, il nomma pour lui succéder les fils de son frère Erik, en désignant particulièrement le prince Harald pour chef suprême.
Ceux-ci se mirent immédiatement en mesure de recueillir leur héritage, et s'emparèrent simultanément du pouvoir, quoique l'aîné, Harald, surnommé Grafell, dût seul porter le titre de roi. Cependant leur puissance en Norwége se trouvait considérablement restreinte, au nord et au sud du royaume, par de puissants vassaux, à peu près indépendants, qu'ils furent obligés de maintenir dans leurs charges, moyennant la promesse qu'ils firent d'abandonner la moitié de leurs revenus.
Le plus considéré parmi ces vassaux était le iarl Sigurd, qui possédait, à titre de fief , Drontheim et la partie septentrionale de la Norwége; aussi les fils d'Erik firent-ils tous leurs efforts pour se saisir de sa personne et de ses biens. Secondés par l'astuce de leur mère Gunilde, ils réussirent à attirer le comte près d'eux, et le firent périr dans un incendie allumé par leurs mains. Mais tout le peuple de Drontheim se souleva aussitôt que l'assas-
sinat fut connu; Isa tête m mit le iarl Hakan, fils de Sigurd, et, après une guerre qui dura trois ans, les rois Dirent obligés de le confirmer dans la dignité dont son père avait été revêtu» Cependant, lorsque Harald et l'un de ses frères eurent défait par trahison, en 960, deux des petits rois du midi de la Norwége, anciens vassaux de Harald aux beaux cheveux, et se furent emparés de leurs États, ils réunirent leurs armes contre le iarl Hakan, qui fat également contraint, à deux reprises, en 970 et 976, d'abandonner ses domaines. Mais aussi habile et aussi rusé que Gunilde, il persuada au roi de Danemark , ancien tuteur du roi de Norwége, d'attirer ce prince auprès de lui, sous prétexte de lui céder un fief, durant une famine "qui ravageait alors la Norwége. Harald Grafell , plein de confiance, aborda en Danemark, où il trouva la mort sur le rivage (977); puis Hakan, soutenu par une flotte danoise, s'empara de la Norwége, et régna sur le nord et le centre de cet Etat, sous le titre de vassal et de lieutenant du roi de Danemark. Un prince du nom de Harald Graenske , dont le père avait été assassiné sous le règne précédent, devint maître de la partie méridionale avec le titre de roi. Les frères de Harald Grafell , retirés dans les Orcades, firent, en 979 et en 980, quelques tentatives infructueuses pour expulser Hakan.
Celui-ci, qui avait rendu au peuple ses idoles , et se glorifiait d'avoir chassé les prêtres et restauré le culte d'Odin, était trop fort de l'affection des Norvégiens pour redouter les princes qu'il avait dépouillés. Le roi de Danemark Harald a la dent bleue, ayant équipé, en 983, une flotte considérable, pour contraindre Hakan à lui payer le tribut promis de cinquante marcs d'or et de soixante faucons, fut obligé de se réconcilier avec Hakan, qui, peu après, lui prêta des secours dans la guerre aue le Danemark soutint contre 1 empereur Othon II. Après avoir signé la paix avec l'empereur, Harald contraignit son ancien lieutenant, qui, au
fit
L*CHIVER&
kbtMAn. 8 était sur le point #éCn IUt prâmmer par le roi OU gaflrrfconang, foi avait fait fermer derrière lui lep^igr de Storksmid, là ou la rtfe de Stockholm se trouve actuellement sttnée, lorsqu'il s'avisa , dit-on, de ivre creuser, pendant la naît, an canal par lequel il parvint à gagner In pleine mer. D prit part également aux expéditions dirigées contre l'Angleterre, et ce fut dans ce pays qu'il se procura, par le pillage, tout ce qui hn était nécessaire pour son entreprise contre la If orwége. Les guerriers norwégiens ne dédaignaient point de joindre la ruse au courage: Olof, de retour
s sa patrie, parvint par ce moyen à se rendre maître de la personne du jeune prince Hakan , fils d TÉrik , auquel il ne rendit la liberté qu'après ravoir obligé à renoncer à toutes ses prétentions sur la couronne. Mais il échoua dans une semblable tentative dirigée contre Sven, oncle de Hakan, quoiqu'il l'eût vaincu dans un combat naval en 1015. Sven lui échappa par la fuite.
Cependant Olof fut unanimement reconnu roi de Norwége à Drontheim, qui d'abord avait été destiné à devenir une ville,- mais qui, dès ce moment, devint une résidence royale. Le nouveau roi porta tous ses soinsà améliorer les anciennes lois, et à en créer de nouvelles, qui avaient surtout pour but de favoriser la propagation du christianisme; car Olof le Gros était télé chrétien. Les moyens qu'il employa pour opérer des conversions furent plus efficaces que ceux auxquels ses prédécesseurs avaient eu recours. Sans renoncer entièrement aux voies de rigueur, il établit des Institutions pour faire connaître au peuple les vérités de l'Évangile, et donna aux églises une organisation plus stable par l'établissement du kristinrett (droit ecclésiastique), dont il confia la rédaction à f évéque anglais Grimkild.
Olof eut plusieurs différends avec Olof Skœtkonung, roi de Suède, qui voulait faire valoir ses droits sur la partie de la Norwége qui a appartenu plus tard à la Suède, sous le
■uni de province de Bonus, et en 1024 il épousa Astride , fille de ce nouarque; contre la volonté de son père.
La sévérité avec laquelle il traitait ceux de ses sujets qui n'avaient pas encore abandonné le culte des idoles, fit soulever contre rai cinq des petits rois qui l'avaient aidé à parvenu* an trône ; mais Olof découvrit leur projet, les surprît à l'improviste , pois exila les uns, priva les autres de la vue, ou leur fit arracher la langue.
Cette conduite lui réussit d'abord ; mais ses victimes s'étant réfugiées auprès de Canut le Grand , qui régnait sur le Danemark et sur l'Angleterre , engagèrent ce prince à replacer la Norwége dans la dépendance où elle était jadis du Danemark. Canut envoya d'abord un ambassadeur à Olof, en 1028 , pour lui signifier de se regarder à l'avenir comme son vassal. Olof rejeta dédaigneusement cette' prétention, et conclut une alliance, en 1029, avec son beau-père Anund , roi de Suède , pour se mettre en état de résister; mais, abandonné de tous les siens, il fut contraint de quitter ses États , que Canut conquit sans peine en 1031 . Forcé de fuir, Olof se retira en Russie, tandis que Canut, resté maître de la Norwége, s'en faisait proclamer roi, et fondait à Munkholm , près de Drontheim , le premier monastère de bénédictins. Il se croyait sûr du trône, rand Olof, qui songeait à se rendre Jérusalem pour y embrasser l'état monastique , crut recevoir dans un songe un ordre du ciel qui lui enjoignait de retourner en Norwége.
Anund, roi de Suède, lui fournit des troupes, et beaucoup de Norvégiens se réunirent à lui. Bientôt son armée s'éleva à plus de trois mille hommes, quoiqu'il refusât tous ceux qui n'étaient pas chrétiens ou qui ne voulaient pas le devenir. Dans sa ferveur religieuse, il avait fait peindre une croix sur les casques et sur les boucliers de ses soldats, et leur avait donné pour cri de guerre: « En avant % soldats du Christ, de la croix et du roi. » S'en reposant sur la justice de sa cause, il ne voulut pas attendre un
JfORWÉGE.
fit
renfort qui devait le rejoindre, et il marcha contre ses ennemis , bien que ceux-ci fussent deux fois plus nombreux. Il les attaqua à Stiklarstad.
Avant ia bataille, il appela près de lui trois poètes islandais qui faisaient parti de sa suite, et leur recommanda de transmettre à la postérité le souvenir de ce qu'ils verraient dans ce jour.
Olof dut céder au nombre; son armée fut taillée en pièces, et lui-même périt dans le combat, le 29 juillet 1030. Deux de ses poètes tombèrent à ses côtés; le troisième, blessé à mort, chanta un poëme en l'honneur de son roi , avant d'arracher la flèche dont il était percé. Quelques années après la mort d Olof , son corps fut déterré et enfermé dans un riche cercueil, et ce prince fut canonisé et proclamé patron et seigneur suzerain oe la Norwéçe. Pendant plusieurs siècles, les habitants de la Norvège et de la Suède lui payèrent un tribut.
Malgré la victoire de Canut, le moment n'était pas encore arrivé où le joug danois devait s'appesantir sur la Norwéee. Peu de temps avant la bataille de Stiklarstad , Canut ,qui alors portait trois couronnes, en avait confié une à son fils naturel , Suénon , qu'il envoya en Norwége pour gouverner ce pays comme roi, et, en 1033, il battit un fils d'Olof Pr, qui voulait faire valoir ses prétentions à la couronne. Mais Suénon opprima le peuple, qui rappela de Russie, où il s'était réfugié, le fils de saint Olof , Magnus Pr, et, en 1036, il fbrça Suénon à se réfugier en Danemark, où il mourut l'année suivante.