MAGNUS
Magnus parvint fort jeune au trône, et , dès le commencement de son règne, il rencontra un adversaire dans Harde Knut, qui, après la mort de son père, Canut le Grand, prétendait avoir des droits au trône de Norwége. Toutefois ce danger fut écarté par une convention stipulant que les deux rois s'engageaient à rester amis, et que si l'un d'eux venait à mourir sans en*.
33* Lwraûon. (Nohwége.)
fants, le survivant hériterait de ton royaume. Cette paix avait été conclue en 1043, l'année même où Harde Canut mourut. Magnus se rendit aussitôt avec une flotte en Danemark, où il fut reconnu roi sans opposition; mais un prince danois, nommé Suénon Estridson, qu'il choisit pour gouverner en son absence, se rendit bientôt indépendant. Dans le même temps, Harald Hardrade (ou le Sévère), frère utérin d'Olof , était revenu de ses courses de pirate, où il avait amassé de grandes richesses; il réclama une partie du royaume de Norwége, que Magnus consentit, en 1046, à lui abandonner, sous la condition de partager avec lui ses trésors. Cependant la bonne intelligence ne fut pas de longue durée entre ces deux princes, et peut-être une guerre aurait-elle éclaté, si Magnus n'était mort l'année suivante (1047), pendant une expédition contre le Danemark et par suite d'une chute de cheval. Le surnom de Bon lui avait été décerné en récompense de quelques sages lois qu'il avait rendues. Sentant sa mort approcher, il envoya un message à Suénon Estridson , pour lui annoncer qu'il lui cédait Ses droits à la couronne de Danemark.
harald Hardrade (le Sévère. ) (1047.)
Harald, qui à la mort de Magnus était devenu seul roi , ne voulut pas reconnaître ce que son prédécesseur avait stipulé relativement au Danemark, et la guerre continua longtemps avec des chances diverses, qui amenaient toujours la mort de quelques braves et la désolation des deux pays.
En 1054, Harald jeta les fondements d'OpsIo (actuellement la ville de Christiania), afin de faciliter ses expéditions contre le Danemark. Elles obtinrent peu de succès, car, en 1062, il faillit être fait prisonnier dans un combat naval qu'if perdit, et bientôt le mécontentement de ses sujets le força de conclure la paix (1064). Mais ce ne fut pas pour demeurer longtemps en repos; l'occasion se présenta bientôt de renou-
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L'UNIVERS
vêler la guerre, toste, frère de Harald Godvinsson , roi d* Angleterre, voulant tenter de s'emparer de ce royaume, demanda des secours au roi de Norwége.
Harald le Sévère équipa immédiatement une flotte, et opéra une descente dans le nord de l'Angleterre, ayant emporté les ongles et tes cheveux de saint Olof pour s'assurer la victoire.
Il se rendit aisément maître de tout le pays jusqu'à York; mais près de cette ville, à Stanfortbridge , il fut attaqué par une armée supérieure en nombre, au moment où ses soldats avaient déposé leurs armes , accablés qu'ils étaient de la chaleur du jour. Harald ne voulut pas leur permettre de retourner à leurs navires pour s'armer complètement , et , grâce au courage indomptable de ses Norwégiens , il voyait déjà la victoire pencher en sa faveur, lorsqu'il fut blessé par une flèche ( le 25 septembre 1066). Sa mort entraîna la perte de la bataille; un petit nombre seulement de Norwégiens put regagner les vaisseaux; la flotte elle-même fut cernée par les Anglais, et Olof, fils de Harald, se vitobligéd'acheterla paix par l'abandon de la plupart des bâtiments et de tous les trésors de son père.
Harald laissait deux fils qui separta* gèrent le royaume (1067); mais l'un d'eux, Magnus II, ne vécut que jusqu'au 28 avril 1069, et Olof III , surnommé Kyrre ou le Pacifique, resta seul roi, et'se rendit célèbre par ses efforts pour adoucir les mœurs grossières de son peuple. Désirant favoriser l'industrie, il introduisîmes corporations ou jurandes, qui,, par la suite, troublèrent la tranquillité publique; il jeta les fondements de la ville de Bergen vers l'année 1070 et encouragea le commerce; enfin il essaya le premier d'abolir l'esclavage en Norwége , en ordonnant que dans chaque district il devait, chaque année, être affranchi un serf, dont le prix serait payé au maître par tous les habitants réunis. Ces affranchis, qui s'établissaient ensuite dans les villes et y exerçaient différents métiers, contribuèrent beaucoup à augmenter la classe des artisans. Olof mourut le 22 septembre 1093*
magnus ut Bttrvod (aux jambes nues.) (1093.)
Magnus, fils d'Olof, dut son surnom a ce qu'après la conquête des îles écossaises , il portait quelquefois le costume des montagnards de l'Ecosse pour se rendre agréable à ses nouveaux sujets. Ce prince fut, à la mort de son père, proclamé roi dans le midi de la Norwége; mais , dans le nord , on choisit son cousin Hakan , fils de Magnus H a raid son. La mort de ce compétiteur (1095) le laissa seul mattre de la couronne; il entreprit alors plusieurs expéditions contre l'Ecosse et l'Irlande, et conquit les lies Hébrides, Orcades , d'Anglesey et de Man , dont il forma, en 1098, un Etat particulier qu'il donna à Sigurd , son fils , sous le titre de Royaume des lies. Il tut moins heureux contre la Suède; vaincu en l'an 1100, il soutint quelque temps encore la guerre, et, lors de la conclusion de la paix, il obtint pour époust Marguerite, fille du roi Inge, qu'on appela pour cette raison la vierge de la paix (Fridktélla). Cependant Magnus, qui ne pouvait se plaire dans le repos, entreprit une nouvelle expédition contre l'Irlande en 1102, et s'empara même de Dublin ; mais s'étant un jour hasardé imprudemment pour aller reconnaître une troupe ennemie, il tut attaqué à l'improviste, et périt le 24 août 1103, après la plus courageuse résistance.
Comme il ne laissait point d'enfant légitime, le royaume fut partagé entre ses trois fils naturels , Sigurd Ier, Eystein Pr (Augustin Ier) et Olof. Mais peu d'années après , en 1107, Siçurd, avec soixante vaisseaux et dix mille aventuriers norwégiens , entreprit une croisade en terre sainte.
Il ravagea, en 1108, la côte du Por* tugal qui appartenait encore aux Mores, et pilla même Lisbonne; ensuite il aborda aux fies Baléares, et y fit un immense butin. Après avoir passé quelques jours avec Roger II, comte de Sicile, qui le reçut comme un compatriote, il débarqua à Joppé, visita Jérusalem, et contribua à la prise de
NORWÊGË.
w qui se rendit le 19 décembre 1110. Puis il alla dans l'Ile de Chypre, et, en 1111, à Constantinople. Traite avec magnificence par Alexis I*r Comnène, il lui fit présent de ses vaisseaux, et congédia son armée qui, pour la plus grande partie, entra dans le corps des Varangues. De Constantinople, il se rendit auprès de l'empereur Henri V , et arriva enfin auprès de Nicolas , roij de Danemark. Cette pieuse entreprise lui valut le surnom de Jorsalafarare, ou pèlerin de Jérusalem.
U revint en Tannée 1111, apportant avec lui, entre autres objets précieux , un morceau de la vraie croix. Pour la conservation de cette sainte relique, qui devait protéger, pensait-il, fa Norwége contre toute attaque étran-
§ère, il fit construire la nouvelle église e Kongelf.
Par la mort de ses deux frères Eysteinet Olof, 1116 et 1126, Sigurd se trouva seul roi de Norwége. Son règne, peu fécond en événements, ne fut troublé que par une guerre avec la Suède, et par Y apparition d'un compétiteur à fa couronne. C'était Harald Gille, qui se disait fils naturel de Magnus aux jambes nues. Les droits de sa naissance furent en effet reconnus après qu'il eut prouvé juridiquemeut*, en marchant sur un fer rouge, qu'il était bien le fils de Magnus , et après avoir juré de ne jamais chercher à faire valoir ses prétentions sur la couronne tant que Sigurd ou son fils Magnus vivraient. Sigurd mourut le 26 mars 1130, âgé de 40 ans.