‹ Suède et NorwégeChapitre 56 sur 60 · SOT · texte numérisé non relu

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n'est possible qu'à la condition de l'unité; et pourquoi la Norwége, qui, depuis des siècles, est restée une simple province d'un royaume étranger, sans chercher jamais a reconstituer sa nationalité perdue, ne s'unirait -elle pas aujourd nui fraternellement à la Suède? Pourquoi ne serait -elle pas Scandinave, comme la Suèdeelle-méme.

Au reste , écoutons sur ce point les réflexions d'un député norvégien , au storthing de 1814.

« Sous le rapport politique , il n'y a pas sans l'union de véritable indépendance pour les deux pays. Cest elle seule oui peut assurer pour toujours le bonheur et la tranquillité de la presqu'île Scandinave , en concentrant sa politique au dedans d'ellemême , en ne la rendant plus victime ou instrument d'une autre puissance, étrangère à ses intérêts. Depuis un siècle la Norvège ne fait-elle pas bien gratuitement non-seulement les guerres du Danemark contre laSuède, mais aussi celles des puissances qui l'ont influencé? Et ne se trouverait-elle pas toujours dans le même cas , si elle continuait à rester séparée de la Suède?

car voilà à quoi aboutit l'indépendance dont on parle. Réunis ensemble , ces deux pays, désormais bornés seulement a leur défense maritime , pourraient employer au profit de leur agriculture, de leurs mines, de leurs pêches, de leurs manufactures et de leur commerce , les moyens qu'ils ont épuisés jusqu'ici pour la défense d'une frontière immense, pour se faire la guerre l'un à l'autre , en un mot, pour s'entre-déchirer et s'affaiblir mutuellement. En simplifiant ainsi leur défense , ils la rendraient plus facile et plus sure. Leur force réelle redoublerait en se concentrant et en se développant de concert. Il en est des États comme des hommes : ce n'est que dans une certaine assiette qu'ils se trouvent à leur aise ; toute autre les gêne , les inquiète et les tourmente. Pour assurer invariablement leur bonheur et leur tranquillité , il faut qu'une politique éclairée cherche à leur procurer cette position qui leur convient. Qui

ne trouverait point celle de la Suède et de la Norwége, en consultant seulement leur situation géographique?

Elle serait sans doute imposante l'attitude qui en résulterait, mais elle n'inspirerait jamais de crainte aux autres puissances , parée que la Scandinavie n'aurait plus rien à désirer au delà des mers qui baignent ses rivages. L'histoire ancienne et moderne attestant également que toute possession d'outre -mer n'est qu'une possession précaire, qu'un germe de discorde continuelle avec le voisin continental , l'indépendance de la Scandinavie serait toujours respectée par les autres Ï puissances , par le même principe qui ui ferait respecter la leur.

« Sous les rapports commerciaux et économiques, les avantages seraient plus grands qu'on ne le pense généralement. La Norwége ne produit pas tout le blé qu'il lui faut. Le cultivateur suédois en consomme souvent par la fabrication de Teau-de-vie puis qu'il n'en faudrait à la Norwége. Maintenant il ne serait plus embarrassé de son superflu. Trouvant toujours un débouché sûr et avantageux , il ajouterait par des défrichements annuels à ses récoltes abondantes, et de cette manière l'agriculture suédoise, avançant déjà si Heureusement vers la perfection , parviendrait dans peu à fournir à la Norwége le blé dont elle a besoin. La Suède a des fabriques et des manufactures qui nous manquent , et qui perfectionnent avec succès une grande quantité de nos productions.

Les poissons de la Norvège sont un article d'une consommation indispensable à la Suède. Voilà des objets considérables d'un commerce d échange intérieur et d'un cabotage très-lucratif. Les navires de la Norwége ne suffisent point à l'exportation de ses produits; la navigation suédoise y suppléerait utilement. Les communications intérieures sont en Suède l'un des objets principaux de l'attention du gouvernement : des canaux et des fleuves navigables apportent déjà ou apporteront bientôt jusque dans notre voisinage les produits de la Suède et ceux

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de la Baltique. D'autres communications ne manqueront pas d'être établies, gui rapprocheront encore plus les deux ÉtatsTun de l'autre* La nature elle-même nous fera voir qu'elle ne nous a point séparés autant qu'une politique astucieuse nous Va voulu faire croire jusqu'à ce jour (*)• »

Au reste , j'ai peut-être eu tort d'insister aussi longuement sur ce point :

l'opposition que rencontre Charles XIV s'affaiblit chaque jour; et les marques de respect et d'amour que le roi reçoit toutes les fois qu'il paraît en Norvège , montrent que cette population intelligente s'est ralliée franchement au système que représente Charles-Jean", l'union, la force et l'indépendance de la péninsule Scandinave.

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