‹ Suède et NorwégeChapitre 6 sur 60 · SIGISMOND ET CHARLES · texte numérisé non relu

SIGISMOND ET CHARLES

Le duc Charles, le plus jeune des fils de Gustave "Wasa , était le seul d'entre eux qui eût hérité de quelquesunes des grandes qualités du fondateur de la nouvelle dynastie. Comme son père , il comprit que la royauté de Wasa ne serait affermie que quand les intérêts de la famille, régnante se trouveraient identifiés avec ceux de toute la nation; qu'il fallait veiller avec soin sur la noblesse , qui , sous la double forme d'aristocratie territoriale et d'aristocratie épiscopale, s'efforçait continuellement de ressaisir ses anciens privilèges. Nous avons vu qu'il refusa constamment de s'unir aux seigneurs contre. son frère, et . qu'il prit en main la défense du protestantisme, lorsque Jean, dans ses velléités catholiques, chercha à se . rapprocher de la cour de Rome. Le sage gouvernement de son duché et l'exacte administration de ses revenus formaient un étrange contraste avec la conduite de ses deux frères. Jean le reconnut à la fin, et dans les derniers temps de son règne, oubliant ses anciennes querelles avec son frère , il abandonna a celui-ci le gouvernement du royaume.

Il était naturel qu'à la mort de Jean. Charles restât chargé de l'administration en l'absence de Sigisjnond , qui se trouvait alors en Pologne. A cette époque, on était en négociations avec la Russie ; mais la

mort de Jean compliqua singulière»

ment les relations extérieures de la Suède. Sigismond, en effet, avait promis, à son avènement au trône de Pologne , de réunir à cette couronne la Livonie aussitôt qu'il serait en possession du trône de Suède. D'un autre côté , on se trouva dans une grande disette d'argent, ce qui rendait la continuation de la guerre absolument impossible.

le premier soin de Charles fut de régler l'affaire des seigneurs inculpés et en partie condamnés sous le dernier règne; il leur accorda une amnistie générale , ainsi qu'à tous ceux 3ui avaient été condamnés pour dissiences ? soit politiques , soit religieuses. Sigismond confirma son oncle dans le gouvernement de la Suède, et ratifia l'amnistie; mais il alla au-delà des intentions de Charles, en déclarant, par lettres-patentes, que tous les seigneurs accusés n'étaient pas coupables. Cette mesure montrait qu'il ne se fiait pas entièrement au duc Charles , et qu'il allait suivre la politique malheureuse des deux précédents règnes , en s'ailiant trop intimement à Ta noblesse, sauf à se voir obligé de la persécuter plus tard. Les seigneurs de leur côté, et le parti catholique, ne négligèrent rien pour exciter Sigismond contre le régent, et, au commencement de l'année 1593, les choses en étaient déjà arrivées au point

Sue f dans les provinces situées à l'est e la Baltique, les gouverneurs méconnaissaient l'autorité de Charles, et déclaraient ne vouloir suivre que les ordres de Sigismond. Celui-ci , au lieu de sévir contre eux , parut les prendre sous sa protection et favoriser leur révolte contre l'autorité du régent.

Sigismond, né pendant la captivité de son père , et élevé en prison sous les yeux de sa mère, resta, comme elle, fermement attaché à la religion catholique; et lorsque son père,, après la mort de Catherine Jagelionica , voulut ie ramener au protestantisme, il résista de tous ses efforts. Plus tard , il s'abandonna tout entier aux conseils des. jésuites, et

LTINIVËRS.

donna à Rome les plus grandes espérances pour le rétablissement de la domination pontificale dans les états du Nord* Charles ne crut pas devoir cacher ion opposition à ces projets. Il déclara au grand conseil « que la réforme de « la religion et la liberté étaient les

* deux plus grands bienfaits de son « père envers la Suède; que c'était « par reconnaissance pour ces bien- « faits que les états avaient rendu la « couronne héréditaire dans la maison « des Wasa , et que celui-là seule- « ment méritait de porter le titre de

* roi, qui travaillerait à conserver ces « libertés au royaume. Vous avez main- « tenant , continua-t-il , un roi qui ,

* dans sa conscience , est soumis a la

* puissance et à la volonté du pape ; « il est donc d'autant plus nécessaire

* d'exiger de lui des garanties pour « notre religion et pour notre liberté, « comme anciennement les Suédois en « ont exigé de leurs rois. »

Ce langage entraîna les seigneurs, et phis tard les états ; on convint que le duc gouvernerait le royaume <Fun commun accord avec les états; mais , en même temps , tous protestèrent de leur fidélité envers Sigismond.

Le 25 février 1593 , un concile national se réunit à Upsal, en présence du grand conseil et même des états, et en dépit des menées du conseil luimême. Les luthériens zélés eurent la majorité dans cette assemblée. On reconnut que la Bible, expliquée par son propre texte , pouvait seule servir de base et de règle pour la doctrine évangélique, et ron accepta, sans aucune restriction ni addition, la confession d'Augsbourg. Nicolas de Bothnie, professeur de théologie à Upsal , et persécuté sous le règne de Jean , au sujet de la liturgie , présidait l'assemblée. Il demanda alors si quelqu'un s'opposait aux résolutions prises. « Nous n'épargnerons pour les « maintenir, ni notre vie, ni nos « biens, » répondirent tous les assistants. Alors le président s'écria :

« Maintenant la Suède est comme un « seul homme; nous n'avons tous « qu'un seul Dieu ! » Les livres de

Luther furent de nouveau approuvés pour servir à l'instruction religieuse du peuple. Tout ce qui restait des cérémonies de l'église romaine fut aboli , et ceux qui s'étaient montrés les plus zélés pour l'établissement de la liturgie furent les premiers à l'abandonner. Ils obtinrent des sénateurs qu'on leur rendrait les promesses écrites de maintenir la liturgie, que Jean avait autrefois exigées d'eux ; mais Charles ne voulut pas s'en dessaisir.

Ce refus et l'insistance qu'il mit à demander l'abolition de toutes les cérémonies extérieures , le fit bientôt accuser de calvinisme; accusation qui avait déjà été plus d'une fois lancée contre lui. Dans un article du dernier acte , on avait protesté contre les erreurs sur la nature du saint sacrement; lorsque l'acte fut lu et accepté, quelques prélats crurent que cet article ne désignait pas encore assez clairement les erreurs calvinistes, et demandèrent qu'on déclarât hérétiques ceux qui adopteraient ces opinions. Le président répondit due l'acte ayant été lu, il ne pouvait plus rien mettre aux voix; mais les prélats persistant, le duc leur fit dire :

« Étendez la proscription à tous ceux « que vota savez appartenir à cette « croyance, et au diable lui-même', « si bon vous semble! » Plus tard, dans une lettre au clergé <f Upsal , il protesta contre l'accusation de calvinisme qui lui était adressée. « Nous « ne confessons, dit-il, que Jésus- « Christ et sa parole , et nous ne vou- « Ions soumettre notre foi aux opi- « nions d'aucun homme, qu'il s'ap- « pelle Luther, Zwingle on Calvin. »

Au reste, on insista fortement sur le rétablissement de la discipline ecclésiastique et d'une saine instruction. Sans doute plusieurs des mesures alors adoptées se ressentirent de l'esprit réactionnaire dont l'assemblée était alors animée contre ceux qui , sous le règne de Jean , avaient voulu introduire le catholicisme par la force et l'intrigue, et qui menaçaient d'en faire autant avec I aide de Sigismond ; mas H est juste de reconnaître que

StTEDB.

Charles n$ permit Jamais que personne fût persécuté pour se» opinions religieuses.

Ce synode, qui dura plus d'un an, ne fat eetoérmé par Sigismond que le 10 février 149S, et depuis cette épo- (jueœena tous les cent smm célébré I amfcersaif e comme celui de la consolidation do protestantisme en Soède.

Ce furent , personne n'en saurait douter , les menées des jésuites . sous le règne de Jean, qui amenèrent en Suède cette vive réaction en faveur de la doctrine de Luther , et qui plus tard, sous le règne de Gustave- Adolphe, conduisirent les Suédois en Allemagne, au~ delà de la Baltique , pour vouer leur existence et leurs bras à la défense de cette croyance qui sans eux peut-être eut succombé.

L'alliance qui devait être si avantageuse aux Suédois dans cette tâche difficile , venait de se former. Henri , roi de Navarre, avait écrit au duc Charles pour créer nue ligne protestante ad

cordUsm H retwufendos Romani anfehrisH comtes. C'est aussi dans cette vue au* Henri avait, en 1583, envoyé Ségur près des princes protestants d'Allemagne. Les bonnes relations établies entre Charles et Henri IY ne cessèrent jamais, et l'on voit par leur correspondance que Charles fit fondre en Suède des canons destinés à Henri.

Cependant Sigismond avait épousé ane princesse autrichienne, et la diète polonaise, qui devait l'autoriser à faire le voyage de Suède-, avait été comme de coutume fort tumultueuse. A la fin cependant on lui accorda la permisnon et l'argent nécessaires. Déjà les Suédois lai avaient envoyé plusieurs députés pour se faire donner les garanties qu'ils étaient résolus de lui demander; mais Sigismond les rénova avec des réponses évasives; puis refusant les vaisseaux ç|ue Charles toi avait offerts , il fit venir à Dantzig la flotte de Livonte, et aborda a Stockholm le 30 septembre 1593, accompagné du cardinal Mataspina et des gouverneurs révoltés contre Char-

les. Le due, après avoir fait an roi les honneurs de la réception, s'empressa de se retirer dans son duché, abandonnant sagement au grand conseil les négociations qui devaient avoir lien avec Sigismond : il prévoyait bien qu'on ne tarderait pas à avoir basai* de lui. .

Sigismond, en effet, se vit aussitôt après son arrivée entraîné dan» mille difficultés. Il refusa de confirmer les résolutions du synode et la nomination de l'archevêque; d'un autre cdté»

les jésuites qui l'avaient accompagné et les prédicateurs protestants s'anathématisaient publiquement; plusieurs fois même, les deux partis, en vinrent aux mains. Le roi ne consultait que le cardinal-légat et son confesseur; il n'admettait près de lui presque au-* cun Suédois, et trouvait étrange qu'on prétendit faire des conditions à un roi héréditaire. Les esprits étaient déjà bien irrités, lorsqu'on se rendit à TJpsal pour eélébrer les obsèques de Jean et le couronnement de Sigismond* Il fallut aux obsèques employer la force pour empêcher le cardinal et les jésuites de pénétrer dans l'église, et le couronnement fut retardé par une protestation de Charles , dans laquelle ce prince déclarait qu'il n'abandonnerait point les états, et qrife Sigismond ne serait couronné qu'après avoir sfr»

tisfatt à leurs demandes.

Xi était difficile de passer outre, car cette? protestation était appuyée par trois mille hommes armés que le duc avait amenés à sa suite. Les jésuites , embarrassés songeaient déjà à appeler un miracle à leur secours : la vengeance du ciel, par exemple, tombant inopinément sur le duc Charles, les aurait très- utilement servis. Un auteur catholique raconte même gue pour aider au miracle on proposa à Sigismond de faire assassiner son oncle, et qu'on lui offrit en même temps Ea rémission de ce péché, mais qu'il repoussa la proposition avec indignation* Quoi qu'il en soit, les états de jour en jour Munissant plus intimement avec Charles, la course vit dans la nécessité de céder, et Sigismond signa les art*-

L'UNIVERS

des d'Upsal. fout ce qu'il put gagner ce fut que les catholiques pourraient séjourner dans le royaume, mais que le culte de l'église catholique ne serait exercé que dans la chapelle du roi.

Le 19 février 1594, Sigismond fift couronné par un évéque protestant dans la cathédrale d'Upsal. A peine retourné à Stockholm , il nomma gouverneur de cette ville le comte Erik Brahe , catholique : c'était une sorte de protestation contre la violence qu'il avait subie à Upsal. En même temps le culte protestant fut si souvent inquiété, qu'on n'alla plus au prêche qu'armé, et malgré les serments du couronnement les églises catholiques furent rouvertes.

Sigismond repartit ensuite pour la Pologne, sans avoir rien réglé pour l'établissement d'une régence centrale pendant son absence ; il parait qu'il voulait abandonner le gouvernement aux gouverneurs des provinces, afin que leur rivalité ne permit à personne d'exercer en Suède une grande influence. S'il ne décida rien, ce n'est pas que chacun des deux partis n'eût cherché à lui faire prendre une résolution dans un sens ou dans un autre, mais son caractère indécis l'empêcha de profiter de la jalousie qui existait toujours entre les sénateurs et le duc Charles.

Ce ne fut qu'après son embarquement qu'il envoya au duc l'autorisation de gouverner le royaume avec l'assistance du sénat , sans ajouter un seul mot sur l'organisation de cette administration, et cela probablement afin de donner au sénat et au duc un prétexte et une occasion pour afficher des prétentions qui missent la désunion entre eux. Charles déclara qu'il gouvernerait selon les lois et selon le serment prêté par le roi lors du couronnement ; qu'au reste il allait convoquer les états. Le sénat hésita sur la conduite qu'il devait tenir : il lui était en effet difficile de prendre un parti décisif. Son influence, loin d'être réelle , n'était que fictive et avait besoin d'un appui plus solide que le crédit dont il jouissait. D'ailleurs, il était loin d'être uni : la

plus grande partie de ses membres était mécontente du roi Sigismond: la minorité, qui lui était seule attachée , occupait les principaux gouvernements et les grandes charges du royaume. Clas Flemming, maréchal du royaume, amiral et gouverneur de Finlande, était à la tête de ce parti , qui bientôt renonça à recevoir des ordres du régent.

Malgré cette opposition, le duc avait pour lui une puissante majorité, et lorsque le 9 décembre 1594, il lui naquit un fils, Gustave -Adolphe, un grand nombre de membres du sénat assista au baptême. Sigismond trouva dans cet empressement un nouveau sujet de jalousie. Quant au duc, pour célébrer la naissance de son premier fils , il rétablit l'université d'Upsal , à laquelle les protestants attachaient un grand prix et dont Sigismond avait toujours ajourné l'ouverture.

Ce qui rendit le duc encore plus populaire , ce fut la paix qu'il conclut en 1595 avec les Eusses, en dépit des intrigues de Sigismond qui voulait pouvoir carder l'armée réunie en Finlande. Bien que cette paix fût trèsavantageuse pour la Suéde, qui conservait presque toutes ses conquêtes , Clas Flemming refusa de la reconnaître; en même temps ses exactions dans la Finlande provoquaient une révolte, et la guerre civile éclata dans cette province.

Le duc Charles ne crut plus pouvoir remettre la convocation des états, bien que le roi la lui eût interdite et que les sénateurs s'y opposassent et refusassent de signer les lettres de convocation, a II faut, leur disait-il, « que vous signiez les lettres et que « vous veniez avec moi à Sôderkô- « ping(*), si vous ne voulez pas « vous exposer à suivre une autre « route. Rappelez à votre mémoire « l'histoire d Engelbrecht qui , simple « fils de paysan, força les seigneurs à « faire sa volonté. Moi , îe suis fils « d'un roi et prince héréditaire; si « vous ne me suivez pas de bon gré,

(*) Tille (TOstrogotliie où let états devaient s'assembler.

SUÈDE

* wm irez de force, dussiez- vous t faire le chemin garrottés. »

A Sôderkôping , il demanda pour hii-méme des pouvoirs moins limités, réclama l'observation des articles d'Upsal et la punition de Glas Flemming.

Lorsqu'on eut discuté pendant quelque temps séparément , il convoqua une assemblée générale sur la place publique, et s'adressant de préférence au peuple , il enleva facilement son suffrage et obtint sans peine qu'il lui prêtât serment de fidélité. Les seigneurs intimidés promirent à leur tour de lui obéir dans tout ce qui serait utile au roi et à la patrie ; mais le duc exigea un serment d'obéissance sans restriction , et la majorité le prêta.

Les autres résultats de cette assemblée furent de nouvelles mesures prises contre les catholiques, et pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique. Angermannus, rarchevéque d'Upsal. faisait ses visites épiscopales avec là plus grande rigueur et même avec cruauté; Charles lui reprocha d'agir en bourreau et non pas en archevêque. En général, ce prince s'opposa toujours aux exigences du clergé protestant, déclarant que si Ton se soumettait à l'archevêque et au chapitre d'Upsal, on aurait bientôt à regretter de s'être soustrait à l'autorité papale.

C'était alors le temps des procès contre les sorcières , qui avaient commencé à se montrer dans la Flandre française à la fin du quinzième. siècle et s'étaient ensuite répandues dans toute l'Europe, chez les protestants aussi bien que chez les catholiques. En Suède , on les accusa d'aller la nuit dans les carrefours , invoquer Odin , l'ancien dieu des Scandinaves, pour lui emprunter de l'argent; car Je diable des chrétiens n'était pas encore parvenu à remplacer l'ancienne divinité du pays. Ces accusations étaient la dernière persécution du christianisme contre les souvenirs des antiques croyances du Nord ; elles ne devaient finir qu'à l'époque où l'étude de l'antiquité classique éclaira enfin l'esprit des peuples.

Charles , on le voit, se trouva, com-

6e Livraison. (Suède.)

me son père Gustave, soutenu par la confiance du peuple, et surtout par celle des paysans, qui ne voulaient que d'un seul chef, et qui s'aperçurent promptement qu'un roi résidant à l'étranger ne pourrait jamais arrêter les exactions des seigneurs. Fort de cette assistance , Charles n'eut pas de peine à réprimer les menées du roi et du sénat. 11 fut d'ailleurs puissamment aidé dans ses desseins par la résistance des seigneurs à former une armée, pour mettre fin aux troubles de Finlande et amener la soumission de Clas Flemming. Le duc, qui ne voulait se charger du gouvernement qu'à condition que Clas serait puni, déclara, le 2 novembre 1596, qu'il renonçait à la régence, et convoqua en même temps les États, pour remettre entre leurs mains l'autorité qu'il avait reçue d'eux.

Sigïsmond s'empressa d'accepter cette démission , et chargea le sénat de l'expédition des affaires; mais le duc lui déclara sans détour qu'il ne se soumettrait point au sénat, et qu'il prendrait les mesures nécessaires au maintien de l'ordre, avec les Etats qui allaient s'assembler à Arboga (*). Le sénat protesta contre cette nouvelle assemblée : le roi l'interdit; mais elle n'en eut pas moins lieu en février 1597. Il n'y vint qu'un seul seigneur, et les membres du clergé qui s'y trouvaient se montrèrent presque tous hostiles au duc; mais les paysans étaient plus que jamais dans ses intérêts : le duc eut même quelque peine à modérer leur zèle. On le décida à reprendre le gouvernement. Les résolutions de Sôderkôping furent confirmées, et on avisa aux moyens de punir ceux qui s'opposeraient à leur exécution. La plupart des sénateurs quittèrent alors le royaume, et la mort de Clas Flemming , arrivée sur ces entrefaites , ne laissa plus en Suède personne qui ne reconnût l'autorité de Charles.

Deux nouvelles assemblées qui se tinrent l'année suivante, sur la nou-

(*) Yifle de Westmanland.

L'UNIVERS

telle «ttê Sigismond allait débarquer en Suède avec une armée polonaise, montrèrent de nouveau au duc Charles

au'il pouvait compter sur l'affection es paysans. Sigismond aborda en effet à Calmar le 30 juillet 1598, avec 6,000 hommes de troupes polonaises, ^ et presque toutes les villes se déclarèrent pour lui. Des négociations entre lui et son onde, conduites par l'entremise de quelques ambassadeurs étrangers , n'amenèrent aucun résultat , et fe duc, après avoir essuyé un premier échec, défit complètement l'armée du roi près de Linkopmg, le 25 septembre

1598. Charles, qui aurait pu faire son . neveu prisonnier en poursuivant ses

avantages, comme il aurait pu luimême tomber au pouvoir de Sigismond à' la première rencontre , lui accorda une trêve , et le 28 on convint d'un traité d'après lequel on mettrait bas les armes , le roi renverrait les troupes étrangères , prendrait lui-même tes rênes du gouvernement, et convoquerait les États ; de plus, on accorda une amnistie générale dont cinq seigneurs seulement furent exclus.

Sigismond se vit forcé de les abandonner à la justice du pays.

Sigismond devait serendre à Stockholm par mer ; mais poussé par des vents contraires à Calmar, il y laissa une garnison polonaise , et se rendit à Dantzig. Cette conduite irréfléchie ruina son parti en Suède ; dans une diète tenue à Stockholm en juillet

1599, il fut formellement déposé par les États, et on lui annonça en même temps mie ses descendants seraient à jamais exclus du trône, s'il n'envoyait en Suède avant un mois son fils Wladislas, pour le faire élever dans la confession protestante. Le duc Ait déclaré prince-régent.

- CHARLES !*

Après la fuite honteuse de Sigismond , ses partisans se trouvèrent exposés à la vengeance des paysans et d'un prince qui avait pour maxime de punir ses adversaires comme ennemis de l'état. Sigismond fit bien quel-

ques tentatives pour soulever les provinces, et envahir la Suède avec l'appui des Danois; mais tous ses efforts n'amenèrent aucun autre résultat que d'irriter les esprits contre ceux gui s'efforçaient ainsi de troubler incessamment l'ordre et la paix publique. Le comte Erik Brahe put bientôt écrire en Pologne que les amis du roi n'avaient désormais à attendre que la perte de leur fortune , de leur honneur et de leur vie, qu'à choisir entre la roue et la potence. Sigismond répondit qu'il espérait bien avoir en Suède trop de sujets fidèles pour qu'on pdt songer à les détruire par de pareils moyens , que toutefois bon nombre d'entre eux avaient mérité , soit la roue, soit la potence, par leur insigne lâcheté.

Sigismond, en faisant cette réponse, semblait prévoir ce qui allait arriver.

En effet, le parti du roi se vit en butte à une persécution générale; ceux qui ne parvinrent pas à s'expatrier furent arrêtés, et pour la plupart massacrés; leurs biens furent confisqués ou pillés; des délateurs dénoncèrent même les hommes les plus paisibles, et Ton crut généralement que le duc n'avait voulu mettre fin à l'anarchie que pour satisfaire des vengeances privées.

Le château de Calmar tenait encore pour Sigismond. Jean Sparre' le défendait. Charles le prit d'assaut et se montra le premier sur l'échelle; car il fit toujours , comme son père , preuve d'une valeur héroïque. La garnison polonaise et allemande obtint de quitter le royaume, après avoir promis de ne plus porter les armes contre la Suède; mais le malheureux Sparre , ainsi que plusieurs autres Suédois, pris les armes à la main, furent exécutés et leurs têtes exposées au-dessus de la porte de la ville. Gyllenhielm, fils naturel de Charles, qui avait commandé le siège et auquel furent abandonnés les biens de Sparre, supplia en vain son père de pardonner à son ennemi : il ne lui fut pas même permis de restituer à la veuve de cet infortuné les biens dont on l'avait dépouillé. Dans sa détresse

elle s'adressa à Sigismond, et obtint de lui la gracieuse promesse qu'elle serait rétablie dans sa fortune et ses honneurs, aussitôt que la Suède serait soumise. En attendant , il l'autorisa à ajouter à ses armoiries une tour garnie de canons.

En 1599, Charles soumit la Finlande, et vingt-huit personnes furent exécutées ; entre autres le brave Jean Flemming , fils de Clas. Olaf Stenbok, le çeôlier d'Erik , fut tué à coups de fusil ; on jeta son corps dans la boue, et, il fallut que Catherine, la veuve d'Erik, le fît ensevelir.

« Erik Sparre et ses amis, » dit Charles dans une lettre autographe que l'on conserve encore , « veulent « que le roi n'ait que le titre et les « ennuis du pouvoir, tandis qu'eux « ils en auront tous les profits avec « la liberté de chasser et de déposer « le roi aussi souvent que cela pourra « leqr convenir. » On conçoit qu'ayant cette opinion de la haute noblesse, Charles ne songea point à se réconcilier avec elle, ni à la traiter avec douceur.

Après la bataille de Linkôping, Sigismond avait livré à Charles plusieurs seigneurs, comme otages. On les joignit à quelques autres personnes accusées d'être du parti de Sigismond , et en 1600 , une diète fut convoquée à Linkôping , pour prononcer sur leur sort. La cour était composée de cent cinquante-trois personnes, dont trentehuit seigneurs , vingt-quatre ofûciers de cavalerie, tous nobles, vingt officiers d'infanterie, vingt-quatre bourgeois, vingt-trois avoyers et jurisconsultes, et vingt -quatre paysans; le clergé se récusa. La procédure fut publique. Charles délia les juges du serment de fidélité qu'ils iui avaient prêté , et se chargea en personne de l'accusation de huit seigneurs et de cinq autres nobles , tous des premières familles du royaume. Le secrétaire du >oi lut l'acte d'accusation , dans lequel on revint sur ce qui s'était passé sous le règne de Jean; et quoiqu'on tût saisi la correspondance privée des accusés, l'accusation ne se trouva pas

très-nettement établie à regard de plusieurs d'entre eux. Charles > durant le procès, se permit contre quelquesuns des accusés les plus violentes invectives que le peuple, aux débats, accueillit toujours avec de bruyants murmures d'approbation. Quatre sei-

Jneurs , qui se reconnurent coupales, implorèrent et obtinrent leur grâce; les autres protestèrent contre une cour où il n'y avait que des hommes de parti et non des juges.

On passa outre. Les officiers, avoyers et jurisconsultes, opinèrent les premiers et se prononcèrent pour la mort ; les paysans et les bourgeois se rangèrent à leur avis, de sorte que l'opinion plus indulgente de la "noblesse se trouva en minorité. Le 17 mars, le jugement fut publié, et le 20, Erik Sparre et quatre autres accusés forent exécutes par le bourreau. Ils montèrent à l'échafaud avec le plus grand calme, en protestant de leur innocence. Les autres condamnés assistèrent au supplice, et furent ensuite ramenés dans leur prison; quelques-uns y moururent , d'autres furent élargis et eurent assez de prudence pour s'expatrier; d'autres enfin , accusés plus tard d'une nouvelle conspiration, furent exécutés en 1605. On confisqua les biens des contumaces, et leurs enfants se virent privés des droits héréditaires de leurs familles; on alla même jusqu'à déclarer les fils majeurs des condamnés , complices des crimes de leurs pères, lorsqu'ils ne les auraient pas dénoncés. Une seule considération peut excuser tant de cruauté, c'est que les prédécesseurs de Charles, en ménageant la haute noblesse, ne parvinrent jamais à rétablir l'ordre dans le royaume, tandis que Charles sut le maintenir durant tout son règne. Ce peut être une excuse aux yeux de la politique, mais la morale?

Il nous reste à raconter de quelle manière Charles fut investi du titre detoi , car pour le pouvoir il le possédait dès le règne du roi Jean. En 1600, à la diète de Linkôping, les états roturiers et les officiers de l'armée offrirent la couronne à Charles.

L'UNIVERS

La noblesse exprimauniquement le désir qu'il voulût bien continuer à gouverner le royaume. On ne put donc rien conclure encore. Quelques-uns proposèrent Raccorder de nouveau à Sigismond cinq mois pour envoyer son fils en Suède; d'autres opinèrent

Îu'il fallait exclure toute la famille de ean III , le père de Sigismond , car celui-ci avait un jeune frère âgé de onze ans^ Jean , duc d'Ostrogothie , gui n'avait contre lui que son extrême jeunesse.

Charles n'accepta ni ne refusa. Il s'assura d'abord de l'assentiment de ses alliés , Elisabeth , reine d'Angleterre, et Henri IV, roi de France.

En attendant, Sigismond avait cédé à la Pologne la partie suédoise de l'Esthonie, et obtenu par ce moyen, de la diète polonaise , la promesse d'un secours pour soumettre son royaume héréditaire. Charles résolut d'aller au-devant de l'ennemi, passa la Baltique avec une armée, et conquit la plus grande partie de la Livonie et de i'Esthonie; mais presque tous ses avantages lui furent enlevés Tannée suivante par le général polonais Zamoisky, qui prit la forteresse de Wolmar , où se trouvaient alors Charles Gyllenhielm, le fils naturel du roi, et Jacques de la Gardie. La belle défense ou ils y avaient faite excita l'admiration de "l'ennemi; mais Charles en jugea tout différemment. « Nous « avons reçu ta lettre, Charles, fils « de Charles, écrivit-il h son fils, et « quoique nous ne devions pas nous « occuper de ta liberté que tu as si « mal défendue , nous voulons toute- « fois , puisque tu as repoussé deux « assauts, oublier ce qui s'est passé « et pardonner à ta jeunesse. Fais- « nous donc savoir contre lequel de « nos prisonniers on veut t'échaoger. » Zamoisky aurait volontiers fait l'échange, mais Sigismond voulut se venger sur Je fils de son ennemi. Gyllenhielm passa douze ans dans un cachot, et pendant plus de six il fut chargé de lourdes chaînes. La guerre en Livonie dura long-temps encore, mais dégénéra en ravages mutuels; et

bien que Zamoisky désirât la paix, on ne put pas même convenir d'un armistices

En 1605 , Charles se rendit pour la seconde fois en Livonie, et, entraîné par son impétuosité , il perdit la bataillé de Kirkholm. Il n échappa luimême à l'ennemi que par le dévouement d'un gentilhomme finlandais, qui lui donna son cheval et se laissa tuer. Heureusement pour les Suédois, une révolte en Pologne empêcha Sigismond de profiter de cette victoire ; , de nouvelles négociations restèrent j sans résultat, et l'on continua la guerre j en se bornant , comme par le passé , à | la dévastation des frontières des deux > pays. |

Pendant ce temps, Charles continuait à gouverner la Suède avec fer- .

meté. En 1602, il se rendit de Livo- ' nie en Finlande, se fit prêter serment de fidélité , et régla l'état des paysans,

3ui dans cette province étaient presque ■ evenus les serfs des seigneurs. Puis il revint en Suède par terre, en longeant les bords du golfe Bothnique, !

et en désignant les emplacements où devaient s élever des villes nouvelles.

Avant lui jamais roi de Suède n'avait fait ce voyage.

Ce titre de roi , Charles ne le portait pas encore; maintes fois il convoqua des diètes pour se. faire offrir la couronne, hésitant toujours à l'accepter. Ce n'était point de sa part une conduite hypocrite , une vaine ostentation de modération, mais la suite d'une lutte intérieure. Il était convaincu que l'hérédité de la couronne j était nécessaire à la tranquillité de la Suède. S'il avait combattu ses deux ' frères, c'est qu'il les avait vus près | de perdre la couronne, en la laissant tomber entre les mains de l'oligarchie des seigneurs. L'exclusion de Sigismond , prince catholique, lui paraissait juste ; mais il était très - préoccupé des droits du jeune Jean, frère de Sigismond. Il hésita long-temps à profiter de la renonciation que ce prince signa à l'âge de quinze ans; il prit toujours le plus grand soin de son éducation , et dans son testament 11 re-

SUEDE

connut de nouveau ses droits, et pria les états de choisir entre Jean et Gustave-Adolphe, son propre fils.

En 1602 , il fit assembler les États à Stockholm, pour aviser aux moyens de continuer la guerre en Livonie , et de s'opposer aux Danois et aux Russes.

Les conjonctures étaient difficiles , le parti de Sigismond se relevait des désastres essuyés en Livonie ; une disette et la peste désolaient le royaume. Il fallut que Charles menaçât d'abandonner la régence pour se faire accorder les subsides nécessaires.

Ce ne fut qu'en 1604 qu'il se décida enfin à accepter le titre de roi ; mais dans le cours des années suivantes, il montra plusieurs fois encore l'intention de s'en démettre, et son sacre ne fut célébré qu'en 1607.

Au milieu de cette agitation intérieure, qui ne cessait de tourmenter la Suède, et malgré la guerre qui continuait sans relâche, il fit plus pour1 son royaume que beaucoup de ses prédécesseurs n'avaient fait durant une longue paix. Pour abaisser les prétentions de la noblesse, il s'efforça de créer une armée permanente qui le rendit indépendant du service personnel des nobles, et pour recomposer le sénat après l'exécution et le oannissement des anciens membres de ce corps, il eut encore recours aux États, et les consulta sur les nominations à faire.

Un autre moyen de mettre un terme aux exactions de la noblesse , ce devait être la publication d'un nouveau code de lois, car tout se réglait encore d'après des coutumes conservées par la tradition ; mais il ne put faire accepter ce projet par les États. Il parvint toutefois par diverses ordonnances à mettre plus de régularité dans l'administration.

Le commerce fut aussi l'objet de ses soins. Comme son père , il voulut profiter de la position de la Suède pour la mettre en possession de tout le commerce du Nord ; et c'est dans ce dessein qu'il s'efforça d'attirer tout le commerce de la Baltique à Stockholm. En même temps il fondait sur les bords

de la mer d'Allemagne, la ville de Gothenbourg, et y attirait une colonie de Hollandais, en leur accordant d'importants privilèges. De toutes les denrées importées, il n'imposa que les ligueurs fortes, et en 1606, il supprima l'impôt qui jusqu'alors avait pesé sur les exportations. Il est inutile d'ajouter qu'il favorisa, comme son père , l'exploitation des mines de fer, d'où la Suéde tirait ses principaux revenus. Il ne se passa pas d'année qu'il ne fit construire des usines et des manufactures pour assurer les profits de la fabrication aux Suédois, qui jusqu'alors s'étaient contentés d'exporter leur fer comme ils le tiraient de la mine.

Au milieu de tous ces travaux , il avait encore à répondre aux tracasseries du clergé qui , comme nous l'avons dit plus haut, l'accusait de calvinisme. Lui-même il écrivit et publia plusieurs pamphlets dans une polémique qu'il eut a soutenir contre l'archevêque, et l'on put reconnaître aue le plus savant et le plus ingénieux théologien n'était pas celui qui devait l'être par métier. Hâtons-nous de répéter que jamais, pendant son règne, personne ne fut poursuivi pour cause de religion. L'université d'Upsal, quoique opposée aux opinions théolo- .

giques du roi , n'en fut pas moins richement dotée. Que l'on nous pardonne une anecdote : elle fera connaître le caractère du roi. Il envoya un jour aux professeurs un projet de traité de paix, pour avoir leur opinion sur cet acte. Les académiciens le jugèrent , ce qu'il était , impraticable, et n'en remercièrent pas moins le roi de ce qu'il avait daigné les consulter. Quelques jours après , ils furent consultés de nouveau , mais sur cette question : De quelle manière un professeur de l'université peut-il le mieux contribuer aux charges de la guerre?

Nous avons dit plus haut qu'en Livonie la guerre contre la Pologne se continuait sans résultat apparent. En Russie, le pseudo-Démétrius venait, avec l'aide des Polonais, d'obtenir la couronne, pour la perdre peu de

L'TJNIVKRS.

temps après. Charles s'allia à Vassilt Schuisky, l'ennemi des Polonais, et lui envoya en 1609 un secours de 4,000 hommes, sous les ordres de Jacques de la Gardie et d'Éwert Horn.

Ceux-ci pénétrèrent jusqu'à Moscou et défirent un corps polonais oui assiégeait le czar dans sa capitale. Sigismond , étant en même temps entré en Russie avec une autre armée, et ayant pris Smolensk, de la Gardie s'avança contre lui, mais , au moment de livrer bataille, ses soldats, pour la plupart étrangers, se révoltèrent et cassèrent à l'ennemi. Suivi de 400 Suéaoîs seulement, delà Gardie fit une admirable retraite à travers un pays où il ne rencontrait que des dispositions hostiles. Peu de temps après, i? influence polonaise ayant obtenu la prépondérance en Russie , il prit Kexholm et Nowgorod , et contraignit les Russes à signer un traité par lequel ils promettaient de se donner pour grand-duc un prince suédois.

Les relations avec le Danemark n'avaient jamais été fort amicales ; toutefois, la France et l'Angleterre avaient , par leur intervention officieuse , retardé une déclaration de guerre , dans l'espoir d'engager la Suède à envoyer un secours aux Hollandais contre les Espagnols. Mais en 1611 , alors que Charles était déjà vieux et paralysé, et que ses fils étaient encore en bas âge , le roi de Danemark entra en Suéde à la tête d'une armée de 16,000 hommes, et prit Calmar. Le vieux roi se mit à la tête des Suédois , après avoir obtenu des états tous les subsides qu'il demanda , et parvint au moins a mettre un terme aux progrès des Danois. L'influence de Henri IV sur les puissances du Nord aurait peut-être arrêté les hostilités ; mais il avait été assassiné l'année précédente. Tout ce que les Anglais et les Hollandais purent faire , ce fut d'envoyer des ambassadeurs pour rétablir In paix.

Ce fut pendant ces négociations que Charles IX mourut, le 30 obtobre 1611, àNykôping, âgé de 60 ans. Toute sa vie n'avait été qu'une lutte conti-

nuelle. S'il ne put mener à fin presque aucun de ses projets, jamais du moins il ne voulut les abandonner, car il les croyait utiles à la Suède ; il ne perdit pas même, en mourant, l'espérance qu'un autre accomplirait ce que lui-même n'avait pu faire. Souvent même on le vit mettre la main sur la tête du jeune Gustave- Adolphe et prononcer ces mots : llie facîet :

« celui-là le fera. »

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