‹ Suez; histoire de la jonction des deux mersChapitre 10 sur 31 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Ce fut, nous l'avons dit, au mois de novembre 1854 que Mohammed-Saïd accorda la première concession du canal de Suez : M. de Lesseps avait trouvé auprès du Vice-Roi deux hommes célèbres par les travaux d'hydraulique qu'ils ont accomplis en Egypte, MM. Linant-Bey et Mougel-Bey : en compagnie de ces deux ingénieurs, il parcourut l'isthme depuis Péluse jusqu'à Suez dans les mois de décembre 1854 et de janvier 1855.

Il s'agissait tout d'abord de résoudre une grave question : il fallait décider si le canal de

la Méditerranée à la nier Rouge serait tracé en ligne directe, ou si on .lui ferait suivre une voie oblique en joignant Tune des deux branches du Nil avec le golfe Arabique.

S'il convient de rendre pleine justice à M. de Lesseps, il convient également de reconnaître qu'il dut, à la première heure, d'utiles secours à de récents travaux qu'on ne saurait oublier.

Dès Tannée 1823, M. Linant de Bellefonds, (Linant-Bey), avait fait une étude approfondie du projet de jonction entre les deux mers ; depuis lors deux autres projets avaient été mis au jour l'un par MM. Paulin Talabot, de Négrelli et Robert Stéphenson, l'autre par M. Barrault.

La question du canal de Suez était donc mûrie dans les esprits quand M. de Lesseps s'en est emparé pour la conduire à bonne fin.

Faisons comprendre brièvement quelles combinaisons pouvaient se présenter dans cette entreprise, fort simple à première vue.

D'abord, les ingénieurs avaient le choix entre deux tracés :

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