‹ Suez; histoire de la jonction des deux mersChapitre 13 sur 31 · LE CANAL DEAU DOUCE · texte numérisé non relu

LE CANAL DEAU DOUCE

« qui luiest du dans toute solennité de ce genre ; «« rien ne pouvait ébranler une conviction si « robuste. Lord Palmerston ( le vieu?; Pam, « comme l'appellent familièrement ses compa- « triotes), lord Palmerston avait parlé, le a doute n'était plus permis. Enfin, le jour ar- « rive, la digue s'abaisse, l'eau du canal s'é- «ï lance joyeusement, entraînant avec elle les « barques des ingénieurs , le problème est « résolu, que dire ? que faire ? L'évidence était « là qui coupait court à toute discussion.

« Le fonctionnaire anglais, ne pouvant réfc cuser le témoignage de ses yeux, et sentant « que s'il persistait dans sa voie il allait avoir <i maille à partir avec le ridicule, s'est tiré en 1 homme d'esprit et de sens d'une position a difficile. Il a réservé ses appareils distilla- 1 toires pour une meilleure occadon : il est a allé trouver l'ingénieur du canal pour lui de- <[ mander une concession d'eau qui lui permit « d'arroser son f^jtur jardin : il a gaiement re- « connu qu'il s'était trompé, et a même poussé

« le bon goût jusqu'à boire publiquement dans c( un banquet à la santé de M. de Lesseps. )i

Le jour où Teau douce parvint à Suez, une espèce de délire s'empara des malheureux Arabes qui ne pouvaient croire ace qu'ils voyaient : ils puisaient à ces flots, ils s'y plongeaient ; les uns étaient éperdus de joie, les'autres frappés de stupeur : quelques-uns déploraient comme une profanation la prodigalité d'une telle richesse ; — le miracle d'Horeb était de nouveau réalisé !

Le canal d'eau douce alimentait l'isthme vers le sud ; mais pour remplir son but, il devait encore se diriger vers Ismaïlia, centre des travaux, et, de là en remontant vers le Nord mener ses eaux jusqu'à Pord-Saïd, au bord delà Méditerranée.

A Ismaïlia s'est faite la jonction des deux canaux : depuis lors^ cette ville est la clef de la navigation maritime et fluviale de l'Egypte ; à partir d'Ismaïlia jusqu'à Port-Saïd, l'eau douce est

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conduite à Taidede simples tuyaux de fonte et non pas à Taide d'un canal, car elle n a de ce côté d'autre utilité que de servir à l'alimentation.

Qu'on saisisse d'un coup d'œil le double réseau du canal maritime et du canal d'eau douce^ tels qu'ils existent aujourd'hui, après le complet achèvement des travaux : le canal maritime coupe l'isthme par une ligne droite de Port- Saïd à Suez : une saignée ouverte à Ismaïlia fait déboucher dans son sein un affluent du canal d'eau douce; — ainsi de Suez ou de Port- Saïd, en suivant le canal maritime, les bateaux légers peuvent pénétrer dans l'autre canal, traverser l'Ouady, se rendre au Caire et, de là, remonter ou descendre le Nil.

Quel plus magnifique bassin se rencontra jamais dans aucun pays ! Le commerce universel et le co mmerce intérieur de l'Egypte se confondront désormais en un commun et incessant contact qui fera de cette terre privilégiée la plus riche contrée du monde.

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Le plus curieux épisode de l'histoire du canal d'eau douce est certainement le concours qu'il a prêté à l'introduction des grandes machines dans la tranchée creusée devant le seuil du Sérapéumpourle canal maritime. Un barrage d'environ deux cents mètres séparait cette tranchée du lac Timsah où arrivaient déjà les eaux delà Méditerranée. Il fallait, sans détruire le barrage, conduire les dragues et autres engins dans le bassin du Sérapéum : on ouvrit une saignée qui rejoignit le canal d'eau douce à cette sorte de lac ; pour le remplir, on profita d'une crue du Nil ; puis, il n'y eut plus qu'à remorquer les appareils de travail jusqu'au lieu où ils devaient fonctionner.

Cette opération exigea un labeur gigantesque: trente dragues énormes vinrent, comme des machines de guerre, prendre position devant l'obstacle qu'il s'agissait d'emporter : une partie d'entre elles s'arrêtèrent devant le Sérapéum ; les autres descendirent, toujours par le canal

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