LE CANAL DEAU DOUCE
d'eau douce, jusqu'à Suez, pour, de là, remonter le canal maritime à mesure qu'elles contribueraient à le creuser.
Les anciens ég^^ptiens ont tracé sur les basreliefs que nous conservons dans nos musées le tableau de leurs efforts^ alors qu'ils s'attelaient par peuplades entières pour traîner des obélisques et des colosses jusqu'au lieu où ils voulaient les ériger : le remorquage des grandes dragues sur le canal d'eau douce présenta un spectacle analogue : des centaines d'hommes balaient en marchant le long des berges, ces formidables machines qui, parfois, s'empêtraient entre les rives, s'engravaient ou semblaient prêtes à rebrousser sous la violence du vent contraire.
On n'a pas assez d'épithètes louangeuses pour les soldats d'Annibal ou de Bonaparte hissant leur matériel de guerre jusqu'au sommet des Alpes, et l'on craint presque de tomber dans une exagération hyperbolique en parlant avec admiration des travailleurs qui ont remor-
que sous le soleil du désert les dragues du canal de Suez : cela est vulgaire, semble-t-il ; cela ne prête à nulle e'motion poétique ; mais, cela pourtant a plus fait que les marches belliqueuses à travers les Alpes et que les batailles qui les ont suivies.
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Extrait du compte-rendu de rinauguration du canal d'eau douce.
« Il se consommait à Suez, au minimum, pour 1,200,000 francs d'eau par an ; le chemin de fer en apportait pour 800,000 francs sur lesquels le gouvernement égyptien perdait 400,000 francs. Des chameaux en amenaient des fontaines pour 400,000 francs.
« La Compagnie du canal épargne donc à la ville de Suez 1,200,000 francs de dépenses et fait bénéficier le gouvernement égyptien de 400,000 francs.
L'eau coûtait, pour une famille arabe, 45 francs par mois, aujourd'hui elle ne coûte plus rien. »