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IVOXE, page 14L6
« Suez, écrivait M. Barthélémy Saint -Hilaire en 1855, n'a pas une goutte d'eau ; celle que lui fournirait l'oasis des fontaines de Moïse, et qui est à plus de trois lieues, n'est bonne que pour les chameaux. On va donc la chercher, pour l'avoir meilleure, aune distance double» et dans des réservoirs qui reçoivent la pluie, quand il en tombe ; et, comme elle y est peu abondante et qu'elle tarit plus d'une fois, il faut souvent la prendre encore plus loin.
>' C'est du Caire que venait celle que nous avons emportée nous-mêmes dans notre exploration de l'isthme; et, notre caravane étant fort nombreuse, puisqu'elle comptait près de cent personnes, notre provision d'eau exigait à elle seule trente cinq chameaux. Suez n*a pu nous en fournir. Qu'on juge de la situation habituelle d'une cité de 5,000 âmes qui n'a pas dans son sein la moindre ressource pour satisfaire cet indispensable besoin Aussi la ville de Suez n'a-t-elle pas un seul arbre, un seul brin d'herbe, une seule fleur ; et il y 'a bien des gens qui naissent et meurent dans ses murs sans pouvoir se faire une idée de ce que c'est que la verdure et la végétation. Par une suite nécessaire, le marché à l'eau a pris un développement exceptionnel, et le précieux liquide s'y vend parfois à des prix exorbitants. On m'a
cité des époques d'affreuses disettes où le litre d'eau s'est payé jusqu'à 30, iO et 45 centimes, et encore n'en avait-on pas à discrétion.
(Barthélémy Saint-Hilaire. — Lettres sur l'Egypte).