CHAPITRE VIII
Dès le premier jour, les ingénieurs du canal maritime rencontraient sur leur parcours une redoutable difficulté : après avoir franchi la plage, où bientôt allait s'élever la ville de Port- Saïd, ils se trouvaient en face du lac Menzaleh, vaste amas de boues que les eaux du Nil, par les branches Pélusiaque et Tanitique, ont accumulées depuis des siècles.
Devant un tel obstacle. M. de Lesseps luimême se sentait pris de doute : le succès ou Téchec, sur cette frontière de l'isthme, devait
assurer la réalisation du futur canal ou raniiihiler dès son début.
Il fallait ouvrir un chenal à travers les eaux fangeuses du lac, et, à l'aide des vases retirées du fond, construire des berges solides sur un sol mobile : on devait, en outre, défier^ pendant raccomplissement des travaux, les émanations pestilentielles qui s'élèvent habituellement du sein des marécages.
Ce problème eut été peut-être insoluble sans les conditions exceptionnelles du climat d'É-gypte : sous le soleil de cette contrée, l'argile élevée en talus se desséchait immédiatement, prenait la consistance d'une véritable muraille, et les vapeurs malsaines étaient aussitôt absorbées parles rayons ardents qui en détruisaient les pernicieuses influences, que corrigeait aussi l'extrême salure du lac.
La tâche était rude : les ouvriers n'y pouvaient suffire qu'à forcedebon vouloir et presque d'héroïsme; à ce premier poste de combat, on eut soin de n'employer que des volontaires :
LE C.VN'AL MARITIME IGl
les contingents de fellahs, envoyés plus lard en corvée parle Vice-Roi, n'y prirent aucune part : tous les travailleurs du lac Menzaleh y vinrent de leur plein gré et avec la connaissance complète des épreuves qu'ils allaient endurer.
Il est vrai que la compagnie rencontra parmi les riverains du lac des hommes tout préparés au labeur qu'on exigeait d'eux.
Ces indigènes, habitant depuis de nombreuses générations, les bords de cette mer de boues, exercés à pêcher dans ses bas-fonds, à conduire leurs barques et à les remorquer à travers les vases, ne craignaient pas de sehvrer à des travaux qui eussent effrayé des ouvriers européens.
Pour ouvrir la première artère du chenal, ils s'avisèrent d'un moyen tout primitif, que nul ingénieur ne leur eût conseillé, mais qui, dans sa simphcité extrême, a été plus efficace que ne l'eussent été peut-être les procédés d'une industrie plus savante : ils entraient dans l'eau jusqu'à la ceinture, prenaient dans leurs mains autant de vase qu'ils en pouvaient saisir, la
pressaient fortemeut contre leur poitrine pour la solidifier, puis ils ramoneelaient en bourrelets à droite et à gauche.
A eux seuls, ces braves gens réussirent à ouvrir sur quarante-cinq kilomètres d'étendue un chemin de quatre ou cinq mètres de largeur: les dragues vinrent ensuite et achevèrent l'œuvre qu'ils avaient ébauchée.
Pour garantir aux berges ainsi édifiées, une sohdité suffisante, on prit soin de les étendre, par leur côté extérieur, dans une largeur de cent cinquante à deux cents mètres; quant à leur côté intérieur, au heu de les tailler en talus nettement coupés sur une largeur de soixante mètres, qui eût été rigoureusement suffisante au passage de deux grands navires, on les inclina, sur cent mètres d'ouverture, en une pente douce que le mouvement des flots causé par les grands bâtiments ne peut détériorer ni détruire.
Des magasins, des édifices nombreux ont été établis sur les berges du lac Menzaleh, sans qu'elles aient jamais fléchi.
Les adversaires du canal avaient répété à satiété que si son orifice débouchait sur la plage de Péluse, bientôt les sables poussés par les flots de la Méditerranée l'obstrueraient et y élèveraient une barrière sans cesse renouvelée.
La compagnie, qui venait de fonder sur cette rive, naguère déserte, la ville de Port-Saïd, s'empressa de chercher les moyens d'en faire un sûr asile pour la marine, qu'elle allait bientôt convier au transit de l'isthme, et d'y élever un rempart qui protégeât le canal contre l'ensevelissement dont il était menacé. On se mit à l'œuvre pour construire deux immenses jetées s'étendant au devant de la rade, l'une à l'est sur une longueur de dix-neuf cents mètres et l'autre à l'ouest sur une longueur de deux mille cinq cents mètres : ainsi l'entrée du port et du canal se trouvait reportée dans la mer, bien au delà du point où l'invasion des sables était à craindre : entre les deux bras des jetées, les dragues donnaient facilement la profondeur d'eau dont
on avait besoin et la double muraille garantissait le maintien de ce niveau.
Les jetées de Port-Saïd seront à jamais citées parmi les plus grands ouvrages d'art qu'ait créés l'art de l'ingénieur : elles sont les dignes rivales de la merveilleuse jetée de Cherbourg et elles ont été construites d'après le même système.
On trouvait dans l'isthme même des gisements capables de fournir les pierres nécessaires à ces gigantesques constructions, mais il parut plus avantageux d'avoir principalement recours à l'emploi de blocs artificiels: des entrepreneurs connus par leurs travaux à Marseille, à Cherbourg et à Alger, MM. Dussault frères furent chargés de fabriquer les masses de ces rochers factices destinés à supporter l'assaut des vagues.
Du sable et de la chaux combinés, d'après une méthode particuHère aux inventeurs tels sont les éléments des blocs de MM. Dussault ; ce mélange, liquide d'abord, est enfermé dans de grandes caisses de bois, qui lui font prendre la forme et les dimensions qu'on veut lui don-
ner: il sèche dans ce moule pendant une quinzaine de jours, et il est ensuite exposé durant trois mois à l'air qui achève de le sohdifier : alors il a atteint la dureté du roc et on peut l'employer comme la pierre de taille.Vingt-cinq mille de ces blocs, ayant chacun un volume de dix mètres cubes, ont été immergés dans la mer, devant Port-Saïd.
Entre le lac Menzaleh et le lac Timsah, se dressaient les dunes d'El-Ferdane et le seuil d'El-Guisr.
On objectait aux projets de la compagnie du canal maritime le seuil d'El-Guisr, comme on loi avait objecté les boues du lac Menzaleh : c'étaient en effet, dix millions de mètres cubes à enlever : ils s'étendaient sur dix kilomètres de longueur et s'élevaientà dix mètres au dessus du niveau de la mer.
Il a fallu, pour faire tomber ce rempart naturel,l'assaut d'une armée de dix-huit mille ouvriers fellahs creusant une tranchée immense à
travers le seuil : avec les déblais rejetés des deux côtés de cette tranchée, ils ont dressé des parapets énormes qui la garantissent contre les tourbillons de sable du désert.
« Nous avons, a dit M. de Lesseps dans une de ses conférences, élevé les terres jusqu'à soixante pieds de hauteur. Nos fellahs les apportaient sur le haut de la tranchée dans des paniers appelés couffins. Les ingénieurs ont fait le calcul qu'en mettant tous les paniers employés à ce travail les uns à côté des autres, on formerait une ligne qui ferait trois fois le tour du globe. Ceci donne une idée de la grandeur de Touvrage ! »
Le 18 novembre 1862, le seuil d'El-Guisr, ouvert par la pioche des ouvriers de la compagnie du canal maritime, livrait accès aux flots de la Méditerranée dans le lac Timsah. C'était une triomphante prise de possession du désert: après un tel pas, il n'était plus permis de reculer et il n'était plus au pouvoir de personne d'arrêter ceux qui s'étaient donné mission d'avancer, .
Aussi, M. de Lesseps voulut-il célébrer Fintroduction des eaux de la Méditerranée dans le lac Timsah par une grande solennité : il réunit le cheick des ulémas, le pope grec, Tévêque catholique d'Alexandrie , les consuls européens et, au milieu de ces personnages, devant une foule considérable, il prononça ces mots :
« Au nom de S. A. Saïd-Pacha, je commande que les eaux de la Méditerranée soient introduites dans le lac Timsah par la grâce de Dieu ! »
Les derniers barrages tombèrent et les flots se précipitèrent comme impatients de rejoindre ceux de la mer Rouge.
Depuis le bassin du lac Timsah jusqu'à Suez, il restait encore à enlever vingt-cinq millions de mètres cubes ; — mais cette tâche de Titan n'était que la conclusion toute simple de celle qu'on avait déjà accomplie. La grandeur des obstacles n'effrayait ni les ingénieurs, ni les ouvriers: en 1868, M. de Lesseps, racontant les
travaux gigantesques de la compagnie, s'écriait avec fierté: « Au Trocadéro,en face deTExposition du Champ de Mars,on a enlevé en six mois, au milieu de toutes les ressources du travail et de la civilisation, quatre cent mille mèkes cubes: nous autres, au milieu du désert, nous enlevons mensuellement plus de trois fois le Trocadéro ! »
M. V.'Cadiat, l'un des ingénieurs du canal, écrivait à la même époque : « Ce n'est pas peu de chose qu'un cube de treize cent mille mètres, comme celui que nous remuons par mois. Pour en avoir une idée, qu'on imagine l'avenue des Champs-Elysées couverte sur toute sa longueur d'une montagne de 100 mètres de base et de 28 mètres de hauteur au sommet ; qu'on imagine encore la place Vendôme couverte de terre jusqu'à quatre fois la hauteur des maisons qui la bordent *. »
1 De la situation des travaux du Canal de Suez, par V. Cadiat, 18G8.
Les lacs Amers, vaste bassin desséché depuis des siècles, n'opposaient aucune difficulté sérieuse au passage du canal ; plus loin on renouvelait devant le seuil du Sérapéum les rudes efforts qui avaient emporté le seuil d'El-Guisr.
Une partie du Sérapéum fut attaquée à sec ; plus tard, dans la tranchée ouverte, on introduisit l'eau du canal d'eau douce, détournée ainsi que nous l'avons raconté dans le chapitre précédent, et les dragues, fouillant alors la sable transformé en boue, achevèrent ce qu'avait commencé la pioche.
A El-Guisr, au Sérapéum, les énormes masses de terre retirées des excavations ont créé autour du canal des retranchements qui le protègent contre les mouvements des sables poussés par le vent du désert ; dans les parties basses, là où ce danger était surtout à craindre, on a eu recours à un moyen employé dans d'autres contrées pour arrêter l'envahissement des dunes : on a d'abord fiché des palissades, dressé des haies sèches, puis, derrière ce rempart avancé,
on a fait de nombreuses plantations, dont les racines, en peu d'années, mettront le sol à l'abri de toute fluctuation.
C'est seulement à Chalouf-el-Terraba, à seize kilomètres en avant de Suez qu'on rencontra Tunique banc de rochers qui se soit présenté dans le parcours du canal : « C'était, dit M. de Lesseps, une masse de vingt mille mètres cubes, ayant la forme d'une lentille. On a établi, de chaque côté de la tranchée creusée à bras d'hommes jusqu'à la couche rocheuse douze plans incHnés. Au dessus de chacun de ces plans fonctionnait une locomobile à vapeur qui, au moyen de chaînes sans fin, amenait dans les tranchées des wagons vides et les remontait pleins. Tous les matins on faisait éclater deux à trois cents mines et, dans la journée, les fragments de roche épars sur le sol étaient ramassés, jetés dans les wagons et transportés sur le bord des berges. C'est ainsi qu'en huit mois le travail a été exécuté. Le rocher de vingt mille mètres a disparu. i>
Au delà de Chalouf, le dragage s'opérait sans difficulté : on Ta poussé jusqu'à quinze cents mètres^ en avant de Suez, au milieu des flots mêmes de la mer Rouge pour offrir un commode accès aux grands navires; et, à l'aide des terrains enlevés par les dragues, on a construit un vaste quai, dont la propriété sera une véritable richesse pour la compagnie.
L'année 1869 aura vu, à quelques mois de distance, la Méditerranée envahir les lacs Amers, puis cette mer confondre ses eaux avec celles de la mer Rouge.
Le 18 mars, une foule d'environ trois mille personnesétait accourue au bord des lacs Amers pour assister à la rupture du dernier barrage qui séparait encore les flots venus de Port-Saïd du magnifique bassin où ils allaient enfin s'étendre : le Vice-Roi, Ismaïl-Pacha, présidait luimême cette cérémonie ; tout à coup, à un signal donné, les digues furent rompues, et, majestueuse, une cascade immense jaillit en bouil-
lonnant dans la profondeur des lacs^ tandis qu'une acclamation enthousiaste se mêlait au bruit des eaux ; saisi d'admiration pour l'œuvre grandiose qui s'achevait sous son règne, le Vice-Roi ne pouvait retenir ses larmes et il se jetait dans les bras de M. de Lesseps.
A l'heure où ce livre est publié, s'accomplit l'inauguration suprême : des princes, des hommes d'État, des savants, des littérateurs, des artistes, des représentants de tout ce qui, en ce monde, domine par la puissance ou l'intelligence, franchissent le canal ouvert d'une mer à l'autre, comme pour habituer, dès le premier jour, ses eaux à porter le poids des hautes destinées, des idéesmultiples et diverses, à s'assimiler le courant des intérêts sociaux et moraux, qu'elles sont destinées à faire circuler jusqu'aux extrémités de l'univers.
NOTES DU CHAPITRE Yïll
XOXE, page 163
» Nous avons passé des contrats pour exécuter, en quatre ans, à Port-Saïd, des jetées, afin d'arriver dans la mer à la profondeur de 8 à 9 mètres.
« Entre les jetées on creusera, avec les dragues à vapeur, le chenal qui permettra aux bâtiments de passer de la mer dans le canal maritime.
" Pendant qu'on creusera ce chenal, les sables poussés par les vents régnants et les tempêtes, et par le mouvement des lames de fond, viendraient certainement boucher la tranchée au fur et à mesure qu'on la fera, si l'on n'avait la précaution de leur opposer l'obstacle qu'indique l'art de l'ingénieur, c'est-à-dire des jetées se prolongeant dans la mer jusqu'au point où le mouvement des sables ne s'opère plus. Tel est le principe des jetées pour empêcher l'encombrement des chenaux par lesquels passent les navires.
« Les s-ibles ne sont pas autre chose que le produit de la corrosion des rochers qui bordent les mers. Les débris de rochers détachés peu à peu par les vagues, deviennent des galets qui, roulés par les flots pendant des siècles,
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vont se détachant en molécules et forment ainsi le sable, et ce sable, poussé sur la plage, séché au Soleil et enlevé par le vent, forme à la longue des dunes qui garnissent certaines côtes. C'est pour préserver l'entrée du chenal de l'envahissement de ces sables qu'on a déterminé à Port-Saïd deux jetées à la mer...
" On me fait très-souvent cette objection que l'entrée dans la mer est impossible parce que les sables viendront l'obstruer. On ne peut pas nier l'existence des sables, ni leur mouvement, mais on leur oppose un obstacle; et l'obstacle, je viens de vous le dire, c'est la jetée. Les sables viennent s'amonceler dans l'angle qui est formé par la jetée et le rivage. En général, on ne calcule pas que les sables puissent s'avancer au-delà des fonds de 5 à 6 mètres ; or, la jetée devant être poussée jusqu'au fond de 9 mètres, il se passera plusieurs siècles avant qu'on ait à craindre, dans des circonstances très-défavorables, et que nos ingénieurs ne prévoient pas. l'arrivée des sables vers la tête de la jetée. Dans ce cas, nos arrières -petits neveux en seraient quittes pour prolonger la jetée de quelques mètres. Vous voyez donc qu'il n'y a pas de difficulté insurmontable, et que rien n'empêchera la conservation de l'entrée du canal, lorsque les jetées auront été faites à la profondeur voulue. »
(Conférence faite en 18G4 à Y Association Phylotechnigue par M. Ferdinand de Lesseps],
I¥OXE, page 16ô
u Dans toute l'étendue des grands fonds des lacs Amers , sur une longueur de 16 kilomètres et demi, il n'y a aucun déblai à exécuter.
« Quand on descend dans le bassin de ces lacs et qu'on arrive au fond, on traverse d'abord une zone de gypse et d'autres sels de chaux, premier sédiment des matières les moins solubles laissés par l'eau de mer remplissant autrefois ces bassins, lorsque leur communication avec la mer Rouge s'est trouvée interrompue, et qu'elle a commencé à se concentrer sous l'effet de l'évaporation. On passe ensuite sur une zone de terrain noirâtre, humide, très-mou, qui doit cet état à des infiltrations souterraines, et aussi sans doute à la déUquescence des chlorures déposés par l'eau de mer, qui n'arrivent jamais à se dessécher complètement. Enfin, au centre et reposant sur ces terrains, on trouve le banc de sel déposé pendant la dernière période de concentration de l'eau des bassins. Ses dimensions sont considérables : son épaisseur, qui atteint quelquefois jusqu'à 7 ou 8 mètres, est en moyenne de 3 mètres ; il a 13 kilomètres de long ; sa plus grande largeur est de 6 kilomètres.
« Qu'on imagine un immense gâteau de sel, épais de 2 à 3 mètres, couvrant une superficie plus grande que celle de Paris, et on aura une idée du cube de sel qui se trouve là.
a Le niveau de la zone de terrains mous qui le circonscrit est plus bas que la partie supérieure de ce banc, et
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celle-ci est en beaucoup de points à une cote inférieure du plafond du canal.
'< Dès que l'eau sera introduite dans le bassin, ce banc de sel commencera à se dissoudre ; on peut conclure d'expériences que Ton exécute en ce moment que cette dissolution se fera rapidement, et que tout le banc de sel sera fondu quand le bassin sera rempli. Le chenal navigable aura donc, non pas seulement retendue occupée aujourd'hui par le banc de sel, mais encore celle de la zone de terrains noirs qui sont en contre-bas, et la profondeur sera de 7 à 10 mètres. Ce ne sera donc pas un chenal qu'on aura, mais une véritable passe de 16 kilomètres de long et de 6 à 8 kiloniètres de large, où les navires pourront naviguer et évoluer comme dans un grand détroit.
'< Mais laUgne d'eau du lac, quand il sera rempli aura beaucoup plus d'étendue; ce sera une véritable mer, qui dans le désert, sera sans doute d'un effet grandiose. Cette étendue sera telle que, quand on sera sur un navire placé à un bout, et qu'on regardera dans le sens de sa longueur, l'horizon se dessinera par une ligne d'eau nette comme celle qui Hmite la vue en pleine mer. »•
(De ta situalion des travaux du concd de Suczcn février I8f8;par V. Cadiat, ingénieur).