‹ Suez; histoire de la jonction des deux mersChapitre 7 sur 31 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

L'ISTH M E DE SUEZ

Une langue de terre, ayant trente lieues de largeur, voilà l'isthme de Suez : imperceptible barrière, si on la considère sur la carte du monde entier ; région fameuse entre toutes, si on se reporte vers les événements et vers les hommes dont le souvenir se retrouve en ce lieu.

Nous avons dit dans les chapitres qui précèdent, quelle est l'importance de la situation de l'isthme de Suez : les efforts tentés à diverses époques pour y ouvrir une voie maritime suffiraient à lui créer une légende depuis

Néchao jusqu'à Napoléon ; mais l'isthme de Suez a encore son histoire en deliors du récit de ces grandioses tentatives.

D'abord, parlons de sa géographie : elle n'est plus tout à fait ce qu'elle était dans l'antiquité ; des accidents naturels ont modifié risthme depuis les jours de Moïse et d'Hérodote ; pourtant, il nous est encore facile d'étudier ce sol, en tenant à la main les pages des historiens anciens.

Examinons un plan panoramique de l'isthme de Suez depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Rouge. Au point où débouche le canal creusé par M. de Lesseps, entre l'isthme même et la mer, s'étend un lac de cinquante lieues de tour: c'est le lac Menzaleh, qui n'est séparé de la Méditerranée que par une berge de quarante à cinquante mètres et qui est mis en communication avec cette mer par les trouées de Dibeh, de Djemileh, d'Oum-Faregh.

Naguère, cette région était livrée à la culture; mais il paraît que dès le temps d'Isaïe la Mé-

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