‹ Suez; histoire de la jonction des deux mersChapitre 8 sur 31 · LISTH.ME DE SUEZ · texte numérisé non relu

LISTH.ME DE SUEZ

diterranée jointe aux branches Tanitique et Pélusiaque avait recouvert cette plaine, car le prophète l'appelle « le vivier des Pharaons ».

Aujourd'hui encore le lac Menzaleh est un vivier : il renferme d'innombrables et excellents poissons : une population d'environ quinze mille pêcheurs est répandue sur ses bords. Race à part, ces pêcheurs descendent de la fameuse tribu des pasteurs, qui pendant cinq cents ans a donné des rois à l'Egypte : leur type, qui diffère de celui des habitants de la vallée du Nil, se retrouve exactement reproduit sur la face des sphynx de Tenis.

A vrai dire, le lac Menzaleh ressemble plutôt à un marécage qu'à un véritable lac : l'eau n'y a souvent pas plus de dix à douze centimètres de profondeur, et une épaisse couche de vase s'étend au dessous d'elle. Aussi, les adversaires du canal de Suez ont longtemps déclaré que ce lac était une mer de boues, à travers laquelle nul effort ne parviendrait à ouvrir une voie :

M. de Lesseps lui-même redoutait ce terrain fangeux beaucoup plus que les autres obstacles qui l'attendaient dans le désert.

Les lacs Ballab, situés derrière le lac Menzaleb, sont à sec pendant une partie de Tannée: ils confinent aux dunes d'El-Ferdane, où commence réellement l'isthme.

Là, se dresse une barrière qui s'étend sur quinze kilomètres de longueur et qui, au plateau d'El-Guisr^ s'élève jusqu'à dix-neuf mètres au dessus du niveau de la mer: ce plateau ou seuil d'El-Guisr était le plus formidable rempart de risthme: il a fallu l'ouvrir par une brèche gigantesque.

Au delà, toujours en avançant vers la mer Rouge, nous rencontrons le lac Timsah, admirable port, creusé par la nature : aujourd'hui une ville s'élève sur ses bords, c'est Ismaïlia : d'ici à un siècle, elle sera Tune des plus importantes cités du monde : assise sur un bosphore comme Constantinople, elle deviendra le but de la jalousie des peuples ou le foyer de leur union.

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