LIVRE QUATRIEME
fiUt de la terre sainte. — » Nécessité de lui venir en aide. — Opposition de Suger au départ du roi. — Assemblée de Vézelav. — Louis le Jeune prend la croiu. — Enthousiasme général. — Saint Bernard prôdie la croisade en Allemagne. — > Affaire des chanoines de Sainte-Geneviè?e du Mont. — Suger écrit au pape i ToccasioD de cette affaire. — Les chanoines se révoltent. — Suger maintient les droits de l'autorité. — Il est aide par le pape, saint Bernard et les évéques* — Nouvelles des croisés. — Lettres de Louis le Jeune. — Lutte de Suger pendant la régence. — Honneurs rendus à Suger.
Un événement qui tint une grande place dans ce siè*
de allait, on Ta dit, faire faire un dernier pas à la l'or- (une de Suger, qui n'avait cessé de monter : ce fut la croisade dont saint Bernard fut le promoteur et Louis le ^ Jenoe le clief. A cette époque, on l'a vu, quand les âmes étaient sous le poids d'un grand remords, les yeux se tournaient naturellement vers la terre sainte. Cette expiation, à la fois religieuse et guerrière, était dans les i&fl&ttfs et dans les idées du siècle, et les passions qui avaient agile et quelquefois désole la chrétienté selournaot en enthousiasme, allaient chercher leur pardon en bravant les fatigues et les dangers pour conquérir ou pour défendre les lieux consacrés par le sang de Jésus^ Christ. Louis le Jeune, selon quelques historiens, nourmsaitdéja depuis plusieurs années la pensée d'aller eu
terre sainte, pour accomplir un vœu fait par son frère
aîné, celui qui était mort si malheureusement et dont il tenait la place. Il lui semblait^, disent-ils^ qu'il avait hérite en même temps de la couroiiae et de l'oijli^^aliou que le prince trépassé s'était imposée. Il est plus vraisemijiable que l'état où se trouvait l'esprit du jeune roi, depuis le sac de Vitry-le-Brùlé, le disposait merveilleusement à répondre à l'appel qui allait retentir dans la chrétien te.
Les chrétiens de Palestine, qui, depuis la croisade de Godefroy de Bouillon » ne soutenaient qu'à la pointe d6 repoe la cruix relevée dans les lieux ou elle sauva le monde, étaient menacés des plus graves périls. Après une longue lutte, la ville d'Édcsse cl toute la principauté de ce nom étaient tombées sous la puissance du soudan d'Alop. Les Turcs, animés par le fanatisme relii^ieux, avalent été impitoyables. Tous les habitants avaient été passes au (il du glaive, les reliques jetées au vent, les prêtres égorgés^ les églises profanées; que de motifs pour émouvoir les esprits et les cœurs I Aussi lorsque Fevéque de Cabale, chargé par les chrétiens d'Orient de venir solliciter les secours de FEurope, racontait les désolatioDS d'Édesse, il y avait des laruies dans tous les yeux. La pieuse ambassade s'était naturellement rendue à Rome, dans la capitale du catholicisme. Le pape pouvait peu de chose comme souverain, son pouvoir à Rome était conteste et mal aHermi; mais il pouvait tout en Eurup^) comme successeur de saint Pierre. Il écrivit aux deux grnndcs puissances cattioliques, a l'Empereur et au roi de France, pour les supplier de venir en aide à l'Église de Palestine dans ce grave péril. La lettre qu'il adressa im roi Louis le Jeune porte la date du 1*' décembre il43«