LOUIS LE JEUNE A JERUSALEM
tioDs à quitter un lieu de délices, pour recommencer cette vie de ba&ardâ el de fatigue^i qu elle avait menée depuis le commencement de la croisade. On commençait à craiudre à Jérusalem que le^ Français lussent retenus en Syrie : an savait qu'ils avaient quitté Antiocbe, mais on n'ignorait pas que les mêmes pièges les attendaient à Tripoli. Les ambitions particulières cbercbaient, sur toute la route, à détourner la ca»isada de son but, qui était Jérusalem. Le roi rencontra donc, peu de temps après son départ d'Antiocbe, une ambassade qui venait le prier de bâter sa venue; elle était conduite par Fouober, patriarche de Jemsalem, qui remit à Louis le Jeune Tétendard do Saint-Sépulcre, et lui fit connaître Timpatiencô avec laquelle il était attendu par le roi et le peuple de Jérusalem. L'armée pressa sa marche, et, peu de temps après, le roi de France entrait à Jérusalem au milieu des acclamations du peuple qui était allé au-devant de lui en cbantant des cantiques, et qui saluait sa venue par la même parole dont les Juifs avaient, bien des siècles auparavant, salué l'entrée triomphale du Messie : < Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! >
Dès que Louis le Jeune eut satisfait son ardente dévotion en visitant les lieux saints avec cette piété profonde qui était un des griefs de la reine contre lui, et qu il eut pourvu aux affaires en indiquant, pour le 2Ô du mois sul* vaat (le 20 mai), une assemblée générale dans la ville de Ptolémaïs, afin de délibérer sur la direction qu'on devait donner aux opérations militaires dans Tintérét de la religion et des chrétiens établis en Orient, il songea au seul homme en qui il eut assez de confiance pour s ouvrir à lui sur un sujet aussi délicat. II écrivit donc à Suger pour lui demander son avis sur sa position, à
5ds
SUG£a £T SOiN TEMPS
1 égard de la reine et sur les mesures qu'il devait prendre. Suivant la pente de son caractère natarellement impuiueux, il inclinait à une rupture ouverte; mais l'abbé de Saint-Denia le dissuada de faire un éclat, et voici comment il répondait à la lettre que le roi lui avait écrite de Jérusalem :
i A quoi pensez-vous, Seigneur, de laisser ainsi les fl brebis qui voua sont confiées à la merci des loups? c Comment pouvez-vous vous dissimuler le péril doat c les ravisseurs qui vous ont devancé menacent vos c États (1)? Non, ii ne vous est pas permis de demeurer i plus longtemps éloigné de nous ; tout réclame votre ( présence. i!^ous vous supplions donc, en nous adressant c à votre justice, en faisant un appel à la bonté de votre c cœur, nous vous conjurons eutin, par la foi qui lie réc ciproquement le prince aux sujrts et les sujets aax
(1) Un grand nombre de barons étaient déjÀ revenus de la Tene sainte. Mécontents du succès de Tentreprise, ils ayaient ^itté leur suzerain, les uns à Attalie, les autres à Ântioche, et ils ren»
daient le chef de Tentreprise responsable des maux qulls avaient
éprouvés.
Nous résumons la lettre de Sager plutùt que nous ne la traduisons. Elle est écrite dans le style oratoire en usage chez les clercs de cette époque. Voici dans quels termes ii lui parle du retour des barons : Mtdta et inMerabUia maia tmtinemiut poit redilum barth num et optimatum» Redienmtregni perturbatarei» êtf tu qui defêndim Mères, ovem lupo tradidisH, regmm raptoribus exposuM,
Nous croyons devoir citer aussi en Jatin les paroles touchantes dans lesquelles iiuger parie du déclin de son âge, dont le poids des adaireâ a précipité le cours : Smex eram, sed in his maya eonsênut, pro quUm omnihui, nuUa cupiditate, nuUopeniim moiâ, niii amare Dei et vettro me conetmpneiem.
Gîtons encore le texte latin de la phrase de la lettre où Sager parle de tout ce quUl réserve pour le retour du roi : Camat H pieetto veêtra, iaUku feoâarum relevationca ^ vuiuaUa e/tam, reditu vêitro itérante t ruervamus.