‹ Suger et son tempsChapitre 27 sur 39 · LIVRE SIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME

Dernières années lU buger. — Il s'oppose à la séparation 4v roi et de la relue. — Il réforme i abbave de Samt-Curneille à Gompiègoe. — Révolte à main armée des chauuiues. — II rèprinio cette révolte. — Sa lettre à Uenri^ duc de Normandie, au sujet de la giiim. Triste «iltation de« dwftyeiii entre eaz.<«<âager

. prépare une expéditioo pour )a Terre aainte. — Sagesse de ses combinaisons. — Il tonibe malade. — Sa mort. ^ Jugement sur Suger.

Soger était ariivé à un degré d'élévatton au delà diH

quel ui sa fortune ni sa renommée ne pouvaient plus moiiter* EDvinmné da l'admiration de tout le royaiHm et même de toutes les contréeb voiiîiues, hcnoré par le pape, jouissant da toute l'estime et de toute la eonflance du roi qui lui écrivait : c Ma volonté, c'est la vôtre; je « m'en reposerai toujours sur vous en toute élroens* • tance (i), » il était désormais un de ces hommes rares pour qui la postérité eommence de leur vivant, et à qui leurs contemporains rendent la justice que rhisioire a'aecorde ordinairement qu'au souvenir de eeux qui no soat plus. Jamais son pouvoir ne lui plus grand que brsqu'il eut résigné, entre les mains du roi, la régence. Ses paroles étaient écoutées comme autant d'oracles» et,

(1) Voluntas enim vestra jiostra est et consilium neelmua re*

posuimus in yobls, {Letlrei d« Louû ^ J&um à Suger ^ apud Du-

SUGiiA ET SOli TEMPS

daos toutes les occasions difficiles, on recourait à celte sagesse éprouvée qui, traversant une longue carrière en allant de succès en succès, avait donué à tout ie monde la conviction que rien de ce qu'entreprenait Tabbé de Saint-Denis ne pouvait manquer de réussir.

C'est ainsi que quatre grandes affaires occupèrent encore les dernières années de Suger : d'abord la réforme de l'abbaye de Sainte-Corneille- de-Gompiègne, dont les désordres étaient si grands, que le bruit en était arrivé jusqu^aux oreilles du pape Eugène III, qui écrivit à Tabbé de Saint-Denis pour le cbarger de faire rentrer la religion dans ce monastère ; ensuite les différends da roi et du comte d'Âujou, qui menaçaient le royaume du renouvellement de ces guerres que Suger avait eu à souKe* nir, dans les premières années de sa vie, contre le seigneur du Puiset, mais cette fois sur une bien plos grande écbelle ; la paciiication de la ville de Beauvai» qui^ avec son évéque, son clergé, ses bourgeois, se pré-* parait à la révolte; enliu le projet d'une nouvelle croisade qui occupa les dernières années de la vie de Suger,

I^ous ne parlons pas du divorce du roi avec la raine Aliéner; il n'éut lieu que postérieurement a la mort de Tabbé de Saint-Denis. 11 s'était opposé, autant qu'il avait pu, à ce divorce dont il prévoyait les funestes conséquences; et, si la reine Aliéner avait donné au roi un liiâ au lieu d'une fille, les conseils de Suger auraient pié* valu. Mais Louis le Jeune, dominé par le désir d'avoir an héritier de sa lignée, n'hésita plus à demander la dissolution de son mariage, qui fut prononcée dans rassemblée de Beaugency. Chose remarquable et qui semble en désaccord avec les laits que les chroniqueurs du Mord rapportent sur la reine, le roi reconnut, sans balancer,

Il DIFFÂBB LÀ SéPARATlûiN DU iiOi KT DË LA RBINB S57

pour sa fllle la princesse donl la reine Aliéner accoucha, après son retour en France. Kien ne fut articule contre la conduite de la reine dans l'assemblée de Beaugency : on ne parla que de la parenté qui existait ealre elle et le roi à un degré assez rapproc!ie pour être un empêchement canonique à leur mariage ; ce fut sur cette seule raison qu'on motiva la dissolution de leur union (1). Il fut prouvé que liobert, duc de fiourgognoY frère de Henri 1*^^ avait ou pour fllle Hildegarde, la(|uelle épousa Guillaume Vil, duc d'Aquitaine; un Qls naquit de cette union; c'était Guillaume VIII, qui se trouvait cousin, issu de germain, de Louis le 6ros« Ce fils eut pour reiîeton Guillaume IX, pere d'Alienor et duc d'Aquitaine, qui se trouvait dans des rapports de parenté d'un degré plus éloigné avec Louis Vil, de sorte qu'Alienor et Louis le Jeune descendaient du même auteur Robert, roi de France, et que la reine, par son arricre-grand'mère Hildegardjê, était parente au septième degré du roi son mari. Les évô«

ques pronoacèreut qu'il n'y avait aucun lien entre Alié* aor et Louis VII, et il fallut rendre à la suzeraine d'Aquitaine les riches provinces qu'elle avait apportées à la monarchie : la Guyenne, la Gascogne, le comté de Poitou et presque toutes les terres d'au delà de la Loire : ce n'était pas seulement le divorce du roi, c'était le divorce du

(i) Voici Tarbre généaiogi^e dressé pour le divorce.

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