‹ Suger et son tempsChapitre 3 sur 39 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

situation est critique, laisse partir la plupart des grands seigneurs qui ravalent accompagné et enlr'autres son frère, Robert de Dreux^ que Suger a besoin de toute sa fermeté et de toute son habileté. Alors, plus que jamais, il s'appuie sur le ressort de la religion et de ces grandes assemblées qui prévalent contre toutes les volontés individuelles quelque puissantes qu'elles soient. Robert de Dreux et le fils de Tbibaud le Grand, comte de Gham* pagne, Henri qui est demeuré fidèle au roi absent, se sont adressé un défi, et sont au moment d'exciter une guerre civile en entraînant dans leur querelle les antres seigneurs. Suger est là pour s'y opposer et il a à c6té de lui saint Bernard, les évèques et les seigneurs fidèles au roi, au-dessus de lui le pape, pour le soutenir dans la situation la plus difficile où il se soit trouvé pendant toute sa régence, car le roi est absent et les féodaux sont revenus. G*est en cette occasion surtout que Ton voit quel parti immense Suger tira de Tappui moral que lui donnèrent le pape, les évéques et ces grandes assemblées politiques dont nous avons parlé. On peut en juger par un fragment de la lettre que lui écrivait à cette occasion saint Bernard : a liegnum in pace esty lui disait~il, et dominm rex abest^ et per ho$ duos {Henri et Robert) patest terra , singulariter commoveri et pertur^ bari. Supplico et consulo sublimitati vestrœ quia priiiceps maxùnus estis in regno, ut vel dissiiasione

VIII SUGfin ET SON T£MPS

vel in tatis vos viribus opponatis ne fiai hoc.*,. Nos autem idem scribimus domino JRemensi, domino Senonemiy domino Suessionemi^ domino Antosiodo* rensi, comiti Theobaldo, comiii Rodolphe. Opponite vos tantis malts et propter dominum regem et prop" ter dominum papam ad gmm pertinet custodia regni. »

Je crois avoir mis dans son vrai jour cette partie si intéressante de la vie de Suger ; mais, malgré toutes les recherches que j'ai faites dans les documents contemporainsy il m*a été impossible de me ranger à Tavis de Fauteur du livre intitulé Ministère et liigenee de Su^ ger^ M. François Combes, qui veut qu'il y ait eu une grande révolte au début de la régence de Suger et qui me reproche de l'avoir passée sous silence. Sans doute il est beau de faire des découvertes dans l'histoire, mais ces bonnes fortunes sont rares, et quand on accuse ses devanciers de ne pas avoir lu ce qui est écrit dans les documenU^ il ne faut pas pousser le zèle jus* qu'à y lire ce qui ne s'y trouve pas. La prétendue découverte de M. Coml)es repose tout entière sur un passage du moine Guillaume , passage mal interprété selon moi. Guillaume qui, au lieu de s^astreindre à un ordre rigoureusement chronologique , étend sans cesse ses remarques à Tensemble de la vie et de ia régence de . Suger, s'exprime ainsi :

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