INTRODUCTION IX
d A peine le roi éiait-il parti pour les pays élrangers^ eiriliustre Suger É^vait-il pris possession du pouvoir, que les hommes avides de pillage, croyant trouver dans Tab* seoce du prince^ une occasion d'exercer impunément leurs brigandages 9 commencèrent à désoler ça et là le royaume, ci à niauife:?teL' au grand jour les projets factieux qu'ils avaient conçus depuis longtemps [concepts diu factiones in publicum proferunt* Les uns mlevaient ouvertement par la violence les biens des églises et des pauvres; les autres exerçaient leurs rapmes plus sofirdement. Le nouveau chef s'arma sur- le* champ, pour les punir, d'un double glaive, Vnn matériel et royal, Tautre spirituel, ecclésiastique, que le souverain pontife lui avait conBé par la volonté de Dieu. En peu de temps , il réprima la téméraire audace de ces mé« chants, et anéantit, de sa main puissante, leurs machinations ; la laveur du ciel Taccompagna si parfaitement dans toutes ses démarches qu'il écrasa les ennemis de rÉtat sans répandre une goutte de sang, et que Tintégrité du royaume ne fut même pas entamée (de integri^ tate regni nihil penitm periit.)
Voilà ce que M. Combes appelle la terrible insurrection de 1447, et c'est sur ce texte, plein de généralités, qu il appuie toute une dissertation dans laquelle il chercite si rinsurrection de 1147 était aristocratique, si au contraire elle se composait de « ces bandes nombreuses
de malfaileiirs (jui, dans une société mal organisée, parconraient impunément les campagnes et vivaient de pillage et de vol. wU conclut, après avoir parcouru les diverses hypothèses que ce texte lui suggère, que les révoltés de 1 1 47 se composaient « de cette foule de petits seigneurs, descendants on parents pour la plupart de ceux auxquels Louis VI avait fait une si rude guerre. Louis VII, par mesure de sûreté, avait bien emmené à la croisade les plus redoutables et les plus suspects; mais il en était resté beaucoup qui, malgré des antécédents moins alarmants, devaient devenir dangereux en l'absence du roi, par Tentralnemenl d'une si belle occasion. Voilà ceux qui se soulevèrent (i). »
Avant de savoir quels furent ceux qui firent partie de « la terrible instirrection de 1 1 47, » il y a, ce me semble, un problème qu'il faut préalablojnent résoudre : y eutil en H47 une insurrection particulière qu'on puisse distinguer des violences et des difficultés contre lesquelles Suger eut à lutter pendant toute la durée ie sa régence?
Un premier motif aurait dû rendre M. Combes moins affirmatif sur la découverte historique qu'il croit avoir faite; c'est qu'il ne peut, il en convient, citer à l'appui de son opinion qu'un seul témoignage, a Le moine Guil-
(4) L'nhbè Suger, Histoire de ion ministère et de sa régence^ par M. François Combes, prof«s$eu|; agreg^é d'histoire au coJlége Stanislas, p. 141,