‹ Suite aux remarques sur l'Université Laval [microforme]Chapitre 2 sur 5 · MONSIEUR LE RECTEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR LE RECTEUR

Je mo suis empressé de COMMUMIUEr aux membres de In Corporation de notre Collége la lettre du 4 Novembre, que vous m'avez adressée au nom du Conseil Universitaire : et ils m'ont autorisé à y faire la réponse suivante,

Veuillez croire, Monsieur le Recteur, que dans la démarche que nous nous proposons de faire auprès de la Législature, nous ne voulons pas blesser les droits de qui que ce soit, ni aller contre aucune défense de Rome. Nous n'avons pu non plus nous persuader que l'Université Laval ait Jamais eu le droit al: olu d'einpécher indétiniment l’erection de toute autre Université catholique en Canada : vous-même ne semblez pas le croire, puisque vous mettez une restriction au droit que Vous revendiquez. En effet un semblable droit aurait pu devenir injuste en devenant un obstacle au bien de la Religion et de In Société ; Car il pourrait venir Un temps où il fût nécessaire ou ntile à la Religion et à la Socicte d'établir d'autres Universités catholiques. Pour la mème raison nous ne pensons pas qne la défense de Rome mentio inée par vous doive s'étendre à tous les temps et à tous les cas. Nos Seigneurs Lex Evèques de Kingston et d'Ottawa, dont les Diocèses faisaient partie de la Province de Québec lors de Ja fondation de l'Université Laval, ne l'ont pas pensé non plus. Car quoiqu'ils ne pussent ignorer ni le droit que vous revendiquez ni la défense que vous invoquez, ils ont cependant demandé et obtenu pour leurs Colléges respectifs les priviléges universitaires : ct en le fesant ils n'ont pas cru léser les droits de l'Université Laval, ni aller contre la défense de Rome : l'Université elle-même semble avoir été du même avis puisque elle n’a pas réclamé,

Pourquoi maintenant trouve “«it-0n mauvais que le Collége Ste. Marie demandât ce que les Colléges de Kingston et d'Ottawa ont obtenu depuis plusieurs années ? Serait.ce parce que le besoin s'en ferait moins sentir à Montréal que dans ces deux villes ? Mais qui pourrait le soutenir en présence de ce fait humiliant

pour la Religion et In Vationalité Canadienne, que les etudiants catholiques de Montreal plus nombreux que colles de ces deux villes ensemble ont recours aux Universités protestuntes pour en obtenir les degrés ?

Sans doute, Monsieur le Recteur, nous sommes loin de penser que Universite Laval soit devenne indigne de sa mission ; nous SOMMES El contraire persuades qu'elle ne le deviendra jamais, D'un autre coté nous H'examinons pis si absolu ment parlant, elle est suffisante où non pour les besoins : mais il est facile de constater que, pour Une raison, Où pour Une autre, elle ne sutisfait pas AIX besoins des catholiques de Montréal

Dans ces circonstances, Monsieur Le Recteur, le Collége Ste. Marie ne croit léser aucun droit en cédant aux instances réitérées d'un très-grand nombre des meilleurs eutholiques de Montréal : il pense an contraire remplir nne espece de devoir.

Nous sOMIIHCS surpris et peines de voir que notre démarche vous apparaisse comme un brandon de discorde. Nous {ferons tout en notre pouvoir pour maintemir la paix ; nous adresserons simplement notre demande à la Législature. Si elle la rejette, nous HOUs consolerons en pensant Que, si nous ne rendons pas ce service aux catholiques de Montréal, la responsabilité n'en pèsera pas SU NOUS: Si elle y fait droit, nous ticherons d'user des priviléges qu'elle nous accordera SAS oftenser FUniversité Laval. avec laquelle nous désirons toujours vivre en bonne intelligence.

Veuillez, Monsieur le Recteur, croire aux sentiments d'estime et de profond respeet, Ave lesquels j'ai Fhonreur d'ètre,

Votre très-humble et dévoué serviteur

et confrère en Notre-Scigneur,

EF, M. Lopixro. S. in Messire T. KE. IFAMEL,

Lecteur de Universite Laval. Quebec.

A lnsuite d'une entrevue privée avec de Recteur de FUniversité et due seconde en présence des LLonorables MM. Chauveau et Ouimet, où assistaient le Rév. Père Lopinto avec M. le Chevalier de >ellefeuille d'une part, et le Recteur de l'Université Laval de l'autre, ce dernier demeura SOUS l'impression que, VI les apparences et après explications des deux côtés, les Rev. PP. du Collége Ste. Marie retireraient leur demande et que tout finirait là, au moins devant le public : cu on ne pouvait évidemment empecher un recours à Rome.

Mais tel ne fut pas le cas. Comme il se fit alors des démarches très-actives auprès des Membres du Parlement, le Recteur se cru obligé de faire publier la premiere partie de ces Remarques, afin de détruire l'impression qui semblait +e répandre sur le caractère des décrets émanés de Rome, et sur la prétendue Opiniatreté de l'Université Laval à refuser des offres “isonnables à la ville de Montréal. En même temps, le Recteur écrivit à Mgr. de Montréal la lettre suivante :

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