‹ Suite des quatre concordatsChapitre 14 sur 16 · IS · texte numérisé non relu

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Rapport au RoL

( Moniteur du 4 septembre iSrg. ) Sire,

Votre Majesté ma ordonné de lui proposer remploi du million de reserve, compris au budget de mon ministère, dans le çliapitre des dépenses ecclësiastifjues j son intention a toujours été que celte somme, ainsi que les fonds restant libres sur les réserves antérieures, fussent répartis cette année en secours extraordinaires, ou en améliorations permanentes, dans toutes les parties es■^ sentielies du service religieux.

Mais afin queVotre Majesté puisse mieux appré* cier l'utilité des mesures bienfaisantes qui loccupent en ce moment, je lui demande la permission de mettre sous ses yeux la suite de celles qui, depuis son heureux retour au trône de ses pères, ont déjà signalé sa pieuse sollicitude dans le cours des quatre années qui viennent de s'écouler.

Votre Majesté a élevé de 5oo francs à ySo et à 900 francs pour les septuagénaires, le traitement de vingt-six mille succursales; elle a accordé un supplément de 25o francs à quatre mille cinq cents vicaires^ rétribués par les paroisses qui lc5

un

eut demandes; elle a fixé une indemnité de 200 fr, pour plus de deux mille pasteurs, qui sont autorise's à célébrer une seconde messe dans les succursales vacantes et voisines de la leur.

Mille bourses de 4^^ francs ont été ajoutées à i,35o, qui étaient précédemment fondées pour les élèves des séminaires.

Le traitement des curés de première et seconde classe s'est augmenté en proportion de leur âge : 5oo francs ont été ajoutés à celui des vicaires-généraux et membres des chapitres; 5, 000 francs à celui des évêques titulaires; 10,000 francs à celui des archevêques.

Ainsi, de trente mille ecclésiastiques qui exercent actuellement leur ministère en France avec un traitement de l'Etat, il n'en est pas un qui n'ait ressenti les heureux effets de la présence de \ otre Majesté au milieu de ses sujets.

Elle a fait en outre distribuer, par l'entremise des évêques, un secours annuel de 200,000 fr. aux anciens curés et desservans, que l'âge et les infirmités obligent de quitter leurs fonctions.

Une égale somme est répartie^ par M. le grandaumônier, à ceux que des causes senrblables ont empêchés de reprendre un service actif.

3oOjOOO francs sont encore confiés, chaque année, aux supérieurs diocésains, pour le soulagement des anciennes religieuses, âgées, in-

lirmes, et n'ayant pas d'autres ressources que leur pension réduite des deux tiers.

Si tous ces actes de justice et de bienfaisance ont été possibles, c'est qu'ils étaient devancés par le vœu public, c'est que les deux cbambres , secondant les désirs du monarque , ont accru de 10,000,000 , en trois années, le budget du clergé. Il était borné, jusqu'en 181 5, à 1 i,5oo,ooo fr. ; il dépasse aujourd'hui 22,000,000, sans j comprendre 1 1,000,000 dé pensions ecclésiastiques , dont une partie est imputable sur les traitemens. Il est sans exagération de dire que ces sommes sont presque doublées chaque année : 1*' par celles que les conseils-généraux de tous les départemens et des milliers de communes votent habituellement pour supplémens de traitemens ecclésiastiques, pour achat, construction et réparation d'édifices nécessaires au culte -, 2" par les legs et donations autorisés; 3° par les revenus des fabriques -, 4" V^^ ^^ casuel et les offrandes des fidèles.

Tant cVeJforts sous le poids des charges les plus accablantes^ ont attesté au monde chrétien les sentiinens religieux de la France.

L'autorité suprême s'honore d'avoir présidé à ces efforts, et il peut n'être pas inutile d'en rappeler l'ensemble, afin que la bonne foi ne puisse plus méconnaître ni leur étendue ni leur

cvideiite nécessité. Le sort des ministres de la religion était déplorable ; T'^otre Majesté a tout fait pour l'adoucir^ et dans une proportion telle qu'il eût été jusqu'ici presqu impossible de faire davantage ^ et presque cruel défaire moins.

Les plaies de l'Eglise Je France ont été si profondes, qu'elles ne pourront se fermer entièrement qu'avec celles de l'Etal ; mais le temps n'est pas loin où les unes et les autres auront disparu sous l'influence d'un Gouvernement paternel et réparateur.

Renfermée dans ses devoirs qui sont autant de bienfaits envers la société , la religion est l'appui des Etats, parce qu'elle est la sauve-garde des mœurs et le supplément àes lois. Etrangère à l'exercice du pouvoir civil, elle ne s'y mêle que par le secours qu'elle lui prête ou qu'elle en reçoit, et dont elle n'use qu'au profit du peuple même. La justice et la politique commandent de lui accorder tout ce qui est nécessaire pour remplir cette toucliante et ^alutaire vocation. Dans un état où les pouvoirs politiques et les droits des citoyens sont réglés par une charte constitutionnelle, donner à la religion, c'est donner aux malheureux qu'elle soulage, à la morale qu'elle élève, à la vertu qu'elle crée et qu'elle soutient; ce n'est point augmenter indiscrètement une autorite temporelle, que le vceii

éclairé de l'Eglise ne réclame pas, c'est procurer seulement à cette influence toute spirituelle et toute morale que la religion conserve, dans l'intérêt même des gouvernemens , et dont ils voudraient vainement la dépouiller, le moyen, de se montrer et d'agir, sans être discréditée par l'impuissance de faire le bien et de secourir ceux qu'elle doit consoler.

Honorée dans ses mallieurs par les vertus qu'elle a déployées au milieu de la persécution, l'Eglise de France n'a pas besoin de grandes ri^ cliesses pour être utile et respectée ; mais longtemps elle a été opprimée et affaiblie par une pauvreté contraire à l'intérêt même de l'Etat, qui veut que toutes les parties dont il se compose jouissent désavantages qui leur appartiennent, et soient satisfaites, pour être unies et concourir également au bien public.

Votre Majesté veut que cette année de son règne soit encore marquée par de nouveaux et nombreux soulagemeus appliqués aux divers besoins de la religion.

Le plus urgent est celui qu'éprouvent, depuis trop long-temps, les diocèses privés de premiers pasteurs. On saura bientôt que la sagesse royale, de concert avec le clief de l'Eglise, n'a rien épargné pour le faire cesser.

Les évêques ont été invités à faire connaître

les Lesoins de leurs séminaires. Ces établisse* mens sont grevés de deux sortes de dépenses.

Celles relatives aux constructions et réparations, dépendaient auparavant du vote des conseils généraux des départemens; elles en sont désormais afFrancliies. Les préfets doivent en connaître la nécessité et les proposer. Le ministre de l'intérieur y pourvoit sur un crédit spécial.

Mais la dépense courante des séminaires varie dans chaque localité, suivant la cherté des subsistances et le nombre de leurs élèves; elle n'es jamais couverte par leurs revenus ordinaires, qui ne sont encore que le produit des bourses et celui des faibles pensions , que peu de séminaristes sont en état d'acquitter. Si ce déficit est comblé, ce ne peut être que par la générosité personnelle des évêques, ou par des collectes répétées dans les diocèses. Une ordonnance du 3o juin dernier a destiné 3oo,ooo francs à diminuer cette gêne partout où elle est plus sensible.

Je regrette que la lenteur de quelques diocèses à fournir les renseignemens qui leur étaient demandés, ne m'aient pas encore permis de les comprendre dans cette répartition, déjà faite en grande partie.

Les réparations des églises paroissiales et des presbytères sont à la charge des communes , mais trop souvent leurs faibles revenus n'y peuvent

suffire. Votre Majesté a approuvé^ par ses ordorl' nances du 3o mars et du 3o juin, qu'un fonds de ()5o,ooo francs fût employé' aux subventions qu'elles sollicitent pour cet objet.

Plusieurs congrégations religieuses de femmes, autorisées depuis long temps et si recommandables dans les campagnes par l'instruction gratuite des enfans et le soin des malades dans les "villes , par l'éducation chrétienne des jeunes personnes , verraient quelquefois périr leurs plus beaux établisscmcns ou renonceraient à en former de nouveaux là où ils sont le plus nécessaires, si le Gouvernement ne les aidait à supporter quelques frais extraordinaires , trop au-dessus de leurs modiques ressources. Votre Majesté m'a permis d'appliquer 200,000 francs à ce genre de bienfait.

Pendant la dernière session, des voix se sont élevées dans la cbambre des députés pour représenter l'insuffisance du secours annuel de 5oo,ooo francs, divisé entre six à sept mille religieuses pauvres et accablées des infirmités de la vieillesse; on a proposé d'établir, en faveur des survivantes, la réversibilité des pensions qui s'éteignent par le décès de leurs compagnes. Ce vœu , que des motifs d'ordre dans le système général des finances n'ont pas permis d'accueillir, se trouve réalisé d'une autre manière par l'autorisation

(47 ) gue Votre Majesté a daigné îne donner d ajouter,

dès cette année, i5o,ooo francs à la subventioa

que les religieuses reçoivent sur les fonds du

Ministère de l'intérieur.

Une légère augmentation dans celle de 200,000 francs accordée aux curés et desservans en retraite, et une répartition mieux faite, vont mettre les évô([ues à portée d'élever à 5oo francs le maximun du secours aux octogénaires -, à 4oo fr. celui des septuagénaires -, à 3 00 francs celui des prêtres d'un âge inférieur.

Une décision du 2-^ brumaire an 11 (18 novembre 1802 ) , avait établi que sur la présentation des évêques, et à titre d'indemnité ou de récompense, quelques curés de deuxième classe pourraient être personnellement promus au titre et au traitement de la première. Cette faveur si souvent méritée et si propre à entretenir une louable émulation dans l'esprit de sagesse et de charité qui convient au ministère pastoral , ne s'était étendue qu'à quelques diocèses et dans des proportions inégales -, Votre Majesté a daigné permettre qu'elle devînt commune à tous et qu'elle s'y multipliât jusqu^à la concurrence du dixième des cures de deuxième classe.

Après tant de marques de la bonté royale , j'ose encore l'invoquer pour un bien plus général et plus essentiel à la religion, puisqu'il tend

( 48 ) \ k porter ses lumières et se§ consolations dans cette partie nombreuse de la population des campagnes , qui gémit du malheur d'en être prive'e.

Le but moral qui se présente dans un avenir éloigné, serait de placer, aux frais de l'Etat , un pasteur dans chaque commune rurale. Toutes en ont le même besoin , et toutes y ont le même droit par leur concours aux charges publiques; mais l'insuffisance du nombre des prêtres et la gravité de cette dépense, seront encore longtemps deux obstacles difficiles à surmonter. Ils forcèrent, lors du rétablissement du culte public en France , a choisir entre les communes celles qui, par leur population , leur importance et les avantages de leur situation, méritaient d'être érigées en chefs- lieux de paroisses, avec le titre de cures ou de succursales. Cette première opération fut faite en 1804 -, elle fut modifiée en 1807 par un acte du Gouvernement qui augmenta le nombre des succursales ; il en résulta une nouvelle circonscription paroissiale qui subsiste encore aujourd'hui, et contre laquelle beaucoup de communes ont réclamé , parce qu'elles y perdirent le titre de succursales , dont leurs églises avaient joui depuis 1804, et qui fut alors transporté ou nouvellement accordé à d'autres églises du même canton.

Ces communes, dépouillées de l'avantage d'être

( 49 ) paroisses, l'ont redemandé avec instance. Elles ont représenté tantôt la difficulté de leurs com^ munications avec un pasteur éloigné, tantôt la préférence due à une position plus centrale, à une église plus vaste et mieux réparée, à un presbytère racheté ou facile à rétablir. Ces faits étaient souvent attestés par les évêques et les préfets. Néanmoins le gouvernement passé n'eut aucun égard à ces plaintes; on les éloigna par la dure condition de n'ériger une succursale qu'autant qu'on en supprimerait une autre, afin que le nombre n'en fût pas augmenté. /

Ces demandes se sont reproduites avec plus de confiance sous le gouvernement de Votre Majesté. Elle a daigné en accueillir plusieurs ; mais aucune solution générale n'est intervenue.

Il est vrai que le décret du 3o septembre 1 807, laissait aux communes réunies à d'autres paroisses la possibilité d'obtenir l'érection de leurs églises €n chapelles, sous la condition d'assurer le traitement complet de leur chapelain, ou en annexes , pourvu que quelques particuliers s'accordassent à prendre le même engagement.

C'est en effet sous ces deux titres, que six cents églises non-paroissiales sont ouvertes et desservies dans le royaume. On a long -temps sollicité la même décision pour beaucoup d'autres j mais il était di/Ticile d'accomplir toutes les

formalités préalables , et la plupart de ces de* mandes n'ont eu aucune suite. Cependant Votre Majesté en a récemment accordé plusieurs, et j'aurai soin de lui soumettre, sans retard , toutes celles qui me parviendront.

Mais parmi les communes qui ont conserve leurs églises et qui désirent la présence d'un ecclésiastique pour les desservir, il en est qui n'ont aucun moyen de lui fournir un traitement, ou qui ne pourraient y suffire qu'en partie. Ce cas est sur-tout fréquent dans les pays pauvres et montagneux dont se composent plusieurs diocèses au centre et au midi de la France. C'est là que des cliemins difficiles et impraticables durant l'hiver, souvent de grandes distances, séparent des liameaux et des villages entiers de leur église paroissiale , tandis qu'une autre plus voisine pourrait leur être ouverte, ou comme succursale nouvelle, s'il y a des motifs suffisans pour leur accorder cette faveur, ou comme chapelle vicariale, si par quelques sacrifices joints au supplément de 2 5o francs que reçoit du Trésor le vicaire de leur paroisse, ces villages peuvent obtenir que son domicile soit fixé au milieu d'eux.

Les premiers articles du projet dordonnance que j'ai l'honneur de soumettre à Votre Majesté, ont pour objet de créer cette double ressource -, ils satisfont aux plus constantes réclamations des

( bl )

supérieurs ecclésiastiques; dans le quart de la France, ils établissent en principe,

1°. Que cinq cents succursales nouvelles pourront être érigées dans les diocèses qui n'ont que peu ou point de paroisses vacantes , et qui fournissent un nombre suffisant d'ecclésiastiques -,

2**. Que les vicaires accordés aux paroisses trop étendues, pourront être placés dans une autre commune que celle du chef-lieu paroissial, pourvu qu'elle ait une église en bon éiat , et qu'elle se charge de fournir au vicaire le traitement prescrit par l'acte du 3o décembre 1809.

Ainsi , l'administration des affaires ecclésiastiques sera dégagée de deux entraves qui lui avaient été précédemment données. 1°. En exigeant la suppression d une succursale, avant d'en ériger une autre, comme si la loi du 18 germinal an 10 (8 avril 1802), ne portait pas, expressément qu'il y en aurait autant que le be- ' soin le demanderait. 2°. En supposant que le droit des vicaires à l'indemnité de aSo fr. , fournie par le Trésor doit dépendre de leur résidence au chef-lieu de la paroisse, tandis que c'est précisément là oïl cette résidence peut être moins nécessaire , puisque le pasteur y habite lui-même.

Mais \ otre Majesté ne peut se flatter que ces efforts suffisent pour pourvoir entièrement aux besoins des fidèles de son royaume.

Ce n'est pas assez en eflfet de rendre pïus complète et plus é^ale la distribution des secours de la religion dans les diocèses où il est possible de se les procurer , la sollicitude .de Voti'e Majesté veut encore avoir égard à la position de ceux où ces secours manquent sur plusieurs points.

Tel est en effet le mal très grave qui aÉDlîge quelques portions des plus vastes diocèses, et qui s'ëtend jusque dans les plus riclies contrées delà France-, partout où les ressources plus faciles de l'agriculture et de l'industrie et le voisinage des grandes villes attirent la jeunesse, elle embrasse rarement une vocation aussi sérieuse que celle du sacerdoce. Les anciens pasteurs s'éteignent, et le nombre de ceux destinés à les remplacer va dans une proportion décroissante avec les besoins -, plus de trois mille succursales restent vacantes, faute de ministres pour les desservir-, qui croirait qu'au sein de la civilisalion la plus avancée , et dans le royaume très clirétien , des cantons riclies , des communes peuplées d'agriculteurs sont encore exposées k ne plus voir la trace du culte de leurs ancêtres , et pourraient en perdre jusqu'au souvenir , si l'on ne clierchait un moyen de faire pénétrer cbez elles les premières notions de la morale evangélique.

( 53 ) C'est vers ce but que Voire Majesté veut diriger la sollicitude du zèle apostolique qui , dans ces derniers temps, a porté la puisssance de ses elîorls sur les villes déjà fournies d'un clergé nombreux, et dans la résidence même des évêques, tandis qu'un besoin plus réel, un succès plus modeste, mais impossible à calomnier, les attend sous le cliaume, où la parole de Dieu ne retentit plus.

Un prélat vénérable, M. l'arcbevèque de^Bordeaux , est déjà allé au-devant des vues de Votre Majesté, en donnant un exemple digne de sa longue expérience dans les vertus et les devoirs de Tépiscopat. Il a choisi , parmi les ecclésiastiques formés sous ses yeux, animés de son esprit , le petit nombre de ceux qu'il se propose d'envoyer, deux à deux, comme prêtres de secours, dans les campagnes privées de pasteurs, pour y annoncer l'évangile à la génération qui s'élève, et administrer les sacremens aux fidèles.

Votre Majesté a applaudi à cette institution , garantie par la sagesse de celui qui l'a formée ; elle a, pour j subvenir, fait mettre à la disposition de M. l'arclievêque deBordeauX;, le dixième du traitement des quatre-vingt-dix succursales vacantes dans son diocèse.

L'art. 4 du projet d'ordonnance joint à ce rap-

port, offre le même avantage aux diocèses qui éprouveraient le même besoin.

11 ne me reste. Sire, qu'à présenter à Votre Majesté l'aperçu des dépenses qui résultent des nouvelles dispositions que je viens de lui soumettre-, l'érection des cinq cents succursales ne sera que successive ; elle diminuera d'autant le nombre des vicariats, en partageant les grandes paroisses où ils étaient nécessaires^ elle présentera donc, à peu près partout, une économie de aSo fr. , à côté d une dépense de 75o, ce qui réduira la dépense totale à 200,000 f. ou 3oo,ooo f.

Le clioix jjlus convenable du domicile des vicaires dans les arrondisseraens paroissiaux , n'entraîne aucune charge nouvelle ^^our le Trésor.

L'allocation du dixième du traitement des succursales vacantes, ne pouvant être applicable ou'aux diocèses où ces vacances sont nombreuses, elle n'excédera pas 25o,ooo fr.

Le million de réserve compris au budget du clergé suffira , non-seulement à ces dépenses , mais encore à celles qui n'étant pas prévues , pourraient se présenter dans le cours de l'année , et à l'allocation de 200,000 fr. que Votre Majesté vient d'accorder, pour l'accroissement si urgent du séminaire diocésain de Paris.

. Ainsi, sans charge nouvelle pour ses peuples, Voire Majesté ^ par une constante progression ,

(55) améliore l'état présent , et assure ravcnlr du sacerdoce^ de légers sacrifices pour le Trésor deviennent de grands bienfaits pour l'Eglise , en manifestant avec éclat tout ce que l'ordre public attend de la morale et de la religion, et tout ce que le souverain veut faire pour soutenir honorablement le clergé dans la pieuse modestie de ses besoins et de ses vœux. C'est dans les degrés inférieurs de la religion, si la sublimité d'une vocation partout également sainte permettait ce langage-, c'est sur les ecclésiastiques les plus rapprochés du pauvre, parleur situation comme par l'objet de leurs soins, que Votre Majesté fait porter des bienfaits qui, loin d'être enlevés à la dignité de Tépiscopat, fourniront aux évoques de nouveaux moyens d'étendre , sur tous les points 9ë leurs diocèses, cette salutaire influence, par laquelle ils entrent en partage du devoir sacré de veiller au maintien du respect pour la paix publique et pour les lois de l'État.

Je suis, avec respect.

Sire,

De votre Majesté

Le très dévoué et très fidèle sujet y le Ministre de l'Intérieur,

Signé le comte Decazes; Paris, ce 24 août 1819»

Lettre de son Exe. M. le baron cVIngerslehen, Ministre d'Etat de S. M. le Roi de Prusse y et premier Président du grand Duché du Bas-Rhin , à M. Fonk, grandvicaire à Aix-la-Chapelle.

(Moniteur du îS mai i8îg. )

M. le grand-vicaire, je vous communique la eopie d'un Mémoire qui m'a été remis au sujet du deuxième sermon de carême prononcé le lo mars, par le curé Neliessen, à Aix-la-Chapelle. Ce temps de carême , si respectable aux yeux des personnes pieuses, et qui offre tant d'occasions d'édifier les fidèles , d'éclairer et d'émoij^ voir leur conscience, je suis étonné que le sieur Nellessen l'emploie à entretenir ses auditeurs de choses qui n'ont aucun rapport à Tliistoire de la Passion , qui ne tendent nullement à les préparer à une digne célébration des Pâques, mais qui , au contraire, ne font qu'embrouiller les idées du peuple. Cependant ceci n'est pas de mon ressort -, mais je suis, avec raison, indigné d'apprendre que le sieur Nellessen a eu l'audace de professer, dans ses sermons, des principes qui non-seuleînent prouvent son propre esprit d'intolérance

(57) envers les protestans, mais qni ne peuvent servir qu'à entretenir et propager le même esprit parmi ses auditeurs.

A quel propos le curé Nelîessen parle-t-il, dans ses sermons , des protestans et de leur fête se'culairé ? et comment ose-t-il , dans la ville même où réside son supérieur ecclésiastique , insulter publiquement en chaire à ki mémoire de feu le professeur Balirdt, dont le fils, le plus savant instituteur du gymnase d'Aix-la-Cliapelle, a pu luimême être témoin de ces indignes invectives? Depuis long-temps déjà M. Balirdt avait demandé son déplacement d'Aix-la-Chapelle , où le parti catholique t'entourait, dans ses fonctions, d entraves et de désagrémens. Jusqu'ici j'avais cru que ses plaintes étaient au moins exagérées; ma-is le sermon du curé Nellesseu a levé tous mes doutes sur ce sujet

Comment pouvez-vous , M. le grand-vicaire, tolérer que de pareils sermons soient prononcés sous vos yeux, et qu'alléguerez-vous pour voire défense ?

Je ne vous cacherai pas qu'Aix-la-Chapelle a la réputation de se signaler par l'intolérance religieuse, et que c'est sur vous que pèse en partie le mécontentement hautement prononcé du public ; d'une manière ou de l'autre, des conséquences fâcheuses en seront le résultat.

C'est pour cette raison que je vous invite très se'rieusement , M. le grand-vicaire, à veiller sur 1 esprit d'intole'rance qui règne cliez vous, et à vous j opposer, en commençant par votre clergé ; sinon, je serais forcé de réclamer auprès de l'autorité supérieure, même suprême, les moyens les plus eflScaces pour y mettre ordre. Tous les édits €t toutes les ordonnances émanés de S. M. et de ses ministres, respirent le plus louable esprit de tolérance et de douceur envers tous les sujets prussiens , sans acception de cultes -, il est de mon devoir de ne pas permettre, et jamais je ne souffrirai, que riiarmonie, qui est le but de ces ordonnances, soit troublée par des prêtres imprudens et fanatiques.

Enfin, j'attends de vous, M. le grand-vicaire, que vous réprimandiez sévèrement le curé Nellessen pour son indécent sermon du lo mars, et je désire être informé par vous comment vous aurez satisfait à ma réquisition.

Coblentz, le 27 mars 1819,

Signé baron d'Ingersleben.

T^oici un extrait de la lettre épiscopale.

On ne peut révoquer en doute la piété et le Eele , les talens et les lumières qui distinguèrent l'ordre des jésuites, depuis sa naissance jusqu'à nos jours. Les services qu^il rendit dans l'iuslruction publique sont immenses; il n'est aucune science qu'il n'ait cultivée et enseignée avec succès. Les jésuites dirigeaient une infinité de collèges , ils occupaient avec distinction des chaires dans plusieurs universités; ils remplissaient, à la satisfaction des évêques, toutes les fonctions du saint ministère; ils portaient comme missionnaires les lumières de l'Evangile dans les pays lointains et barbares qu'ils arrosaient de leurs sueurs et quelquefois de leur sang.

Aussi la suppression violente de cet ordre célèbre , si long temps débattue , n'est plus un problème aujourd'hui ; elle fut le triomphe des menées ténébreuses de l'impiété et de l'incrédulité, avoué par ceux mêmes qui seraient intéressés à soutenir le contraire. L'époque de cette suppression générale, en 1773, est à jamais mémorable dans les fastes de l'Eglise; elle fut pour le monde catholique une calamité religieuse Mais, ce qui nous touche sur-tout^

C 6o ) c'est le suffrage de TEglise universelle, que ta compagnie de Jésus a si bien su mériter. Vingtdeux papes ont préconisé son institut, qui a été confirmé plusieurs fois. Un concile écuménique l'a déclaré saint et pieux, les évéques de tous les pays se sont prononcés en sa faveur. Enfin Pie Vil, glorieusement régnant^ prononce le rétablissement illimité de celle compagnie.

(Suit la teneur de cette bulle, après laquelle l'éveque continue : )

Vous avez entendu, très lionorés seigneurs, Ja voix du chef de l'Eglise, du père commun des fidèles, du pasteur des pasteurs. Que doit penser, que doit faire après cela un évêque s'il s'agit de rétablir dans son diocèse la société de Jésus? Chargé spécialement du dépôt sacré de la foi , gardien de la sainte doctrine, un évèque regarde comme le premier de ses devoirs de veiller à l'instruction publique, dont la religron doit être la base. La compagnie de Jésus étant le Corps solennellement destiné par TEglise pour se vouer à l'éducation, pourrions-nous ne pas vous recommander son rétablissement ?

La Suisse catholique a les yeux fixés sur vous; elle attend votre sanction avec le plus vif intérêt. Vous donnerez un grand exemple qui aura , sous plusieurs rapports , des résultats salutaires. Quelques difficultés de détail, qu'il sera aisé dç vaincre

^^ns rexecuiîon, ne doivent ni entraver ni retarder celte sage entreprise-, car il est dans la nature des institutions humaines qu'elles marchent par degrés.

La compagnie de Jésus, n'en doutons pas, rétablie telle qu'elle fut jadis , sera animée du même esprit. Les jésuites ont déjà parmi eux des professeurs d'un mérite reconnu , des maîtres habiles dans les différentes parties de l'enseignement. Ils inculquent comme autrefois le respect pour les vérités révélées et la soumission pour les autorités établies, maximes tulélaires qui garantissent les bonnes mœurs, l'ordre et le bonheur de la société, en assurant aux lois divines et humaines Fobéissance qui leur est due. Us justifieront, en un mot, avec le temps et dans cette ville en particulier, toutes vos espérances, et sauront bien mériter de l'Etat comme de l'Eglise.

La déclaration des membres du conseil d'état est conçue dans les termes suivans r

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