‹ Suites de couches normales et pathologiques [microforme]Chapitre 10 sur 62 · ARTICLE II PHENOMENES GENERAUX · texte numérisé non relu

ARTICLE II PHENOMENES GENERAUX

(a) ETAT GENERAL.—I] est vraiment étonvant de constater que l’état général de la femme est ordinairement peu affecté par cette rude épreuve qu'est le travail de l'accouchement, même physiologique. Cependant cet état est variable suivant le tempérament de la femme, suivant la longueur ou la rapidité du travail, suivant ses difficultés ou le mode de termiraison de l’accouchement, suivant V’abondance de l’écoulement sanguin, Règle générale, en l’absence d‘hémorragie abondante ou d’infection, la femme se remet plus vite qu’on ne saurait l’espérer, même lorsque le travail a été dur et prolongé. Les femmes peu habituées aux exercices du corps se remettent plus lentement.

Souvent les femmes éprouvent un sentiment de fatigue, de lassitude ou de bien-être. Elles sentent le besoin de se reposer et de dormir. Il faut respecter ce sommeil qui n’a pas la signification qu’on lui attachait autrefois. Une femme qui s’endort après l’accouchement n’est pas une femme qui se meurt d’hémorragie comme on le croyait autrefois. Tout de même, sans éveiller la patiente, il faut surveiller son utérus et son pouls. La patiente sort de ce sommeil dans un état de transpiration profuse; elle se sent remise et plus forte.

Tantôt la femme nerveuse, irritable, est agitée, ne peut rester tranquille et ne sent nullement le besoin de dormir, Le manque de sommeil peut même se pro-

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longer pendant un jour ou deux. D’habitude Vagi. tation n’est que passagère.

Le plupart des femmes éprouvent une sensation de cuisson, de brûlure aux organes génitaux et une courbature générale dont elles se remettent assez facilement au bout de quelques heures. =:

Toutes les accouchées sont excitables et ont les sens cxaltés; elles sont sensibles aux moindres irritations. Leur excitabilité réflexe est augmentée. Le réflexe patellaire, plus marqué pendant la grossesse, s’exagère pendant l’accouchement, surtout à l’acmé de la douleur, et peu à peu, dans les ‘suites de couches, il perdra de son acuité. Chez l’accouchée, l’ouïe devient plus délicate, la vue plus tendre et l’odorat plus fin; aussi fautil que le silence soit observé près de l’accouchée, et que la lumière soit modérée.

(b) FRISSON—Assez fréquemment, comme je l'ai déjà dit, aussitôt après la délivrance, quelquefois avrès l’expulsion de l’enfant, on observe un frisson de courte durée, ce n’est qu’une simple horripilation ou un léger tremblement; mais parfois il a une intensité assez marquée, avec tremblement et claquements de dents, mais sans élévation de température, ni accélération du pouls; c’est un frisson physiologique, un phénomène nerveux, sans importance clinique. On l’observe plus fréquemment après un travail rapide.

Ce frisson coïncide souvent avec un resserrement considérable de l'utérus. Il peut être dû à la congestion interne, causée par la diminution subite de la pression intra-abdominale qui produit un retrait rapide Uu sang de la surface du corps. Il peut dépendre de ia cessation brusque de l'effort musculaire, de la perte

de sang, ou de la sortie du fœtus et du placeta chauds. Il peut dépendre aussi du fait que la surface cutanée est mouillée par la sueur, le sang ou le liquide amniotique. :

Charles compare le frisson des accouchées au petit fisson que bien des personnes éprouvent après l’évacuation de la vessie ou du rectum.

D’un autre côté, si l’on remarque qu'aujourd'hui on observe moins fréquemment ce frisson physiologique, au fur et à mesure que la technique aseptique du travail se perfectionne, on peut être porté à l’attribuer à l’absorption de toxines par le canal parturient.

(c) TEMPERATURE.—La température pendant la puerpéralité ne doit pas être plus élevée qu’à l’ordinaire. Cependant après un travail long, laborieux ct surtout dystocique, la température peut s'élever à 100° F. (38° C) ou même 101° ou 102°, pour retomber, sil n'y a pas d'infection, à la normale après les douze cu dix-huit premières heures.

À vrai dire l'élévation physiologique de la température (c’est ainsi que s'exprime Edgar) dans les premières heures des suites de couches ne devrait pas aller au-delà de 0.48° F. à un demi degré F. ou 0.27° C!, Au-dessus de ce chiffre la température, qui n’est plus physiologique, s’explique par la constipation, les désordres de l'estomac, l'influence morale, l’intoxication ou même l'infection passagère.

Temesvary attribue l'élévation physiologique de la température aux changements dans la circulation qui euivent l'expulsion de l'enfant; il se fait une augmentation de pression dans les capillaires des reins, du foie, des poumons et de la peau. L’élévation de tempé-

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