‹ Suites de couches normales et pathologiques [microforme]Chapitre 11 sur 62 · RES PE · texte numérisé non relu

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réture pourrait aussi résulter du travail musculaire qui se produit pendant la période de dilatation et d’expulsion; mais le plus souvent cette légère élévation est due à intoxication ou à l'infection légère. D’une manière générale, on peut dire que la température après Vaccouchement est influencée par le travail, sa durée et sa marche, par.la quantité de sang perdu et par le moment de la journée ou de la nuit.

Dans 1420 observations, la température, prise une heure après l’accouchement, a donné les chiffres suivants:

Température 97.0° F à 98.4° F dans 380 cas.

“ 98.5° F'à 99.4° F dans 748 « # 99.5° F à 100.4° F dans 255 « #6 100.5° F à 101.4° F dans 29 « Co 101.5° F à 102.4° F dans 4 « & 102.5° F à 103.4° F dans 4 «

Total 1420

Pour Budin, de Lee, Ribemont Dessaignes et d’autres accoucheurs, l'élévation de la température pendant les douze premières heures des suites de couches, est surtout évidente quand elle coïncide avec celle qui se produit chaque jour vers le soir, de quatre à huit heures jar exemple.

D’après mon expérience, la température normale de l'accouchée bien portante reste au-dessous de 37°, 2 C. ou 98.6°F., après les douze premières heures. Je dirai, romme Ribemont Dessaignes, qu’il est rare que chez une accouchée bien portante la température atteigne ou dépasse 37.5° C. Comme Siredey, je prétends que ia température doit se maintenir quelque peu au-dessous

de la normale. Daniel est arrivé, lui aussi, à la conclusion que la température moyenne, dans les suites de couches -normales, prise dans l’aisselle, doit osciller entre 36.8° et 37.2° C., et que chaque fois qu’il existe une élévation de la température continue, s’écartant un peu de 37.5° C, et surtout dépassant 38°C, et s’accompagnant de rapidité du pouls, on doit craindre l’existence de quelques complications.

Bon nombre d’accoucheurs ont choisi arbitrairem:At certain degré pour marquer la limite des couches physlogiques. Certains vont jusqu’à dire que l’accouchée peut avoir normalement de la fièvre. Fehling considère comme pathologique toute élévation au-dessus de 101.1° F; Winckel donne une limite de 100.7° F, Boxall, de Londres, de 100° F., Williams, de 100.4° F.

“Per suite du fait, dit Williams, qu’on remarque snuvent, pendant les suites de couches, une légère élévation de température sans cause apparente, il est de coutume de désigner comme normales toutes suites de couches pendant lesquelles la température reste audessous de 100.4° F (38° C.), et comme pathologiques celles pendant lesquelles la température atteint ou dépasse ce chiffre, ne serait-ce qu’une seule fois.”

De Lee donne 99.5° F. comm limite de la puerpéralité normale ; pour lui si la température s’élève audessus de ce chiffre, il existe toujours une cause, d’habitude l'infection.

En somme d’après la majorité des accoucheurs, on peut dire d’une manière générale: si la température d’une accouchée s’élève à 38° C. ou 100.4° F. et si cette élévation persiste pendant 24 heures ou plus, les euites de couches ne sont plus normales, et l’on doit

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croire à une infection probable, tant qu'un examen attentif ne révèlera pas une autre cause pour expiiquer cette élévation de température. Je suis plus sévère et plus attentif que la majorité des accoucheurs, et je dis que si la température prise dans la bouche s’élève à n'importe quel moment au-dessus de 37.2° C, ou 98.6° F., on doit penser de suite soit à l’intoxication, ou à Vinfection, et y penser aussi longtemps qu’on n’aura pas trouvé, en dehors de ces deux termes, la cause réelle de cette élévation de température,

Il n’y a pas de fièvre de lait; je crois en avoir: assez dit à ce sujet en parlant de la montée laiteuse.

Le température peut être prise dans l’aisselle. Cette manière de constater la température peut donner lieu à des erreurs. Elle est généralement plus basse que celle prise dans la bouche. La température rectale est plus juste. Je me contente de la température buccale,

La température doit être prise au moins deux fois par jour, matin et soir. Il est préférable de la prendre toutes les 4 ou 6 heures et même dans certaines circonstances toutes les 2 heures.

(d) POULS.—Pendant la seconde période del'accouchement, le pouls est plein, rapide, parfois irrégulier; pendant la période de délivrance, il se ralentit, se calme et devient normal, à moins qu’il n’y ait une hémorragie grave, auquel cas il devient rapide et petit. La pression artérielle, élevée pendant de travail, revient à la normale ou même tombe un peu au-dessous, cinq ou six heures après l’accouchement, et le pouls se ralentit d'autant plus que l’état de santé est plus parfait. Le pouls oscille entre 60 et 70 par minute. Il tombe mé-

me fréquemment plus bas, entre 50 et 60, et parfois, vomme l'ont observé un certain nombre d’accoucheurs, entre 40 et 50,

Le ralentissement du pouls est plus marqué chez les multipares que chez les primipares; plus chez les phlegmatiques que chez les nerveuses; plus chez les maigres que chez les femmes grasses. Quand le travail a été difficile ou que la perte de sang a été considérable, le ralentissement du pouls s’observe rarement.

Le ralentissement du pouls, qui commence quelques . heures après l'accouchement, atteint son maximum, suivant les observations des différents auteurs, à la fin du deuxième, troisiènx, »‘ jusqu’à la fin du neuvième jour; puis il reste stationauire et disparaît peu à peu pour revenir progressivement au chiffre normal. Il peut persister jusqu’à 10 ou 15 jours. 11 est sous linfluence absolue du moindre état pathologique et de la cause la plus triviale qui peuvent le modifier, l’em- Fêcher de se manifester ou le faire disparaître.

Le ralentissement du pouls est un signe proncstique très favorable, car on ne le rencontre que chez les femmes bien portantes. D'un autre côté, un pouls accéléré en labsence de fièvre, fait penser à l’hémorragie, à une lésion cardiaque, à une affection du rein, à une infection menaçante, ete. Quand un pouls puerpéral lent s'accélère sans cause appréciable, il y a à redouter une embolie au poumon (Edgar).

“Toute accélération non passagère, même légère {à 90 par exemple), dit Fabre, doit éveiller Vattention ; les variations du pouls sont, en effet, plus précoces, plus graves que celles de la température. Si la température est prise dans le rectum, une variation de un

demi-degré n’a pas d'importance alors que le pouls n’est pas modifié; si le pouls est accéléré, une température normale ou légèrement augmentée acquiert une buportance pronostique considérable. L’accélération du pouls peut même se produire avant l’élévation de la température” En effet, le pouls nous avertit très souvent plus vite que la température de l’apparition prochaine de l'infection ou d’une complication quelconque.

Le ralentissement n’est pas constant; de Lee a trouvé le pouls au-dessous de 60 dans 10 pour cent des cas; Hemeys dans 16,2%. Falaschi a constaté le ralentissement dans un quart des cas; Olshausen, dans 63 + 100. Pour 1417 observations, Edgar donne les statistiques suivantes:

40 à 50 pulsations dans 2 cas.

50 à 60 é HÈDMES 7 LE 60 à 70

Total 1417 cas.

Les causes du ralentissement du pouls ne sont pas bien définies. Plusieurs facteurs coopèrent probablement à sa production ; et les théories n’ont Pas manqué

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pour en expliquer le mécanisme. Pour Fehling, il est dû à une irritation réflexe du pneumogustrique produite par la diminution brusque de le tension intra-abdominale; Schroeder croit que le coeur, qui s’est hype:trophié pendant la grssesse, n’a plus autant à travailler uprès la disparition de la circulation utéro-placentaire ; Olshausen en trouve la cause dans labsorption des différents produits mis en liberté dans le sang, pendant l'involution utérine; Kerr l’attribue à la diminution de la pression artérielle après la délivrance; Fritsch en donne pour raison la position horizontale, le repos au lit, la diète plus légère; l’excrétion plus considérable ‘es liquides: lait, lochies, sueurs, urines etc.; Lohlein y voit une excitation dn pneumogastrique ou d’autres influences nerveuses.

Fabre et Petzetakis, dans leur étude sur le ralentissement du pouls des accouchées, Lous disent que la bradycardie peut revêtir quatre variétés: 1° bradycardie totale; 2° bradycardie par arythmie sinusale; ‘3° bradycardie totale avec arythmie, intermédiaire aux deux précédentes ; 4° bradycardie par extrasystoles.

Pour Fabre et Petzetakis, la cause de la bradyvardie est d’origine nerveuse; ces auteurs le prouvent par l’action de l’atropine, du nitrite d’amyle et par Vépreuve de Petzetakis qui consiste en la compression des globes oculaires.

“Petzetakis, le premier, dit Fabre dans son Obstétrique, montre, en comparant les résultats inconstants de Vatropine, que la compression oculaire influence seule les bradycardies d’origine nerveuse, tout en restant sans effet sur les bradycardies d’origine myocardique. Tout indique donc que cette bradycardie est

d’origine nerveuse due à une augmentation passagère de l’action frénatrice du vague, en rapport probable. inent avec les phénomènes complexes de l’involution utérine.”

(e) FORMULE SANGUINE.—Le sang subit des modifications nombreuses, Il y à d’abord une diminution dans la masse totale du sang ; elle est due à l'hémorragie qui se fait pendant le travail, surtout pendant et après la délivrance.

I teux des hématies et la quantité de l’héroglobine diminuent pendant les deux ou trois premiers jours. Cette réduction est bientôt suivie d’une augmentation. Le sang reprend peu à peu sa constitution, si bien que, vers la fin de la première semaine, il est plus près de la normale qu’il ne l'était dans la seconde moitié de la grossesse.

L’hypérinose de la grossesse devient plus considérable pendant les premiers jours des couches probablement à cause des matières usées qui se trouvent dans la circulation.

Hofbauer a attiré l'attention sur la présence d’une lcucocytose marquée pendant et immédiatement après l'accouchement. Il a prouvé que le nombre des leuco- «ytes s'accroît graduellement depuis le début du travail jusqu’à 10 ou 12 heures après la terminaison, alors que les leucocytes atteignent un chiffre presque deux fois plus considérable que pendant la grossesse, Puis leur nombre tombe rapidement à la normale, pour s’élever de nouveau légèrement le troisième et le quatrième

jour, avec l'établissement de la sécrétion lactée, après

laquelle il revient au niveau normal, Ce fait, sur lequel Hofbauer a attiré l'attention et que la plupart des

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accoucher ignorent apparemment, a une grande importance au point de vue du diagnostic. En effet, cette leucocytose peut faire croire à une infection, quand il n’en est rien,

La légère réaction éosinophile qui se montre du troisième au cinquième jour est plus marquée dans les cas d’accouchements gémellaires et d'expulsion de fœtus morts et macérés.

D'après Jackman, le sérum sanguin aurait des propriétés antitrytiques plus marquées.

(f) POIDS.—D’aprà. Gassner, la diminution du poids du corps, durant la première semaine, serait de 4,500 grammes; ceci bien entedu ne comprend pas le poids du fœtus, du placenta et du liquide amniotique. Heïl évalue la perte à un taux moins élevé (2000 grammes) ; Klemmer ne l’estime qu'à 900 grammes. La contradiction apparente est due au fait que ces auteurs ont pas pris leurs observations dans le même temps. Ainsi dans le temps de Gassner, les patientes étaient soumises à une diète excessivement sévère pendant les huit premiers jours. Depuis, le régime alimentaire s'est modifié favorablement à l'avantage des malades; aussi perdent-elles beaucoup moins de leur poids.

La perte de poids est plns forte chez les multipares, chez les femmes grasses, chez celles qui accouchent à terme ou de meaux, et chez celles qui ne nourrissent pas.

La perte de poids est due à la diminution de la quantité des aliments absorbés et à l'augmentation considérable des sécrétions: urine, sueurs, lochies. Dans les conditions normales, la femme reprend son poids au bout de quatre à six semaines; beaucoup de femmes

même sont portées à faire de l’embonpoint, Souvent les femmes délicates ne reprennent pas leur poids vrimitif avant des mis.

ARTICLE III

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