‹ Suites de couches normales et pathologiques [microforme]Chapitre 13 sur 62 · TUE · texte numérisé non relu

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qui persisteront d'une manière permanente avec incontinence d’urine comme conséquence fatale et inévitabie. L’urètre a été tellement étiré ou comprimé quelquefois qu’il ne reprendra plus jemais sa tonicité malgré tous les traitements.

Les lésions non apparentes de la vessie, même à la suite d’accouchement normal, peuvent aussi produire sinon une infirmité, au moins une incommodité qui oblige la femme, encore longtemps après l’accouchement, à uriner très fréquemment, toutes les 20 ou 30 minutes : la vessie irritable ne peut plus contenir autant qu’autrefois, il faut qu’elle se vide fréquemment.

L'augmentation de la sécrétion urinaire est presque constante chez les accouchées, surtout pendant les premiers jours. La quantité d’urine, émise tous les jours pendant la première semaine des suites de couches, est beaucoup plus considérable qu’en dehors de la grossesse, mais cependant pas aussi considérable que dans les dernières semaines de la gestation d’après Edgar. Fehling croit la polyurie plus marquée pendant Îes suites de couches que pendant la grossesse. Pour Kehrer, la quantité des urines émises dans les suites de couches est de 300 à 400c.c. de plus que chez la femme non enceinte, mais elle n’est pas beaucoup plus considérable que chez la gestante à la fin de sa grossesse.

Cette polyurie, plus manifeste le deuxième et l: troisième jour, diminue le quatrième jour et subit une nouvelle élévation du cinquième au septième jour.

Quinquaud estimait la quantité des urines émises journellement à ? litres, 2 lit. 500; Wireckel, de 1000 à 2000 grammes.

Iu gravité spécifique de l’urine dans les premiers

jours est de 1010 à 1022; chez la femme qui nourrit, elle est de 1025.

Fischel a trouvé des peptones dans les urines chez à peu près 60% des accouchées. La peptonurie apparaît le second jour, va en augmentant jusqu'au cinquième ou sixième jour, puis va en diminuant pour disparaître définitivement vers le dixième ou le douzième jour. La peptonurie est la conséquence de la transformation dernière du tissu musculaire de l’utérus en peptone.

L'albumine apparaît chez an moins 40%, des nouvelles accouchées. Little, dans le service de Williams, l'a trouvée chez 89% des patientes, immédiatement après la délivrance. Il a de même constaté chez 41% de nombreux cylindres hyalins. Ce n’est là qu’un phénomène passager causé par le travail de Paccouchement,. et qui disparaît généralement avant le troisième jour. Si l’albumine persiste plus longtemps ou si elle réanparaît, il faut en rechercher la cause qui peut être la néphrite, la pyélite, Purétérite, la cystite, l’effet postanesthésique, l’éclampsie, l'infection. Lurine doit être: prise directement dans la vessie avec le cathéter, afin d'éviter le mélange des lochies.

Le sucre (lactose) se montre chez 80% des accouchées pendant la première semaine. Son apparition coïncide avec l'établissement de la sécrétion lactée. Il fisparaît ou diminue quand la femme nourrit bien; mais réapparaît quand l'enfant ne vide pas suffisamment le sein ou que l'allaitement est suspendu. Si la femme ne nourrit pas du tout le sucre disparaîtra subitement. Le sucre se montre en plus grande quantité

le quatrième ou le cinquième jour. Ainsi cette lactosurie n’a rien à faire avec le diabète.

Le montant d’urée excretée augmente pendant les suites de couches. On en trouve la cause dans le processus de l’involution utérine. Il y a aussi accroissement des chlorures, des sulfates et des phosphates dont la quantité meyenne revient à peu près à la normale au bout de quatre jours. Fait capital: l’excrétion des urates, des chlorures, des phosphates et des sulfates suit la courbe de la température.

On trouve quelquefois de l’acétone. Couvelaire et Scholten ont démontré qu’elle existe en plus grande quantité aussitôt après, l'accouchement et disparaît duzant les trois jours suivants. Scholten l’a notée dans 94% de ses cas, et il a remarqué qu’elle était surtout plus abondante après les accouchements difficiles,

A l'examen cystoscopique, pratiqué aussitôt après l’accouchement, on constate les effets du traumatisme produit par l’expulsion de l’enfant. Le trigone et l’orifice urétral sont œdématiés et parsemés de petits épanchaments sanguins. L’épithélium se desquame et apparaît sur la muqueuse comme une membrane grisâtre. Après un accouchement long et dystocique, les lésions des parois de la vessie sont plus apparentes au cystoscope. L’orifice des uretères est dificile à trouver; mais les uretères eux-mêmes, élargis, se palpent facilement. Les lacérations du septum uro-génital et du tissu connectif autour de la base de la vessie facilitent le prolapsus de ia paroi antérieure du vagin. De son côté le prolapsus entraîne avec lui l’urètre et le col de la vessie.

Ainsi il est facile de comprendre la cystité traumatique de l'accouchement. La cystite pourra aussi surve-

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nir dans les suites de couches à la suite d’un cathétérisme malpropre. De la cystite à la pyurie, il n’y a

qu’un pes. Les infections urinaires peuvent survenir

facilement au cours de l’infection puerpérale.

(b) APPAREIL DIGESTIF. — Généralement les fonctions digestives s’exécutent mal pendant les prem. ‘ss jours des suites de couches. L’appétit est diminué; les femmes ont peu de goût surtout pour les aliments solides. Cependant certaines eccouchées demandent immédiatement à manger un bon repas de viande, J’en ai vu souvent manger de la viande de porc aussitôt après l’accouchament. Chez quelques femmes l'appétit reste bon. Chose étonnante: immédiatement après un accouchement long, laborieux et terminé sous une anesthésie complète, prolongée pendant une heure ou deux, certaines femmes ne se gênent pas de prendre un copieux repas, et elles n'en ressentent aucun malaise.

Après la montée du lait, l'appétit renaît assez fréquemment pour diminuer de nouveau, si la femme prolonge son séjour au lit au-delà d’une dizaine de jours.

Si l'appétit est généralement diminué ou nul, par contre la soif est notablement augmentée par suite de la diaphorèse plus marquée, de la perte de sang plus ou moins considérable au moment de la délivrance, de l’écoulement des lochies et de l’activité plus grande de la fonction rénale. |

Comme je l'ai déjà dit, il existe parfois des nausées et des vomissements réflexes produits par des contractions utérines fortes et répétées.

Le constipation est la règle chez la plupart des accouchées: parce que les intestins ont été évacués

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pendant l'accouchement à l’aide d’un purgatif ou d’un lavement; parce que l'alimentation est réduite de beaucoup; parce que l’excrétion des liquides est si rapide que le contenu de l'intestin devient plus dûr; parce que sa contraction péristalique ayant diminué de force, l'intestin devient plus paresseux ; parce que les muscles abdominaux et périnéaux, fatigués par la grossesse ou accouchement, ne sont plus en état d’expulser spontanément les matières accumulées dans le rectum ; enfin parce que la femme garde la position horizontale.

Après l’accouchement, le ventre est généralement plat, parfois légèrement concave; mais on ne tarde pas à constater un léger tympanisme, effet de la paresse de Fintestin et de la constipation. Cette dernière s’accompagne quelquefois de céphalalgie, de fièvre légère, de tension du ventre et d’élévation de l’utérus qui se dévie à gauche le plus souvent. Les accidents causés par la constipation peuvent devenir plus graves et l’on remarquera les symptômes suivants: fièvre élevée, langue saburrale, haleine fétide, ventre météorisé, douloureux, cæcum ou $. iliaque empâté, facies grippé, nez pincé. Les nausées et les vomissements font défaut:

Quelquefois les accidents revêtent la forme occlusion, sans que cet accident existe en réalité. Après un accouchement long, pénible, dystocique, et quelquefois même un accouchement normal, il se produit un ballonnement considérable, avec ou sans vomissements alimentaires et bilieux, constipation opiniâtre, sans émission de gaz; ce sont des symptômes causés par la paralysie de l'intestin.

On peut observer l’occlusion vraie produite par des brides, coudures, torsions ou volvulus. L’appendicite

peut se produire ou se réveiller pendant les suites de couches, La péritonite colibacillaire peut survenir à la suite de la propagation d’une infection colibacillaire localisée d’abord à l'intestin, ou par perforation au cours d’entéro-colite ulcéreuse.

On observe assez fréquemment des hémorroïdes dans les suites de couches. La fissure anale peut se développer pendant la période d'expulsion ou par le passage de matières stercorales très dures ou par la chute d’une petite escarre.

(c) APPAREIL PULMONAIRE. — Après l’accouchement, la poitrine plus libre se dilate plus facilement que pendant la Srossesse. Le type de la respiration continue à être thoracique par suite de l'habitude

contractée pendant la gestation, ou il devient abdominal, ou il devient mixte: abdominal et thoracique. La capacité pulmonaire augmente pour Wild Wims; elle diminue pour Wintrich. Dohrn trouve qu’elle augmente dans 60% des cas, qu'elle diminue dans 26% des cas, et qu’elle ne présente pas de changement dans 14% des cas.

En général ,le nombre des respirations est de 14 à #0. L'air expiré contient une plus grande proportion d’eau et d’acide carbonique. “Il est facile de constater ce fait, dit Edgar, dans une salle d'hôpital remplie de nouvelles accouchées, si la ventilation n’est pas parfaite.”

(d) PEAU. — Toutes les fonctions de la peau sont plus actives, en particulier celles des glandes sudoripares; c’est là une des caractéristiques de la période puerpérale, et c'est un des moyens dont la nature se

sert pour éliminer les matières de rebut produites par linvolution générale.

Les transpirations sont plus profuses le soir ou pendant le sommeil, souvent les malades se réveillent complètement trempées.

La surface du corps est froide et moîte. Une peau sèche est d’un mauvais augure; c’est un symptôme de fièvre ou de toxémie. Ahlfeld prétend qu’il y a une connexion entre la présence de la transpiration, la contraction et Îla rétraction de l’utérus.

Les fonctions de la peau reviennent à la normale vers la fin de la première semaine. Les sueurs profuses sont souvent accompagnées d’une desquamation abondante, qui aide beaucoup à da disparition de la pigmentation et des œdèmes de la grossesse.

De ce que les glandes sudoripares sont très actives, il ne s’en suit pas qu’on doive tenir les fenêtres fermées, de crainte que l’accouchée ne contracte les fièvres puerpérales par le froid ou Îles courants d’air.

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