‹ Suites de couches normales et pathologiques [microforme]Chapitre 15 sur 62 · DES SOINS A DONNER A LA FEMME PEN- DANT LES SUITES DE COUCHES · texte numérisé non relu

DES SOINS A DONNER A LA FEMME PEN- DANT LES SUITES DE COUCHES

L'’accouchée n’est pas une malade; c’est une femme dans un état physiologique spécial. Elle ressemble au blessé qui est atteint d’une lésion locale, mais dont l’organisme n’est guère en souffrance, et comme le blessé, elle est en état d’imminence morbide, c’est-à-dire dans une disposition organique telle qu'une maladie est à craindre et peut éclater facilement d’un moment à l’autre: de là la nécessité de soins spéciaux (Charles). Aussi faut-il entourer la nouvelle accouchée de soins méticuleux, exagérés, de précautions infinies, car sa santé et sa vie en dépendent. N'oublions pas une chose: la ligne de démarcation entre l’état physiologique et l’état pathologique est si peu apparente que le

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médecin doit être constamment sur ses gardes, s’il ne veut pas avoir des surprises désagréables et constater trop tard des méfaits presque irréparables,

La conduite des suites de couches consiste essentiellement dans la propreté, le repos pour la malade, la surveillance pour le médecin.

VISITES DU MEDECIN. — Le médecin doit suivre régulièrement sa malade pendant les suites de couches. Il est tout d’abord resté auprès d’elle, au moins une heure après la terminaison de l'accouchement silla reverra autant que possible douze heures après; puis il lui fera une visite tous les jours pendant la première semaine, et tous les deux jours pendant la seconde. Dans certains cas, il vaut mieux que le médecin voie sa malade deux fois dans les vingt-quatre heures, pour les trois ou quatre premiers jours.

Si la patiente a une bonne gande-malade experte en obstétrique et en qui le médecin peut avoir toute confiance, il n’est pas absolument nécessaire que Paccoucheur fasse une visite tous les jours: la garde habile et prudente Favertira au besoin et à temps de tous les incidents ou accidents possibles, On ne doit pas avoir une confiance illimitée en toutes les garde-malades, S'il y à un bon nombre d'excellentes gardes, il y a aussi malheureusement quelques gardes négligentes, qui cachent trop souvent, soit par ignorance des conséquences futures possibles, soit dans la crainte de perdre la confiance du médecin, soit par mauvais vouloir, certains symptômes, certains signes qui auraient dû être déclarés même dès leur apparition. Il faut un oeil clairvoyant, une main très habile pour découvrir les embfûches de la période puerpérale.

A chaque visite, le médecin s’enquerra de la température, du pouls, de la respiration, de la hauteur et du volume de l’utérus, des tranchées utérines, de la qualité et de la quantité des lochies, de la condition des organes génitaux externes, de la vessie et de l'intestin, de l’état des sæizs, de la diète, de l'état générai de l’acconchée, Quant à l'enfant, l’accoucheur s'informer du pouls, de le température, de la respiration, du nombre et de la couleur des selles, de l'urine, du moignon ombilical, de la condition des yeux, de l’état de l'estomac, du boire, du sommeil, du poids, °

TEMPERATURE, — S'il y a une garde-malade auprès de l’accouchée, elle devra prendre la température régulièrement au moins deux fois par jour, matin et soir. Je conseille à mes gardes de prendre la tempé-

rature toutes les 4 heures, parce que je suis averti plus tôt des variations qui se montrent assez fréquamment durant les 24 heures, En effet, une température prise tatin et soir ne dit pas toujours toute la vérité. Maintes fois j’ai démontré, en clinique, avec des cartes de température prisé toutes les deux heures, que la colonne mercurielle est à la normale ou au-dessous à 8 heures du matin et à 5 heures du soir, tandis que, aux autres heures, elle varie en plus d’un demi, d’un degré ou même davantage. Il y a donc bénéfice à prendre la température fréquemiment. Chez les femmes nerveuses ‘ et sensitives, on ne devra pas prendre la température trop souvent afin de ne pas les inquiéter, ou les effrayer. Quand la malade repose, on ne doit pas non plus l’éveil!ler.

J’habitue aussi mes gardes à inscrire la température sur deux cartes d'observations. Une de ces cartes,

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