‹ Suites de couches normales et pathologiques [microforme]Chapitre 17 sur 62 · BD M M · texte numérisé non relu

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palper, repousse quelquefois d’utérus bien au-dessus de l’ombilic.

Le médecin passe ensuite à lexamen des organes génitaux externes. Il doit rechercher, par la Vue, comment guérissent les plaies de la vulve et du périnée, Cet examen lui indiquera la ligne de conduite à suivre en cas d’infection locale ou de non-reprise des points de sutures,

TOCHIES. — Le médecin s’informe par lui-même de la aualité et de la quantité des lochies. Il en rechercha la couleur, l’odeur, l’augmentation, la diminution on la suppression. L'accoucheur habile peut dépister nar l’odorat lapparition et la variété d’une infection.

RRTENTION D'URINE.— La rétention d’urine est nne complication fréquente et ennuyeuse de la puerpéralité. Il ne faut pas trop se hâter de vider la vessie avec le cathéter. En général, on peut attendre douze Ou quinze heures pour évacuer la vessie, à moins que la réplétion de la vessie n’occasionne des douleurs ou n’expose lntérus refoulé et inorte à faire de hémorragie. La vrœæie doit se vider complètement au moins deux fois mar 24 heures, sinon la femme est exposée à faire de intoxication et de l'infection par lochiométrie.

T1 faut éviter autant que possible l’usage du eathéter qui expose aux infections des voies urinaires, Certaines vessies s’accoutument vite au cathéter; une fois le vathéter passé, elles ont contracté l’habitude de ue plus se vider sans l'instrument.

On essaiera par tous les moyens possibles d'agir sur la vessie directement ou par action réflexe avant de passer le cathéter. Ces moyens sont nombreux et réus-

en

sssent très souvent; en voici quelques-uns: (a) appliquer des compresses ou des linges chauds stérilisés sur le bas-ventre et la vulve; (b) laisser couler un léger filet d’eau chaude stérilisée sur les compresses ou les linges appliqués sur la vulve; (c) laisser la patiente seule, après lui avoir glissé, sous le siège, un bassin à demi-rempli d’eau bouillante; ouvrir un robinet et laisser couler, en même temps, l’eau dans le lavabo; (d) donner un lavement; il a souvent pour effet de faire uriner; (e) exercer une pression légère sur la vessie; (f) imiter avec la bouche certain bruit, pis... pis... pis... (g) mettre la patiente dans une position à demi assise, quand il n’y a pas de contre-indications du côté du coeur, du périnée à cause des déchirures et des sutures, ou de l’utérus à cause des hémorragies ; (h) donner des petites doses d’ergot, de la strychnine, de la pituitrire. On ne doit jamais administrer des diurétiques. (Ces médicaments augmentent le mal au lieu de le guérir. Il faut bien se rappeler que ce n’est pas le rein qu’il faut stimuler; il fonctionne déjà très bien, C’est la vessie qui est paresseuse, qui a perdu son élasticité; ou c’est l’urètre œdématié et douloureux qui s’irrite et cause de la rétention.

Après l’insuccès de ces petits moyens, il faudra nécessairement recourir au cathétérisme, mais il faura le faire d’une manière tout à fait aseptique. D'abord le cathéter, métallique, ou en verre, Ou en gomme, sera désinfecté par une bonne ébullition. La malade découverte, on savonne et on désinfecte les parties génitules externes, la vulve surtout. On écarte les grandes et les petites Kvres qu’on lave soigneusement, autant que possible avec un savon antiseptique, puis on nertoie parfaitement le vestibule et le méat urinaire avec

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des tampons trempés dans une solution antiseptique. On comprime lurètre, par le vagin, pour en enlever les microbes qui ont Pu s’y loger; on nettoie de nouveau le vestibule et le méat et l’on introduit le cathéter sans tâtonnement. Si l’on n’arrive pas dans l’urètre du premier coup, si Pon a fait fausse route et pris la direction du vagin, il faut stériliser le cathéter de nouveau ou en prendre un autre. A chaque cathétérisme il faut toujours prendre toutes ces précautions : l'oubli d’une seule peut causer quelquefois un mal long à guérir (cystite, pyélite, néphrite). Il ne faut jamais pratiquer le cathétérisme, comme beaucoup trop de médecins le font encore, sans toilette vulvaire, avec un cathéter non stérilisé, et à tâtons, au-dessous des couvertures. Le traitement de l'incontinence d'urine va-

rie suivant la cause qui la produit: suture de la vessie ou de l’urètre, strychnine, électricité.

INTESTINS.— Heureusement l'ancienne coutume s’est perdue de tenir les accouchées constipées pendant quatre ou cinq jours. Aujourd’hui, tous les médecins ont pris l'habitude, qui est excellente, de provoquer la première selle au bout de vingt-quatre ou quarantehuit heures au maximum, La constipation prolongée peut amener des élévations de température, avec langue saburrale, céphalalgie et tympanisme, exposer aux douleurs abdominales et aux hémorragies utérines. Si la femme nourrit son bébé, on peut donner de l’huile de ricin, du cascara sagrada, du kasagra, de la Boldine, de la cascarine, de la poudre de rhubarbe composée, etc,

Voici ma manière de faire : douze heures après l’accouchement, rarement plus tard, je prescris un laxatif. Si la patiente faisait usage d’un laxatif quelconque, à

la fin de sa grossesse, je lui conseille de prendre !e même reméde et d’en doubler la dose. Quand le médicament n’a pas fait effet pendant les vingt-quatre heures, J'ordonne un lavement de glycérine (deux onces d2 glycérine et deux onces d’eau chaude), et je fais auyenter la dose du laxatif. Je fais procéder ainsi tous les jours, augmentant graduellement la dose du laxatif, jusqu’à ce que le laxatif seul fasse effet. Je préfère le remède donné par la bouche au lavement seul, parce que le premier agit sur tout le système digestif: estomac et intestin; l’appétit se conserve mieux ou se recouvre plus tôt ainsi.

Certains médecins ñe prescrivent que les lavements. Devant les difficultés qu’éprouvent certaines femmes d’aller à la selle dans le décubitus, quelques aecoucheurs permettent à leurs patientes, quand il n’y a pas de contre-indications, de s'asseoir soit dans isur lit sur un vase, soit sur une chaise auprès du lit. L’in testin se vide ainsi plus facilement.

Contre Île ballonnenvent excessif du ventre qui se montre quelquefois le lendemain de l’accouchement, je preseris la strychnine à dose de 1/30 grain ou ? müithigrammes : j’applique aussi des sacs de glace sur la paroi abdominale.

Quand les seins sont trop engorgés et douloureux, on peut donner un purgatif salin: sel de La Rochelle, le citrate de magnésie effervescent, le sulfate de magnésie.

Lorsque la femme ne doit pas allaiter son bébé, on peut lui donner, après les 12 ou 24 premières heures, un laxatif doux pour procurer une selle : mais après © heures ou quand la séerétion lactée s'établit, on lui

sui

administre une bonne dose d’un salin quelconque. Je donne habituellement tous les matins du sulfate de magnésie à dose assez forte pour amener deux ou trois selles liquides abondantes. Au fur et à mesure que la sécrétion lactée s’amoindrit, je diminue les doses du purgatif.

Les hémorroïdes assez fréquentes après l'accouchement sont assez souvent une cause de malaise considérable, d’élévation de température et de très fortes douleurs.

D’abord il est bien entendu que les intestins seront évacués tous les jours. Après les garde-robes, on fera une toilette soigneuse des parties enflammées. Contre les douleurs locales des hémorrvïdes on peus employer les applications froides, les sacs de glace, les pommades belladonnées et opiacées, les suppositoires à l’adrénaline ou à la morphine. Des compresses trempées dans une solution forte d’alun calment bien la douleur et font disparaître rapidement les hémorroïdes. Il y a sur le marché une foule d’onguents ou de pommades qui agissent également bien contre le symptôme douleur.

On peut prescrire la pommade ou les suppositoires suivants :

B Acidi tannici .. .. 2.0 pour cent.

Ext. hamamelis .. 12.0 ARNO ie + 00e Ext, opii ag. ,. .. 0.5 «

Ung. aquae rosae q.s. ad 100,0 Fiat unguent.

Er Pie

B Ichthyol Ext. hamamelis à à.. .. 5.0 pour cent MESRUOl ., … .. …. GES OI. thebramae q.s. ad 100.0 “ “ Fiat suppositoria.

TRANCHEES UTERINES.—Les trauchées utérines ne sont pas toujours très douloureuses; la plupart des femmes les supportent bien. Dans certains cas cependant, elles sont assez fortes pour énerver la patiente et lui arracher des plaintes, même des cris.

Le principal traitement des tranchées est surtout prophylactique. Si lon avait la précaution, aussitôt après la délivrance, surtout chez les multipares, d’admizistrer de l’ergot et de pratiquer le massage et surtout l'expression utérine, on verrait beaucoup moins de femmes souffrir. En effet, les tranchées se font sentir plutôt chez les multipares, principalement chez le: grandes multipares, parce que l’utérus souvent relâché ne peut plus se contracter assez bien pour empêcher ies caillots de se produire, d’être retenus dans l'organe et d'amener des contractions énergiques. L'ergot aide l’utérus à se contracter et à arrêter l’hémorragie ; le massage et l'expression chassent les caillots sanguins qui ont pu se former et ainsi les tranchées, peut-être fortes et douloureuses pendant une heure ou deux dans certains cas, durent beaucoup moins longtemps et sont beaucoup plus sopportables.

Voici ma pratique: aussitôt après la délivrance, j'examine l’arrière-faix pour constater s’il est complct. Je cherche sur la face utérine s’il ne manque pas de cotylédon ; j’étale les membranes pour en découvrir lintégrité et voir si elles ne sont pas parcourues par des

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vaisseaux qui m’indiqueraient l'absence de placentas secondaires. S’il manque du ou des placentas, j’introduis la main dans l’utérus à la recherche de ce qui manque. Si tout est complet, je pratique une forte expression utérine et j’administre à la malade soit une cuillerée à dessert d’extrait fluide d’ergot par la bouche, soit un centimètre cube d'ergot aseptique en piqûre. Puis régulièrement, à peu près toutes les cinq ou dix minutes, je fais de l’expression utérine, pendant une heure. Chez les grandes multipares, je ne crains pas de donner une seconde dose d’ergot à peu près trente minutes après la première dose.

Cette manière d’agir, par la rétraction et la contraction qu’elle provoque ou soutient, me donne toute la sécurité possible contre l’hémorragie: elle empêche donc la formation des caillots dans l’utérus, la plus grande cause des douleurs. Par là même elle constitue le meilleur moyen de prévenir les douleurs post-partum, ou d’en diminuer l'énergie et la persistance, En troisième lieu elle prévi-nt, dans une très grande mesure, l'infection puerpérale; car il ne faut pas oublier que le meilleur traitement prophylactique de l’infection, c’est une bonne rétraction et une bonne contraction de l’utérus.

Souvent chez les grandes multipares à utérus flasque et gros, je continuerai l'administration de l'ergot à dose d’une cuillérée à thé, trois fois par jour, pendant trois ou quatre jours.

En certain dieu, on craint trop d'employer l’ergot: Ce médicament, dangereux pendant l'accouchement, perce qu’il peut causer des contractions irrégulières de utérus, n'offre plus, après la délivrance complète et

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l'évacuation de tout cailiot, les mêmes inconvénients et les mêmes dangers.

Le traitement curatif des tranchées douloureuses est donc l’ergot chez les multipares et même chez les primipares, parce que, chez les unes et chez les autres, la cause est principalement la rétention de caillots et quelquefois de débris ; acentaires. Or l'ergot, après la délivrance, agissant sur le corps de l'utérus et non sur le col et l’anneau de Band, comme on semble le croire généralement, produit des contractions qui chaspent presque toujours le corps étranger, cause des tranchées utérines. On associera avantageusement, à l’ergot, la morphine, à un quart de grain, par la bouche ou en injection hypodermique. *

L'ergot, tant employé en Amérique, ne l'est pas du tout en Europe ou par les médecins qui se réclament exclusivement de la médecine française. Si l’on n’emploie pas l’ergot, on peut donner de la morphine, de lopium, de le codéine, de la phénacétine, de l’antipyrine, du chloral, de l’aspirine, du pyramidon, le viburnum, le pantopon. Si l’on donne de la morphine dans les deux ou trois premières heures du post-partum, il faut l’associer à l’ergot, autrement on expose la femme à l’hémorragie par re‘âchement de l’utérus.

Quelques accoucheurs conseillent des applications chaudes sur l'abdomen : compresses, linges chauds, sac de caoutchouc rempli d’eau chaude. Je les proscris complètement parve qu’elles favorisent l’inertie utérine, hémorragie et surtout l'infection. Je préfère les sacs de glace aux applications chaudes. La glace calme aussi rapidement le douleur, favorise la rétraction et prévient plus sûrement l'infection. Parfois les tranchées ne pro-

mn

voquent aucune douleur; la malade ne sent au ventre, au palper, qu’une boule qui durcit Par moment; mais en même temps elle a des nausées et des vomissements, et parfois des syncopes. Le traitement dé ces symptômes consiste à injecter de la morphine.

Il faut surveiller la vessie et le rectum; leur réplétion étant une cause de tranrt:ées douloureuses, on évacuera ces deux organes par les Moyens appropriés,

SEINS ET MAMELONS. — La femme qui, pendant la grossesse, a préparé ses seins en vue de lallaitement, devra continuer, pendant les suites de couches, à prendre des précautions pour éviter les crevasses du inamelon et prévenir les abcès du sein; celle qui a négligé les soins prophylactiques pendant la grossesse, devra après l'accouchement exagérer ces précautions. Je décris, au chapitre de la prophylaxie des maladies du sein, toutes les précautions à prendre avant et après l'accouchement.

Après lui avoir accordé un repos de sept où huit heures, la garde-malade devra s’occuper des seins de la patiente. Elle en fera une toilette soigneuse avec de Veau chaude et du savon, puis elle Îles lavera avec une solution de bichlorure de mercure. Chaque fois que Penfant sera mis au sein, le mamelon sera nettoyé et lavé avec un tampon de coton hydrophile trempé dans une solution saturée d’acide borique. La même opération devra être exécutée après la tétée de l'enfant. La bouche de l'enfant sera également bien nettoyée avant et après les tétées, avec une autre solution saturée d’acide borique,

Généralement on doit mettre l'enfant au sein dès la première journée, après avoir laissé la mère £e reposer,

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suivant les circonstances, de 8 à 12 heures. L'enfant sera porté de nouveau à sa mère à certaines heures, qui varient avec les opinions ou les théories des accoucheurs. Pour les uns, l’enfant doit prendre le œin toutes les 212 ou 8 heures; pour les autres, toutes les 4 heures, pendant les 2 ou 3 premiers jours; enfin pour d'autres, seulement quand l’enfant s’éveille de lui-même. Quand la sécrétion lactée est établie, l'enfant devra boire toutes les 3 heures,

Dans l'intervalle des tétées, on applique sur le bout des seins des compresses stérilisées sèches, Les deux seins doivent être recouverts avec des linges bien propres qu’on renouvelle au moins deux fois par jour. La mère ne doit jamais toucher les’ mamelons ; ile contact du doigt qui n’est pas stérilisé peut facilement les infecter.

Les femmes, qui ont l’habitude, très louable et très pieuse, de porter des scapulaires, doivent de toute nécessité enlever ces insignes de la religon catholique, et les remplacer, comme l’a demandé le Saint-Père dans sa sagesse, par des médailles attachées à des chaînes très courtes. Le scapulaire, retenu par un long cordon, expose le mamelon à l’infection par suite de son contact. La médaille, qui a les mêmes vertus que le scapulaire au point de vue catholique, n’en offre plus, au point de vue hygiénique, les mêmes inonvénients ni les mêmes

dangers,

Souvent la compresse sèche appliquée sur les seins et le mamelon n’est pas suffisante, Si les mamelons sont sensibles et ont tendance à s’excorier, à se fissurer, on les touche avec de la teinture de benjoin composée, et on y applique de petites compresses imbibées de glycérine, d’un mélange de glycérine et d’alcool, ou des

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Compresses eur lesquelles on aura déposé de la vaseline boriquée. Je reviendrai sur ces détails dans le chapitre des infections du æin.

Si la femme a ke seins un peu volumineux soit avant, soit après la montée du lait, on lui fera porter des brassières pour relever et maintenir les seins en bonne position.

Parfois l'établissement de la sécrétion lactée est marquée par une distension exagérée et douloureuse des seins sur laquelle influent bien peu les tétées de l’enfant. Le traitement, dans ces cas, consiste à faire un massage doux et méthodique du sin, pour en enlever une certaine quantité de lait. Il ‘aut être très prudent quand on se sert du tire-lait; si on l’emploie, il faut en aider l’action par un massage délicat de 1 périphérie du ein vers le mamelon. Toute manipulation un peu rude du sein peut produire facilement de inflammation et la déchirure des acini de la glande mammaire. Les compresses humides chaudes donnent de meilleurs réeultats que le massage ou l'usage du tire-lait. Si Pon veut tout simplement soulager la malade, qui souffre d’une distention temporaire des mamelles, on lui fera diminuer la quantité des liquides qu’elle boit; on lui appliquera eur les seins, pour quelques heures, des compresses humides chaudes à l’acide borique; on ui fera prendre un purgatif salin.

Si, pour une raison quelconque, ia femme ne nourrit pas son bébé, on lui donnera, dès le deuxièmeou le troisième jour, un purgatif salin qu’on -répètera à dose plus ou moins élevée tous les jours jusqu’à la disparition du lait. On aide l’action du purgatif par la compression des seins et surtout par l'application de:

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