‹ Suites de couches normales et pathologiques [microforme]Chapitre 18 sur 62 · NE · texte numérisé non relu

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compresses humides chaudes. On retranche autant que possible tous les liquides de la diète de la patiente.

Avant de faire la compression, on peut enduire le sein avec une solution d’atropine dans de la glycérine (un grain de sulfate d’atropine pour une once de glycérine). On répète cette application deux fois par jour. On peut encore employer l’huile camphrée chaude.

ASEPSIE ET ANTISEPSIE PENDANT LES SUITES DE COUCHES. — Les règles de l’asepsie et de l’antisepsie doivent être appliquées aussi rigoureusement après qu'avant ou pendant l’accouchement. Les personnes qui soignent directement l’accouchée ne pourront jamais prendre trop de précautions ; elles observeront les mêmes principes d’asepsie et d’antisepsie que pendant l’accouchement: pour elles-mêmes, propreté de leurs vêtements, désinfection soigneuse de leurs mains; pour la patiente, propreté du corps, propreté, asepsie et antisepsie de tous les objets qui viennent en contact avec <lle.

Le lit de la malade sera maintenu dans une propreté absolue ; les draps en seront remplacés souvent. Le linge de corps sera changé tous les jours s’il le faut.

La toilette des organes génitaux externes, qui auront été complètement ébarbés, sera pratiquée aussi souvent que nécessaire, mais jamais moins de trois à quatre fois par jour, et chaque fois que la malade urine ou a une évacuation alvine. On peut faire cette toilette de différentes manières, telles que les suivantes :

(1°) On prend deux bassins, dont l’un contient de leau stérilisée savonneuse dans laquelle on a jeté une dizaine ou plus de tampons de coton hydrophile ; l’autre cntient une solution antiseptique avec aussi des tam-

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pons de coton. Après avoir glissé sous le siège de la malade un bassin approprié, l’on procède à la toilette des organes génitaux externes, avec es tampons et Veau savonneuse. La toilette commenre par le Mont de Vénus, s'étend aux côtés de la vulve, au sillon interfessier et l’anus, et se termine par les grandes et les petites lèvres. Un point important, qu'il ne faut jamais oublier sous peine d'exposer la malade à l'infection, c'est que, une fois qu’on a pris un tampon de l’un des bassins on ne doit jamais le retremper dans l’eau de ce bassin; ce tampon doit être mis de côté. On termine cette toilette en irriguant les organes avec le reste de l’eau savonneuse ; puis on procède à une seconde toilette faite de la même manière avec les tampons baignant dans l’eau antiseptique. On assèche bien les parties.

Autres précautions d’une importance capitale:

(a) On peut passer et repasser le même tampon, deux, trois ou quatre fois, sur le Mont de Vénus et. les côtés de üa vulve, en brossant ou en frictionnant ces parties ; il n’y a aucun inconvénent à ce faire ; il est bien entendu que ce tampon n’est jamais retrempé dans le bassin ;

(b) Mais, on ne doit jamais passer deux fois le même tampon directement sur la vulve; car il ya danger d’infecter la vulve. On y passera au besoin trois ou quatre tampons ;

(c) On doit toujours passer le tampon directement sur la vulve de haut en bas, en partant de la commissure antérieure et non du Mont de Vénus;

(4) On ne doit jamais passer le lumpon sur la vulve de bas en haut ou d’arrière en avant, de erainte

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sp — de transporter des microbes du sillon interfessier à la vulve ou dans le vagin;

(e) De même, le tampon qui sert à nettoyer le sillon interfessier doit être dirigé de haut en bas; on ne doit le passer qu'une seule fois sur cette partie. On se servira de trois ou quatre tampons si c’est nécessaire ;

(f) On ne prend jamais, pour faire la toilette de la vulve, un gros paquet de coton absorbant ow une serviette qu’on trempe et retrempe dans l’eau savonneuse ou l’eau antiseptique, et qu’on passe et repasse sur la vulve.

(2°) On peut procéder autrement. On irrigue, avec une eau savonneuse, les parties génitales pendant qu’on les frictionne avec des tampons de coton, en opérant méthodiquement du Mont de Vénus aux parties larales de la vulve, au sillon interfessier, puis finalement aux grandes et petites lèvres. Quand on est arrivé directement sur la vulve ou qu’on entr'ouvre celle-ci pour en faire la toilette, il faut prendre de nouveaux tampons et ne pas se servir üss tampons qui ont touché toute autre partie

Si la malade peut uriner seule, on la fera uriner avant la toilette vulvaire. Si l'on est obligé de faire un cathétérisme, on fera la toilette vulvaire avant de passer le cathéter ; le cathétérisme terminé, on fera une irrigation de la vulve.

Dans l'intervalle des toilettes, on appliquera sur la vulve des tampons épais faits d’une matière absorbante pour que les lochies ne se répandent pas au-de'à. Le coton hydrophile, l’étoupe ou la gaze sont les meilleurs tissus à employer. Le coton et l’étoupe devront être enveloppés avec de la gaze. Ces tissus doivent être bien

stérilisés. S'ils sont antiseptisés, ils ne doivent pas l'être avec un antiseptique désodorisant ou possédant ume odeur quelconque qui masquera celle des lochies, et nous enlèvera un symptôme d’une importance capitale, Les tampons peuvent être préparés à l’acide borique, à l’acide salicylique, au bichlorure ; mais ils doivent être secs. Les tampons doivent être changés souvent dans le cours de la journée.

Les plaies vulvo-vaginales seront surveillées, attouchées à la teinture d’iode, mais traitées surtout par le péroxyde d'hydrogène pur.

Tous les accoucheurs sont d’accord eur l'utilité et la nécessité des toilettes antiseptiques des organes génitaux externes; la plupart d’entre eux les croient suffisantes chez toutes les accouchées, sauf dans les cas où il

y à élévation de température par infection, ou lochies odorantes. La tendance actuelle est de se contenter des toilettes externes et d'abandonner les injections vaginanales.

INJECTION VAGINALE: — C . airement à la très grande majorité des accoucheurs, je suis resté un adepte, un partisan convaincu de l'utilité des injections vaginales, Placé à la tête d'une grande maternité, école de garde-malades et d'étudiants en médecine, j'ai vu trop souvent tout le bien qu’on pouvait retirer des injections, et tout le mal qu’on pouvait éviter par elles, pour n'être pas foncièrement convaincu que les injections, si e’les ne sont pas absolument nécessaires dans tous les cas, n’offrent aucun inconvénient, aucun danger, quand elles sont bien faites, et qu’au contraire elles ne présentent que des avantages dans tous les cas.

On est surtout opposé à la méthode antiseptique

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par les injections vaginales: parce qu'on n’a aucune confiance en la garde-malade, qui peut infecter la malade en lui donnant des injections; parce qu’elle n'aura pas le; mains aseptiquement nettes; pe que l’irrigateur, le tube, la canule n’auront pas été … ‘ivemment stérilisés; parce que l’eau n’aura pas assez bouillie; parce que le jet de l'injection peut pousser les lochies infectées du vagin dans l’utérus. Cependant ces mêmes adversaires irréconciliables de la méthode auront tout à coup confiance en cette même garde-malade, lorsque les lochies répandront de l’odeur ouquand la température s’élèvera. Pourquoi ce changement d'opinion, cette nouvelle façon d'agir? Ce sera toujours la même garde, le même irrigateur, le même tube, la même canule, la même eau, et de plus des lochies vaginales infectées qu’on poussera dans un utérus peut-être sain.

Je forme mes garde-malades à la pratique des injections vaginales. J’ai confiance en elles et je ne crains pas de leur prescrire de donner régulièrement, à mes malades, deux injections par jour. En règle générale, dans les grandes maternités, on est opposé à la pratique des injections vaginales: (a) parce que le coût des untiseptiques dont on se sert finit toujours par obé-

- rer le budget de l'institution; (b) parce que l'injection

prend toujours plus de temps, exige plus d'attention qu’une toilette ordinaire; (c) parce qu’on ne veut pas æ donner le trouble d’enseigner la bonne manière de pratiquer l'injection; aussi nombre de gardes sortentelles des maternités comylètement incapables de donner une injection quand elles sont obligées de le fairr: (d) parce que l’on peut pousser, affirme-t-on sans de prouver, dans l'utérus, par le jet de l'injection, des mi-

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crobes qui ne sont encore que dans le vagin. S’il ya des microbes dans le vagin, (il y en a toujours), il n’est pas absolument nécessaire de donner une injection pour constater l'effet de leur ascension dans l'utérus, car ils y pénètrent facilement, sans y être poussées, à travers lorifice du col, qui baigne continuellement dans le godet formé par le vagin, d’où les lochiss ne s’écoulent pas toujours aisément. Si les injections ne dé'ogent pas tous les microbes du vagin, elles enlèvent de cet organe une grande partie des produits dans lesquels ces microbes cultivent facilement ; elles empêchent la stagnation des lochies, leur décomposition, leur putréfaction.

L'idéal à obtenir pendant les suites de couches, c'est un écoulement facile des lochies. L’obtient-on souveat ? rarement. La femme étant dans la position horizontale, le vagin forme gcdet et retient les lochies en plus ou moins grande quantité, d'où stagnation et décomposition putride: la preuve en est dans de fait qu’il et excessivement rare, lorsqu'on ne donne pas d'injection, qu’il n’y ait pas d’odeur au bout de quelques jours, comme le dit un auteur américain, adversaire acharré de la méthode antiseptique par les injections vaginales. La femme s’asseyant ou prenant la station debout, les lochies s’écouleront facilement du vagin, mais s’accumuleront dans l'utérus qui s’antéfléchit, d’où lochiométrie, comme conséquence souvent infection. L'injection, favorisant l'écoulement des lochies, suppléera aux inconvénients de la position horizontale, et la femme ne sera Plus obligée, pour vider son vagin, de prendre une position debout ou assise qui lexposerait aux dangers d’une flexion ou version de l’utérus (lochiométrie, infection, sub-involution).

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Pourquoi les adversaires acharnés de la méthode donnent-ils des injections aussitôt que la température s’élève, ou que les lochies répandent un peu d’odeur ? Ne craignent-ils plus d'introduire, dans l'utérus, les microbes qui infectent les lochies, probablement encore, seulement dans le vagin? Ou la méthode est bonne, ou elle est mauvaise. Si elle est bonne, utile et sans danger, quand il y e odeur des lochies, pour faire disparaître cette odeur et couper court à une infection qui commence, elle doit être meilleure pour prévenir et l’odeur et i’infection. Si ellé est mauvaise, quand il n’y a ni odeur, ni infection, parce qu’elle expose à pousser dans l’utérus des microbes, qui ne sont encore que dans le vagin, elle devient excessivement dangereuse, quand il existe de l’odeur ou de l'infection, parce qu’alors, l’odeur ne venant peut être que de l'utérus, ou l'infection

ne sæ faisant peut-être aussi que dans l'utérus, elle expose à substituer une infection polymicrobienne à une infection monomicrobienne, puisque, par le jet de l’injection, on peut pousser du vagin dans l’utérus des microbes dont la variété est absente de l’utérus.

Certains accoucheurs, et des grands, ont dit que Vinjection vaginale était un luxe qu'on ne peut permettre aux patientes par l’entremise de toutes les gardemalades. Pourquoi l'injection est-elle un luxe? Et d’abord si c’est un.luxe qu’on peut se payer avec de bonnes garde-malades, ce n'est déjà plus une chose dangereuse, ni même inutile. C’est un luxe, parce qu’il n’y a que les bonnes garde-malades qui peuvent et doivent les donner; c’est un luxe, parce que les autorités ou les professeurs dans les maternités n’ont pas compris leur devoir en n’enseignant pas suffisamment, où même pas

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du tout, la vraie technique de cette méthode, qui est cependant d’une simplicité incroyable. De toutes parts on s’est évertué à crier les méfaits des injections plutôt que d’en chanter les avantages. Hé bien! je pousserai la chose plus loin, et je dirai: ce n’est pas, comme on le croit ou comme on veut le croire, tant l'injection qui a Frovoqué ou réveillé l’infection que le manque d’asepsie ot: d’antisepsie au moment de l’accouchement,.

Enseignons, dans toutes les maternités, à nos garde-malades la vraie technique des injections vaginales, et toutes les objections, qui s'élèvent contre la méthode, tomberont à plat.

Je me résume et je dis: si linjection peut être utile et avantageuse quand il y a des lochies odorantes, si elle peut couper court à une infection commençante, sans exposer à une plus grande infection, elle peut, à plus forte raison, empêcher les lochies de devenir odorantes et prévenir l'infection.

L’injection vaginale bien faite n’a jamais fait de mal. Elle nettoie le vagin, le débarraæe des caillots, des débris, des liquides qui sont rarement exempts de microbes. En plus, elle est agréable à la femme qui se sent micux et plus à l'aise.

En tout cas, l’inj-ction vaginale est indispensable dans les cas d’accouchement [long, laborieux, terminé artificiellement; dans les cas de rupture prématurée des membranes, de rétention de débris ovulaires, de lochies odorantes, d’élévation de température.

Les injections vaginales peuvent être données avec la solution de bichlorure de mercure à 1 pour 4,000 ; ae permanganate de potasse à 1 pour 1,000 ou 1,500 ; avec Peau oxygénée pure, la liqueur de Labarraque à 1 cuil-

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