ARTICLE III INFECTIONS DIFFUSES DU PETIT BASSIN
PERI-METRO-SALPINGITE — INFECTIONS ANNEXIELLES
Pozzi comprend sous le nom générique de périmétro-oophoro-salpingite ou simplement de péri-métrosalpingite toutes les inflammations diffuses du petit bassin, parce que, dit-il: “si le point de départ est fréquemment dans l’utérus, c’est le plus souvent d’une vophoro-salpingite comme centre que rayonne l’inflammation qui envahit les environs de l'utérus : ligament large, cul-de-sac de Dongles, tissu cellulaire pelvien.”
Les Américains divisent les infections propagées ou ayant dépassé l’utérus en salpingite et oophorite, en paramétrite et périmétrite. Ils attachent à ces mots la même signification que semblent leur donner Labadie-Lagrave et Legueu. D'après les uns et les autres, la paramétrite comprend ls abcès du ligament large et
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la cellulite pelvienne; tandis que la pelvi-péritonite constitue la périmétrite,
Certains autres auteurs confondent en un tout les paramétrites et les périmétrites qu’ils décrivent sous le titre de phlegmons péri-utérins. D'autres, enfin, ont conservé l’expression phlegmasies para-utérines, qui signifie pour eux les inflammations des annexes (salpingo-ovarites) et celles du tissu cellulaire du ligament large, soit dans sa partie supéri . ‘e autour des annexes, soit dans la zone inférieure(gainc hypogastrique) ; mais ils ont omis l'expression péru \trite et l’ont remplacée par celle de pelvi-péritonite dont ils ont fait une des variétés de la péritonite.
Quoiqu'il en soit des diverses discussions qui se sont élevées à propos des expressions péri et paramétrite, je décrirai dans ce chapitre, un peu comme le font les Américains, les salpingo-ovarites, les paramétrites et les périmétrites. Peu importent les titres du moment que le cadre est rempli, et qu’il comprend l’ensemble de toutes les affections qui attaquent Îles tissus environnant l'utérus: tissu cellulaire, péritoine, trompes et ovaires.
A. SALPINGO-OVARITES PUERPERALES.
—La plupart des auteurs admettent que dans l'immense majorité des cas, l’inflammation tubo-ovarienne n’est que lPextension d’une inflammation utérine par continuité des tissus, c’est-à-dire à travers l’ostium uterivum. Lucas-Championnière et Bumm n’admettent que la propagation de l’infection par les lymphatiques. Bumm prétend que l’œdème inflammatoire de l’endomètre ferme complètement l’ostium et empêche le streptocoeue ou les autres germes de pénétrer dans la trompe.
L'agent infectieux qui produit la salpingo-ovarite trouve aussi un chemin tout tracé par les vaisseaux sanguins de l’utérus et des annexes, si richement anastomosés au niveau des cornes utérines. L/infection par voie lymphatique est seule capable d’expliquer les ovarites suppurées, existant isolées, indépendantes de toute altération de la trompe. Dans des cas exceptionnels, les follicules ouverts peuvent être infectés directement par le fluide péritonéal contaminé. L'ovarite peut se produire à la suite d’une paramétrite, {l'ovaire est presque toujours atteint en même témps que la trompe.
Souvent les lésions de la trompe ne se manifestent que tardivement, après un accouchement où un avortement à la suite desquels il y a eu infection légère. Ces lésions ne sont reconnues souvent que lorsque la femme a repris sa vie habituelle,
Les salpingo-ovarites aiguës, malgré leur gravité, constituent une des formes atténuées de l'infection puerpérule.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE.—La trompe augmente de volume et prend une coloration rosée ou rouge vif. Le volume de la trompe peut atteindre celui du petit doigt, d’une poire, rarement celui du poing. Tantôt la trompe est régulièrement dilatée et offre l'aspect d’un boudin ; tantôt la dilatation est plus prononcée du côté de orifice abdominal, et la tumeur affecte la forme d’une poire; tantôt enfin la trompe est irrégulièrement dilatée et offre des bosselures. La cavité de la trompe est remplie par du pus franc, parfois séreux. L/0vaire, augmenté de volume, est très vascularisé. Sa substance est rouge, friable,
La salpingo-ovarite peut être uni ou bilatérale.
SYMPTOMES.—Dans la phase présalpingé de l'infection on retrouve les'symptômes plus ou moins accusés de la métrite, et le diagnostic précis du débit ue la salpingite est souvent difficile à poser et ce n’est que par l'exploration veginale qu'on peut l’établir.
La salpingite peut présenter deux modes de début. Quelquefois elle se manifeste brusquement par des symptômes aigus. Au cours de la deuxième ou de la troisième semaine des couches, il se fait une recrudescence de la température; en même temps, la malade se plaint de douleurs abdominales vives; il y a de la résistance de la paroi; parfois apparaissent des nausées et des vomissements, du ballonnement, de la constipation. Le toucher permet de percevoir, dans un des culsde-sac latéraux, la trompe doublée ou triplée de volume ou transformée en une poche purulente; mais souvent le doigt ne constate qu’une masse très douloureuse. Aussi, très souvent, il n’est pas facile de localiser la ‘ésion de la trompe au milieu des annexes enflammées <t masquées par un œdème périphérique. Le doigt ne constate que l’effacement, la tension des culs-de-sac du vagin, l’immobilisetion de l'utérus et un empâtement diffus qui remplit plus ou moins le petit bassin. Quand la tuméfaction est haut située, ce qui arrive souvent, dans Îles suites de couches, à cause de la place occupée par les annexes après l’accouchement, le palper nous la fera reconnaître et nous en indiquera la sensibilité.
L'état aigu, qui rappelle oeauvoup le début de la pelvi-péritonite persiste quelques jours, quinze jours à trois semaines, et même davantage. La température décrit des oscillations quotidiennes de 2 à 3°, et assez irrégulières ; puis l’orage s’apaise: la douleur se calme,
18 fièvre tombe, la lésion rétrocède, Cependant la salpingite peut passer à l’état chronique, ou suppurer et s'ouvrir secondairement dans le rectum ou le vagin. En général, la salpingite a un début insidieux ; les symptômes généraux et locaux sont peu ou à peine marqués, Elle peut même ester latente pendant les suites de couches, et n’être reconnue qu’ultérieurement.
TRAITEMENT--Dans la salpingo-ovarite le traitement intra-utérin est contre-indiqué, On prescrira le repos absolu ; on combattra la constipation ; on fera des injections vaginales chaudes; on calmera les douleurs à l’aide de lavements de laudanum, d’antipyrine (2 grammes) et de bromure (3 grammes), d’injectione de morphine, d’application de vessies de rlace sur l'abdomen ; on soutiendra l’état général par tou: les moyens possibles,
Dans certains cas, lorsque la fièvre reste très élevée, que l’état général s'aggrave, il faut tenter d’é- Vacuer, par colpotomie, les poches purulentes, D’après Jeannin, il faudra recourir à l’hystérectomie vaginale, si rien ne bombe dans le vagin et si tout le pelvis vst encombré par des masses purulentes.
B. — PARAMETRITE, PHLEGMON DU LI- GAMENT LARGE. — CELLULITE PELVIENNE DIFFUSE. —
La paramétrite est Pinflammation du tissu collulaire qui entoure l'utérus. Elle constitue ce qu’autrefois on appelait jes phlegmons du ligament large, et que certains auteurs modernes dénomment abcès ou phlegmons pelviens. Les constatations anatomiques modernes ont permis de diviser ces phlegmons en deux va-
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