C. SEPTICEMIE GAZEUSE.—Cette septicémie
est excessivement rare. Elle est toujours fatale. Edgar désigne la septicémie gazeuse sous le nom de septicémie saprémique, Eile est la conséquence d’une infection locale putride, emphysème utérin, physométrie, gangrène utérine,
Les saprophytes qui attaquent les tissus après la mort, ou les tissus gangrenés pendant la vie, produisent des gaz qui sont ou non fétides, Le bacillus aerogenes capsulatus, et le bacillus phlegmones emphysematosæ peuvent attaquer les tissus vivants et engendrer des gaz. Le colibacille peut produire le même phénomène. Dans un certain nombre de cas de septicémie gazeuse, il n’est pas toujours facile de savoir si les gaz ont été produits avant ou après la mort. Cependant il est admis et prouvé que dans certains cas les gaz se sont formés ante mortem. Dans ces cas l'examen histologique du foie révèle des signes de réaction cellulaire, des petites hé-
morragies résultant de la dislocation des lobules par les gaz.
La septicémie gazeuse débute du deuxième au quatrième jour, par une élévation de la température qui s’accentuera les jours suivants. Le pouls devient rapide et petit. L'état général est rapidement et profondément touché,
Le pronostic est le ème que celui de la septicémie riguê.
TRAITEMENT DES SEPTICEMIES. — Le traitement actuel de la septicémie primitive aiguë donne peu d'espoir et peu de succès, Le traitement prophylactique de la septicémie gazeuse et de la septicémie secondaire consisté à combattre les infections localisées, Quand l'infection est généralisée, le traitement utérin, local, devra être tenté prudemment ; mais il est souvent inutile et même dangereux. Il faut s’adresser au traitement général; il consiste à mettre VPor-
ganisme en état de se défendre, et à employer la médication antitoxique et anti-infectieuse: hydrothérapie, sérothérapie, lavage du sang, injections intra-veineuses de collargol ou d’électrergol, abcès de fixation, injection de sérum térébenthiné. On traitera les complicatous qui peuvent survenir.
2° PYOHEMIE PUERPERALE ; PHLEBITE UTERINE INFECTANTE ; SEPTICOPYOHÉMIE :
BACTERIEMIE METASTATIQUE; SEPTICEMIE SUPPUREE ; INFECTION PURULENTE; SEPTI- CEMIE INTERMITTENTE.—Voilà autant de noms pour désigner une septicémie, d’ordinaire chronique où sub-aiguë caractérisée par des frissons répétés, une tem-
pérature élevée avec de profondes rémissions et des intermittences, et une tendence marquée aux métastases avec formation de pus, (Cette infection évolue par Poussées successives,
La pyohémie, très rare aujourd’hui, est produite ordinairement par là phlébite utérine. Quand la phlébite utérine reste à Pétat d'affection localisée, isolée, l’économie n’est influencée que par les toxines secrétées par les microbes contenus dans le caillot septique ; mais si les germes sont très virulents, ils se répandent dans l'organisme: de plus, le caillot se désagrège et lance dans ja cireulation des débris septiques qui transportent l'infection à distance. Si le thrombus se désagrège en ul poussière très fine, les mi-robes sont lancés à l’état libre ou contenus dans les globules blancs. Ils vont traverser le filtre pulmonaire, envahir la grande circulation et produire des foyers septiques dans les différents organes.
Telle n'est pas toujours l'origine de la pyohémie qui peut exister sans que lon constate de caillots dans les veines utérines, Les germes, surtout les streptocoques pyogènes, partis d’une plaie infectée du tractus génital, principalement de VPendomètre, sont charriés par le sang et viennent se fixer sur la paroi d’un vaisseau qu'ils irritent. Sur les points de fixation, il se forme un thrombus dans lequel les germes pullulent. Ceite pullufation microbienne produit d’abord une endophlébite, puis une phlébite et enfin une périphlébite qui devient le départ d’un abcès circonvoisin, Des fovers purulents peuvent ainsi se former en des régions liverses.
SYMPTOMES.—Ie début de la pyohémie est yé-
Ba ru Eu
néralement tardif. Le frisson, qui en est le premier symptôme, survient d'ordinaire du huitième au dixième jour, et qu’ suefois plus tard. Parfois cependant la maladie dévute plus hâtivement, même le troisième jour. La phase prépyohémique est caractérisée par une infection soit de l’utérus, soit du vagin, soit du périnée, et l’on observe les symptômes propres à ces infections localisées. Ces symptômes sont fréquemment très pu marqués et même ne seront reconnus que par un observateur minütieux: ce sera par exemple, une très légère élévation de la température, ou simplement une augmentation dans le nombre des pulsations, ou même un peu de fétidité des lochies. Ces symptômes qui pré- “dent la pyohémie peuvent même disparaître et l'on peut croire la patiente en peine convalescence quand un premier frisson violent anr once la complication. Le frisson, d’une intensité extrême, peut durer uue demi-heure, une heure ou même plus. Avant le frisson on observe soit un abaissement de la températur® léger ou considérable, soit une légère élévation thermique. Pendant le frisson, la réaction fébrile est excessive et la température monte à 40° ou 41° et même plus. Le pouls s'élève à 120, 130 et au-delà. La respiration s’accélère. Après une heure ou deux, quelquefois moins, survient un stade de sueurs abondantes, profuses au point que les draps en sont complètement mouillés, et la température, qui était montée rapidement, descend plus rapidement, plus trusquement à 38°, à la normale ou :1ême au-dessous de 35.4°. Tout semble rentrer dans l’ordre et l’état généralement redevient relativement bon pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures; toutefois le pouls reste légèremert
er me
plus fréquent. Le ventre n’est pas ballonné, L'utérus, généralement un peu volumineux, est quelquefois douloureux sur les bords. Souvent le toucher intra-utérin montre un col perméable et quelquefois une cavité utérine contenant des débris de caduque putréfiés,
Après le premier accès la température s'élève légèrement et reste stationnaire entre 38° et 38.5°, Puis survient, après 24 ou 48 heures, un nouvel accès caractérisé comme le premier par un violent frisson, l’ac- ‘élération du pouk, l'élévation de la température, et suivi d’une sueur profuse et d’un abaissement brusque de la température. Gette fois encore les symptômes paraissent s’amender rapidement.
D’autres accès surviennent, séparés par des périodes d'apyrexie; ainsi se produit une série de poussées fébriles, intenses, séparées par des périodes de rémission. Tantôt il n’y a qu’un accès tous les jours ou tous les deux jours, tantôt on en compte deux ou trois dans les vingt-quatre heures. Les accès se répètent sans périodicité. Le frisson et l'élévation de la température. correspondent à des décharges toxiques ou mie crobiennes dans l'organisme.
Les choses ne tardent pas à se modifier. La température s’abaisse moins, tout en restant intermittente, et assez souvent la fièvre devient continue. Progressivement l’état général devient mauvais, La face devient pâle, terreuse, subictérique; la langue se sèche; les yeux s’excavent; la soif est vive; linappétence est absolue ; les urines sont rares et albumineuses ; une diarrhée fétide survient ; lamaigrissement est continue; la cache-
xie se prononce. La rate et le foie sont douloureux et hypertronhiés,
Les phénomènes nerveux sont variables suivant le tempérament de la malade, son état de résistance et le degré de l'infection. Ils dominent parfois la scène. Les phénomènes nerveux peuvent présenter le caractère adynamique ou ataxique. Dans le type adynamique, le délire est calme; la dépression du système nerveux est profonde; la physionomie exprime |” sattement, la stupeur. Dans le type ataxique, le délire est violent; la malade est agitée; il y à de ia jactitation, de l'excitation maniaque.
En somme des symptômes de la pyohémie présentent, dans la majorité des cas, une analogie très remarquable avec ceux de la fièvre typhoïde; c'est un véritable aspect typiuque et souvent le diagnostic ne peut être établi entre les deux nialadies que par la séro-réaction.
MARCHE ET TERMINAISON.— La pyohémie 2 uue évolution plus ou moins rapide suivant la résistance de l'organisme mais surtout suivant la virulence du microbe, La pyohémie peut être foudroyante ou présenter une marche lente, prolongée, chronique, Dans la forme foudroyante, la maladie apparaît assez tôt après l'accouchement; elle atteint son acmé rapidement et ine la patiente en quelques jours, avant même que les lccalisations aient su le temps de se manifester. La forme lente est plus tardive; elle débute ordinairement vers le dixième jour, évolue lentement et dure de trois semaines à trois mois et même jusqu’à une année.
La pyohémie se termine généralement par la mort, qui surviendra plus vite quand les abcès des organés compremettront la vitalité générale, ou qu'ils s’ouvriront dans une cavité naturelle importante. Dap la forme lente, les abcès migrateurs peuvent amener la
mort par hecticité, La guérison, qui est exceptionnelle, peut s’observer à la suite de la localisation de l'infection à quelques foyers purulents, Les microbes, dans ces cas, s’enkysteraient dans le pus de ces abcès, et on ne les retrouverait plus dans le sang, ni nilleure,
COMPLICATIONS OÙ MANIFESTATIONS METASTIQUES AU Cor RS DE LA PYOHEMIE, —Au cours de l'infection, les embolies microbiennes, lancées dans la circulation sont capables de causer des complications dans tous les points de l'organisme, Parfois une de ces complications secondaires peut prendre une importance telle qu’elle semble constituer toute la maladie. Ces complications n’appartiennent pas en Propre à la pyohémie, mais etles sont plus spéciales à cette forme d'infection généralisée. Les complications se manifestent généralement, par ordre de fréquence, dens l’ordre suivant :
(a) Articulations. — Les articulations sont souvent prises les premières. Bien que toutes les articulations puissent être atteintes, celles qui le sont le plus “ouvent sont: le genou, le poignet, le coude, l'épaule, la Sterno-claviculaire, la tibio-tarsienne, la symphyse sacro- ‘liaque. Plusieurs articulations peuvent être prises suc- ‘essivement ou simultanément.
Les symptômes s’annoncent de différentes maniè- “es. Dans les cas bénins, Ja maladie se manifeste par quelques douleurs articulaires qui disparaissent rapidement. Dans d'autres cas, l'articulation <e gonfle, devient douloureuse: il se fait un épanchement séreux lans Ja synoviale, et après quelque temps les Phénomènes disparaissent, laissant à leur suite une raideur plus où moins marquée, Dans des cas plus graves, heureu-
sement très rares aujourd’hui, les articulations suppurent. L'articulation devient d'abord le siège d’un gonflement “douloureux: puis il se fait à l’intérieur un épanchement qui devient rapidement purulent. La peau rougit, devient luisante, et le pus se fait jour au dehors si lon n'intervient pas.
(b) Appareil circulatoire. — Les lésions du côté de l'appareil circulaire sont fréquentes et souvent très marquées. Les veines superficielles et profondes des membres ou des viscères, les artères et les capillaires peuvent être lésés. La symptomatologie est variable suivant la situation des vaisseaux. La phlébite de la veine cave présente trois degrés d’après Lombardi: dans Voblitération du tiers inférieur, il y a œdème des membres inférieurs et de la paroi abdominale; dans loblitération du tiers moyen, aux symptômes précédents, s'ajoutent des symptômes rénaux très marqués : douleurs lombaires, albumine et diminution des urines : dans l’oblitération du tiers supérieur, on trouvera, en plus, des signes hépatiques : douleurs, ictère.
Les lésions cardiaques portent sur l’endocarde, le myocarde et exceptionnellement sur le péricarde.
L'endocardite est fréquente. Elle s’observe surtout chez les femmes qui ont été antérieurement aiteintes d’endocardite, Elle s’annonce par une exagération de la température qui peut atteindre 41°. Le pouls s'élève à 120 ou 130. Il survient de la dyspnée et de la douleur précordiale. Les souffles organiques sont remarquables par leur mobilité à cause de la rapidité avec laquelle se développent les végétations ou les ulcérations endocarditiques. Les végétations peuvent atteindre un volume considérable. L'état général devient
de plus en plus mauvais; l’espect est typhique; la mort survient bientôt. Elle est souvent due à une embolie partie des végétations de l’endocarde. Parfois l’endocardite passe inaperçue par suite de la gravité des autres sympôtmes. Le diagnostic rétrospectif en est fait à l'autopsie.
La myocardite est fréquente quand Vinfection est profonde et prolongée. Elle complique souvent l’endocardite. On la reconnait aux modifications du pouls oui devient faible et irrégulier. Elle est souvent une cause de mort subite pendant la convalescence.
La péricardite, rarement observée et surtout rarement reconnue pendant la vie, peut accompagner la péritonite et la pleurésie,
(c) Appareil respiratoire. — Les embolie: pulmonaires sont fréquentes étant donnés les rapports du système veineux avec la circulation pulmonaire. Les lésions du poumon et les symptômes qui en résultent sont variables suivant le volume des embolies qui les produisent, ;
Quand lembolie est volumineuse, elle obture les troncs de artère pulmonaire, et la mort survient en quelques secondes: il y a orthopnée, cyanose périphérique, disparition du pouls et mort subite, L’embolie (st-elle moins volumineuse? elle n’obture qu’une branche &e lartère pulmonsire et la mort, quoique certaine est moins rapide: la femme est prise brusquement d’un accès de dyspnée très violent, elle étonffe, elle a soif d'air; sa face se cyanose; son pouls s’agite, devient irrégulier, et la mort par asphyxie survient, mais moins rapidement que dans le premier cas (une demi-heure à une heure),
Quand il s’agit d’embolies très fines, microscopiques, qui pénètrent dans la circulation pulmonaire, s’arrêtent dans les petites artères terminales et produisent des infarctus septiques, le tableau clinique en est caractéristique. Il survient souvent un frisson; la température s'élève, une douleur vague apparaît dans l’épaule; puis la malade ressent un point de côté parfois assez violent pour empêcher tout mouvement respiraioire profond. Il existe.de la dyspnée et souvent de la toux. Les crachats ont d'abord striés de sang, puis franchement sanglants. L'auscultation décèle à linspiration des râles sous-crépitants fins et un léger souffle, qui sont très mobiles et se déplacent facilement du jour au lendemain, mais qui ont cependant une tendance à se localiser à la base. La percussion donne un peu de matité.
Les infarctus peuvent se résorber complètement, passer à l’état fibreux ou aboutir à la suppuration et donner naissance à une broncho-pneumonie où à un abcès du poumon, qui s’ouvrira soit dans la pièvre en formant un pyopneumothorax, soit vers les bronches par vomique.
Les pleurésies, que White appelait les pleurésie: laiteuses, rares aujourd’hui, peuvent être primitives où secondaires. Elles sont généralement secondaires à des embolies pulmonaires sous-pleurales ou à une péritonite. Elles ont une marche insidieuse et passent souvent inaperçues, si l’on n’a pas soin d’ausculter fréquemment Jes malades. L'épanchement se forme avec une grande rapidité; il peut être séro-fibrineux, séro-purulent ou purulent, parfois gangreneux. Le pronostic des pleurésies infectieuses est très grave.
(4) Appareil digestif —Les troubles de l'appareil digestif sont ceux de toutes les infections : inappétence, parfois vomissements, modification du côté de la langue, etc. Certaines infectées conservent leur appétit. Il existe fréquemment une diarrhée abondante, fétide, probablement due à des embolies colibacillaires dans la muqueuse intestinale, Il y a souvent incontinence de matières dans les cas graves.
Parotides.—Des Parotidité, généralement bilatérales, se rencontrent dans les formes graves, Le gonflement c:+ très rapide. Cette complication se termine d'ordinañ: par suppuration.
Le foie est très souvent altéré. I] est souvent gros ct douloureux au palper. Il existe du subictère et souvent de l’ictère franc. A Pautopsie, on peut rencontrer
de petits abcès miliaires ou de véritables foyers purulents dans le foie. Dans certains cas, le foie est frappé d’atrophie jaune aiguë.
La rate est grosse, douloureuse. On y trouve parfois des abcès. .
(e) Appareil urinaire. —La “ystite puerpérale est une affection assez commune. Elle reconnaît comme cause prédisposante la compression exercée sur la vessie pendant l'accouchement, et la rétention d’urine pendant les suites de couches, Le cathétérisme en est la cause la plus commune, Les manoeuvres maladroites de l’accoucheur ou la gangrène de la paroi vésivo-vaginale
peuvent la produire par suite de la perforation, Ma’: la pyohémie en est rarement Vorigine.
Les néphrites et les Pyélo-néphrites qu'on observe dans les suites de couches reconnaissent deux mécanis-
mes de production. L'infection peut être d’origine as:
cendante où d'origine sanguine. Dans le premier cas, les germes parlis de la vessie remontent à travers l’uretère jusqu’au rein, et ils produisent la pyélo-uéphrite. Souvent cette pyélo-néphrite des suites de couches n’est qu’une nouvelle poussée d’une pyélo-néphrite gravidique. Dans le second cas, lorsque l'infection est d’origine sanguine, les germes sont transportés dans les vaisseaux sanguins du rein. Dans ces cas il s’agit d’embolies septiques soit microscopiques, soit volumineuses. Les embolies, microscopiques ou microbiennes, les plus fréquentes, s’arrêtent dans les capillaires Au rein et y sont le point d’origine d’abcès miliaires. Les embolies volumineuses proviennent da: débris d’endocardite végétante; elles sont la cause de l’obetruction d’une ou de plusieurs branches de;l'artère rénale, et elles produisent l'anurie.
Les toxines, peut-être plus souvent que les microorganismes, produisent une action néfaste sur les éléments nobles du rein.
La néphrite infectieuse s’observe généralement dans la première semaine qui suit l'apparition de la fièvre; mais elle peut se montrer beaucoup plus tard, jusqu’à six semaines après la délivrance. Elle peut persister longtemps et même passer à l'état chronique. La néphrite se traduit par une albuminurie plus où moins intense suivant la gravité de la maladie.
Dans les infections généralisées on peut observer des phlegmons périnéphrétiques tardifs.
(£) Peau et tissu cellulaire sous-cutané—Les manifestations cutanées au cours des infections, fréquentes autrefois, sont assez rares aujourd’hui. Elles sont constituées, le plus souvent par des érythèmes infectieux ct
non toxiques ou médicamenteux, Les érythèmes infectieux peuvent présenter plusieurs variétés cliniques dont la plus fréquente revêt l'aspect de la scarlatine: aussi Guéniot l’a-t-il appelé scarlatinoïde puerpérale : elle présente tous les caractères de l'érythème de la scarlatine, mais ne s'accompagne pas d’angine.
L'érythème scarlatiniforme apparaît du 3e au 6e jour, sous forme de larges plaques rouges parsemées de petits points plus foncés au niveau du tronc, de l’abdomen et des cuisses. Cet érythème, plus marqué dans la zone péri-génitale, se généralise très vite. Il est fugace et récidive fréquemment, Il est rarement suivi de desquamation.
La roséole rubéolique est une variété plus rare de lérythème infectieux. Elle ressemble beaucoup à l’éruption de la rougeole. Elle est constituée par de petites taches irrégulières, quelquefois confluentes, Ces taches respectent généralement la face.
L’érythème peut être polymorphe, et l’on verra évoluer, en même temps, chez la même malade, des papules, des vésicules et des bulles plus ou moins volumineuses. On peut observer aussi des sudamina quand la ‘empérature est restée longtemps élevée, et dans les cas graves il peut apparaître du purpura surtout aux membres inférieurs.
L’érysipèle, ayant son point de départ au niveau des plaies vulvo-vaginaies, peut envahir toutes les ré- £ions avoisinantes. J'ai vu un érysipèle, parti de la vulve, s'étendre rapidement aux fesses, à l'abdomen, monter au thorax et en faire le tour: il récidiva deux fois ‘en peu de temps.
La gangrène peut s’observer au niveau des organes
NE
génitaux externes, au sacrum, aux fesses, aux grands trochanters, aux membres inférieurs.
Dans tous les points du corps, surtout les plus exposés aux frottements et aux traumatismes Von peut voir se développer des abcès qui atteignent, presque sans douleur, un développement considérable. Ces foyers purulents sont plus fréquents à la fesse, aux bras, aux membres inférieurs, aux seins, etc. Leur point de départ est souvent les piqûres pour l'injection hypodermique de médicaments.
(g) Système musculaire—Les complications musculaires, plutôt rares aujourd’hui, sont la psoïte consécutive aux phlegmons péri-utérins, et la polymyosite. Cette dernière est graye quand elle intéresse les muscles de la déglutition et de la respiration (inanition ou asphyxie). On peut aussi observer des dégénérescences des muscles secondaires à la phlegmatia ou aux lésions nerveuses.
(h) Système nerveux; organes des sens. — Dans l'infection puerpérale, le cerveau peut devenir malade par suite, soit d’une embolie partie d’une végétation d’endocardite, soit d’embolies septiques. Dans le premier cas, l’embolie, qui se loge généralement dans la sylvienne gauche, détermine une hémiplégie droite plus ou moins complète avec aphasie. Parfois il n’existera que de l’aphasie ou de la monoplégie brachiale. D’après Carre, l’aphasie peut reparaître à l’occasion d’un accouchement ultérieur. I/embolie septique détermine des méningites, des thromboses des sinus, ou des abcès du cerveau. Dans ces cas, la température est très élevée, le pouls rapide et incomptable, le délire violent. De petites attaques convulsives apparaissent bientôt,
puis le coma et la mort. Dans certains cas, la méningite revêt tous les caractères symptomatiques de la méningite cérébro-spinale, même le signe de Kernig.
La localisation des microbes dans la moelle et ses enveoppes peut être l'origine d’une paraplégie. Le plus souvent la paraplégie est due aux lésions des nerfs du plexus sacré, lésions consécutives à la propagation d’un foyer inflammatoire péri-utérin.
Les nerfs périphériques sont exceptionnellement Je siège de névrites infectieuses qui peuvent être soit généralisées, soit localisées. Dans la forme généralisée, la moins fréquente, les douleurs occupent successivement différents points du corps, sauf la face; puis les troubles moteurs surviennent, se généralisent et rendent la malade impotente. Les reflexes sont abolis ou diminués; l’atrophie musculaire est plus où moins prononcée, et parfois des troubles intellectuels ( psychose polynévritique)" compliquent ces symptômes.
Dans la forme localisée, la plus fréquente, on peut observer deux types: le type supérieur et le type inférieur. Dans le type supérieur, c'est le territoire du médiar et du cubital qui est atteint; le type inférieur frappe Ie sciatique ou june de ses branches, gén£ra'oment le poplité externe. L'affection est le plus souvent unilatérale. Les symptômes dans les deux types sont les mêmes; douleur sur le trajet du nerf et parésie des muscles correspondants, diminution de la sensibilité au contact et à Ja chaleur, abolition des réflexes. 11 y a souvent réaction de dégénérescence ; VPatrophie musculaire est de règle, L'évolution des névrites infectieuses est lente et la guérison est tardive (quelques mois à deux ans).
(i) Organes des sens.—Oeil. — Les complications du côté des yeux sont très rares. On peut y observer des abcès métastatiques, ayant pour symptômes de la douleur, du gonflement, de la céphalée et de la suppuration qui amène rapidement la fonte de l'oeil. Cette panophtalmie est plus souvent localisée à l'oeil gauche et ne se rencontre que dans les formes graves de l’infection. La mort s'observe trois fois sur quatre.
L’embolie de l'artère centrale de la rétine produit un amaurose subite. L’iritis et l’irido-choroïdite s'observent plutôt dans les formes bénignes de l'infection.
Oreille—Les complicatoins du côté de l'oreille sont également rares. On peut observer cependant des olites moyennes supnyrées et des thromboses du sinus latéral se compliquant de mastoïdites,
(j) Troubles psychiques.—Dans linfection puerpérale grave, on peut rencontrer des troubles délirants, communs à toutes les maladies fébriles et affectant soit la forme ataxique, soit la forme adynamique; mais, cn dehors de ces troubles, on peut observer des psychose: spéciales, de véritables cas de vésanie décrite autrefois sous le nom de manie puerpérale.
Marcé classait ces troubles cérébraux sous deux formes: la forme maniaque et la forme mélancolique. Picqué les divise, lui aussi, en deux groupes: la forme délirante ou confusion mentale hallucinatoire ct les psuchoses tardives, apyrétiques.
Disons tout d’abord que, quelles que soient la pathogénie et la forme de ces troubles, on les rencontr: particulièrement chez les femmes qui ont des antécédents fortement chargés au point de vue névropathique. La forme délirante est très précoce. Le délire e:t
tions erver de la ippu- Cette ruche
lin-
oduit s'obtion.
reille t des sinus
puerrants, t soit 8, cn hose:
refois
: for- Pice dépsu-
a paontre itécéique.
violent et s'accumongne d'hallucinations terril'antes, La malade s’agite continuellement, crie, chante, profère des taroles sans soie, On peut à peine la raintenir dans son lit. La température se maintient entre 40° et 41°. Parfois le délire se systématise et l'on voit se manifester des idées de persécution ou de grandeur, Au bout d’un certain temps, la femme tombe dans un état de prostration extrême, de stupeur profonde, entrecoupée par moment d’accès de fureur susceptibles de devenir dangereux pour l’entourage.
Le pronostic de cette forme de délire est grave. La mort, dans presque tous les cäs, survient en quelques jours.
Les psychoses tardives apyrétiques apparaissent de quinze jours à trois semaines après l’accouchement. Elles évoluent sans fièvre, revêtent habituellement la forme mélancolique et peuvent persister pendant des mois et même passer à l’état chronique ou récidiver lors des accouchements ultérieurs.
PRONOSTIC DE LA PYOHEMIE.—On à vu, par la marche et les complications de la pyohémie, toute la gravité de la maladie ; cependant le pronostic ut un peu moins sombre que celui de la septicémie et de la péritonite.
TRAITEMENT.—Ie traitement de la pyohémie est à peu près lo même que celui de la septicémie, cest à-7'. qu'il faut s'adresser presque exclusivement au tre ent général. Le traitement utérin, local n’est utile jue dans les cas où il reste sûrement des débris vrganiques dans l'utérus ; même alors, la curette doit
ître Maniée avec une prudence ie üüite-
ment général consiste à mettre la femme dans les meilleures conditions possibles pour lutter contre l'infection; il doit de plus être dirigé contre la toxi-infection (voir plus haut traitement de la septicémie, ou plus loin: traitement de l'infection en général).