DIAGNOSTIC DE LA NATURE MI "'ROBIENNE
Le diagnostic d’i:fection puerpérale étant posé, ik n’est pas absolument nécessaire au point de vue du traitement, d’en connaître la nature bactériologique. Rechercher la variété microbienne de l'infection n'est pas pratique pour la très grande majorité des médecins ; en: effet en général, on n’a pas à sa disposition un laboratoire qui facilitera cette recherche. Mais, quand on: le peut, il est intéressant et même utile de faire le
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diagnostic bactériologique de la variété de l'infection puerpérale.
Cette connaissance de la variété de l'infection peut se faire de trois manières:
1° par l’examen bact ‘logique des lochies;
2° par l'examen bactériologique du sang;
3° par l'allure clinique qui permet de caractériser certaines variétés de microbes.
1° EXAMEN BACTERIOLOGIQUE DES LOCHIES
Pour faire cet examen on prélève des lochies à la vulve, à l'entrée et à;la partie profonde du vagin, et dans la cavité utérine. Le diagnostic de la variété bactériologique sera ensuite établi suivant deux méthodes : (a) examen par cultures; (b) examen direct.
Les lochies sont prises à la vulve avec une oze de platine flambée ou avec une pipette stérilisée. Pour prélever celles du vagin, il faut entre-ouvrir autant que possible la vulve ; quant à celles du fond du vagin, on les recueillera après avoir introduit un spéculum dans le vagin, après désinfection de la vulve et de l'entrée du vagin, Entin les lochies de l'utérus même, on ne les prélève que dans certaines conditions. La femme étant mise en situation obstétricale, la vulve est soigneusement nettoyée à l'eau chaude et au savon et désinfectée avec une solution antiseptique: le vagiu est désinfecté au moyen d’une injection antiseptique (solution de permanganate de potasse, suivie d’une injection à l’eau oxygénée pure). On introduit ensuite dans le vagin un spéculum fenêtré: on assèche le vagin avec un tampon de coton hydrophile, et on badigeonne vagin et col à la teinture d’iode. On saisit, avec de longues pinces, le
col qu'on attire aussi bas que possible dans le spéculum. I! est alors facile d’introduire jusqu’au fond de l’utérus le tube en verre ou la pipette qui y recucillera les lochies en les aspirant. On étale quelques gouttes de lochies sur des lames et on ensemence le reste. On fait des cultures dans tous les milieux connus aérobies et anaérobies (bouillon peptoné, agar, gélatine, sérum, gélose glucosée de Veïllon en tube de Liborius). Les cultures seront examinées au bout de douze, vingt-quatre, trente-six, quarante-huit heures, puis après deux, trois, et cinq jours, pour quelques anaérobies à développement tardif.
Les lames sont colorées à la fuschsine de Zieh]l, à la thionine, au violet de gentiane, au bleu de méthylène de Loffler.
D'après Williams, si les tubes ensemencés sont confiés à un bactériologiste compétent, celui-ci pourra, Gi vingt-quatre heures, déclarer si l'infection est due aux bactéries pyogéniques ou putréfactives et si l’infection est dangereuse ou relativement bénigne.
Le fait de trouver certaine variété de bactérie dans les lochies ne nous permet pas de conclure que l’infection est le résultat de ce micro-organisme particulier, Si l’on trouve tel microbe en grand nombre, en culture Pure, où prédominant sur tous les autres, on peut se hasarder de conclure qu'il est la cause de l'infection, ou au moins qu’il jone le rôle le plus important ; en plus, si on trouve le même micro-organisme dans le sang, le diagnostic devient positif. Il est assez rare que l’on ‘onstate la présence d’un eul germe dans les lochies utérines (streptocoque, bacterium coli ou gonocoque) ; habituellement on y rencontre plusieurs espèces micro-
biennes : aussi la multituile des germes trouvés diminue singulièrement la valeur diagnostique de l'examen lochial.
D'après Sittman, Lenhartz, Schottmuller, Fabre, il est un moyen bien simple de savoir rapidement et sûrement si une accouchée fait de l’infection à strptocoque avant même que les symptômes çliniques aient yermis d’en faire le diagnostic. Cette méthode est celle des cultures sur plaques d’agar sanguin; elle permet de découvrir le micro-organisme, soit dans le sang dans les cas de streptococcghémie, soit dans les lochies lorsque l'infection est localisée à la cavité utérine. Pour la recherche du streptocoque dans les lochies on procède de la façon suivante: à 10 centimètres cubes d’agar fondu dans des tubes-éprouvettes à 100° au bain-marie, puis refroidi lentement à 45-48°, on ajoute 3 centimètres cubes de sang frais avec des précautions d’asepsie rigoureuse ; on agite soigneusement, et on verse ce méange dans une boîte de Pétri stérilisée. L’agar sanguin devient rapidement solide et adhère intimement à son récipient. A l’aide d'une oze de platine flambée, on ensemence, à la surface de cet agar, les lochies récoltées directement dans l’utérus ou dans le vagin. Les plaques sont mises à l’étuve. Au bout de 12 à 24 heures, le streptocoque, s’il existe, décèle sa présence, et Von voit, le long du trait tracé par l'oze, les colonies microbiennes sous l’aspect de petits points grisâtres. entourés d’une auréole ronde, transparente (auréole de resorption de l’hémoglobine). On observe soit : *s auréoles isolées quand les colonies sont isolées, soit des bandes continues de résorption quand les germes sont très abondants. Les points ou les bandes se détachent
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aettement sur le fond uniformément rouge du milieu de culture, La résorption de l'hémoglobine est un caractère constant et caractéristique du streptocoque pyogène; la Streptocoque gracilis et les autres streptocoques ne résorbent pas l’hémoglobine,
2° EXAMEN BACTERI OLOGIQUE DU SANG
Quoique la recherche des microbes dans les lochies utérines d’une infectée nous démontre présence d’une flore variée, le se généralise, devi
généralement la Pinfection, du moment qu’elent ordinairement monomicrobienne, par suite de la pénétration dans la circulation sanguine du microbe le plus virulent: le plus souvent il s’agit du Streptocoque. Cependant on peut trouver dans le sang d’autres microbes ou une association de streptocoque et de colibacille, de streptocoque et de staphylocoque, de staphylocoque et de colibacille, etc. Czerniewski trouve le streptocoque 9 fois sur 32 Cas; Lemierre, 5 fois Sar 15. Fabre trouve le sang stérile dans les infections localisées, et de nombreuses colonies dans la septicémie ; ièns la pychémie, lo colonies, rares d’abord, augmentent lorsque la mort approche; dans Ja péritonite, :! ne trouve le sireptocoque qu'à l'approche de l'agonie. Le Staphyiocoque est rarement constaté dans le sang, Eisenhart et Bnmm reconnaissent le colibacille 1 fois Sur 95 pucrpérales. Le Sonocoque y est exceptionnel, de mênie que les anaérobies. L'examen du sang a pcuttire une importance plus grande que celui des lochies, Cépendant il ne faudrait pas croire qu’il donne toujours la clef du diagnostie et qu’il prononce le dernier mot du pronostic. En effet, une infectée peut mourir san: que des examens du sang plusieurs fois répétés aient lonné des résultats positifs pendant la vie et même à