‹ Suites Proches et Lointaines de l'Opération Césarienne Conservatrice ClassiqueChapitre 8 sur 27 · LL A UE · texte numérisé non relu

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antiseptique, obtient de remarquables succès qui font entrer l'opération césarienne dans sa phase moderne.

Olshausen, Léopold, Zweifel, Bar, Lefour, Fournier, etc., pratiquent des césariennes, sauvent la mère et l'enfant, La morlalité maternelle tombe rapidement avec eux de 60 °/, à 10 °/ et souvent même plus bas.

En 1898, les statistiques sont très intéressantes, elles accusent un progrès croissant et donnent bon espoir pour l'avenir :

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Devant de tels succès l'enthousiasme est croissant, certains voient dans la césarienne un procédé admirable, presque normal, d'accouchement et en généralisent l'emploi. Dès qu'un bassin, même peu rachitique, leur semble offrir quelque difficulté à l’évolution normale du travail, ils pratiquent avec empressement la section césarienne.

La dystocie pour rachitisme pelvien n’est plus une lutte pour la vie entre la mère et le fœtus; l'enfant, cette possibilité sociale, ce devenir, voit ses droits d'existence augmenter de jour en jour etles interventions mutilatrices sur le fœtus vivant sont définitivement abandonnées.

L'embryotomie de l'enfant vivant n'étant plus admise, Farabeuf, en-1894%, ayant condamné les forceps élevés el « toute opéralion ayant pour but de faire lutter la tête fœtale contre une résistance osseuse du bassin non vaincue par les contractions ulérines dans des conditions d'orientation. favorable », Varnier ayant mis en doute les bons résultats de la version qu'il qualifie de « coup de dé », la césarienne voit de jour en jour le nombre de ses-partisans augmenter. La symphyséotomie bien réglée par Farabeuf réunit aussi de nombreux adeptes. Les procédés chirurgicaux sont en faveur.

Mouchotte voulant faire ressortir toute la simplicité de la césarienne la définit : « Deux incisions et deux sutures ». Quelques

accoucheurs en multiplient les indications et la pratiquent pour des viciations pelviennes très légères, pour la procidence du cordon, pour des placenta prævia, etc.

Mais à côté de cet enthousiasme, peut-être un peu exagéré, il y à place pour des avis moins optimistes ; nous pensons, avec M. Ferré (de Pau), que la césarienne n’est pas une intervention qui se définit en deux mots et s'exécute en quatre gestes. Nous pensons, avec M. le Professeur Lefour, que l'utérus des césarisées reste définitivement taré et que les femmes hystérotomisées sont souvent assimilables aux invalides dont parlait Varnier au Congrès de Nantes 1901 quand il disait : « Lorsqu'une femme en manquant de reproduire l'espèce a rompu son utérus, elle est bonne, si elle en réchappe, à mettre en réforme pour blessures graves contractées dans le service. Ce n’est pas avec des invalides qu'on fait campagne. »

L'opération césarienne conservatrice classique accomplie selon les techniques même les plus perfectionnées, et avec le plus grand soin, s'accompagne souvent de complications proches et lointaines que l’on cherche trop à se dissimuler.

Quel avenir est réservé aux césarisées ? Est-il aussi brillant qu'on veut bien le dire et justilie-t-il les césariennes itératives ? Des complications, toujours possibles, ne viennent-elles pas assombrir le pronostic? Tel sera le sujet de notre travail et peut-être arriverons-nous à trouver qu'une femme qui a eu un enfant par voie césarienne a plus mérité de la patrie que celle qui en a eu trois par voie naturelle.

Nous étudierons donc les complications de l'opération césarienne conservatrice classique ; nous les diviserons en deux groupes : celles qui succèdent immédiatement à l'intervention et celles qui n'apparaissent qu'après un temps plus ou moins long.

Cette étude nous permettra d'envisager la possibilité des césariennes itératives, d’en juger les avantages et les dangers.

De ces diverses considérations on pourra déduire l'importance que doitavoir la césarienne dans la pratique obstétricale moderne, et savoir si elle doit être considérée comme un mode courant

d'accouchement, ou au contraire comme un «pis aller »,un procédé d'exception, mais susceptible de rendre à l'occasion de précieux services.

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