I. Ou Chevaliers de V Ordre Teutonique
Sienkiewicz el Slyka. ii
en un rêve continuel, sans préoccupation de la réalité du lendemain. Quoique vaillants et généreux, le ressort leur manque pour l'effort quotidien de la vie terre à terre, exigeant un courage plus soutenu. C'est la pensée de Nul nest prophète en son pays et de Foies diverses. Seulement, dans ces récits, elle anime des caractères directement étudiés, avec leurs qualités et leurs défauts certains. Au contraire, dans la trilogie, si héroïque qu'elle soit, les figures sont trop idéalisées, les sentiments trop haussés, les mobiles insuffisamment expliqués. Les mœurs sont restituées avec art et science, le coloris est chaud et éclatant, les faits historiques sont exacts, mais nous n'apercevons nettement ni la cause déterminante des événements, ni la situation politique qui engendrait les troubles et éparpillait la force morale.
ySienkïewicz et Styka^
comme l'auteur a su nous le montrer dans Ouo vadis, sur un terrain, qui devait cependant lui être moins familier.
Aussi bien, la structure^ l'ordonnance de l'exécution de l'œuvre se ressent également de cette glorification exclusive des figures et des faits historiques de la Pologne.
M. Gasztowtt, un admirateur éclairé de Sienkiewicz, dit fort judicieusement : « Faire servir le passé à l'instruction et au réconfort des hommes d'aujourd'hui, leur montrer des situations horribles d'où l'héroïsme des uns. la constance des autres, ont permis de sortir triomphant, voila un des buts du roman historique tel que le conçoit Sienkiewicz^ ».
Je m'en doute, et l'on ne saurait que s'incliner profondément devant le barde