‹ Sujets dramatiquesChapitre 173 sur 394 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ZÉnU., IRMA.

IRMA

Âh! ne me laissez pas plus longtemps incertaine. Madame , Ters ce camp , quel sujet vous amène ? Pourquoi quitter ces murs? On dit que nos soldats Ont marché cette nuit à de nouveaux combats.

ZÉIRA.

Nos destins sont changés; la céleste vengeance,

Irma, de Tinfidèle a brisé la puissance.

Nos maux ont désarmé le courroux du Seigneor,

Le Philistin a foi, David revient vainqueur,

Ses souhaits sont comblés , et JÉon père lui-même ,

Oubliant aujourd'hui Torgusil du diadème.

270 SÀUL.

Veut aux yeux d'Israël honorer un héros Dont le bras redoutable^ ^ffA^ 9iB rivaux. Envers son défenseur il cesse ft'ètre injuste , C'est le roi , c'est Saûl qui dans ce jour auguste M'appellç ,^99 i^s |te9l* On 4it qilll vent ofn Acquitter sa promesse en lui donnant ma main. Dans un moment si doux îuxAril que j'entrevoie Des malheurs dont l'aspect empoisonne ma joie. Cet hywen, njoç .^sp^oir, Tx^ji^t âf jt^ 4^ voe^^, Irma, ue m>ffçe flus w *^Wir hmv^^r P^ ,c^^^es , diç remçprd^ jje aui» myimni^. Je voudrais fuir l'abîme où je suis entraînée. Et je le veux en vain.

Quoi! lorsqu'un même jour Voit triompher Sion et couronner l'amour, O fille de Saûl! qfï^Wsf 4fV^^^ fiOf^e Porte dans tous vos sens cette langueur mortelle? Du trouble où je vou^ yç^s guel ,est donc le sujet?

ZÉIRÀ. .

Irma, je vs^is enfin t'apprendriO Qfion ^«cfial. Ecoute mes douleurs, sois juge de puiss hurmeSi Je ne m^abuse point par 4^ yaijfps alarqo^. Non , mon. sort est aiïreux. Te souviept-i] du jour Où le fils d'Isaîe apparut à la cour? Jeune, pauvre, sans art, enfknt de la nature» De ses seules flrartw il avait la purure; Il n'était rien alors et déjà mu regard Semblait aire à Sion oe qa'il swail plus tard. Aux célestes 9ùtsff4a d^nne harpe iacréé Il joignûl les aoceqts de «a ¥oix inepivée. A ces sons eprimnlnors mon père sb flaiigit.

ACTEVHBMIER. fXt

Ma YoiX) na MUè ^x souvent >les redisiAt. Simple et crédule encore ^ au siîrtir dé rcaffanée^ L'innooancê admirait) la timide hmoc0i«e. Je ne vofois en M qu'on sujet gëriéreàx , Dont k ix>i ehétissait lies peachants' veitueûx. De l'annitié , lamour empruntant la i^re Trompait ainsi mott coeur par sa doilc*» Imj^store. Taimais. Goliath \inl, et Saûl en courroux Jara que son vengeur deyiendnùt «son épout. Soit amour de «on roi, soit amour de la gloire, David , si jeune encore , aepire % la Notoire. 11 triomphe, et dès lors, à ce cbarmatit vainqueur Zéïra trop sensible, ababdoiMrSfAt son cosur^ Se livra sans contrainte au vœu de l>^éranoe^ Et je ne ^orus fàimer que pat* obéissanoè. Tout siâmbiail ihe sourire, il m'aîMeit. Gepelidant Un bruit sounA et sinistre, oracle mëna^nt, Annonçait que du k*oi Dieu proscrivait la râoe, Et qu*un de ses si^ets régnerait à sa place. Redoutant pour Saûl un destin si cruel, Imprudente, je veux interrogei' te éiél. 0 fiittetfte dedSéSa ! ô terrible lumière ! Mais que uë fâit-on pas pour le salëi d'un pète? Je cours chee Samuel; on était dàils ces jours Que Tusage consacre â la pompe des cours. Le temple était désert, un lugubre silence Régnait autour de moi. Cniative, je m'avance... Tout-à-coup Samuel paraît à mes regards! Sinistre était son fttmt, ses yeux étaièbt hagards^ Il agitait un glaive, et d'une mais ton^nte Il tenait la oonTonne. Interdite, tremblante. Je Mis que de ses traits un esprit téoébr^x Empruntait Tappareiloe et fascinait mes yeut. Je veux fuir, il m^irrètef, et sa voîi t^éutaUe

928 SJUJl.

Murmure en longs soupirs œt oracle effroyable

<t 0 fiUe de Saûl! pleure, pleure sur toi;

» Pleure sur ton époux, il triomphe, il est roil

» Meurs, ô fils d'Isaïe, avant le jour du crime!

D Eh! quoi, le juste aussi tombera dans Fabime!

» n succombe.. .Unefemme...Unmeurtre... Des tombeaux.

» 0 fille d^ Saûl, redouble tes sanglots! x»

Le prophète s'éloigne et défend de le suivre. ,

A cet oracle affreux aurais-je dû survivre?

David roi!.. Le repos depuis ce jour m'a fui.

Combattue, indécise entre mon père et lui,

En vain j'ai repoussé Tardeur qui ma dévore.

Plus je veux le haïr, hélas! plus je l'adore.

Je devais à Saûl dévoiler son projet.

L'amour a dans mon sein renfermé n^oir secret;

J'ai craint que d'un soupçon il ne fut la victime,

Knfin je l'aimais trop pour Taccuser d'un crime.

Hier, allant au temple invoquer l'Eternel,

Je voulus de nouveau consulter Samuel.

Il se tut, mais sa main me montra sur k pierre*

La loi qui dit au fils: Obéis à ton père. .

J'ai frémi. Que veut-il? Je ne sais quels malheurs,

Quel avenir sanglant de forfaits et d'horreurs

S'offrirent à mes yeux dans ce moment funeste :

Ce jour si désiré, ce jour... je le déteste.

IRMA

Âh! pourquoi détester ce qui comble nos vœux? Cet hymen dès longtemps fut l'espoir des Hébreux: Et David en est digne. Enfant de la victoire. Grand, non par ses aïeux, mais de sa propre gloire, Il a de Gédéon le courage indompté.

Et du fils d'AIifraham la douce piété. , .

ACIX PREMIER. 97d

A ses persécuteurs il parAomia Toutrage.

Ah! craignez bien plutôt que leur aveugle rage...

ZÉIRA.

Oui , je crains pour David et crains plus pour le roi. Irma, peuvent-ils être unis de bonne foi? Israël à David présenta la couronne.

Penses-tu qu'à David mon père le pardonne? Quand il voit la révolte à grands cris invoquer Le nom de ce sujet qui Posa provoquer? Des crimes de Sion que David soit coupable ? Je ne sais, mais je crains un monarque implacable.' Et ces mêmes succès, que David aujourd'hui Obtint sans son aveu« je dis plus, malgré lui, A sa reconnaissance, Irma, sont- ils un titre? Saûi voulait la paix , il en était Tarbitre. Mais déjà le roi vient,, et de joyeux accents Annoncent le retour des guerriers triomphants. Ah! quels que soient les maux qui menacent ma vie. Mon cœur s*unit encore aux chant3 de la patrie.

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