ACTE CmQUIÈMË
Innocents! Dieu cruel. Dieu sourd à ma prière, Pourquoi tardes-tu donc à réduire en poussière Celui qui te brava? C'est au fond des tombeaux Que Saûl désormais peut trouver le repos. Le repos! Vain espoir! Le cercueil que j'implore £teindra-t-il ce feu, ce feu qui me dévore? Et ne serait'U point, au-delà du trépas. Des supplices vengeurs des forfaits d'ici-bas? Il m'a semblé souvent qu'un pouvoir implacable M'entraînait vers un gouffre horrible, épouvantable, Où j'entendais ce cri mille fois répété: Malheur à toi! Malheur! Vengeance! Eternité! Fuyons! Qui me retient? Quelle invincible étreinte M'attache à cette main, au sang dont elle est teinte? Va-t-en, fille d'enfer ! Soldats , secourez-moi , Venez, accourez tous, venez, sauvez le- roi. Personne ne répond, nul ne s'offre à ma vue... Quel est donc ce poignard? Cette foule éperdue... Que veux-tu, Samuel? Dieu ! Qu'entends- je ? 0 terreur! Est-ce toi qui me parle, organe du Seigneur? Âh! ne me maudis pas!
( il renti-e épouvanté dans sa tente.)