TROISIÈME PARTIE
Le Théâtre représente l'appartement de l'empereur. Il est
minuit.
Scène Première, — constant, seul. — Il dit que ses nuits sont entourées de terreur, qu'il n*ose conserver personne auprès de lui , pas même l'impératrice ; il craint que son sommeil ne le trahisse, et qu'il ne révèle lui> même son crime. Ah! Si e)le le savait, quelle serait son horreur I
L'anathème prononcé sur sa tête, le trouble. Il se plaint d'avoir toujours cette robe sanglante devant les yeux, et de ne plus goûter le sommeil. Dans ce moment, on entend un chœur de voix lointaines, musique étrange qui rappelle le motif du chant des moines du premier acte. Il cherche à s'expliquer ce qui peut, à cette heure, produire dans son palais ces nocturnes accords. Tout-è-coup son agitation devient extrême. Parmi ees voix, il a reconnu celle de son frère. De moment en moment, la voix se rapproche ; la porte de Fappartement s'ouvre : c'est . son frère luimême vêtu de sa robe sanglante, qui est devant lui. Il tient un calice, et lui dit d'une voix plaintive : buvez, mou frère, ceci est du sang. L'empereur pousse un cri et s'évanquit.
Scène 2. — constant, le confident, gardes. — On accourt ; on secourt l'empereur ; il revient à lui. Les gardes s'éloignent. Il raconte sa vision à son confident. Celui-ci lui reproche
sa faiblesse, et lui dit qae le supérieur, qui était maître de son secret, ne le trahira plus.
Scène 3. — les piu£c]£dents, L*iMPéRATRiCE. — Sur le iMnit de rindisposition de Tempereur, elle s'empresse de venir. L*air égaré du prince lui fait soupçonner quelqu'é* trange mystère ; cependant elle essaie de ramener la tranquillité dans son coeur» elle y parvient. Constant oublie un moment ses terreurs. Tout-à-coup les mêmes accords lointains retentissent, la même voii chante, et peu à peu elle prend un éclat formidable. Cependant lui seul Tentend ; les spectateurs et Timpératrioe elle-même ne comprennent rien au trouble qu'il éprouve. Son délire croit avec Fintensité de la voix du spectre. Les prêtres, appelés par Timpératrice, viennent et décident que Tesprit infernal agit ici, et que l'empereur est victime du roi des ténèbres et qu'il dut l'éloigner par Texorcisme.
Scène 4. ^ les PH^c^nENTs, l'exorciste, chœurs. — Pendant les cérémonies de l'exorcisme, l'empereur tombe dans une sorte de sommeil magnétique. De temps en temps il laisse échapper une parole, alors les chœurs se taisent. Bientôt ces mots isolés prennent un sens, et peu A peu il révèle è l'auditoire étonné son usuipation, sa trahison envers son frère et son amante, enfin, son fratricide. À cette suite de révélations terribles, stupeur de la foule. Désespoir de l'impératrice.
Cependant le sommeil se dissipe. L'empereur revient k lui; il ignore complètement la confession publique qu'il vient de faire, et s'étonne de voir que tout le monde s'éloigne de lui. II veut se rapprocher de l'impératrice qui, elle aussi, recule saisie d'horreur; bientôt elle l'accable de reproches, et lui jetant la couronne qu'il a mise sur son front, elle appelle sur lui la vengeance céleste. Puis elle tombe morte en appelant Théodose.
FIN de la pièce.
ou l'appawtion ,
Sujet de Drame ou (TOpéra , en trois tableaux.
PBHSONIfAGBS.
DOM SÉBASTIEN, roi de Portugal, cru mort.
DOM HENRI, ODcle de Dom Sébastien, et lui ayant succédé au trône de Portugal.
Louis BRITO, officier de Dom SâMStien.
CARLE DE LIMA, seigneur Portugais. *
Le comte de MOMBAZE, premier ministre de Dom Henri.
SIERRA, confident de Mombaze.