LETTRE TROISIÈME
Adèle à sa tante,
' Hier je me croyais au comblé du malheur, hélas I que je me trompais I Cet époux dont on me menace, c*est ce même homme que je ne connais pas, mais dont le nom seul m'a toujours fait borreuTy c'est ce Yargny. Il Caut que ce soit un être l»en affreux ^ bien méchant , car tout le monde en dit du mal. Oui, ce doit être un monstre et je le détesterais quand même je n'aimerais pas Charles. Jugez de l'horreur qu'il m'inspire.
C'est, dit*on, un homme sans naissenoe, sans éducation,
un aventurier. Je me souviens qn& Charles, qui en entendait
parler à mon père, me dit lin jour que son laquais était
de meilleure maison. Ah ! ma chère tante, je préfère mille
' fois la mort à la honte d'être mariée à un tel personnage.
S'il faut que je renonce à celui, que j'aime, obtenez de mon père qu'il me mçtto daw un couvents
NOTES ET CORftÉSiPONDANCE. tm
LETTRE QUATmÈME.
Adèle éTffttuteml à la marquise de Sdint-Chaumont,
Ah! ma ckère tante, de quelle scène je viens ^ètre témoin! rétais bier dans le oabinet de inon père lorsque mon frère Adolphe y est entré; U paraissait très agité; il « demandé à mon père s'il était vrai qu'il eikt décidé mon mariage? Mon père lui ayant répondu affirmativement, Ajdolpbe ajouta très douceiBient, qu'on assurait qu'il voulait donner ma main .à un .homme saas nom. 4lon père. fit un signe affirmatif. Là-4ess«s, Adolphe se jeVi à ses geaiMeR en le suppliant de ne pas caQser mott malheur et le déconsidérer lui-rméme en Ini doQ$a«l peur . frère . un .personnage si peu lait pour s'alkler k nous. Mon père loi répondit fu'il savait mieux, que lui ce qui convenait à mon bonheur et à Thonneur de sa maison. Mon frère se leva en colère et en protestant, que Varé^ny ne serait- imon époux qu'aprèS; l'avoir tué. Mon p^re lui fit signe de sortir et lui dit que s*il manquait à M. Yait^ny, il ne disvàit plus re|)arattre devanlt lut. Adolphe /alors quitta l'appartement, mais je l'ai entendu répéter en sortant, qu'il fallait que lui ou Yargny pértt.
Quel homme affreux que ce Yargny, qui, sans même se m«olrer, a mis id la désunion! Ma' bottne tante, je sens de jour en jour redoubler mon aversion pour cet homme. S*il m'épouse, il ne m'épousera que tnorte.