LETTRE ONZIÈME
Adèle d^Hauteval à Berthe de Morency*
Pourquoi m'as-tu quittée dans un tel moment, ma chère Berthe. La terrible entrevue^ a eu lieu. Cet homme que je croyais ne pouvoir envisager sans mourir, est ici depuis trois jours. Il n'est pas aussi affireut que je pensais ; il est même très bien. Il fout que cela soit, puisqu'il me parait tel i moi, qui le bais de toute la puissance dé mon âme. C'est Uà homme de 2tf ans, grand et bien fSftit, à l'abord froid et presque dédaigneux. A ses manières, on croirait, eu Vérilé; que c'est lai qui nous fait une grâce en acG«|Kant notte âlliadoe. Mon Mtt n'en ittient pas.
Ses yeui noirs ont un éclat difficile à supporter, et son regard m^intimide. Je ne suis pas la seule; nos domestiques qui étaient si prévenus contre lui, et s^apprêtaient à lui jouer mille mauvais tours, lui obéissent avec autant de déférence qu'à mon père même.
Ce qui me surprend le plus» c'est ,que Charles, bien que froid avec lui, lui montre des égards comme les autres. Enfin, il n*y a pas jusque ma tante de Saint-CbawnoDt qui, arrivée avant-hier dans l'intention bien arrêtée de lut chercher une querellé', a fini par en être aux politesses.
Au surplus, mon mariag» est ajourné: à la demande de qui, tu ne le devineras pas.? — A la sienne, et il n'a pas même attendu que je l'en priasse. Est-ce. que par hasard il ne me trouverait pas digne de lui?
LETTRE DOUZIÈBIE.
AdèU d^Hauteval à iBerthe de Moreney.
Nous venons d'avoir une cruelle alerte, ma chère Berthe. la vte de ton pauvre frère a été ))ien en danger. Tu sais qu'il avait écrit à M. Yargny, mais sa lettre avait été remise à l'un de ses cousins du même nom, qui , se croyant offensé, s'était présenté à sa place.
M. Vargny, en apprenant ceci, a demandé une explication à ton frère, et un duel a eu lieu hier. Ce n'est qu'aujourd'hui, par Hector, que nous avons appris à la fois la provocation et le résultat. On se battait au pistolet , les deux adversaires devaient avancer l'un sur l'autre : ainsi l'avait vofilu Charles. Il a tiré le premier et a manqué. Alors M. Yargny, qui s'était plus qu'à duq pas de lui, a tiré en l'air.
Ici ton frère a eu un tort : il a youlu, bien qu'il dût la vie à son adversaire, continuer le combat. On a pris des épées et M. Yargny qui est très adroit, car il faut rètra beaucoup pour l'être plus qUe Charles, Ta blessé à Té^ paule.
Mais ce qui ne l'étonneM pas peu, c'est qu'après Vvfinr pansé, il l'a fait transporter eu château, et que mon père
NOTES £T dORBfiSPONDJiNCE. tù
ayant fait qaelciaes observations sur la cooTenaDce de la chose, il a insisté en disant que puisque M. de Morency était notre parent et Tami de la maison, il verrait avec un vif regret que la porte lui en fût fermée. Voilà un procédé bien étrange, puisquMl n'ignore pas que ton frère est son rival.
J'ai dû le remercier de cette conGance: je t'avoue qlie j'en ai été fort touchée. Alors j'ai pu le regarder plus attentivement, et cette fois je Tai lait sans effroi. C'est que, ma chère Berthe, il. est vraiment beau. Ce qu'il y a de plas singulier, c'est la distinction de ses manières : en vérité il est impossible que cet homme, ne soit pas noble! Ta diras que je suis folle, mais si mon cœur n'était pas à ton frère, je crois qu'il ne me déplairait pas.
Nous ne continuerons pas ces lettres, les caractères soa posés et l'intention de la pièce suffisamment indiquée. Vargny, entouré de préventions, haï. méprisé, en est arrivé à se faire craindre d'abord, et bientôt estimer. Après avoir obtenu du père un nouveau délai au mariage, il parvient aussi à le décider à laisser Adèle libre de son choix. C'est alors qu'il déclare à la jeune fille que ce choix u*est plus à faire, car il a renoncé à sa main dès l'instant qu'il a su qu'elle oe Taimait pas. Il ajoute que s'il a tardé à le lui dire, c'était pour amener son père à consentir à son hymen avec M. de Morency et qu'il croit y réussir.
A cette déclaration, Adèle garde le silence, puis elle semble fort agitée, et au moment où Vargny s'apprête à partir, elle l'arrête et lui dit qu'elle ne veut pas alTliger son père en lui désobéissant. Vargny lui répond qu'il n'acceptera jamais une femme qui ne l'épouse que par obéissance. Adèle alors, après beaucoup d'hésitation, lui dit que, puisqu'il a obtenu de son père qu'elle serait libre de son choix, il n'est pkis le maître de l'empêcher d'en user, et que c'est lui qu'elle choisit.
FIN DE LA PIÈCE
602 eSSÂIS DftÀMÂTIQUïfS.
Ce 12 février i»3i.
Vous avez bonne mémoire, moDsIeur et ami, et je ne me doutais guère qne ma pièce l'Intérieur du Menace eût laissé une trace en ce mon^e, et une trace qui pur vivre 14 ans, car c'est en 1817 que je vous en faisais la lecture. Je ne vous la ferais plus. Autant elle vous amusait alors, et je pAis le dire, amusait tout le monde, autant elle vous ferait bâiller aujdurd*hut. Tel est le sort de toutes les pièces de circonstances: aussi, depuis longtemps, ai-je fait justice de celle-ci, comédie en cinq actes, ma foi , et qui manqua de bien peu d'être jouée sur uo des plus grands théâtres de la capitale. Je ne doute pas qu'elle n'y ait réussi et n*ait eu sa vogue d'une semaine. Oui , cette critique ou cette parodie de la lutte des partis qvA divisaient la France , avait alors son à-propos. La censure trouva qu'elle en avait trop, et la représentation fat interdite.
Depuis, j'ai mieux fait encore que la censure ^i» an total, ne voulait que supprimer un acte, j*ai jeté la pièce au feu et je n'en ai gardé pour mémoire que qudques scènes que je vous envoie pour votre collection de souvenirs.
Quant au sujet, puisque vous vous le rappela, je ne ferai ici que l'indiquer-
La maison de commerce Dopmcod - GaUkourt et fils est fort riche et en mesqre de s'etunehir encore; mais malhcureusemei^t, lors du mariage de M. Dorimond avec M"** Gallicourt, il fut stipulé. au contrM que l'épouse qni apportait une, grosse dot serait non m communauté de bieQ.s avec son époux, mais associée de lu maison. De là toutes les discussions de famiUe et le uqpud de la pièce.
Ce sujet, comme vous le voyez, est purement allégorique.
M. Dorimond, en ^ qualité de maître de maison et de
NOTES ET GOaB^;SPOin>ÂNCE. 608
père de famille, indique le chef du gouveroemeal, le roi, si vous voulez.
Sa femme, oée GalUcourt, représeole Ift France.
Sigiberi, leur fils alaé, est la personnification du côté droit ou du parti ultra. 11 affeoleuae grande tendresse pour son père, et sous préleite de défendre ses droits de chef de famille et empêcher ce qu'il 4ipp6lfe les empiétements de ses frères et de sac mère, il veut le mettre sous sa dépendance.
Georges, le fils cadet, joue absoTumenf le même rôle à regard de sa mère ; il ne parle qne de son amour pour elle et ne néglige rien pour s'enrichir à ses dëpens. Bref,, en se yantant d'assurer sa liberté, il la traite en esclave.
Bertrand, le plus jeune des enfants, sous un. air d'insouciance, n'est pas moins intéressé que ses deux frères» Lui aussi est avide de pouvoir et d'argent; c'est le type du centre, du parti flottant, des ventrus.
Chacun de ses frères s'efforce tour à tour de. Tattirer à lui pour en faire un aide contre ses adversaires et kr duper ensuite si faire se peut.
Malignac, premier commis de la maison Dorimaûd-Gal*» licourt et fils, indique le ministère du moment. Il tâche de se maintenir entre tous les partis en les flattant et en les trompant tour à tour; c'est un gascon délié et vaniteux.
Vous devez vous rappeler qu'en cette année 1817, les soi-disant amis du roi, alors Louis XVIIf , entravaient toutes les mesures nouHrétrognides qu'il voulait prendre, soit dans l'intérêt du pays,- soit dans celui dé la royauté, en prétendant qu'il avait la main forcée et que les libéraux lui arrachaient œs mesures en lui mettant le poignard sur la gorge; Ces* ce qu'on a voulu peindre dans la scène suivante qui a lieu entre M. Dorimond et Siglbert, son fils aîné.
M. Dorimond à l'intention de s'associer ses trois fils, en les adjoigoaot à l'administration de sa maison. Sigiberi,
qui voudrait avoir seul cette administration, s'y oppose en ces termes:
L*amour que j*ai pour vous, mon* père, et le respect que je vous ai voué sont si grands que je ne puis supporter ridée de vous voir fiike quelque chose qui affaiblisse votre autorité paternelle, cette autorité que vous tenez de la nature et de vos droits.
DoRiMOND. ^ Laissons la nature. Puisque vous m'accordez des droits, j'ai bien celui d'en céder une partie, et ce n'est pas à vous de vous en plaindre puisque, comme aîné, vous en aure% la plus grosse part.
SiGlBERT. — Je la refuse, monsieur. Je vous veux obéir aveuglement et sans conditions, et vous aurez beau faire, vous ne m'obligerez jamais à vous servir d'une autre manière. DoRiMOND. — Mais, mon fils. . .
SiGiBERT. — Tous les ordres que vous me donneriez à cet égard seraient absolument inutiles.
DoRiMOND. — Mais je vous ai déjà dit que cette administration me fatigue : ma santé eiige que j'en cède une partie.
SiGiBERT. — Céder ! céder ! Ah ! miséricorde, où en sommesnous? Ah! mon père, je vous aime tant, que si vous n'étiez pas mon père je ne sais pas ce que je vous ferais. DoRiMOND. — Quand je vous dis que mon propre intérêt... SiGiBERT. •— Votre intérêt? Que vous connaissez peu mon cœur! Je vous aime pour vous-même et non pour votre intérêt, et je vous verrais au moment d'être ruiné, abiraé, que je ne céderais point d'une semelle.
DoRiMOND. — Vous êtes bien bon. Mais cessons une discussion qui devient sans but puisque je suis absohimeot décidé à iaire ce que je viens de vous dire. SiGiBERT. — Je vous jure que vous n'en ferez rien. DoRiitoND. — Je vous réponds que je le ferai. Vous allez signer.
SiGiBERT. -« Jamais. La fidélité que je vous dois..* DoRiMOND. — Je le veux.
SiGiBERT. — Non, vous ne le voulez pas
NOTES' Et (ÎOàïÙÎSPOïttyASdE. 60»
DotoMttWô^. — Jé"vi5ti!r T6rdoûiie.
SiGiBBRT. — C'est uo ordre qu'oà' tdtis $iâf fend ; yotis désirez qu'on yous- dédobéfàfee.' ' ^ •
DoRiMOND. — Ah ! qaelle pMiei^. . . Yiimlez=Tou^ eùGni
SiGiBERT. — On Yous y contraint; jt' dois m'ej^pdiièr h eette yiolence.
DORftfOND; -^ EH'I ttJoASieàr...
SiGiBERT. — J'entends votre cœnr qui me crie : courage, mdo' filsf! G'eâl^ itfr ViûstàtSt^ de me'ptfOdVeriob -amottr ; 80t6 som^ à nm pti^tesv
DoRiMOND. — Ah ! bonté de Dieu ! Je n'y tiens pliâ( I>T^6 me ftffin denreriir Jim, mdnfik»- àitti Vedre amour! Je vous dis que ma volonté est id paBfintèbMnfc Mfetfe, ^e^œ que je Sàb Je- ]m ine^ faire «tiqBe je lé fais peér votre tnen, pour le mien, pour l'intérêt de toue.*
StGiBttT.-'-^Goiifagev meo' cowr, peint- de 'fai^lesie 1 alH mon bien aimé père, quelle preuve je vous donne de amfidélité I...
DoaiHoifD. -^ Allei-veue en- au diaWe aiveo votre* fidélité. (Il sort.)
Scène 5. — frontin, siGiwprr* -^ FnoifTim '^' Abl lomeieyiiiri je suis dans l'admiraiiDnl Voilà ce^ qui s'«ppeUe un eljtachement véritable I
SiGiBERT. — Ah I Frontin, peuMQ en avoir trop . pour eel excellent pèrel II fout id le sauver* de hû-^méme» S'il y avait quelque moyen de le iaire interdire^ •;
Frontin. «- Quel excès d'amour fiUail.' I^e^ larme» m'en viennent aux yeux, ' i
SiGiBERT. — Mais non; lé monde est si.méehant! On ne saisirait pas la délicatesse de mes motifs. Tant de devoûment et d'héroïsme ,ne sont plus de notre sièdQ.
Votdf^miiinlBHnft la- oontl'eiMrtie" de cette" scène. Sijgfiberi est à sa toilette; il veut mettre iM blA>lt'*d'^i S6u valet de chambre, Prbntià; pdtoid' que l'ftabii 'èsrtrop léger poun Iw'saifonk' Il eil> i^soltei lel dialogué 4fûâ' suit ;
606 ESSAIS DRAM ATIQUfiS^
Fhontin. — Votre habit d*été ? Y pcnseît-YOUS, monsietor? Youâ allez Y0118 enrhumer.
SiGiBERT. — Non, il ne fait pas froid.
Frontih* t Vm est très vif.
S16UIERT. — N'importe.
Frontin. — Non, monsieur.
SiGiBERT. — Comment non I Veux-tu bie« aller le chercher.
Frontw. — Enoow une fois, non monsieur. J'ai pour vous trop d'attachement pour souflfrir que vous vous enrhumiez.
SIGIBERT. — Et qm t^ chargé du soin de ma santé ?
Frontin. — Mou dévoément. '
SIGIBERT. — Je t'en sais gré, mais va eherdier mon habit
Frontin. — Je n'irai past
SIGIBERT. -^ Or çâ, ti| commence» à mjennuyer. Va, ou sinon...
Frontin. — Non, vous dis-je.
SIGIBERT. •— GommeM, maraud, oses-tu ainsi me désobéir en face?
FaoNTim — ■ C'est pour votre Mén.
SIGIBERT. -*■ A-t^n jamais vu pareille impodeoee ? Les valets veulent donc aujourd'hui être les mattres?' Coquin!
Frontin. r^ Je vous aime. ' '
SiGiBERT. — Sc^érat!
Frontin. — Je vous chéris;
SIGIBERT.' — ^ Un batôè!
Frontin. — Ah ! quel doux espoir ! Ma Sdélité va paraître dans tout son éclat.
Sigibert, lût donnant un soufflet, — Tiens.
Frontin. '— Bon. Vous êtes un ingrat, un homme injuste.
Sigibert. — Tais-toi, drôle, mi je te chasse.
Frontin. -— Vous devriez plutdc m'assommer, cela me ferait encore j^nsid-heiineur. '
Sigibert. i— > Oui» je t'assommeni.' [H Ubat.) .
Frontin. r- Bon, bon ; voiUe le prim de mon amour et
NOTES Et CORRESPONDANCE. <W7
de ma fidélité. 0 le plus ingrat des mattres!
SiGiBERT. — Ce coquin -là a jur^ de me faire mourir. Va-tp^n, ou....
Frontin. -7 Non, je veux que vous ayez sans cesse sous les yeux le spectacle de ma douleur ^t ^e vôtre injustice.
SiiQi0Ea|r, frçkf^nt du pi^. — Ah! drOle!. Ah! bourreau! J'en fer^i une maladie.
Frontin, à pwrt^ — J'espère qu'à présent il croira à mon attachement.
Les deux scènes qvk'^a vieni de lire sont Vexpression exacte des seatîments et de Ja conduite du parti. dit alors légitimiste ou ultra, qui, plus rpyalis^ qijie le roi et Taimant plus, qu'il ne voulait l'être, ont ainsi conduit la royauté à sa perte.
L'acte tjroisièroe commence par uqe scène entre Malignac et ses commis; c'est ht parodie de ce qui se passait diton alors entre les ministres et certain membre du conseil>
Malignac, parlant à une porte qui donne sur le comptoir. — C'est moi qui vous apprendrai à ne paraître au comptoir qu'à 11 heures ; est-ce donc ^ pour ne rien faire que je paie des commis? {En entrant sur la scène.) Ces drôleslà s'imaginent tous être des premiers ceramis* {Il retourne à la porte.) Des premiers commis, canailles que vous êtes ! Il n'y a que moi de premier commis ici. (H revient sur Pavant-scène.) Ça veut se donner des airs, et ça ne sait pas même écrire couramment. {Il retourne ^ la porte.) Se donner des airs! Voilà bien des gens à se donner des airs ! Des barbouilleurs qui ne sont bons à rien! Des honnêtes gens qui n'ont pas même un écu dans leur poche.
Scène 2. — frontin, maligNAc. — Frontin. — Mais quel vacarme faites-vous donc là tout seul?
Malignac, sans écouter Frontin^ — Des fainéants, qui ne savent que boire et manger.
FaoNTiN. — 4 qui en aTeznTOQs?
MàLiGNAc. — Des misérables qoe j*ai ramassés dans la rue, qui sortent je ne sais d*où.
FaoNTiir. — Mais dites-moi. . .
Malignac. — Bonjour, Frontin. Des impertinents qui. . .
Frontin. — Quel si grand sujet?...
MaligiiÂc. — Quel si grand sujet? Ub comfyle et dé-, penses que je leur donne à faire hier. . . Un compte pressé... (Il reUmme à la pofte») Si dans une* heure il n'est pas prêt. . . Vous laisserez les blancs indiçiés. Ua zéro de plus à Taddition.
Frontii^. — Que dites-vOus de«c là?
Malignac. -^ Ne frnqnlète pas ; c'est un nouveau système financier que j'ai inventé. [Il retourne à la parte,) %t que cela soit fait proprement. Si quelqu'tofi y trouve à redire, je vous chasse tous.
Frontin. — Calmez-vous donc, vous allez vous fiiire mal.
Malignac. — Kon, au contraire, Frontin, cela tue soulage. [Il retourne à la p&rte.) Des libertins, qui sont toute la journée dans..'.
Frontin. -*- Assez, il ne faut pas tout dire en un jour.
Malignac, il veut retourner à la porte. — Des. . .
Frontin, le retenantJ — Allons donc, mon cher Malignac.
Malignac. — Son cher Malignac? Voyez ce drôle! Où a-t-il appris à parler ainsi à un premier commis? Me prend-il pour un valet de son espèce?
Frontin. — Qu'appelez-vous v^let? S^vez-vous, monsieur, que je ne suiç pas plus valet que vo.us^ et que la seule différence qu'il y a entre nous deux, c'est qye vous avez de plus gros gages et que vçus pe portez f^^ 9n habit de la même CQuleur.
Malignac. — Comment, la ae,ulQ d^Térejuice ! Coquin, si je prends un batoç. ...
Frontin. — £h bien! M. Malignac, j'en pr^i^drai im autre, et j'imiterai vos laits et g^^ ayec toute l'exac-
titude dont je suis capable.
Malignac. — Le premier commis de la maison Dorimond menacé par nn laquais!
FaoNTiN. — L'ëcuyer de M. de Sigibert, nn laquais d'épée insulté par un laquais de plume, un gratte-papier.
Malignac. — Un gratte-papier! Un homme comrte moi!
Frontin. — Qui donc, monsieur le premier commis, vous imaginez-vous être? Votre patron ne peut-11 pas vous chasser comme le mien me chasserait si la fantaisie lui en prenait?
Maugnac. — Dites remercier, insolent.
Frcktin. — Eh bien! vous remercier. Ne peut-il pas vous appeler comme il m'appellerait, drôle et fripon, lorsque vous le volez et qu*il s'en aperçoit?
Maugnac. — Quand je le vole?
Frontin. — Je sais qu'il ne s'en aperçoit pas souvent, vous avez la main heureuse, plus heureuse que la mienne. Vous n*y avez encore été pris que deui fois.
Maugnac. — Je t'attaquerai en calomnie.
Frontin. — Je n'ai dit que deux fois. La première fois, vous vous le rapjpelez bien : c!est . quand vous avez lait pendant la maladie de madame un mémoire d'achat d'émétique tel que . tonte la ville aurait pu s'en .purger pendent six mois.
Malignac — Sais-tu bien que je te ferai pendre?
Frontin. — Savez-vous. bien, M. de Malignac, qi^e vous pourrez bien, me tenir compagnie.
Maugnac — Ouf, j'étrangle ! Butor !
Frontin. — L^ seconde fois que vous fûtes pris, vous vous en souvenez bien encore; j'étais de moitié avec vous.
Maugnac — Voleur l
Frontin. -— Courage ! Je ne serais pas fiché de trouver Toccasion de rendre à quelqu'un ce que j'ai reçu de mon maître dans l'exercice de ma fidélité ; j'ai lé bras qui me démange.
Maugnac. — Double pendard !
^0 EjSSAB DRÀBfATKHJfiS.
Frontin. -- Mon bien aimé, M. Miili^iac. ni4 mm fré- «ût sur Vépée, comiDe dit mon patroa. Je yous épousieraî.
MàLiGNAC. — Drôle !
Frontin. -^ M. de Mali$aAC,je vov3 frotterai.
ftlALiGXAC. — Scélérat!
Frontin. — M. d^ Maii^oac, je tous étrillerai.
Maugnac-^ Bouneau,!
Frontin., -* M. de Mali^nae» je fous écprcheraû
BUuoNAC. ^ Misérable !
Frontin. — M. de Malignac, puisque \fiv^ le voulez ■absolument. {U le ^)
MaiiIgnac. — Au voleur I à l'assassin !
Scène 3. — les Piuécij)ENT8, m. dorimond. — M. Doai- MOND. — Qu*est-ce donc que ce vacarme?
Frontin. — ASel aïe! aïe!
Porimond, -f- Qa!as-tu donc?
Frontin. — Aïe! Aïe! |9 suis mort!
DoRiMOND. — Quoi!
Frontin. — C'est ce brutal de M- Majignac qui vient de me rouer de coups. Aie ! aïe !
DoRiMOND. — ' Gomment M. Ma%nac?
Frontin. — T a-t-il de l'humanité à traiter idnsi un pauvre homme ? Si vous n*étîez pas arrivé, il me tuait.
MiALiGNAc, en te frtatant le dof. — Mal appris- que vous êtes ; remerciez-moi de ne vous en avoir pas donn# davantage.
I>0RiM0N». ^ Cependant, M. MaHgnac.
Malignac. — Vous eussiez mérité que je vous assommasse sur la place.
Trontin. — Monsieur, vous èteâ( témoiù qu'il avoue ; je vais Tattaqtker en dommages - intérêts^ T^ ce braa-îà rompu.
DoRiMOND. -T M. Malignac y je suis très mécpi^fint. Traiter ainsi ce garçon !
Malignac. — Monsieur, il m'y a forcé par ses impertinents propos.
NOTES^T COBI^ESPONDANCE. êâi
DoBiMOND. — MaÎ9 le battre k ce point ; il ea eel tout meartri. C'est un assassinat.
Faoutin. <r- Au motus* Aïtl aliel DoRiHOND. -<- Témeignezrlui yos regrets MALiGNiuG, à part, — 6*est trop fort. (Msuf.) Mais, monsieur. ■ .
DeMMONO. — Je TeKige.
Malicnac. «— Mais« . .
DoRiMOND. -^ Je l'ordonne.
Malignac — Mon cher Frontin, pardomieùioi un mo«vement de vivacité.
Front IN. -^ Je vous pardonne, mon ami ; Je n*ai pas de rancttoe. {A Dorimond,) ffe serait'î) pas juste qu*tl acquittAt les frais de pansement?
Dorimond. — Il les itcquittera, va.
Scène 4. — malignac, dorimond. — Malignac. — Je suis désolé, mon respectable patron, d'ayoir fait du scandale dans votre maison ; je sais que vous ne Faimez pas ; mais il faut bien soutenir ses droits et ne pas oublier ce que Ton doit à sa place.
Dorimond. — Allons^ laissons cek^ vous ne m'avez pas rendu compte des opérations qu*a faites hier mon fils Sigibert.
Malignac. — Il a imaginé Topération la plu« bizarre, lai plus ingénieuse dont on ait japttais ouï parler. Il a fiiit acheter tous les vieux habits et les vieux galons qu'on a pu trouver, eu disant ^ue la mode eu allait revenir* {AÛtision à la mancKe. rétrograde, du tf^imistère d^alçr&,)
Dqrihoni>. t- Quelle folie I <
MAi.ioNAi&. <^ Et pendant ce temps, par esprit de cou* tradiction, M. George faisait fomlre ses oalottes, assurant. qu*avant la fiu 4e ThiYer o^ R*<eii porterait plus,
Dorimond. ^ Us ont perdu la tète tous les deux.
Malignac. — Aujourd'hui nous nous occupons de spéreulalion «qr le cba«ige^
Dorimond. — Vous savez que je n*aime pas ce genre >
etî ESSAIS DRAMATIQUES.
d*opérations ; elles font toujours crier.
Malignac. — Comment crier? CMi! oh! vous faites liicn de m*avertir, mon respectable patron; je vous prie de m'accorder la permissdon de faire eufermer ces criards, pour leur apprendre qu'ils n^ont pas le droit de crier.
DoRiMOHD. — Quand on les écorcbe?
Malignac. — Ne peuvent- ils pas pleurer honnêtement et décemment, sans nous étourdir? Ah! les scélérats! Les brigands! Si vous vouliez m'autoriser aussi à les empêcher de penser, cela ne serait pas mal dans la circonstance.
DoRiMûND. — Encore une fois, M. Malignac, je prétends et j'eatendsi que chez moi personne ne crie ni ne pleure, et je vous rendrai responsable. . .
Malignac. — Responsable? Ah! mon respectable patron, quel mot venez- vous, de prononcer! C'est à en avoir nne attaque.
DoRiMOND. — Qu*y a-t-il donc qui vous choque tant dans ce mot?
Malignac — Responsable ? N'est-ce pas avoir la responsabilité ?
DoRiMOND. — Des sottises que vous pouvez faire.
Malignac. —Responsable? Ah! je suis ruiné! abîmé! assassiné! Responsable!
DoRiMOND. — Mais raisonnablement...
Malignac — Raisonnablement! Raisonnablement! Voilà précisément ce qui s'appelle mal penser. H faiit, mon respectable patron, que vous ayez le cœur hien dur.
DoRiMOND. — Morbleu ! M. Malignac, vous m'impatientez, avec votre désespoir. N'est-il pas naturel' que chacun ré^ ponde de ses fints et gestes f
Malignac. — Miséritiordeî Voilà mon bien aiiné patrpn qui donne tout^-fait dans les mauvais principes. Responsable!...
DoRiMOND. — Vous ne le serez pas -seul, et leà antres commis.'.. .
MiiUGj!i,ic. -!- Mes cjotmol». »... Je yepic 4ire mes «ollègae»» le s^TQUi 4t|is3i ? Mb ! . que Qe yohs ejkpKqoiez-rVOus mieux, mon adoré patron? {Malignctc à la porte.) Oui, caoâiltos, vous serez redoutables 4e (o«t. «e q«e ' je ferai» et gare à vous si je fais quelque sottise*
DoRiHOND. — Il Aie semble» JM. JMeliiPQaCy-que vous traitez vos collègues un peu durement.
Malicuoc. ^il i^vA .^Ij^'^saoA quoi iMmsu'eD pcfonions rien faire.
Ced nous «codiiiit à la fin du 4* acte.'Yoas ^ous rappelez que Sigibert et George voulant .diaean s'attribuer la direction .exelusùre de la raaîsen, avaient, grand intérêt à ce que M' et Mf^ Dorimand ne se rapprocbassent pas. Nonobstant les précautions qu*ils avaient prises, le mari et la femme parviennentàae voir. :Là, tAte -À tète ils8*expliqueal et votit .bieniôt se trônver d*accôrd«>
Gepi^aBt» GiBonge et Sigibent, pfévenus de ce qui se passe, accourent pour empêcher la védafeMiliatioo. Au moment où George fintre., M'^.et lA'^^ Dmaiood ee donnent la main en gage de paU et 8>f)g|)r^aeen^.
tGd$eRG«, -rt. 4|i ! nt mère» que fatles-vouaf On (ious tfQfppe, ou'voiu aboae.
Mme DoajuoND. «^ Mm moa jGIsI
GfiORGE. — Venez .ma mère» ma b<)>nne mère !
^QiBJs^ j .mtrjanL ^ Mon. p^ce, dans les manis de aes enoemis, mon père, sauvez mon père.
DoBiMOND. — Mon .61s, je ne caurs aucun daqger.
SiCiiit^T. — AvieVQ daoger!!! [Se wie^tmt devant ton père et s'adressant à George' 4t à, sa mère,) l^on, vous n*arrivere2 jusqu'à lui, qu'en passant ;spr mon corps.
George de son côté euU^e^oe sa mère -et sort avec elle en s'écriai)t: oui, je la défendrai jusqu'à la mor^.
Sigibert, resté ^ul avec son père, vemt lui persuader qu*^ vieot d^échapper i un danger imminçpt. 11 s'écrie:
Ah ! mon père, vous êtes sauvé ; vos ennemis soi^ en ffiitef
Frontin. — Oaf! Voili une affaire qui a été chaude.
DoRiHOKD. •— Mais , mon fils , je ne sais ce que yoqs touies dire.
SiGiBERT. — Lèissez-inoi jouir du bonheur d'avoir sauvé un père adoré.
]>ORiiiOKD. — SavTé de quoi? Je causais tranquillement avec ma femme.
SiCfiiKRT. ^* Yoilà encore un trait macbiaTélique de nos adversaires. Les infâmes, ils ont persuadé à mon père qu'il n'avait pas été attaqué.
DoaiMOim. •-* Je crois, monsieur uMn fib» que vous vous êtes mis en tète que j'étais fou.
SiGiBERT. — 0 comble de l'ingratitude ! Père dénaturé ! Vous vous dispensez de la reconnaissance en niant le bienfait.
Frontin; — C'est moins coûteux.
SiGiBERT. -- Mais je vais faire connaître partent que vous me devez la vie et que vous ne le niez que pour sauver des coupables.
Frontin, à Sigibert, *— Jq serais tenté de croire qu'il était d'accord avec eux pour se foire tuer.
DoniHOND. -*- Si vous vous avisez de publier de pareilles sottises, monsieur mon fils, je vous fais mettre à Charenton, où vous devriez être depuis longtemps. (Il sort*)
Scène 12. — frontin, sigibert. — Sigibert. — Voilà donc la récompense de ma fidélité ! Père cruel, tu as beau faire, je t'aimerai toujours, et je vais t'en donner une preuve' à notre assemblée de famille en te faisant décidément interdire, et en prenant, en ma qualité d'atné, la direction du conseil de tutelle.
Frontin. — Et la gestion de la caisse ; vous ne pouvez rien faire qui lui prouve mieux votre dévoûment.
Au 5^ acte, Malignac se trouve successivement avec les trots Irères, et tour k tout de l'avis de chacun d'eux, même de celui de Bertrand qui n'en a pas et qui demande le sien è Malignac.
NOTES ET COJRAESf^NP^CE. 6ltl
Malignac. — Mon avis est qu/e vous cootinuiez iipen9er; comme yous pensez. * . .
Bertrand. -* Mais comment pensé-je ? Voilà jnstémeai Tembarrassant.
AIalignac. — Embarrassant! pas du font. Si yous sortiez de cet embarras, yous changeriez d^opinion ; c*est précisément cette incertitude qui fait votre système, Totre |nanière de voir. ^
Bertrand. — Et cette manière de voir. Tapprouves-tu?
Malignac. ^ Comment, si je Tappronve I C*est la bonne, M. Bertrand,- l'excellente.
Bertrand fait alors à Malignac son exposé de principes oo sa profession de foi y mot, mon ami, lui dit-il, j*aime la paix. Pourquoi me mêler des querelles des autres? Qu'on se batte, pourvu qu'on ne me batte pas ; qu'on se pille, pourvu qu'on ne me pille pas; qu'on s'écorcbe, pourvu qu'on ne m'écorcbe pas, et je n'en ferai que rire. Je isuis un bomme juste et modéré en touiv ^Je ne tiens ' même pas è ce que notre maison nfetê. debout, pourvu que ma chambre ne s'écroule pas.
lUuGNAC. r^ Ahl mon cher.» mon bon M. Bertrand, laissez-moi vous embrasser, vous serrer sur mon cceur! Voilà ce qui s'appelle de la philosophie r Vous êtes plus sage que feu le grand Salomon. Àh t que nos âmes soni' bien ^n rapport direct, et que j'ai> en horreur les principes agitateurs et subversils de MMi Sigibert et ^George, qui ne valent pas mieux l'un que l'autre, enlre' nous soit dit! Laissez-les se battre, M. Bertrand, laibasK-^les se tuer libre* ment et paisiblement, et conservez votre ahnable caractère, votre charmant naturel, votre douce tranqofllilé.
L'assemblée (de famiUe va avoir lien: c'est, contrairement * à l'opinion de Malignac; car ayant fait croire à >^ciioe des parties -qu'il, était pour elje. et qu'il pensait, comme elle, il se soucie peu de les mettre eo présence, et- moins encore d'assister à cette assemblée: aussi est-il fort pressé de s'en aller. .Mais comme eh^uo des (rères, convaincu.
610 WSafkU MÀIlAtlQUES^
qu'il est pôiinr' lui, a nafenliéu dTeti appeler à ^û ai-bîtrage, personne ne le laisse s'éloigner. Maeigna5, à part: ^ C'est Tinstant dé là crise.
SiGiBERT, en morUrarU.SIalignac. —Voilà un homme qui Yoit bien, qui pense bien.
George. — Qui pense bien ! Comment l'enteadezvous? ^
SiGmERT. — Conpeat je Fentends? Parce qu'il peoae comme moi..
George. — Comme vous! Vous êtes nw^ cal#aiBta(cur, il suit ropinâou; de la raison» la- mienne.
Maugnac. ^ Mes boQsm^6urs< daignez- ne- pas- -vmis occuper de moi..
SiQiBERT. «^ SuiYve. yotre opioioirt Vâm touIod nt»iMir la réputation d'ushomiiie: <piii>m*eMt atUtthé^ddi cttuart- Je Tou^ poursuivrai «n mu . nbm') eûft dasimagaB dlf iâtërète pour :1e tort qu«< TOUS luii&itea ea^dicant'du} bleâ^^drlni.
CfAORG»». T-C'eat Toud'^iqui la oatoinaieff-par ym étogies; mais je le défendrai envers et contpo>(toillu <
SiGfWîiiT'. -r*'ie vBui ler samTar dat'vos ikilllffies prdpoa; il es^* de mou eété.
GaafiLGfid ^ IL est <IU''miciii«
BsRTRAim. -» MesBieors,/ pag)>de. quénrïh»-; H n^èst'pdur aucuQ de voua, ii» est; pturi' moi': seul.
MALBHfAc. —Aie I «crâ) trais liMfceatax^voAtv'me déelflrér.
âiGiBERT. — Imp^^alMire ! '
Geoage*'— > Menaoa^aj:
Bertr^hi^ — Kapliq«m>voiia, .M;) Mallgnacv et rcikideï témoignage à la vérités'
Malignac. — Mes chers et honorés maîtres, croyez que le pauvre: Afoli^nac^n'a ^quë desv isteuttbus pères*: el> qu*il est du bèu pavlii.
SieiBSRT.— « Yayez-^usl 'qiif'il eât^^pouf'nioR' '
BBRTRaNft. -^ Je vt)uf ' le disais bieft*
GiKHMs. •-« Je puia ecAnptar surkii;
SiGiasnrr^ — Rauge^^^^ua^^ déuc ' h- droite, • M. • BMigiiao.
N0TB3 BT GOmSSPûmÂïiCE. 1H7
GB0R6A. — Va«ez aftea m^' A 'gauebé, M. Wa%nac.
BfiRTiUNDi — Reste avec mèi au milSeu, mm gértoa, c*e5t la bonne place.
SiGiBBRT. — Nm, c^e«t ksi*
Geouge. — Je lUi ^offrirai pas qu'en emploie la violenee. (CAoom 2e tire 4^ sqt^ côté.)
Bertrand. -* H restera. là.
Maugwac. — Aïel aiel mes bons œessiears, mes ^ mables maUre^, vous allez ro'écarleler comme fim M* de Ravaillac! Au secours!
ScèM 8. T- LES PRÉci^anTs, FRONTiN. — FaoïmN.^ Qu'estce qu'il y a donc ? !
SiGiBERT. — A moi, Frontin, tire à droite. {Froatm obéit, lit emmèmiu Malignac à dreife^y
AIaligmac, à part — Je vois qu'en définitive c*esl toujours la canaille qui fait pencher la balance.
Voici quel est le dénoûment. M. Dorimond ayant réuni ses enfonis, leur dédare qu'il y a emlNifvas âans" «es aflfoires et les prie de vouloir b^n venir à éoà aide^ <en remettante la commonapté la part qu'il a^^âneéeàehaeun. Les trois enfants se taisent. Mais ]^« Dorimc^ild met tonte sa fortune à la dispoâtion de êon maii, qui voit akisi de quel côté, on Taime. A^^rs il déclare que sa fortune est plus prospère que jamais. Il embrasse sa -femme, moralise ses enfants et pardonne< À tQut.k.Hionde.
asssz
C«'14/mnl8ài.
Aujourd'hui examen génëMl de mes l^enlHes tMéAthiles et gtaiid<«uUHda«fé.- La preôiière quimè tombe sons* h main est Ife ÉtcftaMoauuai, coibédie en verë, eti un aeté, fSifte h Gènes, en octobre ' 1807. -- Versifleatîon fiicfie, mais molle $ nul Intérêt; Bon àiirâler.
Uê fiSSAlS DBAHlTIQeiS.
no» nwv vmrqmm^i^ tÊOtJMmtm, «otiédîe4ta qq acte et en pr^sa* Liroime, iMB. — .Tovi au plus ben pour faire un proverbe de société. A brûle».
VB nATTBum, comédie en trois «êtes et «n prose. Nke, 18Q0; refaite en 1866. *-• Geeî est, je croîs, ma première comédie, mon oeuvre de 17 ans. La première scène est bonne ; elle commeace par un torrent d'Injures •fne vomit la femne de l'honMne qiti, tluraift toute la pièce, «era l'objtet des flatteries do tous, injures qa*eRe lui adresse en face.
Le rôle An flatteur n'est que la pâle copie du Tartufe ; mais le valet qui le flatte et qu'il croit, est vu caractère Migittal.
Ce même valet se laisse duper par un autre flagorneur qui, après lui avoir Oiit mille compliments, lui emprunte un écu et se moque de iui quand il a Ttftgent dans sa poche. Tout cela n'est pas mauvais, mais ne fait pas une pièce. An . feo .ie , flaUeur, .
iM movfmm^ comédie, im tcob actes .et en vtrs. (Florence A809. -n- Pis. que tout le 'reste. , A brûler.
sa •«oiRMMMD^ eomédie en .cinq.aotcsd en veas. Géoes, aeplembie iêflê ou 4607. •«* Antre sottise. Au feu.i
xji utVBUMB us innubA#8, vaudeville eo un acte. Ecrit en italien* &ome IfiiOu -^ Couplets sans ooulenr, intrigve sans intécèt. Au feu.
ZA MuxT.iMi HMA, "proverbo ^an un -aelB. Meples ^tSIO. Ecrit en italien. — La donnée est assez bonne. Un imbédlle est retenu cbez /lui, par la peur, et pendant son absence on lui met sur le dos tout ce qui arrive de mal dans 4e village : uii . homme tué ; une fille enlevée ; le leo mis, etc. C'est une farce et rien de f\VÊ» A brûler.
#n ciaqwic^af etneniproia. Raria 1313. «-^ Ityauqûi.'^à nn sujet: cW ttn.fi?|M)n qui.veitf 'a»î<hip«t«« mVf» ^ ^ est InixinéiQe . <liipe. Touti^ ^les ..niBas touvoant c^ntoe lui. Une scène assez btmw.iV^crilQ ^
NOTE» ET €0aHB8»(»IDîfrNCE. m
Ic9 leinûHb et Cris|^ln lor une somme mal aoq[t!iise ; îl le décide- à. là loi remeltre {leur la iH^sUftuer, purs il la garde* IWs une acèm ne feit pas mie comédie; c'^est an ouvrage' à refaire. Au feu.
iM nÈmnUÊMmrr , comédfe en cin^ actes, et en vers. Boulogne 181i. ^ Tersiflcation fiicile, mais sajetusé, sans intérêt, malgré un assez grand nombre de vers passables. An feu comme les autres.
X.ES AMAirrs 8AN8 AMOUR, Marseille 1815. --* Acte tiré d^on conte de M<^* de Genlis, et qui. v^at moins que le conte. Vite au feu,
csHAaBiHO 00 ta 9Km vi^axtbwi*, fomédio en ua acte et en pjcose. Brest 1820. — Moins mauvais ^me les précédents, mais pas très bon pourt^nt^ A hnùkK commS. le reste,
J*ai encore une deuxième revu^ à faire,^ mais c*est assez pour aujourd'hui.
Ce ilSi janvier 1833.
Vous cherchez des sojete de pièces, mwsk clier poète: il y en a partout , il y en aura . toujours tant qu'il existera des hommes et des passions, et un sujet» eût-il été employé dix fois, sera encore nouveau s'il est traité d'une manière nouvelle.
€eux qui suivent ne sont pas neufe et pourtarit ils restent à mettre tn éeurre^ h créer si yûus voulez :
Le faux modeste. -* Le Miant par principe. — Le défiant pim otra6lèr& -^ Le bieaiiiaflot par lotésdl. -*- Le tracasmer. — Le àamiear d'idées, «r L*hyp«0rite d%tiriiaiifté. -^ L'honame aux pcéve^tiona, -* L'hoiMae: aux visions. — L'banune aux piétentiooa. — Le pédant a« 19* siède. — Le eam&ém ou yhonma aux «MÂeufito— <- Le dédaigneux.
Q»^ ESSàiS DRAIUTIQCJES.
— Le superficiel. — Le mallimireoK imaginaire. — Le désabusé, r- Le faux modeste» -^ Le petit seigneur. -^ Le faux Qiagnifiqne. — L'ami de eour. «^ Le rôve ereux. — Le ûiiseur de pians. — L*amateor« -*• Le critiqueur. ^ L'amateur de ce qu'il n*a pas. -« Le dédaigneux de ce qu'il a. — . L'irrésolu. — Le conseiller ou le médecin de tout le monde, -r Le dégoûté. — L'ennuyé. — L'impertinent. — Le désœuvré. — L'homme affairé ou le faiseur de riens. ^ Le faux sans souci. — L'homme aux prévisions, ôu la prescience. — Le citaleur. — Le rieur par ton. — Le nouvell»te. — Lé beau parleur, — L'optimiste désolé. — Le demandeur d'avis. — L'impérieux. — Le prévenant. — Lé cérémontenx impertinent.
DebiMus, ou les sept péchés capitaux. C'est l*homme vicieux par faiblesse, l'homme qui n'a pas de mauvais penchants et qui se laisse aller à ceux des autres ; c'est Thomme toujours couché et que le diable berce.
Le vieux roué, ou le ci-devant homme h bonnes fortunes. 11 est marié, il connaît bien les femmes, à ce qu'il dit; il est joué par toutes et notamment par la sienne ; il l'est par sa fille, par ses servantes, par ses voisines.
Le finassier, ou l'homme qui a la prétention à la finesse, qui veut en mettre dans toutes les affaires et qui partout, dominé par l'homme simple et débonnaire, se prend dans les pièges qu'il tend. *
Le protecteur universel, ou la manie d'avoir des clients.
Le conciliateur. II veut concilier toutes les opinions, tous
ies intérêts,, tous les caractères, et brouille tout.Je monde.
L'homme qui craint à l'excès d'être ridieula, et qui le devient à force de précautions pvat ne pae l^êtfe.
Le conttaisaeur, ou l'homme «■ goût difficile, parée quTil a le goût feux et qu'il ne peut sentir le >beaii.
Le faiix' mtsanthreipe; D'un cauftctère naturellement gai, il a la prétetitioo de la misanthropie. Il se désole par ton, et, faute de malheurs réels, il eu dierche d*fmaginaires;
NOTES Et tiÔAAËSiHGINDANCE. ^
iÊm att Tieli dé ttnlbetfr», fl ti'onte ides ilÀcuIes.
Ik fkix hàh hémmè affébtAnt' la* rondeur, là francbîâe et même fti èra!s(|ùerie. If Vent fyaséer pdtir lé boùrrti bienftS^nt et n'e^t rien moins que cela. Piàtènnt le faux pour éhVoir )è vrai, Tcfiplomiage et la ji^roYocation sont séè «lôyeiM. Inâpèctetii-' pitét'al â*nné kdminiétràtioà , il lut tittt des atraâ à {[nknfr. S*i1 n'eti trouVè pas, t eh créé. Vhôûdèfb iMtàïûB ë^ si bétè tfoire. Sa pàs^ot, ^a jôie, l'éfijët de toâles ^ pensives est la récliërché des mauvaises «flfSlfres. X^ifàad il croit fen avoir déterré uti'é, it met tous 4^ softfS -à là rendre (Ans tnatitaise encore et t compro> mettre de plus en pfcié Ilis piréteâttâ;
£n cbercttafit des espionë, il fib^t pèf^ t^oftiVèr un Vnys- 4{fîcateur iqm, soYis* prétexte de lifi découvrit' une frAude^ le fait |>aèser le soir à ^t«Vs une liàie et monter pardesstis no muh, piii^ le filit surprendre tt accuser d^etfractton et «MaMe la miit, dans utfe maison Ixabitée où il est saisi par des t^udarmeè. '
Le déV(rt pa^ ambition ou le tartufe politiq[tie, excellent sujet, mais qui demande un Molière.
l^bomme aux considératioas nu le formaliste, fl s*ac* crocbe à toutes les lettres et ne peut jamais arriver au khot: c^est rfcomme qui. passe sa vie à rafettre des poiots sur les t.
ÔTci bien assez de si]y|et^ de. caractères i. et pourtant èé n'est encore qu'une très -faible pbrtio)a. de ceux que vous trouverez en cherchant un peu, car il y â autant de bàràctères divers ou de nuaoces d^ns les caractères qu'il jr a de ^bres dans le cceur humain^. Mai$, comme^ je vouai r^i dît, si vous n^aviez pas le temç>s d'étudier ce cceqr bumain, ce qui en' effet vous demanderait plu^ d'une matin^e, il vous sumra d'ouvrir le dictionnaîreu .
'Quant aUx , isujets de fantaisie, la mine en est o/pn mpios inépuisable, tî s'en trouvera autant que votre imftgination aura de portée. C'est ici le fîroMinient ^ù ifvec une bonne funetié on rencontre toujours de nouvelles comètes.
m /ES^HIS DRAMATIQUES.
A défaut' d'iiQagiiiatioa^ ces «mêmes dpaiiées ne Top^ laanqueront pas davantage, il tous suffira d'avoir 4e faons yeux et une plume bien affilée. Lisez et relisez, copiez et recopie;. La plupart de nos auteurs en ce genre ne foot pas autrement:, plan,, style, dialogue ^ n^ eu scène, lien n*est d'eux, heureusement pour eux, car si pac liasard ils veulent ajouter quelque chose de leur crâ, on s*en aperçoit bien vite; . c'est, immanquablement uue' sottise.
Pourtant il est tels de ces copv^tes qui, grands hommes de l'époque, Qpt à ce métier gagné plus de gl^^ et plus d'argent que 9*ils avaient composé TlUiade. Faites comme eux.
Voulez-vous un thème poUtiquiB? PrenezHnbi une deospirajince, Cemqfie. c<m]u^. et frivole, qui conspire par mode, par toilette, et ne recul^ • même . pa9< , devant nue machine tant soit peu . iaferuale. Douues-hii' uu mari irabécille qui se laisse mener par 1^ bout du : nez, et ajoutez^y un fripon exploitant le tçut. P.u bien faites interveair un (arceur politique, un mauvais plaisant qui, pour avoir voulu s^amuser aux dépens, de chacun, finit ,par payer pour tout le monde.
Un bon personnage de pièce historique serait^ je crpis, Lambeft Siranel. .
Après avoir passé pour roi et combattu comme tel, il est vaincu par Henri VII qui le fait marmiton.
Oïl pourrait commencer la pièce qu^nd Simnel a fini la sienne, c'e6t-à-dhre quand' il réâre son rôti de ta broche.
Nou^ lé prenons donc k un âge mûr, oublié depuis longtemps, cachant soigneusement son nom et dès lors Complètement inconnu à ses compagnons qui ne voient en hH qu^un vrai gâte-sauce, être stupide qui, k son âge, n'a ^u mènre devenir aide de cuisine.
' Lé premSer àete nous le montre comme le paria de Toi^ fice et le jouef dte l'antichambre. On ne parle que de ses inepHéS' anti-culinaires et des tours que lûi^'fouent ses Codàfliiànitens.' ' Tombé au |flu^ Imis de f^chelle sociate,' il ne parait pas
devoir jaiQai9 se relever lorsque , dans- vi»» circoostAoce imprévue, il fait preuve de quelque avilir, oa s'en étonne et ron soupçonne qu'il a pu être ;aide dç ToiBce.
Cependant voilà que, dans une autre occasion, il lait mieux encore et Ton va jusqu'à croire qu'il a été cuisinier.
Bie(itOt on découvre qu'il sait lire et écrire, chose ran alors., Ceci lui donne une importance véritable. Qu*a^t-il donc été? Peut- être, intendant de bonne maison ou factotum d'un seigneur.
Un. ca^s difficile et quelque peu diplpmatique se présente. On le consulte ; il tranche la question en homme de sens et d'expérience. On ne sait plus qu'en penser. Il a peutêtre été seigneur lui-même.
Cependant il existe des mécontents dans le royaume^ on sait qu'un orage gronde ; une révolte a lieu ; le palais est attaqué ; Simnel fait prendre les armes à tous les marmitons, aides et cuisiniers. Soldats improvisés avec des broches pour lances, des casseroles pour casques, des lardoires pour flèches, des marmites et des chaudrons pour écus et boudiers, ils défilent en bon ordre. II prend d'excellentes mesures pour proléger le palais. Les gardes des jardins s'étant joints à ' l'ofllce, il fafC une sortie , repousse les assaillants^ Il est victorieux ; ses compagnons ne doutent pas qu'il n'ait été général.
Us ne afarrêtent pas là, et» sur' la découverte de quelques papiers, d'un haubert et d'un gantelet armorié, on veut qu'il ait été duc, puis prince, pois roi.
Ce n'est qu'alors que le- spectateur entre àum la «eùfideoce et qu'on apprend qu'il. est ciçt usurpateur qpia mis «n péril la monarchie*. . .
Pour conelusioai on en; vient, à ei^^re qu'il h'est.pis on imposteur» mais bien le véritable prince, et ees mêmes gens qui le méprisaient sont prêts à le seconder s'il yen! tenter de ressaisir la couronne ; mais il s'y refuse et .il épouse une jeune iille qu'il aime.
Une pièci^ plus sérieuse est celle qu'on pourrait appeler
la JiMiméê d^Étt roi. Voir les tiiémolres dé Saitit-Siiiion et la vie de Loais XIV.
Eochatnë par Vétiquetté, flatté et dtipé par ses^ Valets» le roi absohi est de fait l'esclave dé' tout le monde. A la tète des taysAideateulrs sk>iit ses tmnistk'e^, ses maitresses» ses conseillers* M<"» de MaittteMeo^ le ddc d« Maiàe, etc.
Ha^sard lui présente des plans inlbrmes de bAtiitients, €l s'etthsië en toi voyant déconvrii' des ftnteS <iui sautent aux yeux et qu*il a laissées à dessein.
Mîârédia!, son cfaîrurgfen, esft te seul qui lui dise Ta vérité. Il fui découvre fa fVaude de^ courtisans que le monarque mystifié 'à son tour.
Dans ces mêmes mémoires, vous trouverez bien d'autres caractères éminemment propres à la scène, y compris celui de Saint-Simon lui-même qui est à la fois FbQmme à Tétiquette et aux épigrammes. C'est le misanthrope, mais le misanthrope vipère et fé philosophe esclave de la vanité.
Si c*est la muse tragique qui. vous inspire, si c'est le couteau à la main que vous voulez marcber à la gloin», rhistoire fourmille de -traits propres k la cho6e« Les croisades par Michaut vous en olD^nt presqu*^ chaque page.
La prise de Goostantiuople par les croisés est un des sujets qui m'ont le plus frapplw Lés Oi^ecs redoutent les francs qu'ils reg«»deût- eontme des baiÉatés. Les Francs «léprisent les (^recs comme béméliqvés. Il y aurak là dti drame et de k. tragi-comédie.
.D«ns l'M«loire de M«lté/ Vëu« tbyt^ 2%^, frère de Bi^zet, it teiklèHt^ atix mains cite ffépe Alexandre VI. Bajazet veut qu'il le lui livre. Le pape j pfmt ite tirer d*em- Inrrâs. le tiat emiraiBoaiier. Ou pourrait monirei' une scène 0ù il le baptise sains hii en dire leiiioitfl Ce Uidftf^tUi mort iqu'il lui prépare^
l'histoire dé Ta décâdebce de l*6mplré romaiù, par Gibbon, n'est pas moins féconde en belles scènes. €]fiifle d'Alesandfie' fait tuef- là belle Hyptttia.
Irène fait aveugler soo fils.
LéoD est poignardé par des conjurés déguisés en moiaes.
Le fiJs d'Alexis passe chez les Sarrasins et abjure le christianisme.
HoQoria, sœnr de Temp^eur Valentinien , veut épouser Attila et lui envoie son anneau. Attila la réelane avec la moitié de ; Tempiie.
. Attila est un «ujet souvent ébauché, jamais fiai. On peut prendre quelque chose dans la pièce allemande de Werner^ bien qu'elle finisse par un aUeluia, On y voit une Bildegonde, jeune et belle, qui semble être le mauvais génie d* Attila. C*cst un caractère mystérieux en proie à une puissance infernale.
Les amours du Tasse, ou le génie aux prises avec Torgueil d*une femme, ont été mis en scène, mais non de manière à ne pouvoir Vètre encore.
U en est de même du fils d'Agrlppine; on pourrait faire dix pièces avec ce personnage: en vord une. Néron n*est pas encore empereur ; mais malgré son extrême jeunesse, déjà cruel et asiudeux, il engage sa mère à empoisonner son époux et il hi décide à ce crime en lui promettant la r^ence*
Le crime une fois commis, quand elle le pressse d'exécuter sa promesse, il lui donne à entendre qu'il peut la perdre en révélant le meurtre de Claude.
Sous le poids de cette menace elle est contrainte de déshériter Germanicus.
Néron est ici le Tartufe tragique : jamais de colère apparente, il a toujours le sourire. sur les lèvres. Son caractère patelin contraste avec celui d'Agrippine, femme altière et ambitieuse, mais qui a de la grandeur d'ame et qui montre les vertus de son ambition.
Les amours de Néron offriraient encore un sujet, Poppée a pris un ascendant terrible sur le cœur de Néron. Senèque et autres courtisans qui U craigoent» veulent
lui opposer l'andeone épouse et ils sont parvenus à faire rappeler Octavie.
Néfon D*iiîme plus Poppée, mais iî «n a peur, et celoi qui fait trembler le monde tremble lui-même devant sa mattresse. Le cmeï et siuperstitieux Néron ta soupçonne dîavoir des r«fetiêns avec les ehréCtens. IT croit que par des pratiques surnaturelles elle peut lui donner la mort. . Elle ie oonfirme dans sesf terreurs par «ne évocation et l'apparitieû dlea furies.
Une intrigue de cdur est dlrigife eotttre Poppée. Elle U déjoue par son Audace.
On s'intéresse à elle à cause de son courage, comme on aime Octavie à cause de sa vertu.
Octttrie conserve encore quelque attacbenent pour IN^éron.
Poppée la hait, mais elle feint ramoar afin de conserver le pouvoir, et sans amour eUe est jalouse.
L'astucieux Néron^ fatigué d'Odavie et eAraf é de Poppée, excite ces deux femmes Tune contre Feutre afin de se débarrasser de l'une par Tautre.
Mais depuis longtemps il demadde 8ux> Dieui de lai ae* corder . un fils et Toracle vient d'annoncer que c'est on file que lui donnera Poppée. Néron veut donc qu'elle vive%
Plus altière que jamais, Poppée dans un accès de jalousie le menace de se tuer et avec elle ce fils que las Dieux lui ont promis» Il ne croit pas* k cette inenace« mais elle Texécute en s'empoisonnant.
L'Ecriture est aussi une mine tragique..— Le péché d'Adam. — Le crime de Caïn et ses remords, — Le sacrifice d'Abraham. — Moïse chez Pharloo. — Le vœu de Jephté. — Samson et Dalila. — La mort du Christ.
le vous parlerai peu des sujet$ de petite comédie, de ▼audeviltes, de parades; ils sont innombrables, çn les trouve partout, dans la rqe, à chaque borne, à chaque pas ; il ne s'agit que de se baisser et prendre.
La marahe de ces pââtes pièces jësI si Invariablement ht même qu'il saratt assez piquant d'en faire une qui com-
NOTES ET COBKESPOiHBANCE. SBi
meoceraît par la fia. On lève la toile; tous les acteurs sont rassemblés ; le père consent à Funion des amants ; Ton chante le couplet final ; la pièce semble terminée, elle cotnfmence.
Cette autre donnée, quoique assez commune» serait peutêtre susceptible d'être mise en œuvre.
De jeunes étourdis veulent mystifier un de leurs camarades, pauvre diable sans fortune, sans avepir et à qui rien n*a réussi. Ils supposent donc que le ministre lui donne une place qu*il a vainement sollicitée jusqu'à ce jour, puis qu*un cousin d'Amérique lui a légué deux millions, enfin qu'une belle et riche héritière qu'il aime consent à lai donner sa main. Il est au comble du bonheur. DIais bientêt it découvre la vérité. Le malheureux qui a dépensé son 4en)ier lécn tombe dans le désespoir. Sa position est horrible; ses juniB «e mo<(aeat de lui et Tabandoinnent. .
Cependant le brait de son héritage s'est répandu, car .SCS loyâlifioafleurs, pour rendre ia ehose plus piquante, u'ont pas manqué d'ei pwler. ies visiies pleuvent diez loi, .puis les inviiationa.
n déclare à :tont Je monde que la nouvelle <eM fausse ; que l'on slawwe lux dépens do pinblie; «ju'il est ]^Ms pauvre que jwais. Mais grâce eqcore.à ses amis,, qui /ont eu soin de dire partout que c'est p^r avariée et de cqagile qu'on ne lui eo^prunte 4e l'argaoti qu^U V4wt catàer.jy fortune, peisonne Aé crpît à ses dénégations.
Ceci poavtaat a ^n h^a e6lé penr taii, j»riSMi puopciétaire qui lui Avpit signifié son-CMigéflui^niMiiite .qitfU JfmA rester. Un crésQCîer qui aUait le :(aVre ^nflrisi^imar lelfoiMe à accefter-^nn nouveau ^ prêt. Eofiik, .malgré. ^e&d^négatiaM, 4in ^péfinlatQur qiii ..«ivait bessin de se Qottvrir du ooin d'un CApMAiister 1^1 eKHSfirend, donsiittQe>foiirpi(iire^ piuistdans «ne grande ,opératMiP de boutse. >Braf, .pASs^at .toujours pfiipr riobe» quçtjl qp'il, puisse , dire,: il ainit, sur œ crédit in^ioaire, par acquérir upe >(brt9ine jvérilAMe.
Voici iea«oi;e. un ^ujçt qw Q« i^t hxanm^H ^e .réMSÎr
628 ESSATS DRAMATIQUES.
à une époque où Ton aime tant les fripons.
Des filous parisiens viennnent s'établir à Boulogne pour y plumer un lord anglais, véritable caricature qui passe pour immensément riche. Ce lord, tout lord qu'il est, n*en est pas moins, sous l'apparence dun imbécille, un filou de première force. Non seulement il fait contribuer les escrocs français, mais il les mystifie.
On peut faire de ceci une sorte de comédie de caractère* Ces fripons du beau monde, décorés de titres^" 3e rustre façons de diplomates, et, sous ce canevas, sont^'V^ futur, les préjugés et les iniquités politiques desdeuiH déç'^-^^*'*
L'un des associés est un duelliste qui se bat avec ceux qui mettent en doute leur probité. -^^
L'autre est un moraliste : il fait des phrases sur la corruption du siècle, et eo voyant. ïnn de ses complices pris eo flagrant délit de tricherie,, il s'écrie: est-il' possible qu'un malheureux de cette espèce se glisse daos la bonne société.
Le duelliste est bafoué par le lord qui le met aux prises avec un manant qui, venant au rendez-vous monté sur un âne et armé d'no fouet, le roue de coups ainsi que son témoia et leur lait passer l'âne sur le ventre.
Volés, mystifiés par le iord qui conserve toujours l'air d'ÙD bon homme et même d'une dupe, les escrocs français, par les soins de ce ibéme Anglais qui en a tiré tout ce qu'il pouvait^ sont tout-è4éit compromis; Le sous-préfet les fait ve&ir et leur dH : messieurs, parter puisque vous Mes découverts* — > Déeotirverts 1 dit l'un d'eux/ mais don, M. le sous-préfet; ou nous prend pour ce qile nous ne sommes pas: pour des joueurs de profession, 'des chevaliers d'industrie, des fripons même. Quelle erreur ! Noua jouons en effet, mais par devoir; nous aidons à la fortune, c'est vrai encore, mais se^emeal contre les Aâglais, qui, par parenthèse- ont, en intelligence, &it depuis* quelque ten^ps des progrès- effrayants i et «e lord, que Dieu confonde, MM» a pris povf dupes» Enfin, M. le sons-préfet, nous
NOTES ET C(KRRESPQNDANGii:. 929
sommes aons-mèmes des fooctioniiaires, des autorités, bref»
des agents de police. Voici oos plaqnes et nos commissions.
Le lord anglais, si fin, est volé par son valet, du
moins on le croit; mais à la fia de la pièce ii se troOiye
que c*est Lui encore qui a escroqué ce valet. Gelui-d lui
en iail des reproches. — Comment, mou pauvre John, c'est
moi qui te dois? Ah! je ne veui pas <^e toi ni d'autres
puissent dire que je leur ai lait tort d'un penny. Va à ma
caisse et que tout te soit payé, capital et intérêts ; vite, ne
sa cuisfL<ti <^ instant, car c'est un poids que j'ai sur le
table ; il ^^^ ^ revenant de la caisse : — Mais, nâlord,
cA^^Qte .t^n dans la caisse I -^ Alors tu vois bien que je
ne te dois rien,, car à l'impossible nul n'est tenu. TeUe
est la transaction que j'ai proposée à mes créanciers.
J'espère, mou cher Apolloa, que je vous envole une belle cargaison. Toutefois je ne vous dçone ^s mon esprit podr rien, et, quand votre pièce sera reçue, j'aarm mes ea* trées au théâtre.
NOTE INi» 411
Ce iOmai 18d8.
C'est une fabrique de pièces que vous voulez établir, mon cber ami. Avec ibs sujets que je vous ai indiqués, vous pourriez approvisionner pendant vingt ans tous les théâtres de 1* Europe, y compris ceux de marionnetles, ei vous nTen avez' pas assez. £h bien ! en voici encori! une demi-douzaine : aux derniers les bons, et si vous n'êtes pas content 'de ceux-ci, j'y renonce.
Pour commencer, je vou^ offrirai une comédie de caractère ayant pour titre le Minutieux,
M. Lorimond, riche industrie!, a le goût des vétilles. Petit et tracassîer, il s'occupe des moindres détails' de son ménage et' n'a point* le temps de songer aux choses im-
portantes. Sa femme, à qui il ne laisse rien à faire dans la maison, s'y ennuie fort.
Julie, sa fille, aime Saint-Fard, jeune., riche , aimable , mais n'ayant jamais ménagé les ridicules de M. Lorimond ; celui-ci ne peut pas le souffrir et destine sa fille à un de ses correspondants qu'il n*a jamais vu, mais sur lequel il a pris, à ce qu'il prétend, tons les renseignements possibles, et qui eonvient parfaitement à Julie.
Il doit arriver le jour même.
En effet, un homme se présente, e*est une sorte de rustre désagréable en tout point. On le prend pour le /utur.
Il a pour valet un matelot lourdean qui met le désordre dans la maison, et Ton est au moment de les jeter tous les deux à la porte quand on découvre que l'arrivant, h qui l'on n'a pas demandé son nom, n'est pas le mari attendu; il est même tràs étonné d'avoir été pris pour tel. C'est un capitaine envoyé h M. Lorimond pour commander l'un de ses navires.
Le véritable futur arrive. U eat proche parent de M"** Lorimond, il sait combien elle est malheureuse et il a résolu de donner une leçon à l'époux; il affecte donc d'être encore plus minutieux que lui.
D'abord ce caractère platt à M. Lorimond, mais il finit par l'impatienter; il veut qu'il épouse sa fille, mais qu'il décampe au plus vite.
Le futur, après avoir (ait voir à Lorimond dans quel désordre sont ses affaires, déclare qu'il ne peut épouser Julie, parce qu'il est marié depuis dix ans.
Il ajoute que blessé des renseignements minutieux qu'oD prenait sur son compte, il est venu pour se venger un peu de Lorimond qui avait posé cent questions sur sa position sociale, n'en omettant qu'une seule» celle de savoir s'il était marié?
Voici quelques traits à ajouter au caractère principal. M. Lorimond reçoit plusieurs lettres d'une grande importance: dans l'une il critique l'orthographe» dans une autr^
il se lâche de la salutation qui, suivant lui, n*est pas ce qu*elie devrait être, mais il ne songe pas à des circonstances qui intéressent sa fortune et peuvent amener sa ruine.
On lui apporte une dépèche pressée, il faut qu'elle parte. L'heure du courrier presse, mais les points manquent sur les t, et tandis qu'on les met, Tinstant du départ se passe, la lettre reste là, raJBTaire est manquée.
Il reçoit un compte de liquidation par lequel il doit perdre plus de 60 mille francs» Pendant qu'il Texamine, sa cuisinière lui présente le registre de la dépense de sa table ; il y voit des œufs à sii liards pièce. Le compte de soixante mille francs n'est plus rien, et tandis qu'il additionne les chiffres de sa perte probable, il répète piteusement : des oeufs à six liards. Or, il s*agit au total de cinquante centimes.
Il trouve ^aint-Fard aux genoux de sa fille. Il se fâche, mais ce n'est pas de la position, c'est de ce qu'en s'y mettant il a renversé un meuble.
Une jeune personne vient se plaindre à lui d'avoir été séduite par l'un de ses commis ; il l'interroge et, sacs arriver au fait principal, il entre dans mille détails inutiles ou d'une réponse impossible. L'interrogatoire terminé, il lui demande : avez-vous des témoins?
Son valet, devenu minutieux comme lui, soumet à une foule de formalités insipides toutes les personnes qui viennent dans la maison. Cette place est destinée pour les chapeaux gris, telle pour les chapeaux noirs, telle pour les redingote^, telle pour les manteaux. Là, il lait essuyer les pieds; ici il faut les essuyer encore. Sainte-Fard, impatienté, donne un coup de pied à ce formaUste insupportable qui lui répond : mais ce n'est pas à ma culotte que je vous dis d'approprier vos chaussures.
Pour contraste au caractère du minutieux, en peut mettre en regard un homme qui n'attache d'importance à rien.
Si vous voulez un héros historique, Louis XI offrirait.
tôS ESSAIS DRAMATIQUES.
dans sa yie aventnreose une snite de scènes passant alteroatîTemeot de la tragédie à la farce. Rien de pins terrible et en même temps dephis comique que ce roi plaisant à sa manière, amoureux, bigot, soperstitieui, cruel, aimant à la fois le sang et la gatté, petit et astucieux, et pourtant homme de tète et de génie.
On pourrait trouver Ici la donnée d'une pièce à la fois joyeuse et terrible.
Les personnages seraient: