ACTE DEUXIÈME
Oui, le seul Déôclès a droit à ma vengeance, Il était, disait-on, Tami de votre enfance; On prétend qu*autrefois vous sauvâtes ses jours. Et c'est lui qu'aujourd'hui, par de lâches détours. Monstre d'ingratitude , on voit dans sa furie Frapper son bienfaiteur et menacer sa vie. Quel supplice assez grand mérite un tel forfait !
DÉOCLÈS.
Quel que fut Déoclès, il n'est plus. SU vivait. C'est aux lois» non à vous, d'ordonner son supplice.
LÀODICE.
Quoi! je n'ai pas le droit de demander justice.
Quand le nom de Philippe est ainsi profané.
Oubliez-vous le sang duquel vous êtes né?
Le sang de tant de rois, ce sang, notre héritage,
Ce sang, dont la couronne est le noble apanage.
Quoi! de l'auguste nom qtfU devait révérer,
Un sujet, un esclave osera se p^er!
On verra le soldat, sorti de la poussière.
Parmi les souverains lever sa tête aitière,
Et ma haine...
DÉOCLÈ&
Bt quel est
( Harpale but an moaveutnt j«n Déodès. Déoclès se contraignant : )
Oui, je dois le punir, Mais du nom d'un soldat pourquoi donc vous servir? Je suis soldat aussi, madame, et m'en fais gloire; ren ai conquis le titre au champ de la victoire; Le sceptre quelquefois fut le prix des vertus, El le trône jamais n'est le droit des vaincus.
UkODIGE. .
Philippe! est-ce ton fils qui tient tin tel langage? Si le trône, seigneur, est le prix du c<»urage, Devant chaque soldat, si le sceptre est jeté Gomme une proie offerte à la témérité.
Si le glaive est le droit dans la main triomphante. Les cours ne seront plus qu'une arène sanglante Où les gladiateurs, en d'infâmes combats, Joûront le sang du peuple et le sort des Btats; Ab! ne détruisez pas ce respect salutaire Que les enfants des rois inspirent à la terre; La légitimité, la plus sainte des lois. Est le repos du monde et le salut des rois.
DtOCLÈS.
Le roi chéri du peuple est toujours légitime.
( Harpale s'avanoe vers le roi.} LAODICS.
Légitime! jamais le fùt-on par un crime?
BÉOCLÈS.
Ce crime quel est-il? Qu'on Pose désigner!
LÀODICB.
Celui de l'imposteur que L'on Veut épargner. Seigneur. J*ai défendu les droits du diadème, Je les ai défendus contre mon frère même. Et ce que j'ose ici vous prouve mon amour.
DÉOGLÈS.
Pourquoi vous abaisser à ce honteux détour? Ne vous imposez pas une pénible chaîne «
•^ÉTE DEUXIÈME. itl
Madame; franchement avouez votre haine.
En haïssant ou peut montrer un noble cœur: Jusques dans la vengeance il est de la grandeur. Dites qu*à edt ép6ux 4}u'a puni ma justice Votre rage promit un sangûmt sacrifice; Dites que vous voulez à ce trittre aujourd'hui Sacrifier le trône et moi**mèrme avec M. Parlez, impunément, défiez ma colèr».
Je n'ai pas oiihlié que je suis v»tre frère.
Je ne tenterai pas de me justifier;
Hais d'imprudents avis sachez vous défier,
Seigneur ; il est ici des couseillers peut-être
Qui n'ont pas «ce respect peur le sang de leur maître
Et d'un juste pouvoir ennemis dangereux.
S'il en est, je saurai me défendre contre eux.