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DE LA CIRCULATION DES RICHESSES

La production nécessite rechange. Le premier résultat de cet échange est Tabondance, la supériorité et le bon marché des produits. Les conditions se modifient selon le pays, puisque le climat et le sol varient la production.

C'est ce que Sully comprenait, sans définir ces principes avec la même exactitude que la science moderne.

Dans un de ses entretiens avec Henri IV, il expose sa théorie de la circulation en ces termes :

« Votre Majesté, dit-il, doibt mettre en consi- » dération qu'autant qu'il y a de divers climats, » régions et contrées, autant semble-t-il que Dieu A les ait voulu diversement faire abonder en certai- » nés proprietez, commoditez, denrées, matières, » arts et métiers spéciaux et particuliers, afin que » par le commerce et trafic des choses, dont les uns

» ont abondance et les autres disette, la fréquenta- » lion, conservation et société humaine soit entre- 1) tenue entre les nations, tant éloignées puissent- » elles être les unes des autres. »

C'est en vertu de ces principes que le ministre abolit les entraves opposées à la circulation et qu'il supprima les faveurs accordées par surprise aux courtisans. Ainsi fit- il rentrer au Trésor le revenu de quinze sous obtenu par le comte de Soissons sur chaque balle de marchandises exportées (1). De là le rachat des droits que s'étaient fait concéder des souverains étrangers, la répression des violences exercées par les agents du fisc sur Tassiette et la perception des impôts. De là, enfin, la défense des intérêts pubhcs pour répandre Taisance dans les classes populaires, mesures qui méritaient au surintendant et au roi ce surnom : Bon valet et bon maître, mais qui prouvent par leur peu de durée, sous Louis xni, combien les institutions remportent sur les hommes et établissent seules des choses durables.

(1) Ce droit produisait trois cent mille francs.

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