RUE / SOLITUDE
PSS
La mer, avec sa plainte sans fin, sa surface qui s’enfle tour à tour et se creuse, s'élève et s’abaisse comme une poitrine sou levée par les sanglots, lui parle d'abandon et de désespoir:
Telle en sa force douloureuse Une grande âme malheureuse ER ES EERSNS Qu'’isoie sa propre grandeur (1). D Al
Mais si, par un beau soir d'été, il lève les yeux vers la voûte céleste, où la voie lactée marque sa traînée de lumière, c'est encore une impression de tristesse et de solitude que lui cause la vue de cette poussière de mondes. | FRE
« Vous les étoiles, les aïeules | War Des créatures et des dieux,
Vous avez des pleurs dans les yeux..: » sue Elles m'ont dit : « Nous sommes seules. GARE
« Chacune de nous est très loin RE Des sœurs dont tu la crois voisine ; VER Sa clarté caressante et fine 3 Dans sa patrie est sans témoin ;
« Et l’intime ardeur de ses flammes no Expire aux cieux indifférents. » HR e Je leur ai dit : « Je vous comprends ! ge: ni Car vous ressemblez à des âmes :
« Ainsi que vous, chacune luit BUT Loin des sœurs qui semblent prés d'elle, RP) A
Et la solitaire immortelle Brûle en silence dans Ja nuit (2) »
Et: quand il redescend dans son propre cœur, c’est pour y. : trouver un vide plus grand encore que dans le cœur de l’exilé qui en quittant son pays a laissé derrière lui tout ce qu’il aime :
Ah ! four et nuit, chercher dans sa propre maison, Cet être nécessaire, une amante chérie !
C’est plus de solitude avec moins d’ horizon ;
Oui, c’est le pire exil, l'exit dans la patrie... (3)
(1) Les Solitudes : La Mer.
2) Ibidem : La voie laciée.
à Ibidem : Un exil,
Ou bien c St pour s y sentir ne de fui secours Ft de tout soutien dans les combats obscurs qu'il livre contre lui-même :
Tu luttes quelque part où nul ne peut te suivre, Toujours seul, victime ou vainqueur (1)!
Aspiration ardente à l’union et à l’amour, impossibilité d’au-
tre part de se comprendre et de se jointires telle est la contra-
diction inscrite au fond de la nature humaine et sur laquelle repose ce qu'on pourrait appeler, si le mot n’est pas un peu
ambitieux, le pessimisme sentimental de Sully Prudhomme.
Toute la substance de ce recueil des Soliludes tient en deux vers qui expriment le tourment jamais apaisé de cette âme tendre
et profonde, enthousiaste et découragée :
Vous êtes séparés et seuls comme des morts, Misérables vivants que le baiser tourmente (2).
Mais la réflexion du penseur prolongeait et amplifiait chez
lui les impressions du poète. La compassion des misères du
cœur se doublait de l'inquiétude métaphysique. « Au fond, disait-il, il n’y a qu’une solitude, origine de toutes les autres, c’est l'éloignement où nous sommes de la raison du monde, de Dieu, quel qu’il soit. Dès que je sais que tout doit s'expliquer par quelque être dont la loi est nécessaire, je sens l'absence de cet être, et plus je pense, plus je la sens. Il est là et je ne le vois pas ; j'appelle, il reste muet ; je suis donc horriblement abandonné, je suis seul (3) ». Sully Prudhomme aurait voulu « terminer la série des Soliludes par une pièce plus importante que les autres et qui aurait caractérisé la solitude de l'esprit (4) ». Pour des raisons que je ne saurais dire, il ne l’a pas écrite. I était bon de noter qu’il en avait eu l'intention, ne fût-ce que pour prouver qu'il n’avait ignoré aucune des formes dela solitude, et jusqu’à quel point ce sentiment était enraciné dans son cœur.
(1) Les Solitudes : Combaïs intimes.
(2} Ibidem : Les Caresses.
ner Journal intime.
(4) Ibidem.
Toutes les pièces des Soliludes ne développent pas rigoureusement le thème suggéré par le titre, mais toutes respirent la même
mélancolie pensive et douce, la même tristesse résignée. Nous sommes loin des grands élans des Puèmes, des veiléités d’action et des aspirations humanitaires qui animent certains sonnets des Epreuves, de la joie de voir, de découvrir, d'admirer, d'ouvrir
son âme à la beauté et ses yeux à la lumière qui donne dans
l'œuvre du poète un charme si particulier et un accent si rare
à la suite, trop souvent négligée à mon gré, des Croquis lialiens.
D'un bout à l’autre du livre, la plainte domine, mais elle n’est
pas déchirante. C’est la même note qui se fait entendre dans ;
le recueil de 1875. La seule différence, c’est qu’elle est donnée cette fois avec plus de continuité et plus de force. Le temps a
fait son œuvre, qui, en l'espèce, est d’irriter, d’aigrir, d’envenimer, et non d’adoucir. Les poésies auxquelles l’auteur, après avoir songé à les intituler Les Tendresses, a donné le titre signi-
ficatif de Vaines Tendresses, ont été composées vraisemblablement pour la plupart entre la trentième et la trente-sixième année, La jeunesse s'éloigne, les illusions se dissipent, les espé-
rances se découragent. Pour ces raisons, qui lui sont communes
avec tout homme, pour d’autres que nous avons exposées déjà et qui lui sont particulières, la vie apparaît de jour en jour au poète sous un aspect plus morne et plus désolé. Certains des. thèmes qu’il avait développés jadis reparaissent ici, mais affaiblis, mais assourdis, traités pour ainsi dire en mineur. Et d’autres apparaissent qui nous découvrent au fond de cette âme bienveillante et douce une source d’amertume que jusqu'ici nous ne soupçonnions pas:
Quelques années plus tôt, dans une belle pièce des Soliludes, Sully Prudhomme, regardant vers l’avenir, avait appelé comme un bienfait la vieillesse qui l’affranchirait du baiser, qui le guérirait de « la fièvre mauvaise » de l’amour et ne lui laisserait
que la tendresse, qui ne l’empêcherait pas de s'associer aux
enthousiasmes des jeunes gens pour tout ce qui est bon, grand et juste, mais qui lui permettrait d'admirer la beauté tout à son aise sans avoir à craindre la flèche du désir. Cette période
de son existence lui apparaissait, dans un éloignement favo-
rable, comme « l’âge sauveur », condition à la fois et promesse de l’apaisement et de la tranquillité d'âme à quoi se réduisaient déjà ses espérances de félicité :
r Puissé-je ainsi m'asseoir au faîte de mes fours,
Et contempler la vie, exempt enfin d'épreuves,
Comme du haut des monts on voit les grands détours Et les plis tourmentés des routes et des fleuves (1) !
Mais à mesure qu'il s’en rapprochait, et n’eût-il encore fait que quelques pas Vers elle, 1l était obsédé par la pensée du flux irréparable des jours. Il faisait son examen de conscience ; il récapitulait avec terreur le temps qu'il avait perdu ; il s’étonnait, dans celui qu’il avait employé, d’avoir faitsi peu de chose :
Si peu d’œuvres pour tant de fatigue et d’ennui ! De stériles soucis notre journée est pleine :
Leur meute sans pitié nous chasse à perdre haleine, Nous pousse, nous dévore, et l’heure utile a fui (2)...
Le spectacle de l’automne lui rappelait qu'il s’acheminait vers l'automne de la vie, et devant les vergers pliant sous le poids des fruits et des grappes, il ressentait d'avance « la honte et l’horreur de vieillir les mains vides (3}». Mais surtout il éprouvait le regret de n’avoir pas rencontré sur son chemin cette affection unique qu’il avait tant désirée, la tristesse de se sentir de jour en jour plus impuissant à la faire naître ou même à l’accueillir, l'angoisse de la solitude à laquelle il était décidé-
ment voué !:
Ah ! si vous saviez comme on pleure De vivre seul et sans foyers ! (4)...
Gi Fe sut : La Vieillesse.
es Vaines Tendresses : Le Temps du.
6 Tbidem : L'Automne. RUES (4) Ibidem : Prière.
Pavil poursuivait ce doux rêve d’intimité de cœur et de pensée, de vie à deux, qui avait été l’idéal de sa jeunesse :
S’asseoir tous deux au bord d’un flot qui passe, Le voir passer ;
Tous deux, s’il glisse un nuage en l’espace, Le voir glisser (1).
- Il lui suffisait d'ime rencontre, d’un frais visage de jeune fille entrevu, au hasard d’un voyage, dans le coin d’un wagon, d’une main apparue hors d’un gant de Suède, pour qu’il ébauchat en imagination toute une idylle :
Une enfant dort, une étrangère Dont la main paraît à demi, Et ce peu d’elle me suggère Un vœu de bonheur infini !
Je rêve qu’une main si blanche, D'un si confiant abandon,
Ne peut être que sûre et franche, Et se donnerait tout de bon.
Bienheureux l’homme qu’au passage Cette main fine enchaînerait !
Calme à jamais, à jamais sage (2).
Par moments il concevait encore qu’on pût trouver la vie bonne, « rendre justice à la nature », s’aventurer « jusqu’au rêve de faire un nid (3) ». Mais il en revenait vite à l’impossibilité pour un songeur comme lui d’être aimé et d’être heureux, et si quelque âme compatissante avait eu la velléité de lui apporter le bonheur et de lui demander de faire le sien, il l’eût détournée de poursuivre un dessein aussi chimérique.
Jeune fille, crois-moi, s’il en est temps encore, Choisis un fiancé joyeux, à l’œil vivant, Au pas ferme, à la voix sonore, Qui n aille pas rêvant.
2) Ibidem : En Voyage.
(1) Les Vaines Tendresses : Au bord de l’eau. É Ibidem : Eclaircie.
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' | # ” ue. A Ce Un à à Sois généreuse, épargne aux cœurs de se méprendre, Au tien même, imprudente, épargne des regrets : N'’en captive pas un trop tendre, Tu t'en repentirais (1).
Ilne regardait plus vers l’avenir, dont il pensait qu’il n'avait désormais rien à attendre. Il remontait dans le passé pour y rechercher jusqu'en son adolescence les souvenirs de ses FU premières déceptions sentimentales, et s’en repaître mélanco-
liquement (?). Dans la grâce, qu’il avait adorée jadis, il ne voulait plus voir qu’une cause fatale de souffrance pour les cœurs trop sensibles à son charme. Dans la fillette qu’il regar-
dait jouer aux Tuileries avec les enfants de son âge, encore
occupée de son ballon, de son cerceau ou de sa poupée, il __ pressentait déjà la femme et«tout le mal » qu’elle est destinée à faire sans le vouloir et même sans le savoir, rien qu’en obéissant à l’appel de la vie et à la loi de sa nature.
4 | Tu les feras pleurer, enfant belle et chérie, ! LME Tous ces bambins, hommes futurs, LUE 7 Qui plus tard suspendront leur jeune rêverie
Aux cils câlins de tes yeux purs (3),
Pour lui, il ne se sentait plus la hardiesse de risquer pareille
aventure, et il se contentait de vivre « au jour le jour (4) ». S'il
demandait encore quelque chose à l’amour, ce n’était pas les
enivrements de la passion et les joies de la conquête ; c'était
È Ru Poubli du monde et de lui-même, et un baume qui endormît les D Odouleurs :
Chère, en cette ineffable trêve,
Le désir enchanté s’endort ;
On rêve à l’amour comme on rêve A la mort.
On croit sentir la fin du monde ;
L’univers semble chavirer
D'une chute douce et profonde Et sombrer...
té 2] Les Vaines Tendresses : Conseil.
(2) Ibidem : Enfantillage ; Fort en thème ; Pèlerinages. (3) Ibidem : Aux Tuileries.
(4) Tbidem : Au jeur le jour.
Fier " SLA
L’âme de ses fardeaux s’allège Par la fuite immense de tout ; La mémoire comme une neige
Se dissout.
Toute la vie ardente et triste NS:
Semble anéantie alentour ; TR) Plus rien pour nous, plus rien n’existe
Que l’amour (1).
I1 goûtait la volupté de l’amour qui neutralise la volonté et qui engourdit l'âme. Mais l'amour qui porte à leur plus haut point toutes les puissances de l'être, l’amour qui n’exalte la vie que pour plus sûrement la transmettre, l'amour qui propage et qui crée, celui-là il en avait peur, et il se demandait s’il avait bien, en conscience, le droit de s’y abandonner. Dans une pièce qui tranche par la violence du ton et l’emportement du langage sur les allures ordinairement calmes et mesurées de sa poésie, il en arrive à maudire la vie elle-même et l’amour qui perpétue la vie. Il se jure de ne faire à personne le don fatal de l’existence ; il justifie ce « vœu de chasteté » en quelques strophes véhémentes où il ramasse tout ce qu’il croit avoir contre ce monde, où l’a jeté la destinée, de rancunes profondes et de légitimes griefs : \
Celui qui n’a pas vu triompher sa feunesse LA Et traîne endoloris ses désirs de vingt ans Lv
Ne permettra jamais que leur flamme renaisse, Et coure inextinguible en tous ses descendants f
; L'homme à qui son pain blanc, maudit des populaces, Pèse comme un remords des misères d'autrui, A l’inégal banquet où se serrent les places N'élargira jamais la sienne autour de lui |
Non ! pour léguer son souffle et sa chair sans scrupule, I1 faut être enhardi par un espoir puissant, Pressentir une aurore au lieu d’un crépuscule
Dans les rougeurs que font l’incendie et le sang ; Croire qu’enfin va luire un âge sans batailles, , { Que la terre s’épure, et que la puberté \ Doit aux moissons de fer d'incessantes semailles
Pour que son dernier fruit mûrisse en liberté |
(1) Les Vaines Tendresses : Un rendez-vous.
Êt
Je ne peux ; f’ai souci des présentes victimes ; Quels-que soient les vainqueurs, je plains les combattants, Ét je suis moins touché des songes magnanimes
Que des pleurs que je vois et des cris que j'entends (1) …
= Bien qu’un passage des Leltres à une amie semble nous invi-
ter à dater cette pièce de 1874, il n’est pas douteux qu'elle
n'ait été composée avant la guerre. En 1872, sous l’inspiration
des circonstances, le poète en écrivit une autre, dans le même rythme et sur ie même sujet, qui était la suite naturelle et la contre-partie de celle-là. Il se reprochait d’avoir tenu sur la vie « un si lâche discours » ; il se dégageait, par devoir patriotique, du serment qu'il avait témérairement prononcé :
Songe, quand les vainqueurs sous ton toit se prélassent,
Que le nombre pour vaincre est d’un puissant secours.
Dans les beaux yeux rougis des Françaises qui passent Vois la patrie en pleurs commander les amours (2) 1
Mais son optimisme ne se soutint pas. Il publia le Vœu, mais il garda soigneusement dans ses cartons la Palinodie qui l'an-
nulait, et c’est seulement dans son recueil posthume, parmi
ses Epaves, qu’on la retrouvera.
Sully Prudhomme, quand il eut préparé pour l'impression ce recueil des Vaines Tendresses, s’effraya lui-même de l’avoir écrit. Il trouvait son livrectrop triste»,trop uniformément triste surtout. « J'aurais voulu, disait-il, que tout le recueil ne fût pas aussi sombre, que des pièces tendres sans trop de mélancolie vinssent reposer le lecteur ; mais dans l’expression en vers de lamour sans douleur il n’y a guère rien à faire après tant d’idÿlles connues ; puis je ne trouve pas ce qu’il faudrait... (3) » Il s’efforça cependant de donner çà et là « quelques notes fermes et viriles ». D’une longue pièce qu'il avait composée sur la mort de sa mère et qui ne pouvait être publiée intégralement, en raison de son caractère trop intime, il détacha un certain
Gi) Les Vaines Tendresses : Vœu.
3) Epaves : Palinodie.
(3) Leïires à une amie.
s LA SOLITUDE. 137
- nombre de strophes dont l'inspiration est très élevée et dont il jugeait lui-même les vers fort beaux. C’est une sorte de méditation sur un tombeau, où surgit une fois de plus le conflit dont
nous avons été plus d’une fois témoins entre la raison, qui se.
persuade que rien n’existe plus après la mort, etle cœur, qui ne peut accepter l’anéantissement total de ceux qu’il a aimés. Le poète appelle en vain à son secours la philosophie, le dogma, la
science : puisque personne ne peut lui donner, à son gré, la solution du problème, il cesse désormais d'interroger et moi
résigne à « subir ».
Ah! qui que vous soyez, vous qui m’avez fait naître, Qu'on vous nomme hasard, force, matière ou dieux, Accomplissez en moi, qui n’en suis pas le maître,
Les destins sans refuge aussi vains qu’odieux.
Faites, faites de moi tout ce que bon vous semble, Ouvriers inconnus de l’infini malheur :
Je viens de vous maudire, et voyez si je tremble, Prenez ou me laissez mon souffle et ma chaleur |
Et si je dois fournir aux avides racines
De quoi changer mon être en mille être divers, Dans l’éternel retour des fins aux origines,
Je m’abandonne «en proie aux lois de l’univers (1).
Il se tait ; mais, fidèle à la foi de sa jeunesse nourrie de science et d’humanitarisme, il ne perd ni sa confiance dans le génie de
l'homme, ni son espoir dans les progrès du savoir humain,
Le dernier mot de ce livre désolé est un appel aux poètes futurs :
Poëtes à venir, qui saurez tant de choses
Et les direz sans doute en un verbe plus beau, Portant plus loin que nous un plus large flambeau Sur les suprêmes fins et les premières causes...
Celui qui venu trop tôt en un monde imparfait n’a pu ni connaître la vérité, ni atteindre le bonheur, trouve une consolation noblement désintéressée à penser que d’autres feront en des jours plus heureux
Sur de plus hauts objets des poèmes sans larmes (2).
1) Les Vaines Tendresses : Sur la mort.
L) Ibidem : Aux poètes futurs.
Avec ce recueil des Vaines Tendresses s'achève l’œuvre lyrique de Sully Prudhomme. Le Prisme, qu’il publiera en 1886, ne contient guère que des pièces de circonstance ou des poésies de jeunesse. Il en est de même des Épaves, qui ne paraîtront qw après sa mort. J'ai déjà fait et je ferai encore d’utiles em-
lyser en détail. Ils ne nous apprendraient rien de nouveau. Le poète sentimental a dit tout ce qu’il avait à dire. Il en venait à se demander s’il n’avait pas déjà abusé de la patience de ses lecteurs. Et puis il y a un âge au delà duquel, en confiant au public le secret de ses émotions intimes et en lui faisant confi- dence de ses peines de cœur, on risque d’être taxé d’indiscrétion ou d’impertinence et tourné en ridicule. Le temps d’aimer était passé ; passé aussi le temps de la poésie amoureuse et élé- giaque. Sully Prudhomme le comprit. Il se consacra tout entier … à la haute poésie philosophique et scientifique vers laquelle
depuis longtemps déjà il se sentait attiré. C’est sous cet aspect de son talent que le développement nos de notre sujet nous amène à l’envisager désormais.
prunts à ces deux ouvrages. Mais il me paraît inutile de les ana-