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CHAPITRE III : COMPARAISON MORPHOLOGIQUE

côté’. De là au sens de : du côté de, à côté de, avec, il n'y a, évidemment, qu'un pas, — qui a été franchi.

Sumérien -da répond donc sensiblement, pour la signification, à latin cum, in, ad. M. S. Langdon, avec raison, insiste’ sur le sens de « motion toward ». Mais il se trompe, manifestement, lorsqu'il croit ce sens : « apparently incompatible with the original meaning of contact with ». Ne disonsnous pas : aller du côté de Paris ? De l'idée de « mouvement vers » se déduisait, tout naturellement, celle de jusqu'à qui s'accuse, par exemple, en des expressions telles que : nig—nu-til-li(2— dat) — jusque) — à-jamais (2) > sans fin’, pour toujours ; 1tu(1)— tu (3) — da) = propr. mois() jusqu'au (2) moisG) > mois par mois, chaque mois.

kür-kûr()— dat) du-du() = (loi qui) es belle) dans) les contrées (3) (ou qui fonces (1) sur ou devers(?) les paysG)), — il s'agit d'Innana, « dame » d'Utu-begal, roi d'Uruk, qualifiée immédiatement auparavant de lionne du combats.

1. Cf. ci-dessus, p. 60. V. aussi À. DeimEL, Vocab. sum., n° 476, p. 27, b; Derrrzson,

Grundiüge, p. 52, $ 74, et Glossar, p.130. Le signe archaïque répondant à |] est EAN :

Que désigne-t-il au juste ? L'accadien traduit zttu — côté. Est-ce un bras sortant d’une manche, comme on l’a supposé ? C’est possible.

2. Sumerian Grammar, Paris, 1911, p. 76, $ 100. L'indistinction fréquente entre occlusives sonores et sourdes (v. ci-dessus, pp. 17 et 46-47) a provoqué parfois des confusions entre -da et -la. M.S. Langdon (op. cit., p. 78, $ 110) signale avec raison que le (-{a » of motion toward... 1s probably a confusion with-da. C'est même certain. Le sumérien a été pour les scribes accadiens, qui nous en ont conservé l'essentiel, quelque chose d’analogue à ce qu'a été le latin pour les clercs ou lettrés de notre moyen âge ou l’avestique, pour les rédacteurs iraniens l’Avesta. Ceux qui l'écrivaient n'en connaissaient pas toujours bien exactement la morphologie (cf. des exemples d'erreurs manifestes dans Decrrzscu, Grundzüge, p. 3).

3. Pour nig-nu-hl-h, v. ci-dessus, p. 28. Pour l'exemple ci-dessus, v. THurEau-DANGIN, SA. p.206, 5, 1, 16.

4. KinG, Lell. et inscr. of Hammurabi, t. I, n° 00, p. 214, 1. 90. Sumérien sfu/i — mois, nouvelle lune. La correspondance avec le latin (?) sacerdolal : idus a déjà frappé (cf. Glotta, IV, p. 303). Ce terme paraît donc devoir rejoindre la série de vocables religieux mentionnés plus haut, p. 47, n. 6.

5. T'HUREAU-DanGIN, Rev, d'Assyr., IX (1912), p. 114 (— col. I, 1. 28). CT indique, selon Decirzson, Glossar, p. 143, l'acte du taureau qui fonce. Dans ces conditions, 4 % ==]

bn De A . 1 Q . ni . , , as (YA paraît pouvoir s'entendre : {or qui fonces sur les contrées [ennemies], ce qui s’accorderait aussi avec ug me.

Ciencorer

dNin-zag-ga(2)— dat) 4-mu-da-àg() = àû), chez) Nin-zag-ga(:) mandement fut enjointG)";

dNin-silil-a—da 4-mu-da-àg = à, chez Nin-sikil-a mandement fut enjoint” ;

Umma 1) — dat) dam-ha-raG) e-da-ag (4 = in) Umma() præliumU) contulit(4)5.

Nous n'’entendons rien apprendre à aucun indo-européaniste en rappelant à ce propos le rôle du postfixe 1.-e. *de, *d0 en des locutions telles que oluôy de, &ypov-de, medlov-de* (cf. sumérien edin-da, de même sens), àyophv-de, avest. vaesmon—da (— vers la maison), v.-latin en-do, anglais {o, allemand zu, v.-slave do, etc.

La superposition des phonétismes, comme celle des fonctions morphologiques, est, ici encore, remarquable.

L'indo-européen possède, en outre, un autre *de (*dé), construit avec l'ablatif; *de qui sert à indiquer l'origine, la provenance. Il n'est peut-être pas interdit d'en rapprocher le -da, -dè sumérien, que M. S. Langdon‘ dénomme «the -da of agent », à propos des exemples : sa4g (3) — engur 2) — dat) ... igi-gar-bi(4 e-da-aga(s) = de par) le fermier (2)-chef 6)... l'inspection (1 Jut effectuée(s); utul@)— dè() ba-tum(3) = de part) le berger(2) à été apportéG). Ici, toutefois, vu l'inaptitude du cunéiforme à noter les occlusives aspirées, l’on pourrait aussi bien songer au -*dhe d'origine 1.-e., que nous trouvons dans grec mé-0ev, oüpavé-ev, oé-Bev, Kump6-8e, etc..Il est donc, semblet-1l, plus sage de laisser, pour l'instant, du moins, en suspens ce dernier aspect de la question.

1. Gudea, cylindre À, 15, 11 (— Taureau-DANGin, SAK., p. 104, ad loc.).

2. Ibid, 15, 15 (— THuREAU-DANain, Loc, cit., ad loc. M. THurEAUu-DANGiN lit ici 4 Nin-ela— da).

3. Cône d'Entemena; cf. THuREAU-DANGIN, SAK., p. 38, 1, 25-27. Egit serait plus mot à mot que contulit. Pour ag Li) — faire (accad. epe$u) et lat. ag-ere, v. Babyloniaca, VIII, 3-4, P. 190.

4. Ihade, XI, 492; Odyssée, XV, 183. Dans le dernier passage, le sens est bien dans la direction de, du côté de la plaine.

s. Cf. K. BRuGmANN, Abrégé... (traduct. MerzzeT-GAUTHIOT), 1905, p. 498.

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