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CHAPITRE III : COMPARAISON MORPHOLOGIQUE

Pour le -r(a) comme pour les « indices casuels » précédents il y a donc, une fois de plus, coïncidence entre sumérien et indo-européen.

f) L'élément de comparaison -diîm n'a rien d’un «indice casuel ». Mais, comme 1l est d'usage de le ranger avec ces derniers dans les exposés grammaticaux du sumérien, noùûs en dirons brièvement l'essentiel ici. Nous remarquerons seulement que la vraie place en serait bien plutôt dans notre liste, pp. 78 et seq.; car, au point de vue purement 1.-e., il intéresse le vocabulaire plus que la morphologie.

-dim (Ç&TT) n'est autre qu'une forme postposée de (AT; mot dont le sens propre est exactement celui de sémitique banu, epesu, Il signifie donc proprement bâtir, construire, fabriquer, et répond, par suite, à latin séruere, structio (cf. sémit. bunnanu, binutu). De ce sens il a facilement évolué vers celui de : à l’image de, à l'instar de, comme (sémitique k1, kiam, kima).

Il semble que le caractère archaïque représente l’image sommaire d'un profil, une ébauche de figure. Ceci répond, en tout cas, au sens comme à la fonction de dim, -dim. De ce chef, dim, -dim se trouve curieusement parallèle et pour la signification, et pour la forme, et pour l'emploi avec déu-o, qui = struere, avec Géu-as, qui = proprement « séructure », « stature », d'où image, ressemblance, apparence; mot dont la langue homérique fait usage à plusieurs reprises au sens de : à l’image de, à l'instar de, comme, en des expressions telles que : mépvavro déuas nupès ailouévoro (Iliade, XI, 596; XVIT, 366; XVIIT, 1), où ce scoliaste traduit tupès tpénov.

Si cet usage homérique avait prévalu, nul doute que le grec n'eût connu un pas, préposition. L’hellénistique y4piv = Évexa, le classique dixnv, l’arménien vasn — à cause de, le latin ins{ar représentent des cas exactement comparables. Au lieu de Géuas(2) mupès ), le sumérien dirait 2z5()-dim (2); mais la tournure serait la même.

Comme on le voit, les coïncidences relevées dans ce paragraphe portent principalement :

font partie des Adityas, sont des divinités très archaïques, gardiennes de l’ordre cosmique, qui paraissent avoir été en rapports avec les phénomènes orageux et avec les fontaines. 1, V. déjà notre article dans Babyloniaca, VIT, 3-4, p. 201.

a) soit sur des éléments qui, en indo-européen même, sont franchement postposés; qui font, à ce titre, partie de ce que l’on pourrait dénommer la déclinaison officieuse";

b) soit sur les éléments intégrés dans la déclinaison officielle, mais dont le caractère postfixal a, dès longtemps, frappé.

Dans les deux cas, il s’agit, c'est certain, d’un procédé très ancien en indo-européen; procédé qui, au temps où nous le constatons, ou se survit à côté de la flexion proprement dite, ou s'est normalisé à la faveur de celle-ci.

Nous nous rappelons aussi que les formes de la déclinaison i.-e. ont certainement « des origines multiples et diverses »:. Nous ne nous étonnerions donc point de n'en avoir retrouvé ici qu'une partie, bien que cette partie nous paraisse assez caractéristique.

Nous avons constaté que, sur l'aire indo-européenne, les «indices casuels » ‘étudiés par nous se rencontrent précisément en des régions, dans des idiomes dont les contacts avec les civilisations asiano-égéenne et méditerranéenne sont tout particulièrement évidents el certainement anciens.

La double coïncidence des formes et des sens est aussi complète qu'on pourrait le désirer, eu égard aux termes dans lesquels la comparaison a lieu.

Jl nous est, même, apparu que le -8{#), -8(i) sumérien était susceptible de nous rendre raison d'une variance -*s(w), -*s{(i) indo-européenne, considérée jusqu'ici comme malaisément explicable.

Nous ne croyons pas que, du sémitique, ou du finno-ougrien, à l’indoeuropéen, l'on en ait jamais constaté autant, ni, surtout, rien d'aussi central.

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