CHAPITRE II : COMPARAISON MORPHOLOGIQUE RE
dans le sens d’engendrer'; de gi/en dans celui d'aller’; de pes dans celui de déployer, d'étendre, etc., ne nous en paraissent pas moins suggestifs. Il faut qu ils soient, véritablement, bien intimes les rapports de contact entre deux langues pour que d'aussi archaïques «racines » verbales de ce genre et de ces
sens concordent en aussi grand nombre.
De quelques locutions.
Sous un autre aspect, le sumérien rappelle encore curieusement nos langues. Nous disons couramment un rendez-vous, un faire-part, un propre à rien, un vaurien. Le sumérien, de même, dit couramment un «dis-lui » pour une lettre‘, un lü-nig(2)-nu()-garra(s) — homme [de] ne rien faires (proprement : [de] nel) chose(2) faire(3)).
Nous disons aussi pour : regarder : lever les yeux sur (quelqu'un), ce qui, mot pour mot, répond à sumérien 191... bar (accad. elif inim); pour faire, fabriquer : manufacturer, sumérien 8t-gar (accad. gamalu). Une expression telle que /ù 4) dumut2)-nu(3)-tuku (4) — homme) enfant (2)-n'6)-ayant (4) — homme sans enfants apparaît, du premier abord, comme étrangement coïncidente avec grec ävhp maidwv où ruxwv‘; cf. de même dam-luk — prendre femme, se marier. Le sens linguistique des sujets parlants ne s'éloigne, en ces locutions courantes, pas appréciablement du nôtre. Ce fait nous paraît remarquable, bien que le facteur purement humain en soit, au moins pour une part, la cause.
DANS D ur22: