NATURE, ÉTENDUE ET PORTÉE DES COINCIDENCES RELEVÉES
À nous en tenir strictement aux principes et à l'objectif définis au début de ce travail, il nous semble avoir satisfait au moins à l'essentiel de notre tâche.
Cette tâche, l’on s’en souvient, était double.
Elle consistait, d’abord, à essayer de montrer le profit, d'ordre linguistique, que sumérologues et indo-européanistes pouvaient avoir à communiquer, désormais, non par accident ou par boutade, mais d'une manière large, courante et régulière.
Pour y parvenir, le mieux paraissait être de rechercher si et dans quelle mesure un certain nombre de concordances curieuses, relevées par nous ou par d'autres, entre sumérien et indo-européen, n'auraient point, par hasard, pour complément d'autres corrélations plus profondes; corrélations intéressant, elles, directement les organismes morphologiques de ces langues. C'était là, pour ainsi dire, le second aspect, plus spécial, de la même question fondamentale, posée en commençant.
Qu'avons-nous donc obtenu ?
Nous avons relevé une quantité plus qu'appréciable de le qui sont venues enrichir nos observations antérieures.
Ces concordances, décidément, ne se présentent point à l'état sporadique.
Elles ne nous donnent nullement l'impression de ces rencontres fortuites, comme il peut toujours s'en produire entre deux grandes cultures; cultures dont la seconde — füt-elle linguistiquement distincte — ne pouvait guère ne pas beaucoup hériter de la première (en Asie occidentale tout au moins). Elles paraissent, bien au contraire, constituer un très solide, un très convergent faisceau.
Dans ce faisceau se groupent plusieurs éléments nettement distincts.
a) Le premier consiste en de nombreuses coïncidences de vocabulaire ; coïncidences qui s'offrent dans des conditions véritablement toutes particulières.
Relevées, avant nous, en très petite quantité par quelques linguistes, toujours plus ou moins par accident’, ces coïncidences se sont, à l'épreuve, montrées sensiblement plus nombreuses que l’on n'eût pu l’attendre, au premier abord.
Qu'à elles seules, elles soient des moins démonstratives, nous le savons fort bien et n'avons fait, d’ailleurs, aucune difficulté pour le dire. Notre avis ne saurait changer.
Lors, toutefois, qu'elles ne sont pas seules — ce qui est le cas —; lorsqu'elles portent, en outre, non sur des mots quelconques glanés plus ou moins au hasard, mais sur des mots-racines, d'archaïsme démontrable, dont la fortune est liée à celle de l’indo-européen même, l'argument prend tout de suite une portée sérieuse.
Il en prend même d'autant plus que la vague indo-européenne, dénommée par nous l’aryenne*, ne reflète, certainement, qu'un aspect — aspect plutôt pastoral et guerrier — d'une culture indo-européenne vers 1500 av. J.-C. Pour apprécier la mesure du changement de mœurs susceptible d'être provoqué par la seule différence d'habitat, il suffit de relire ce qu'Hérodote et
I. Ne DAY Due 2. — l'indo-iranien. La première qui nous apparaît, sous la forme i.-e. classique, en Asie Mineure.