CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS
Xénophon rapportent de l’ancienne simplicité perse, rapproché du faste ultérieur du « grand Roi». Mœurs et langue sont, fatalement, des plus solidaires. Or, l'habitat détermine les mœurs.
Mais nous avons, par ailleurs, la preuve que la culture indo-iranienne a gardé trace d'une culture agricole antérieure. Ce qui l’atteste, c'est, par exemple, le rôle éminent, sacré, qu'elle assigne à la plante dans le culle, dans l'alimentation. C'est aussi tel vieux mot, comme avestique aÿa- (pour “arta-) — chose moulue, farine (persan a&rd); mot faisant partie d’un très ancien vocabulaire agricole indo-irano-cellique ; vocabulaire perdu dans la suile?, mais que le terroir a conservé: qui, dès lors, a été restitué à l'iranien plus tard, où nous le retrouvons.
Un vocabulaire d'habitants de hauts plateaux, demi-civilisés, peu techniciens, peu agriculteurs, ne saurait, bien évidemment, convenir à des éléments cultivateurs, depuis longtemps solidement installés dans une plaine féconde, pourvus d’un outillage et de techniques développées, commerçants, et, par Surcroit, possédant une liturgie riche, largement répandue.
C'est notamment pour cette raison que le vocabulaire varie, d’une langue indo-européenne à l’autre, et que les termes restés communs à toutes sont peu nombreux. En arménien, par exemple, « le nombre des groupes de mots arméniens qu'on peut avec quelque vraisemblance considérer comme étant d'origine indo-européenne ne va pas à quatre centaines? »,
Cela s'explique aisément si l'on tient compte de la part éminente, à peu près exclusive, revenant aux aristocraties (économiques ou spirituelles) dans la propagation de toute grande culture technique, dont le but essentiel est la création de richesse.
À l'intérieur de l'indo-européen classique, même, l'on n’a pas manqué -de relever le fait; car, ici encore, « dans une certaine mesure, c'est seulement le vocabulaire de l'aristocratie qui s’est conservé ».