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CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS

Ce trait n'a rien de proprement linguistique; c'est certain. Il n'en parait pas moins des plus caractéristiques. L'épopée a fleuri en Grèce, à Rome, en Celtique, chez les Francs, chez les Burgondes, chez les Islandais, les Nordiques, les Germains; en France, en Espagne, en Italie, dans l'Inde — ici, avec quelle ampleur —. Il semble que les vieux récits mythologiques de l'Avesta nous en aient conservé comme un écho iranien. Chez les Sémites, ce genre manque (en tant que création spontanée). Chez les Finno-ougriens, nous n'avons guère que le Kalevala, ce qui est peu, comparé à l'extraordinaire exubérance épique de l’indo-européen.

Or, l'épopée, si elle n'est pas l'indice d'une famille de langues, — ce qui exige des faits de langue, — implique une certaine manière, à la fois poëtique, dramatique et large, d'envisager de grands événements. Née dans les temples des dieux, au récit de leurs exploits, elle cesse, néanmoins, d’être proprement un hymne pour n'être qu'un récit; récit laïque, mais plus rythmé, plus sonore que le conte pur et simple; récit que des aèdes qualifiés conservent et colportent, glorifiant tel haut fait, tel héros, telle bataille. Il y faut un tempérament spécial; tempérament que l'expérience, aujourd’hui, nous montre exister à l'état endémique à peu près exclusivement chez les sujets parlants de langue indo-européenne.

Gardons-nous de nous exagérer la valeur, toute relative, de cette indication. Mais tenons-en compte. Elle le mérite, à notre avis. C'est un document qui s'ajoute à d'autres.

Des ouvrages tels que Âomer und Babylon de H. Wirru (Frib. in Br., 1921); des remarques incidentes, comme celles de M. U. Wiccken, dans sa Griechische Geschichte im Rahmen der Altertumsgeschichte (Berlin-Munich, 1924, pp. 8-11), marquent, à cet égard, une orientation nouvelle qui, certainement, sera féconde. Sumer en bénéficiera, des premiers.

plus riche que partout ailleurs. Ce n'est pas là un fait de langue, assurément. C'est, toutefois, un indice très précis de constitution psychique et littéraire. (Pour l'allégation de ScHRADER, v. Die Hôllenfart der Istar..., Giessen, 1874, pp. 58 et seq.).

Ces contacts d'ordre surtout aristocratique, technique et religieux, à la fois amples et lointains, expliquent, à notre avis, pourquoi.

c) Les concordances morphologiques relevées par nous ne sauraient étre que peu nombreuses.

Nous en avons déjà’ sommairement fait pressentir les raisons.

Ce qui concerne l'économie générale de la conjugaison demeure à part. Sur ce point, les différences sont profondes:.

Cet aspect réservé, notre acquêt se chiffre par :

1° des éléments morphologiques de la « déclinaison »;

2° très probablement, quelques formes ou éléments pronominaux ;

3° comme noms de nombre (ou assimilés), l'on peut songer à — dS — un, rapproché par M. H. Hein: de latin as (= “ass), « das Ganze als Einheit »; « Pfund als Münze*» (origine peu claire); # {ab = deux, paire, le sumérien ne pouvant exprimer que par un artifice l'1.-e. *duo-.

4° Relevons encore une particule optative et emphatique *ghe; très pro-

bablement la négation na, nu (1.-e. *

noel

5° Quelques désinences personnelles du verbe pourraient peut-être s'ajouter enfin.

Ce peu, vu les conditions, fort exceptionnelles, qui l’encadrent, nous parait, cependant, susceptible de légitimer une parenté.

Aussi bien, cette maigreur même a-t-elle été dûment prévue, semble-t-il.

«Si l’on arrive un jour à établir une série probante de concordances entre l'indo-européen et tel ou tel autre groupe, ... une nouvelle grammaire comparée, SANS DOUTE RELATIVEMENT MAIGRE*, se superposera à celle des langues indo-européennes... »

Notre aperception de l'indo-européen classique commun répond, en effet, à un ensemble d'observations historiques, très strictement limitées, dans le temps, comme dans l'espace.

‘INRDTOE

. V. cependant p. ro9 et 115 à ce sujet.

. Op. cit., p. 189 [7] (v. ci-dessus, p. 80).

. Wap, Elym. W.-B. d. lat, Spr.?, p. 64.

C'est nous qui soulignons.

. Meiicer, /ntroductionf, p. 22.

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