CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS
Le «canaanisme» $akan $umisu — «il a Jait habiter son nom» (Amarna, 287, 60; 288, 5), que l'hébreu a adopté sous la forme \U 120, locution sacerdotale, répond exactement à sumérien mu. .ni-n-gul. A
été relevé par Redisch (op. ci£., p. 695).
im, $em, plante aromatique (riqu), d'un large emploi dans le culte. Évidemment identique à 2“ (au pluriel seul) (cf. notre «aromates »), mot de la langue exclusivement sacerdotale (Exode, Nombres, Lévitique, Chroniques). Rapprocher les cas de B&isauoy :: #2 et d'Hvowros :: Sik.
Sur, Sir — chanter (assyr. zamaru); cf. sw», même sens. Technique Hturgique et musicale. La musique des peuples de langue sémitique, à l'époque historique tout au moins, n'est pas de celles qui comptent beaucoup.
#4 Süb (ET), pierre précieuse, « ar’ éoyv » (DeurrzscH, Sumer. Gloss., p. 269); rattaché par Landersdorfer à sv, pierre précieuse sacerdotale
CÉRRRRRUNE 19; xxxIX, 12). Accad. Subu.
lir — habilation, demeure (admäanu, Sublum). CF. nv = campement fixe, avec enceinte. M. Hein (op. cit., pp. 194-195 [12-13]) évoque *teïp-oc, terme de l'épopée désignant les constellations (constellations dont les noms, en Asie Mineure, sont sumériens). V. aussi DNS
udun (GX) = four (accad. finuru); devient en accadien w/ünu et atunu. Il subsiste en persan afun, fun au sens de poële, mais aussi dans Daniel,
HI, 6, pme.
ù-hi-li = cri, vocifération de joie ou de douleur. Terme religieux. Cf. éobtw et 57. L'onomatopée ne s'impose pas. Le rituel du dieu d'Asie, qui meurt et ressuscite, comporte une liturgie précise où le hululement a sa part.
zabar = cuivre (propr. (le) brillant), rapproché, non sans vraisemblance, d'assyrien siparru — cuivre, bronze, airain, et de “2 dans £x., xvu, 145 Job, xx, 23; Es., xxx, 8, par Zimmern (op. cit., p. 59). Cf. avec le H.W.-B. zum A.T. de GEsENIUSs-BuaL 17, D51,0:
za(g)-hi-li, nom de plante; cf. accad. sahlu; hétéen zahheli (Zischr. Assyr., 1924, pp. 187 et seq.).
ziz — mile, insecte (<) = accad. sasu; cf. pr et r5 — oûç également. Terme
d'histoire naturelle.
zuraÿ (dans nim zurag = mouche z.), insecte volant, sorte de mouche (kuzazu) verte et jaune (Deuirzscx, Glossar, p. 175, et AHWB., p. 325, a). Possiblement guépe. Mot d'histoire naturelle. L'hébreu np7y (Æx., xx, 28; Deul., vu, 20; Jos., xxiv, 12), collectif désignant les guépes, est de tous points symétrique.
Au même stock nous paraissent pouvoir être rattachés certains vieux mots où M. R. Guttmann' penche à voir un indice d’une ancienne expansion finnoise sur l'occident : où nous, par contre, serions plutôt enclins à retrouver de simples survivances éparses du lexique de Sumer; survivances du même ordre que b/pur, mar, pan, signalées plus haut. Le puissant intérêt de cette dispersion de termes ne saurait échapper.
Citons, notamment sumérien fün (JET), récipient de bois ou de cuir (= accad. fakallum, pasu, qud(d}u); allemand : « Behällmis, Gefäss ». De tün, lon peut rapprocher le groupe finnois éünu — cuve à laver, estn. fin, tin — cuve, liv. {in — « coffre », samoyède {en, tin — « dépositoire », latin vulg. fina, italien tina, français fine, basque fiña, et, avec diminutif : {iñako, dinata — tonnelet, petit pot:.
Mentionnons encore le v.-h.-allem. kwocho, m.-h.-a. koke, v.-angl. cæœcil, suéd. kaka, mais aussi basque koka — pâtisserie, estn. kok = gâteau, que M. Feist’ suspecte d’avoir fait partie d'un «ureuropäisches Alter », n'est peutêtre pas à séparer de sumérien kulcu — doux, chose douce el sucrée ( TY<Y).
1. Revue de linguistique et de philologie comparée, t. 41 (1908), pp. 260-267, et 42 (1909); PP. 99-105, 246-251. .
2. Op. cit., t. 41, p. 267, et 42, pp. 99-103. Provençal fona, franç. tone, puis tonne, v.-h.all., v.-norm. funna, est, d'ordinaire, rattaché au même groupe que latin &na, Diez, Etym.W.- B. der rom. SprachenS, 1887, p. 321, évoque, à ce propos, séipula :: stoppia. Il note que fina :: tona (Qscheint im Widerspruche mit der Sprachregel [zu sein] ». Nous serions tentés de voir ici, pour partie du moins, autant d'emprunts indépendants à une tierce langue (en l'espèce, le sumérien). Pour u :: : en sumérien, voir ci-dessus, p. 53 et n. 7, et référ. Pour fin et tonne, voir encore P. Haupr, The Sumerian origin of Ktun » and (barrel » (peu probable ce dernier, à notre avis), dans Modern language notes, XXXVIIT, 7 (1918), pp. 432-434.