CHAPITRE IV : BILAN GÉNÉRAL. — CONCLUSIONS
Le provençal mus (cf. avec anglais muzzle), l'hispanique et italien muso, v.-franç., franç. moderne museau, mais aussi basque musu, muzu (— museau, baiser ; emprunt au roman où à une langue méditerranéenne non romane GE estn. Mmuzo, muzu, muizu = bouche, lap. muose = « gustus » (cf. notre familier « blair » et « blairer »), est curieusement parallèle, de forme et de sens, à sumérien muûs (-WET — mu-u$, mûs) = figure, visage, aspect (accad. zimu) ; tient parfois, même, lieu de 191 = œil, au sens de face, surface’. Tout ceci concorde assez curieusement’.
Citons enfin le méditerranéo-roman baracca, qui — notre baraque et dont Diez’ ne sait trop que faire. Le sumérien barag — « Wohnung, Wohnraum » (accad. parakku) nous paraît valoir d’être évoqué. L'origine du terme est nettement sacerdotale et technique*, puisqu'il sert, à l'occasion, d'équivalent à « shrine », sanctuaire, « saint-des-saints ». Rapprocher de sukku, cité p. 158.
Peut-être ne nous fût-il même pas venu à l'esprit de parler de ces termes si l'exemple de pan, bur, mar ne nous avait suggéré à leur sujet cette possibilité, qui paraît avoir échappé à M. S. Feists. L’ancienneté de leur diffusion en Europe est, à elle seule, du plus haut intérêt pour l'histoire des peuples européens.
i. Cf., p. ex., DecirzscH, Sumer, Gloss., p. 194, s. v. mu$; DeimeL, Vocab. sumer., p. 80, b, s. n° 1747. L’on rattache d'ordinaire user au même mot (cf. Drez, W.-B.$, p. 220). Cf. notre { BAILLER aux corneilles »; Diez évoque « mit offenem Maul dastehen »; franç. bader (cf. aussi bouche bée ou badaud) et allem. Maulaffe, «ein Maul imachen ». Pour muso, cf. R. GUuTTMANN, op. cit., t. 42, PP. 104-105.
2. Nous n'avons rien trouvé en sumérien pour les autres vocables (sabot; basque lelo — niais; basque lelo — refrain, chanson, cités par M. Guttmann. Quelque autre sumérologue ‘pourra être plus heureux.